Yonne Lautre

« Un petit truc pour économiser eau et énergie dans le jardinage et maraîchage. » par Michel Dindorf

mardi 30 décembre 2008 par Dindorf Michel

La terre labourée et préparée une fois pour toute est recouverte de 20 cm de foin. On forme un cône dans le foin pour planter plants et graines. Même en cas de très grosses canicules, même en plein désert, il y a une forte rosée qui se retrouve piégée dans le foin et la terre reste humide. Un arrosage nocturne toutes les 2 semaines est suffisant là ou l’on arrose pendant des heures tous les jours en plein soleil...

Chaque année une partie du foin se décompose enrichissant ainsi la terre qui n’a plus besoin ni d’engrais, ni d’être labourée par des tracteurs diesel.

Chaque année, il faut remettre, une fois, une vingtaine de cm d’épaisseur de foin. Les mauvaises herbes ont beaucoup de mal à pousser, ne « voyant » plus le soleil sous le foin ce qui rend inutile les herbicides toxiques.

A part la grosse consommation de foin, le problème, il en faut un, est que la terre sous le foin restant en permanence humide, les escargots et les limaces viennent s’y réfugier et dévorent les jeunes plants, mais, en disposant régulièrement des bouteilles contenant un peu de bière, on attire ainsi escargots et limaces qui viennent se noyer dans la bière. Et la bière ne pollue pas.
Les hérissons aiment bien les limaces, il faut surveiller qu’ils ne s’attaquent pas à certains plants.

Les orties, absinthes, thyms, sauges, estragons, basilics, romarins, menthes etc... peuvent protéger la zone de culture des éventuelles maladies.

C’était comment remplacer l’eau par du foin.

Le jardin sous le foin fonctionne, mais tout le monde veut partir aux universités d’été... il faut donc installer une système d’arrosage d’appoint automatique... et sans électricité nucléaire, c’est bien mieux.

Sous le foin, protégé par un grillage fin, un réservoir plat, ouvert, de quelques litres de contenance est rempli d’eau. L’eau soulève un flotteur qui ferme le robinet d’arrosage. En aval du robinet d’arrosage, un micro-robinet remplit le réservoir plat quand celui-ci manque d’eau et que le flotteur est descendu. Le rapport entre les débits peut être de 100, de 1000 suivant les surfaces à humidifier. L’arrosage se fera plutôt par ruissellement vu les faibles débits.

S’il pleut, le réservoir plat se rempli d’eau et il n’y a pas d’arrosage.(avec des capteurs(gouttières) de pluie supplémentaires, on règle la vitesse de remplissage par la pluie).
S’il fait chaud, l’eau s’évapore du réservoir plat et le processus d’arrosage se déclenche quand le flotteur ouvre le robinet.

L’arrosage ne se fait pas en plein soleil car en amont du système un robinet thermostatique(de radiateur) réglé sur 25°C l’interdit.

Une foi en place, ce système d’arrosage sans électricité, sans programmateur qui tient compte de l’humidité du sol, et qui n’arrose pas en plein soleil allié au système de paillage (foin) permet d’importantes économies de labour, de temps, d’énergie et d’eau qui peuvent être de l’ordre de 90%...

Ces essais d’arrosage -automatique- sans électricité, et de culture sous foin datent des années 80, le paillage simple est bien antérieur...

Quelques précisions pour éventuellement clarifier le système : il s’agit en gros du système de remplissage d’une chasse d’eau ancienne de WC ou le grand débit est détourné et sert à humidifier le potager. Seul un mini-robinet(en aval du principal) rempli tout doucement le réservoir plat. Le robinet thermostatique (en amont du système) est un robinet genre chauffage central, détourné de son objectif premier.

En plus du grillage fin au dessus du réservoir plat, il faut prévoir une grille solide, car les animaux en période de sécheresse finissent par trouver le réservoir d’eau proche de petite pousses tendres...(un système d’épouvantail efficace ou un chien bien dressé, reste à trouver, car sans parler des sangliers, une visite étourneaux, ou de pigeons ou de corbeaux est catastrophique... si le jardin est petit, on peut envisager de le mettre sous un filet contre nos amis les oiseaux.).

L’humidification à faible débit du foin peu durer toute la nuit en réglant le micro-robinet, après quelques essais, au goutte à goutte qui remplit donc très lentement le réservoir plat et fait monter le flotteur qui finira par fermer le robinet principal d’arrosage.

En utilisant la rosée et quelques humidification, on prive quand même d’eau les végétaux, ceux-ci apprécient plus ou moins le traitement, par exemple, dans les salades, les batavias et les feuilles de chêne étaient superbes et il valait mieux éviter de faire des laitues.

Dans le Var les journalistes ont été invités à venir voir... pour eux l’explication était que « des gens » se relevaient la nuit pour arroser !

Dans le Var, les terrains disponibles étaient assez pauvres et la premières couches de foin déposée avait séjourné dans l’eau plusieurs jours(jusqu’à sentir mauvais), les bactéries s’étaient multipliées et la première couche de foin (recouverte d’une seconde couche de foin qui n’avait pas macérée dans l’eau) s’était décomposée très vite pour enrichir les cailloux qui servaient de terre. Il y avait des photos montrant les rendement exceptionnels (et je ne parle pas du super goût), mais les personnes qui en avaient la garde sont décédés depuis.(salut Mado, salut Max).

D’autres essais ont été fait en remplaçant le foin par de la paille, des copeaux de bois, bois fragmentés et sont décrits dans différents ouvrages.

Michel Dindorf

PS : Je considère mes e-mails du jeudi 21 juillet 2005 concernant -le système d’arrosage automatique sans électricité allié à la culture sous foin utilisant principalement la rosée comme humidifiant- comme une mise dans le domaine public, donc libre de tout droit et pouvant être utilisé par tous et n’étant plus brevetable par une éventuelle sangsue US ou autre.

(Yonne Lautre avait publié ce texte en 2005 mais avait du le retirer comme des centaines d’autres en septembre 2008 quand le site avait dépassé l’espace disponible. Merci à l’auteur de nous l’avoir reproposé. NDLR)


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