Yonne Lautre

« Agriculture biologique Agroécologie : Cuba »biologique« , sans combustibles ni carburants fossiles » par Dr.Mae-Wan Ho, traduction de Jacques Hallard

lundi 25 février 2008 par Hallard Jacques, Ho Mae-Wan Dr

Organic Cuba without Fossil Fuel

Cuba « biologique », sans combustibles ni carburants fossiles

Cuba’s experience has opened our eyes to agriculture without fossil fuels, a possibility rapidly turning into a necessity for mitigating climate change as world production of petroleum has also peaked.

L’expérience de Cuba nous a ouvert les yeux sur une agriculture sans combustibles et sans carburants fossiles, avec la possibilité d’un revirement rapide, devant l’impérieuse nécessité d’atténuer les changements climatiques, alors que la production mondiale de pétrole a atteint son sommet et amorce son déclin. Dr.Mae-Wan Ho

Communiqué de presse de l’Institut ISIS en date du 21/01/08

Une version entièrement référencée de cet article est mentionnée sur le site accessible par les membres d’ISIS. L’article original intitulé Organic Cuba without Fossil Fuels est accessible sur le site suivant :

www.i-sis.org.uk/OrganicCubawithoutFossilFuels.php.

Une version électronique de ce rapport, ou tout autre rapport d’ISIS, avec les références complètes, peut vous être envoyé par e-mail moyennant un don de £ 3,50.
S’il vous plaît, demandez par e-mail avec le titre du rapport au site : report i-sis.org.uk

 Cuba 1989

Cuba est l’endroit où l’agriculture sans combustibles et sans carburants fossiles a été soumise à sa plus grande épreuve et le pays a réussi avec brio. L’année 1989 a inauguré une « Période Spéciale » [1], un scénario qui va frapper certains pays dans un avenir pas trop lointain, à moins qu’ils ne s’y préparent dès maintenant.

Avant 1989, Cuba était un modèle de la Révolution Verte avec son économie agricole basée sur d’énormes unités de production avec des exploitations agricoles appartenant à l’Etat, et dépendant de l’importation de grandes quantités de pétrole, de produits chimiques et de machines destinés à produire des végétaux pour l’exportation.

Dans le cadre d’accords avec l’ex-Union Soviétique, Cuba avait été un pays axé sur le pétrole, et 98 pour cent de l’ensemble de son pétrole venait du bloc soviétique.

En 1988, 12-13 millions de tonnes de pétrole soviétique ont été importées, dont deux millions de tonnes furent réexportées. In 1989,
En 1989, Cuba a dû diminuer les réexportations de moitié et en 1990, les exportations de pétrole ont été entièrement arrêtées, car seulement 10 des 13 millions de tonnes promises par l’Union soviétique avaient été reçues.

A la fin de 1991, 6 seulement des 13 millions de tonnes promises ont été reçues et la chute des approvisionnements en pétrole a commencé à avoir des conséquences graves sur l’économie du pays.

Si la situation liée au pétrole était à ce moment là critique, d’autres pertes ont également été importantes, car 85 pour cent de l’ensemble des échanges commerciaux de Cuba étaient réalisés avec les Soviétiques.

Cuba exportait 66 pour cent de l’ensemble du sucre et 98 pour cent de ses agrumes vers le bloc soviétique ; Cuba importait 66 pour cent de ses denrées alimentaires, 86 pour cent de toutes les matières premières et 80 pour cent des machines et des pièces détachées.

En conséquence, lorsque le soutien du bloc soviétique s’est arrêté, les usines fermèrent, la pénurie alimentaire se généralisa et le contexte technologique, déjà inadéquat, commença à s’éroder.

L’effondrement du bloc soviétique et l’embargo commercial américain renforcèrent la vulnérabilité du modèle de la Révolution Verte à Cuba et le pays plongea dans la pire crise alimentaire de son histoire [2].

