Yonne Lautre

« Démocratie quand tu nous tiens » par Christian Aubanelle

Un citoyen de la France d’en bas...
dimanche 29 juin 2003 par Aubanelle Christian

Démocratie quand tu nous tiens

 Un citoyen de la France d’en bas se trouvait à Migennes le 12 juin 2003 pour assister à une réunion publique.

Pourquoi ? Pour discuter avec des députés, sur le sujet des retraites, les exemples que M ROLLAND avaient fait paraître dans l’Yonne Républicaine me semblant inexacts.

Armé d’un crayon à bille et d’une feuille de papier, je voulais calculer en même temps que le député pour que nous soyons d’accord sur le résultat…. Je n’ai pas pu rentrer comme beaucoup d’autres personnes, la réunion publique s’étant transformée, subitement, en réunion privée UMP.

Cet épisode appelle à la réflexion. La démocratie est en panne dans notre beau pays, la preuve en a été faite entre autre ce 12 juin au soir, pourquoi ?

Parce qu’il y a, en France, des personnes qui ne font pas ou mal leur travail. Ces per-sonnes ce sont nos élus.

Ils ont été choisis, lors d’un scrutin majoritaire, par le suffrage uni-versel pour les députés , ce qui leur confirme une légitimité que je ne leur conteste pas.

Mais ils sont nos représentants à l’Assemblée nationale et non celui d’un parti ou d’un groupe phi-losophique dont ils seraient adhérents.

Le mal est là.

Aussitôt en place nos députés votent pour les idées des parti
s dont ils sont membres sans tenir compte des besoins des électeurs. Ils ont par ce fait perverti le sens de leur mission et le peuple n’est plus représenté.

Pourtant, la Constitution définit les principes fondamentaux de la souveraineté nationale dès son titre 1er, ce qui en souligne l’importance. Elle pose le principe de la République comme étant le « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » (art. 2).

 Si les partis devaient diriger la France, nos députés seraient élus au scrutin proportion-nel.

Il n’y a, me semble-t-il, aucune ambiguïté sur ce sujet et nos députés doivent donc faire valoir dans l’enceinte du Palais Bourbon nos revendications.

Pour cela, et sur un thème aussi sensible que celui des retraites, (qui, en réalité correspond à un abaissement du niveau de vie de l’ensemble de la population ayant terminé sa part de travail, et pas seulement de celui des fonctionnaires, d’environ 20%) faudrait-il, qu’ils connaissent nos doléances.

 Lequel de nos élus a mis en place, un système pour connaître notre point de vue sur la réforme des retraites ? A ma connaissance aucun. C’est grave car nous Français d’en bas sommes exclus, alors que la constitution nous donne le pouvoir ?

Cette réflexion peut paraître utopique. Comment envisager pour un élu de connaître le point de vue de ces concitoyens ? Nos chercheurs trouvent beaucoup de choses, ils sont capables de savoir combien, comme par hasard coûte une grève, mais qui a travaillé à améliorer, ces dernières décennies, la démocratisation des institutions ?

Les moyens de concertation des électeurs devraient être possible, encore faut-il s’en donner les moyens…et cela coûterait. Certes mais les indemnités parlementaires pourraient couvrir ces frais, plutôt que servir à la promotion des députés déjà élus.

Je souhaite aussi préciser que nos élus, sont représentants de l’ensemble des électeurs. Ceux-ci se partagent entre « les citoyens actifs », et « les citoyens passifs » (ceux qui ne vo-tent pas).

Les citoyens passifs existent mais sont aussi évincés des statistiques. Si nous en tenons compte dans les statistiques des élections, cela donnerait pour le premier tour (celui où nous avons un vrai choix) les résultats suivants :

1ére circonscription, M SOISSON 28.51 %, 2éme circonscription M ROLLAND 18.85 %, 3éme circonscription M AUBERGER 27.25 %.

Quant au Président de la République il a été choisi par 13.75 % des Français.

Ce ne sont pas des scores énormes et cela devrait inciter à un peu plus de modestie et à plus d’écoute de la part de nos représentants.

 Le mot « DEMOCRATIE » n’a de sens que lorsqu’il est associé à un autre qui donne à celui-ci la plénitude de son propos. C’est le mot « TRANSPARENCE ».

Nos élus font-ils la clarté sur leurs actions dans leurs chambres respectives ? Donnent-ils des comptes rendus fréquents de leurs actions ? Non ils n’assurent que leur promotion en vue de leur future ré-élection, car la place n’est pas si mauvaise. Ils confisquent le principe démocratique et la re-présentation populaire.

 Alors que reste-t-il sinon la rue ?

Il se créé depuis quelque temps déjà en Europe et dans le monde parmi nos plus émi-nents « démocrates » (ceux qui parlent continuellement de démocratie mais ne la mettent pas en pratique) une tendance à se comporter comme des « Tout Puissant ».

Dans le G8 par exemple, les chefs d’état, sont tous légitimes dans leurs pays, mais ensemble, ils forment une assemblée qui or-donne et exige. De quel droit ? Ils ne sont pas élus par l’ensemble des populations concernées.

 Il en est de même de l’OMC, l’AGCS , la Banque mondiale, le FMI, l’Union européenne tous décident et imposent à tous les pays les thèses ultra libérales. C’est facile, il n’y a pas de sanction par l’opinion publique. Drôles de démocrates ceux qui ont construit et mis en place des instruments de gouvernement qui privent les peuples de leurs pouvoirs.

Oubli de démo-cratie ou déjà pratiques « dictatoriales » ?
Alors le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple est un leurre …sauf pour les manifestants qui souhaitent faire valoir leur point de vue de citoyens et demandent une autre réforme avec concertation et implication de l’ensemble de la société.

Ce n’est pas à un seul parti politique de régler des problèmes. Le gouvernement doit mettre en œuvre les conditions dans lesquelles vont se tenir les réunions de concertation qui permettront à l’ensemble des élus, des partenaires sociaux, représentants de cette société, de proposer une réforme qui soit une réponse de notre société à ce problème.

 « C’est avec des gens qu’on fait d’un territoire un pays. »

chantait Gilles VIGNEAULT. Je serai tenté de paraphraser cette citation en m’adressant à ces organismes mondiaux ou européens (G8, OMC, etc..) : « C’est avec des citoyens, que l’on fait d’un pays, une démocratie ».

Alors que faire pour remettre la démocratie en route dans notre pays ?

Demander au Président de la république , qui veille au respect de la Constitution, de mettre en place un processus permettant à celle-ci de fonctionner et de remplir son rôle lors-que l’expression populaire n’est pas en accord avec la représentation nationale sur une loi. Les modalités pratiques pourraient être semblables à celles-ci :

 Interruption du vote de la loi sur les retraites au Parlement

 Mise en place dans chaque circonscription de systèmes fiables et contrôlées per-mettant d’évaluer le choix des électeurs.

 Reprise de vote avec chaque député qui vote selon le désir de sa circonscription.

Mais en attendant, demandons fermement à nos députés de faire correctement le tra-vail pour lequel ils sont payés…et deviennent retraités… au bout d’un mandat.

Christian AUBANELLE


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