Yonne Lautre

« Pour un avenir énergétique sobre, efficace et renouvelable » Appel Négawatt

mercredi 10 septembre 2003 par NégaWatt

Association Négawatt

Pour un avenir énergétique sobre,
efficace et renouvelable

En matière d’énergie, toutes les prévisions actuelles sont fondées sur l’hypothèse que la croissance économique des années passées va continuer au cours du 21e siècle.

Comme si...

Comme si cette croissance pouvait perdurer à jamais dans le cadre limité de notre biosphère.

 Comme si notre consommation d’énergie devait croître indéfiniment, et la production correspondante indéfiniment suivre !

Pourtant, à l’évidence, ce n’est pas possible :

• les réserves d’énergies fossiles sont dérisoires : quelques décennies de pétrole et de gaz au rythme de consommation actuel, un peu plus pour le charbon. C’est très peu au regard du temps nécessaire à la transformation de nos systèmes énergétiques,

• l’usage massif de ces mêmes ressources déstabilise le fragile équilibre de la biosphère et menace notre climat : pour revenir à une situation viable nous devons diviser par 4 ou 5 nos émissions de gaz à effet de serre, et donc nos consommations d’énergies fossiles,

• même les prévisions les plus « optimistes » du Conseil Mondial de l’Énergie évaluent au maximum à 8 % la part du nucléaire dans le bilan mondial en 2050. L’énergie nucléaire n’est donc une solution ni au problème de l’effet de serre, ni à l’épuisement des énergies fossiles. Quelle que soit sa contribution future, le problème des déchets et le risque d’un accident majeur constitueront toujours une menace considérable, et la prolifération des matières radioactives une entrave à la paix.

• la plupart des technologies promettant l’abondance énergétique (fusion, centrales solaires sur orbite, surgénérateurs...) ne verront au mieux le jour que dans un demi-siècle. Si tant est qu’elles puissent tenir leurs promesses, elles seront de toutes façons très coûteuses. L’humanité ne peut faire le pari d’attendre les bras croisés : nous devons agir dès aujourd’hui.

• le spectre de la pénurie dans les pays riches conduira de plus en plus à la guerre pour le contrôle des ressources d’énergie. Si rien ne change, toutes les stratégies énergétiques mondiales mèneront à la marginalisation définitive des pays les plus pauvres.

Face à ce constat, nous avons un impératif, mais aussi une raison d’espérer : changer notre regard sur l’énergie.

 Mieux consommer au lieu de produire plus.

Cette démarche de bon sens permet de découvrir une ressource, nouvelle et cachée, mais gigantesque : les négaWatts, qui représentent l’énergie non-consommée grâce à un usage plus sobre et plus efficace de l’énergie.

Le potentiel de « production » de négaWatts est supérieur à la moitié de la consommation mondiale actuelle d’énergie avec des solutions aujourd’hui disponibles et fiables et de multliples avantages induits : absence de pollution et de nuisances, décentralisation, création d’emplois, responsabilité, solidarité, paix...

 La « démarche négaWatt » se décline en 3 temps :

• la sobriété énergétique à tous les niveaux de l’organisation de notre société et dans nos comportements individuels pour supprimer les gaspillages absurdes et coûteux.

• l’amélioration de l’efficacité énergétique de nos bâtiments, de nos moyens de transport, de tous les équipements que nous utilisons, afin de réduire les pertes, pour mieux utiliser l’énergie et en augmenter les possibilités.

• enfin, la production à partir d’énergies renouvelables, par définition inépuisables, décentralisées et à faible impact sur notre environnement.

Le temps presse pour nous engager dans une telle démarche : les trois décennies qui viennent seront cruciales pour rompre avec la croissance immodérée de nos consommations et réaliser une vraie solidarité entre les peuples à travers un modèle énergétique équitable, facteur essentiel d’une paix durable.

Nos gouvernants semblent l’avoir compris tout récemment, quand ils ont dit : « notre maison brûle, et nous regardons ailleurs ». Il s’agit désormais de passer des paroles aux actes, pour mettre en cohérence nos façons d’utiliser et de produire l’énergie afin de préserver notre unique lieu de vie : la Terre.

Notre avenir énergétique sera sobre, efficace, renouvelable. Et cet avenir commence aujourd’hui.

Cet appel est à l’initiative de l’association Negawatt.
voir le site : http://www.negawatt.org/

=====

L’énergie, une richesse inégalement consommée
Sans énergie, pas de vie, pas de développement.
Or, aujourd’hui, sur notre planète, la surconsommation la plus débridée côtoie des pénuries criantes : un citoyen américain consomme à lui seul 8 tonnes d’équivalent-pétrole par an, alors qu’un habitant du Bangladesh doit vivre avec 40 fois moins. La consommation d’électricité est encore plus inégale : 7070 kWh par an et par personne en France, contre ... 22 kWh seulement en Ethiopie !

Et 40 % de la population mondiale reste tout simplement privée d’électricité.

L’explosion énergétique

La consommation mondiale d’énergie est restée très longtemps stable lorsque l’homme n’utilisait l’énergie que pour sa survie et ses besoins alimentaires.