Au début de 1990, une économie de survie fut mise en place, car 100.000 tonnes de blé, normalement obtenues grâce à des accords de troc, ne furent pas livrées et le gouvernement fut obligé d’utiliser les rares devises pour importer des céréales en provenance du Canada [1].
Les prix des produits alimentaires augmentèrent et le pain fut rationné.
Globalement, on estime que la consommation alimentaire fut diminuée de 20 pour cent en calories et de 27 pour cent en protéines entre 1989 et 1992.

Pour empirer les choses, les efforts déployés par Cuba pour renverser la tendance de l’exode rural, au cours des décennies antérieures, n’avaient pas réussi à endiguer une marée de plus en plus de migrants ruraux vers les villes, en particulier à La Havane.

En 1994, 16.541 personnes migrèrent vers La Havane à partir de tous les coins de Cuba, plus qu’au cours de toutes les autres années depuis 1963.

En 1996, ce chiffre avait atteint 28.193, soit le niveau d’avant la révolution cubaine.

Les pénuries de nourritures, de médicaments et de carburants poussèrent les gens vers la capitale.

Des politiques visant à arrêter ces flux migratoires furent mises en place en 1997, mais la densité de population dans la capitale avait déjà atteint 3.000 habitants au kilomètre carré.

Cuba se trouva face à un double défi : doubler la production alimentaire avec la moitié des apports précédents, avec environ 74 pour cent de sa population qui vivait dans les villes.

Pourtant, vers 1997, les Cubains se nourrirent presque aussi bien qu’avant 1989, avec peu de nourritures et de produits agrochimiques importés.

C’est alors que le pays s’est concentré sur la création d’une plus grande autonomie agricole : une combinaison de hausse des prix des denrées agricoles payées aux agriculteurs, les technologies de l’agroécologie, de plus petites unités de production et, surtout, une agriculture périurbaine.

L’urbanisation est une tendance croissante à l’échelle mondiale. More people now live in cities than in the countryside. Plus de gens vivent aujourd’hui dans les villes que dans les campagnes.
En 2015 environ 26 villes dans le monde devraient avoir des populations de 10 millions d’habitants ou plus.
Nourrir des villes de cette taille demande de satisfaire des besoins d’au moins 6.000 tonnes de vivres par jour [1].

 La réponse cubaine à la situation imposée

La façon dont Cuba a réagi à cette situation a été une source d’inspiration pour le reste du monde.

Cela a commencé avec un appel à l’échelle nationale afin accroître la production alimentaire par une restructuration de l’agriculture.

Il s’agissait de convertir les systèmes classiques de production à une grande échelle et des monocultures faisant appel à beaucoup d’intrants, en des systèmes de cultures à une plus petite échelle, et avec des pratiques agricoles biologiques ou à demi biologiques.

L’accent était mis sur l’emploi d’intrants à faibles coûts et sans danger pour l’environnement, d’une part, et de relocalisation de la production au plus près des lieux de consommation, afin de réduire les coûts des transports, d’autre part ; l’agriculture urbaine est un élément clé de cet effort [2-5].

Les gens ont répondu avec enthousiasme à l’initiative du gouvernement.

En 1994, rien qu’autour de La Havane, plus de 8.000 exploitations agricoles périurbaines ont été créées.

Les pelouses établies devant les bâtiments municipaux ont été retournées pour cultiver des légumes.
Les bureaux et les écoles cultivèrent leur propre nourriture.

Beaucoup de jardiniers étaient des hommes retraités âgés de 50 et de 60 ans et les femmes des zones urbaines ont joué un rôle beaucoup plus important dans l’agriculture que leurs homologues dans les zones rurales.

On estime qu’en 1998, 541.000 tonnes de denrées alimentaires ont été produites à La Havane pour la consommation locale. La qualité alimentaire s’est également améliorée à mesure que les gens avaient accès à une plus grande variété de fruits et de légumes frais. Les jardins urbains ont continué à croître et la production de certains quartiers atteignait jusqu’à 30 pour cent des besoins de nourritures.

La croissance de l’agriculture périurbaine est largement attribuable à l’engagement de l’État dans le but de rendre cultivables des terres urbaines et périurbaines en friches et de rendre les ressources disponibles pour les agriculteurs urbains qui de souhaitaient.

