Yonne Lautre

Chez M’an Jeanne et Petit Pierre : entretien pour en savoir plus et pour soutenir.

Entretien réalisé par la Rédaction de Yonne Lautre en juillet 2016

 Un café, associatif, dans un village ? C’est un rêve fou et vous l’avez réalisé ?

Oui grâce à la Mairie de Villeneuve les Genêts qui a retenu notre projet de vie artistique et solidaire en Puisaye et mis à disposition les locaux pendant un an. L’inauguration en mars a attiré plus de 200 visiteurs, l’aventure se poursuit avec la complicité des habitants du village et des alentours et avec le soutien des artistes et intervenants qui se produisent gratuitement en échange de gîte et couvert. C’est une très belle aventure riche de rencontres et nous espérons qu’elle se poursuive et quelle sème des idées, des envies, des partages...

 Qu’entendez-vous par « projet de vie artistique et solidaire » ?

C’est un projet pour tenter de se réapproprier nos vies en dehors du monde marchand dans un espace de rencontres et de partage. Nous avons tous un pouvoir de création c’est en ce sens que nous parlons d’artistes. Solidaire car nous tentons de créer un lieu d’échanges et de participation libre où l’argent ne doit pas être un obstacle pour trouver du soutien, des solutions ensemble.

 Pouvez-vous nous préciser le projet que vous avez conçu et présenté aux élus de Villeneuve-les-Genêts ?

Vous pouvez trouver l’intégralité du projet adressé en mai 2015 à toutes les communautés de communes de Puisaye et aux 69 communes sur le site de PUYS’ART. C’est à la lecture de ce projet que Gérard Legrand maire de Villeneuve les genêts nous a proposé en octobre 2015 l’unique bistrot du village qui allait fermer ses portes. Les locaux appartiennent à la mairie depuis les années 80, de nombreux gérants se sont succédé et tous ont dû faire face à de sérieux problèmes économiques, c’est la raison pour laquelle le maire et les élus ont fait le pari du projet associatif pour re-dynamiser le village.

 Prenons votre premier objectif : Favoriser les rencontres et les échanges intergénérationnels dans un lieu culturel et convivial, en Puisaye. Quel bilan d’étape en faites-vous ?

C’est un peu précoce pour faire un bilan d’étape après 5 mois d’existence... La fréquentation du lieu dépend beaucoup de la programmation et peut varier de 10 à 200 personnes pour les spectacles, projections,débats, ou dîners. 5/6 personnes participent régulièrement au jardin partagé, 5 autres à la rénovation du four à pains, 2 à la communication (pose des affiches et distribution de flyers), les employés municipaux sont toujours là pour les travaux d’intendance (pose de l’enseigne, etc). En ce qui concerne les ateliers yoga, chants et modelage une dizaine de personnes en moyenne, toutes générations confondues. Les enfants de l’école des ouistitis ont déjà beaucoup participé au projet collectif en réalisant avec la complicité de leur institutrice , les pancartes, enseignes et décoration du jardin. Notre isolement géographique ne nous permet pas de rencontrer les ados sans leurs parents, nous projetons d’ organiser un atelier graffe ou hip hop pour qu’ils découvrent le lieu.

 Avez-vous-rencontré des soucis inattendus ?

Le premier souci a été le chauffage en mars il faisait encore froid, l’espace est très grand et la première facture de fuel nous a refroidis !

Nous avons aussi de gros soucis avec la SACEM, cet organisme nous propose un forfait qui s’applique aux commerces café restaurant, débit de boissons, alors que nous sommes un café culture associatif géré par des bénévoles et que nous ne faisons aucun bénéfice.Les adhésions et les ventes de boissons servent à couvrir les frais inhérents au bon fonctionnement du lieu, à savoir essentiellement les charges : eau, gaz, électricité, assurance, chauffage etc...

Nous espérons obtenir des subventions pour pouvoir rémunérer les artistes comme il se doit mais pour le moment nous ne sommes pas en mesure de payer ce forfait SACEM qui met en péril la survie du projet de notre association à but non lucratif dont l’unique but est de ramener de l’animation dans un village de Puisaye. Les musiciens qui sont venus de leur plein grès jouer gratuitement nous soutiennent mais s’ils sont adhérents à la Sacem, ils ne peuvent renoncer à leurs droits même lorsqu’il s’agit de leurs propres créations...

 Pourquoi vouloir privilégier les producteurs locaux ? Notre question est malicieuse : pourquoi vous avoir ajouter des objectifs écologiques à votre projet culturel et sociétal ?

Pour sauver la planète et ses habitants ! Il se trouve en plus que lors de notre ouverture en mars dernier nous avons été directement confronté au problème des pesticides et plus particulièrement à l’usage du métazachlore dans les champs de colza qui nous entoure. Par un arrêter préfectoral l’usage de l’eau courante a été proscrite pendant plus d’un mois dans le village la mairie distribuait des bouteilles d’eau minérale aux habitants. Devant un tel scandale un collectif de l’eau est né pour obtenir des informations sur cette histoire d’eau nom potable, il se réunit régulièrement au café. (https://collectifdeleau.wordpress.com/)

 Votre projet peut-il durer avec seulement des engagements bénévoles ?

Non, notre projet ne peut survivre qu’avec des soutiens financiers. Par expérience nous savons que les bénévoles finissent toujours par s’essouffler, le souci principal étant de trouver un revenu pour vivre. A ce propos nous avons organisé une projection sur le revenu de base universel qui a suscité des débats fort intéressant. http://revenudebase.info/

En ce qui me concerne, je suis au chômage, j’ai suivi une formation au SO.C.L.E. (SOlidarité, Culture, Lien social, Emploi), qui m’a permis d’écrire le projet et j’ai décidé de consacrer un an à sa concrétisation.

 Comment pouvons-nous vous soutenir ?

Vous nous soutenez déjà énormément en parlant de nous en diffusant nos programmes. Vous êtes vous même un Site inter-associatif, coopératif, gratuit, sans publicité, sans subvention, indépendant de tout parti, alors échangeons nos méthodes, partageons nos expériences pour trouver des solutions ensemble.

On peut soutenir en adhérant, en donnant un peu de son temps à l’asso, en proposant des soirées ou des animations, ceux qui viennent de loin peuvent être hébergés.


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