Yonne Lautre

« La restauration scolaire : enjeu d’équité sociale, de santé publique et de protection de l’environnement » par Denis Roycourt

jeudi 11 décembre 2008 par Roycourt Denis

Jeudi 11 décembre , soirée film et débat, 5 €, cinéma le Casino, 20h00

« Nos enfants nous accuseront »

Après le film, débat avec Joëlle Grigor, présidente de la FCPE 89,
André Lefebvre, Conseiller en charge de l’Agriculture biologique à la Chambre d’Agriculture,
et un médecin spécialisé dans l’alimentation.

LA RESTAURATION SCOLAIRE :
ENJEU D’EQUITE SOCIALE, DE SANTE PUBLIQUE ET DE PROTECTION DE l’ENVIRONNEMENT

« Manger ça s’apprend » nous ont dit des chercheurs au cours des Entretiens d’Auxerre.

1500 élèves fréquente la cantine, la restauration scolaire pourraient être un formidable outil de santé publique, voire même de réduction des inégalités alimentaires. En effet plusieurs études montent que les déséquilibres alimentaires reflètent les inégalités sociales. La plupart des « bons » aliments recommandés par les nutritionnistes sont sous-consommés par les ménages à bas revenus alors que les mauvais sont surconsommés.

Cet écart est particulièrement flagrant pour les fruits et légumes frais : plus le revenu par personnes est élevé et plus les membres d’un foyer en consomment, jusqu’à trois fois plus.

Les comportements alimentaires dépendent des revenus et du niveau d’éducation.

En fait le prix relatifs des légumes augmenté de 40% depuis 1950, constituant la source de calorie la plus chère, avec les fruits et le poisson.

Les différents comportements alimentaires se traduisent par des inégalités face aux risques de santé.

« la consommation de la plupart des vitamines et minéraux et des fibres est systématiquement moindre dans les ménages les moins aisés » explique la nutritionniste Nicole Darmon de l’Inserm. Inquiétant lorsque l’on sait que ce sont ces microsonstituant pourraient réduire les maladies cardio-vasculaires et les cancers.


Pour que nos enfants ne nous accusent pas ! 

L’agriculture intensive française est le 3 ème consommateur au monde de pesticides (5kg/ha) : ceux-ci se retrouvent dans l’air, dans les aliments, dans l’eau.

Une évaluation de la commission européenne a révélé l’été dernier que près de 53% des fruits et légumes et céréales consommés en France contiennent des résidus de pesticides. Plus de 8,9% de ces aliments en contiennent à des doses supérieurs aux limites européennes admises. 

Plusieurs études révèlent les effets nocifs de ces produits sur la santé des enfants (cancers, stérilité, diabète ...) C’est ce que montre le film de Jean Paul Jaud .

Du bio dans toutes les assiettes

La ville d’Auxerre a décider de s’engager dans une démarche de développement durable, promouvant la qualité des denrées qui seront sous signes officiels de qualité, c’est à dire certifiés, labellisés (label rouge), ou issus de agriculture biologique et garantis sans OGM. 

Le développement durable devra se retrouver dans l’organisation de circuits courts d’approvisionnement, dans le recyclage des barquettes et des déchets alimentaires.

La qualité des denrées et le développement durable devront devenir des supports à l’animation des repas et à la formation de l’ensemble des personnels intervenant pour ce service.

Un impératif démocratique et social

 On objecte d’ordinaire que les cantines biologiques seraient un luxe, qu’il y aurait d’autres priorités sociales.

A cela, il faut rétorquer que l’on sait parfaitement que pour les publics les plus en difficulté, les repas pris en restauration scolaire sont parfois les seuls complets qui leur soient offerts, et que s’attacher à leur richesse nutritionnelle, en particulier du point de vue de la qualité, constitue presque un impératif.

Les cantines biologique constituent un retour au source , par rapport à l’alimentation familiale. C’est aussi un moyen de redémocratiser ce qui est encore l’apanage d’une élite.

 Un atout pour l’environnement et l’emploi

 L’agriculture biologique exclue le recours aux pesticides et aux autres engrais chimiques qu’ensuite on retrouve dans notre eau.

Manger bio c’est préserver la nappe phréatique et donc la qualité de l’eau. Le recours aux productions locales permet de raccourcir les circuits de distribution et d’acheminement et contribue à la lutte contre le réchauffement climatique, 20 à 50% de moins de gaz à effet de serre.

En même temps l’agriculture biologique génère plus d’emplois que l’agriculture intensive .

Son développement aura des incidences sur l’emploi local et renforcer le réseau des AMAP.

Denis Roycourt


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