Des centaines de lots de terre vacants dans la ville ont ainsi été convertis en parcelles de production alimentaire et de nouvelles lois de planification ont accordé la plus haute priorité à l’utilisation des terres pour la production alimentaire.

Une autre clé du succès a été l’ouverture de marchés pour les agriculteurs et la légalisation de la vente directe des agriculteurs aux consommateurs.
La déréglementation des prix, combinée à la forte demande en produits frais dans les villes, ont permis aux agriculteurs urbains de faire deux à trois fois mieux que les ruraux professionnels.

Le gouvernement a également encouragé les jardiniers grâce à un vaste système de soutien, y compris à travers des agents de vulgarisation et des groupements horticoles qui ont offert assistance et conseils.

Des maisons de semences réparties dans toute la ville ont proposé, à un faible coût, la vente de semences, d’outils de jardinage, du compost et la distribution d’engrais et d’autres agents de contrôle biologique des ennemis des cultures.

De nouveaux produits biologiques et des techniques de jardinage biologique ont été développés et produits par le secteur de la recherche agricole de Cuba ; ce secteur avait déjà commencé à explorer des alternatives biologiques aux produits chimiques pour la protection des cultures et cela permit aux fermes urbaines de Cuba de passer complètement au système de production biologique.

En effet, une nouvelle loi interdit l’usage de tous les pesticides à des fins agricoles, en tous lieux à l’intérieur de la ville.

L’introduction d’un système de distribution diversifiée, pour les denrées alimentaires, a suscité une augmentation de la productivité agricole [1].

L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture [FAO], a estimé qu’entre 1994 et 1998, Cuba avait triplé la production des tubercules et racines alimentaires, ainsi des bananes plantains, et que le pays avait globalement doublé sa production de légumes, laquelle devait encore doubler en 1999.
La pomme de terre était passée de 188.000 tonnes en 1994 à 330.000 tonnes en 1998, pendant que les haricots augmentèrent de 60 pour cent et les agrumes de110 pour cent entre 1994 et 1999.

Certains renseignements anecdotiques suggèrent que des milliers de familles ont quitté les cités et les grandes villes afin de tirer leur subsistance de la terre.

D’autres informations indiquent que des milliers de chômeurs - y compris des migrants ruraux - ont trouvé un emploi dans l’agriculture urbaine et périurbaine.

 Agroécologie rurale et aménagement foncier des territoires

Les méthodes agroécologiques ont été introduites dans les communautés rurales de Cuba essentiellement pour faire face à la nécessité de travailler sans engrais artificiels et sans pesticides, mais cela a également été largement soutenu par d’importants fonds publics, une recherche financée par l’État et des changements politiques fondamentaux aux plus hauts niveaux du gouvernement [1].

L’agriculture agroécologique dans les campagnes et l’agriculture biologique en milieu urbain, ont été la clé de la stabilisation de ces deux populations urbaines et rurales.

Les méthodes agroécologiques adoptées sont les suivantes : des biopesticides produits localement et des engrais biologiques pour la substitution d’intrants chimiques artificiels, des agrosystèmes complexes conçus pour tirer parti des synergies et des interactions écologiques entre les facteurs biotiques et abiotiques, ce qui améliore la fertilité des sols, ainsi que le contrôle biologique des parasites et permet d’atteindre une plus grande productivité par le biais de processus internes.

D’autres pratiques visent à augmenter le recyclage des éléments nutritifs et de la biomasse à l’intérieur du système, l’ajout de matière organique pour améliorer la qualité du sol et activer la vie biologique de ceux-ci, des mesures de conservation des sols et de l’eau, une diversification des systèmes agricoles dans le temps et dans l’espace, l’intégration des cultures et du bétail, et enfin l’intégration des divers composants agricoles, afin d’augmenter l’efficacité biologique et de préserver la capacité de production.

En 1993, le gouvernement cubain a dévoilé une réorganisation importante de l’agriculture : la restructuration des fermes d’État transformées en coopératives privées.