À partir de 1850 la révolution industrielle a provoqué une augmentation brutale des besoins en énergie. Celle-ci n’a cessé ensuite de croître de façon explosive sous l’effet conjoint de l’augmentation du niveau de vie et la croissance simultanée de la population.

Actuellement la demande mondiale d’énergie croît de 2 % par an en moyenne. Elle a tendance à ralentir dans les pays industrialisés, mais augmente dans les pays émergents.

Et en France, après une période de prise de conscience lors des deux chocs pétroliers, la consommation d’énergie des ménages est repartie de nouveau fortement à la hausse !

Énergie et pollution

La consommation d’énergies fossiles est une des principales sources de la dégradation de l’environnement.

Les gaz qui augmentent l’effet de serre (CO2, NOx, SO2) sont principalement issus de la combustion des carburants fossiles, de l’activité industrielle et de la déforestation.

Certains gaz utilisés pour la production de froid et la climatisation des habitations et des automobiles provoquent une dégradation de la couche d’ozone qui laisse alors passer les rayons UV-B. Ces rayons peuvent avoir des effets nocifs sur l’écosystème mais aussi sur la santé.

Les pluies acides sont une forme de pollution atmosphérique causée par les oxydes de soufre et les oxydes d’azote. Ces gaz, principalement issus des usines et des automobiles, acidifient les nuages et retombent sous forme de pluies qui affectent gravement les écosystèmes.

Les déchets nucléaires issus de la production d’énergie atomique représentent un risque sans précédent pour les générations à venir, certains restant en activité pendant des milliers d’années. À l’heure actuelle, aucune solution n’a été trouvée pour les retraiter de façon satisfaisante. Ni l’enfouissement ni le stockage ne peuvent être considérés comme durablement fiables.

La déforestation à des fins de production d’énergie est une des principales causes de la désertification des sols. En plus des grandes famines qui en résultent déjà, l’accroissement démographique rend extrêmement préoccupante la perte de terres productives au profit du désert.

Des ressources limitées et épuisables

Au rythme actuel de notre consommation, de quelles ressources énergétiques disposerons-nous demain ?

Le pétrole sera la première source d’énergie à s’épuiser vers 2040, dans moins de deux générations ...

L’uranium et le gaz naturel n’atteindront pas les années 2075. Le charbon est plus abondant, mais ses réserves utiles ne dépassent pas deux ou trois cents ans.

Enfin les difficultés de la surgénération et de la fusion nucléaire montrent que la perspective de disposer à court terme d’une énergie abondante et quasi-gratuite reste pour l’instant un mythe.

Seule l’utilisation de toutes les formes d’énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique, bois et biomasse) et une augmentation de l’efficacité énergétique permettront d’éviter de piller définitivement notre planète pour nos seuls besoins immédiats.

Efficacité énergétique et négaWatts
Inégalités criantes, croissance non contrôlée de la consommation, augmentation des atteintes à l’environnement, gaspillage de ressources fossiles limitées ...

En matière d’énergie, l’état des lieux est accablant.

Or nous continuons à produire et à consommer toujours plus en ayant, comme l’autruche, la tête douillettement enfoncée dans le sable : les générations à venir nous regarderont comme de redoutables gaspilleurs, doublés d’insouciants pollueurs laissant à nos descendants le soin de s’occuper de nos déchets.

Est-ce inévitable ? Comment rompre avec ce comportement irresponsable sans réduire notre qualité de vie ?

De nombreuses réponses existent, simples, de bon sens, immédiatement applicables par tous. Elles se fondent sur l’efficacité énergétique , c’est-à-dire réduire à la source la quantité d’énergie nécessaire pour un même service, mieux utiliser l’énergie à qualité de vie constante.

Par exemple, le seul fait de concevoir une habitation en tenant compte correctement de l’orientation (et donc de l’ensoleillement) diminue de 15 à 30 % les besoins de chauffage, et donc la consommation d’énergie.

Autre exemple : remplacer une classique ampoule de 100 W par une lampe basse consommation de 20 W revient à utiliser 5 fois moins d’énergie pour assurer un même niveau d’éclairage. La puissance électrique nécessaire est ainsi réduite de 80 W.

En d’autres termes, le remplacement de cette lampe génère « 80 Watts en moins » : on parle alors de « production de négawatts ».

 Devenez producteur de négaWatts !

« Produire des négaWatts » c’est donc rompre avec nos (mauvaises) habitudes en préférant la sobriété énergétique au gaspillage[1]. C’est rechercher la meilleure utilisation possible de l’énergie, plutôt que de continuer d’en consommer toujours plus.

Loin du « retour à la bougie ou à la lampe à pétrole », cette démarche vise à faire la chasse aux watts inutiles grâce à une utilisation plus efficace de l’énergie, et à recourir judicieusement aux énergies renouvelables.

Une démarche triplement gagnante :

Pour le consommateur, qui voit ses factures d’énergie diminuer,

Pour l’emploi, par la diffusion de nouveaux équipements plus performants et le développement décentralisé de tous les métiers de l’énergie,

Pour l’environnement, car l’énergie la moins polluante est celle que l’on n’a pas besoin de produire.

Plus d’infos :
voir site http://www.negawatt.org/

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