Les nouvelles exploitations, qui représentent le plus gros secteur de l’agriculture à Cuba, ont été appelés UBPC ou Unités de Base de Production Coopérative, fondées sur une perception croissante que de plus petites fermes seraient plus faciles à gérer et mieux à même d’assumer les pratiques agricoles durables.

L’Etat conserve la propriété de la terre, le crédit-bail sur une base à long terme, mais avec une franchise de loyer.
La coopérative, et non l’Etat, est propriétaire de la production et les revenus des membres sont basés sur le partage des revenus de la coopérative.

Les UBPC sont également propriétaires des bâtiments et des matériels agricoles, achetés à prix discount auprès du gouvernement, mais avec des prêts à faible taux d’intérêt (4 pour cent) et à long terme.

La plupart des unités UBPC produisent un certain quota de sucre, tout en limitant d’autres cultures qu’elles pourraient produire, de sorte qu’elles ont peu de choses à vendre sur les marchés agricoles, ce qui limite leurs choix et options possibles, ainsi que le montant de leurs revenus.

Outre les UBPCs, l’éclatement de grandes fermes d’État a libéré de grandes parcelles de terrains pour d’autres utilisations et des terres ont été remises à la fois à des agriculteurs privés et à des coopératives agricoles.

Les petits agriculteurs qui travaillent sur leur propre ferme, à titre privé, et dans les coopératives, ont apporté une contribution majeure à la mise en oeuvre réussie de l’ agroécologie dans les campagnes.

Des Coopératives de Production Agricole (CPA) ont été créés pour la première fois, il y a 20 à 30 ans, par des agriculteurs qui ont choisi de mettre en commun leurs terres et leurs ressources afin d’atteindre une plus grande production et une meilleure commercialisation, ainsi qu’une bonne efficacité économique.

Bien que ces CPA représentaient alors une importance minime, elles ont commencé à rebondir au début des années 1990.
Les unités UBPC ont été modélisées d’après ces expériences, sauf pour les agriculteurs qui étaient propriétaires de leur terre dans les CPA.

Les Coopératives de Crédit et de Services (CCS) sont des associations de petits propriétaires terriens qui se joignent à d’autres petits agriculteurs, afin d’obtenir un crédit et des services auprès des agences gouvernementales.
Ils peuvent également partager des machines et du matériel et elles sont donc en mesure de tirer parti d’économies d’échelle.

Les membres des CCS achètent leurs intrants et vendent leurs produits à des prix fixes au niveau des organismes d’État, sur la base de plans de production et de contrats établis avec le système de distribution de l’Etat.

Toute la production récoltée au-delà de la quantité contractuelle peut être vendue sur les marchés des agriculteurs au prix du marché libre.
Ces petits agriculteurs ont été les plus productifs dans le secteur de l’agriculture cubaine, dépassant à la fois les CPA et les UBPC.
Les agriculteurs des CCS ont des revenus plus élevés que les membres d’autres coopératives.

Alors que tous les agriculteurs continuent de vendre un pourcentage de leur production à la commission de mise en marché de l’état, les agriculteurs sont désormais motivés à produire au-delà de leur contingent, qu’ils peuvent vendre sur les marchés agricoles, souvent deux fois le prix fixé par le contrat du gouvernement.
Ils peuvent tripler ou quadrupler leurs revenus.

Aujourd’hui, Vivero Alamar (Jardins Alamar) est une oasis au milieu de blocs d’appartements parfaitement rectangulaires et monotones de pur style soviétique, dans le quartier d’Alamar, situé à l’est de La Havane.

Il s’agit d’une ferme biologique d’environ 65 hectares, coincée au milieu d’une ville de deux millions d’habitants.

Fondée en 1994 sur une petite parcelle de 9 ha de terres, elle est devenue une affaires de 140 personnes [6] qui assurent une production régulière d’une large gamme de fruits et de légumes : salades, carottes, tomates, avocats, herbes médicinales et condimentaires, des légumes-feuilles et des concombres.

Vivero Alamar vend également une gamme de composts, de paillis organiques et une sélection de plantes de jardin et de patio.
En 2005, cette coopérative détenue par les salariés et gérée localement, a gagné environ 180.000 US$.
Après augmentations des immobilisations et couverture des frais d’exploitation, elle verse annuellement à chaque travailleur environ 500 US$ par année, comparativement au salaire minimum cubain de 10 dollars par mois.
Vivero Alamar est juste un exemple de la révolution dans la production alimentaire qui a balayé Cuba au début des années 1990 et qui se poursuit aujourd’hui.
De Santiago de Cuba à l’est, à Pinar del Rio dans l’ouest du pays, des milliers de jardins urbains ont fleuri.
Quelque 300.000 Cubains sont de plus en plus occupés à cultiver leurs propres fruits et légumes et à vendre leurs excédents à leurs voisins.

Bien que l’agriculture urbaine soit totalement biologique, le pays dans son ensemble ne l’est pas.

Mais la quantité d’intrants chimiques a été considérablement réduite.

Avant que n’éclate la crise, en 1989, Cuba a utilisé plus d’un million de tonnes d’engrais chimiques par an. Today, it uses about 90 000 tons. Aujourd’hui, le pays en utilise environ 90.000 tonnes.
Durant la période soviétique, Cuba appliquait chaque année jusqu’à 35.000 tonnes de produits pesticides divers ; aujourd’hui, on n’emploie plus qu’environ 1.000 tonnes.

À l’instar de nombreux petits pays pauvres, Cuba reste tributaire de l’agriculture d’exportation pour engranger des devises fortes.

Ce pays est un solide exportateur de tabac, de sucre, de café et d’agrumes ; il vend une quantité importante de ces trois dernières denrées alimentaires comme produits certifiés biologiques [7].

Mais lorsqu’il s’agit d’agriculture durable, l’innovation la plus impressionnante de Cuba réside dans son réseau de fermes et de jardins urbains et périurbains.

Selon le Ministère de l’Agriculture de Cuba, quelque 150.000 hectares de terres sont cultivés en zones urbaines et périurbaines, dans des milliers de fermes communautaires, allant de modestes jardins derrière les habitations, jusqu’à des sites de production qui remplissent toute la ville entre les blocs d’appartements.

Les ’organoponicos’, comme on les appelle, montrent comment une combinaison d’efforts de la base et de soutien officiel, peut entraîner des changements profonds, et comment des voisins peuvent se réunir et se nourrir ensemble.

Lors de la crise alimentaire qui a frappé Cuba, les ’organoponicos’ étaient une réponse ad hoc apportées par les collectivités locales pour augmenter la quantité de nourriture disponible.

Mais à mesure que la puissance de ce mouvement de la communauté agricole est devenu évident, le gouvernement cubain est intervenu pour fournir un support à des infrastructures capitales et pour aider à la diffusion de l’information et au partage des compétences.

Les ’organoponicos’ sont, pour la plupart, construites sur des terres impropres à l’agriculture, ils reposent sur des bandes de cultures surélevées.
Une fois que les ’organoponicos’ sont installés, le travail manuel reste important.
Tous les semis et le désherbage sont faits manuellement, tout comme les récoltes.

La fertilité des sols est assurée par le lombricompostage ou vermicompostage. Les agriculteurs
nourrissent les élevages de vers de terre avec leurs excédents de biomasse, ainsi qu’avec le fumier provenant d’exploitations rurales situées à proximité : ils produisent ainsi un engrais riche en nutriments.

Des équipes répartissent environ 1,2 kg de compost par m², sur le dessus des bandes de culture avant chaque nouvelle plantation.

Jason Marks a écrit [6] : « En dépit de la chaleur tropicale, il ne semble pas que ces travaux soient perçus comme étant ingrats.
Parmi les employés qui travaillent sur les ’organoponicos’, on ressent une sorte de fierté apportée à cette réalisation.
L’atmosphère est coopérative et sympathique. Il n’y a pas de patron en vue et chacun semble bien comprendre son rôle et ce que l’on attend de lui.
Les travaux se déroulent de façon fluide avec une certaine grâce tranquille. »

Les jardiniers sont venus de tous les horizons : artistes, médecins, enseignants.
Fernando Morel, présidente de l’Association des Ingénieurs Agronomes cubains a déclaré : "C’est incroyable.
Quand nous avions davantage de ressources dans les années 1980, du pétrole et tout le reste, le système était moins efficace qu’il ne l’est aujourd’hui. "

Le partenariat hybride entre public et privé semble bien fonctionner.
En échange de la terre, le gouvernement reçoit une part du produit, généralement environ un cinquième de la récolte, qui est utilisée au fonctionnement des garderies, des écoles et des hôpitaux.
Les travailleurs peuvent alors conserver le reste de leur production et la vendre à proximité de leurs exploitations.
Il s’agit d’un commerce qui est plus qu’équitable.

. La Ville de La Havane produit maintenant suffisamment de nourritures pour assurer que chaque résident reçoive une portion quotidienne de 280 g de fruits et de légumes par jour.
Le programme alimentaire des Nations Unies en recommande 305 g.

Joe Kovach, entomologiste à l’Université de l’Ohio aux Etats-Unis, qui s’est rendu à Cuba avec une délégation de chercheurs en 2006, résume bien la situation : « En 25 ans de travail au contact avec des agriculteurs, ce sont les plus heureux, les plus optimistes, et les mieux payés des agriculteurs que j’aie jamais rencontrés ».

De longues files d’attente d’acheteurs se forment à l’étalage de la ferme, où les gens recherchent la qualité et la fraîcheur : le produit est récolté juste avant l’achat et les pertes sont réduites au minimum.

Cette agriculture urbaine au niveau national réduit la dépendance des populations urbaines par rapport aux régions rurales productrices.

Hormis les ’organoponicos’, il existe plus de 104.000 petites parcelles, patios et jardins populaires, de très petites parcelles de terres d’une superficie de plus de 3600 ha, produisant plus que les cultures horticoles intensives et les ’organoponicos’ combinés [1].

Il y a aussi des fermes d’approvisionnement autonome autour des usines, des bureaux et des centres d’affaires, plus de 300 uniquement à La Havane.

De grandes quantités de légumes, de tubercules et de racines alimentaires, de céréales et des fruits sont produits là, ainsi que du lait, de la viande, des œufs, des poissons et de plantes condimentaires.

En outre, les exploitations agricoles périurbaines sont cultivées de manière intensive avec une attention particulière portée à une utilisation judicieuse efficace de l’eau et à la réduction maximale de agrotoxines [pesticides divers] ; ces exploitations sont très nombreuses à La Havane, à Santa Clara, à Sancti Spiritus, à Camaguey et à Santiago de Cuba.

Des cultures sous ombrières et des productions de type familial proches des habitations permettent de cultiver tout au long de l’année, lorsque le rayonnement solaire est le plus intense.

Les cultures se font aussi sur divers substrats et avec des solutions nutritives, sur de petites bandes de plantation, dans de petits conteneurs, sur les balcons et sur les terrasses établies sur les toits, etc...

Les niveaux de production des légumes ont doublé ou triplé chaque année depuis 1994 et les jardins urbains produisent maintenant environ 60 pour cent de tous les légumes consommés à Cuba, mais seulement 50 pour cent de tous les légumes consommés à la Havane.

Le succès de l’agriculture urbaine est, en règle générale, dû à l’engagement citoyen des Cubains pour l’idéal d’une production alimentaire locale [7].

Il y a tellement de choses à apprendre pour tout le monde, à partir de l’expérience cubaine et, ce qui n’est pas la moindre, le passage à un mode d’agriculture sans combustibles ni carburants fossiles : ce n’est pas seulement possible, c’est aussi hautement productif et c’est un moyen de promouvoir un bon état de santé des populations.

voir document complet en pdf sur demande à yonne.lautre laposte.net


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