Yonne Lautre

« Une croissance verte pour les pays en développement » par le Dr.Mae-Wan Ho

Traduction & compléments de Jacques Hallard
lundi 24 mai 2010 par Hallard Jacques, Ho Mae-Wan Dr

ISIS Agriculture Economie Energie
Une croissance verte pour les pays en développement
Green Growth for Developing Nations
Les pays en développement peuvent passer directement à des économies à faibles émissions de carbone en améliorant l’efficacité énergétique, en adoptant l’agriculture biologique et en installant des équipements d’énergies renouvelables hors réseau à un coût abordable pour les populations, nous dit une agence des Nations Unies.
D’après le Dr.Mae-Wan Ho

Rapport de l’ISIS en date du 06/04/2010
L’article original en anglais s’intitule Green Growth for Developing Nations et il est accessible sur le site suivant : www.i-sis.org.uk/greenGrowthForDevelopingNations.php
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Green Energies 100% Renewables by 2050
Par Mae-Wan Ho, Brett Cherry, Sam Burcher & Peter Saunders - Accès : http://www.i-sis.org.uk/GreenEnergies.php

 Des opportunités vertes parmi les multiples crises mondiales

Il y a beaucoup de solutions à la crise mondiale actuelle qui est multiple : dans la finance, dans le réchauffement planétaire et les changements climatiques, ainsi que dans la hausse des prix alimentaires ; ces solutions sont disponibles et abordables par les pays en développement et elles peuvent créer des opportunités de croissance verte, lit-on dans la dernière parution de Trade and Environment Review (TER), Revue de l’Environnement et du Commerce [1]publiée par la CNUCED, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement, en anglais UNCTAD. La CNUCED est l’équivalent de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement) pour les pays en développement.

Une croissance beaucoup plus « propre » est possible dans le monde en faisant du développement avec les technologies existantes, si l’on tient compte des bonnes stratégies et des incitations, dit le rapport TER.

Au lieu de se serrer la ceinture en temps de crise financière, comme la sagesse conventionnelle pourrait nous le dicter, l’urgence de la crise donne aux gouvernements des nations les plus pauvres du monde, la chance de réaffecter les ressources à une organisation efficace de la croissance économique : c’est meilleur pour l’environnement, socialement plus équitable et plus prometteur à long terme.

Le rapport TER met l’accent sur trois domaines de la croissance « propre » : l’efficacité énergétique, l’agriculture durable et l’énergie renouvelable hors réseau. A condition que cela soit fait correctement, cela devrait générer des économies en termes de rentabilité ou même générer des profits rapides. En outre, le passage à une croissance propre créera des emplois. Mais pour ce faire, les gouvernements doivent éliminer les barrières commerciales et les politiques qui empêchent la circulation des capitaux dans ces secteurs prometteurs.
« La promotion de la croissance dans les secteurs pertinents - notamment l’efficacité énergétique, l’agriculture durable et les énergies renouvelables pour l’électrification rurale - ne résoudra pas automatiquement la pauvreté actuelle et les impératifs climatiques.
Toutefois, elle fournira de multiples dividendes sociaux, économiques et environnementaux et elle constituera les premiers pas tout à fait nécessaires vers un développement économique et social à faible intensité de carbone », explique le Dr. Supachai Panitchpakdi, Secrétaire général de la CNUCED
Buyelwa Sonjica, Ministre de l’Eau et des Affaires Environnementales en Afrique du Sud, ajoute : « Les bonnes nouvelles sont qu’il est techniquement et financièrement possible de diriger l’économie dans cette direction. En effet, les nombreux changements d’attitude et de production qui sont nécessaires se trouvent être dans l’intérêt bien compris de ces pays, car ils peuvent réduire les coûts et renforcer fortement les économies » .

L’agriculture durable est particulièrement importante alors que l’on estime que la production agricole devrait diminuer dans les pays les plus pauvres en Afrique et en Asie.

Comme dit Tim Groser, Ministre du Commerce et Ministre associé aux Changements climatiques en Nouvelle-Zélande : « Nous aurons besoin de réaliser les meilleures schémas possibles de productions mondiales pour l’agriculture et qui tiendront compte de l’alimentation, du développement et des besoins climatiques. Nous avons l’occasion de réaliser des solutions triplement gagnantes, ‘win-win-win’, à travers le commerce, le développement et les programmes climatiques. Saisir cette occasion, cette opportunité exige une vision à long terme, de la cohérence dans la direction et la substance des cadres internationaux pertinents, ainsi qu’un engagement commun des pays développés et des pays en développement, contribuant à une action mondiale sur le changement climatique ».

Ulrich Hoffmann, du secrétariat de la CNUCED, exhorte les gouvernements à utiliser la crise comme une rampe de lancement pour gouverner et orienter l’économie mondiale vers un modèle de croissance plus durable.
Des plans de relance économique peuvent être utilisés pour relancer une croissance propre, qui est économiquement autonome, une fois que l’investissement initial aura été fait.

Des approches politiques innovantes sont nécessaires pour générer des synergies entre la création de nouveaux emplois (et associées à des opportunités d’activités génératrices de revenus), des réductions de coûts résultant d’une meilleure efficacité de l’emploi des matériaux / ressources et de la consommation d’énergie, ainsi que la réduction des tensions sur l’environnement (y compris la réduction des émissions de gaz à effet de serre).

En particulier, ils renforcent la faisabilité économique et la rentabilité du passage au vert d’une manière décentralisée et bien distribuée.

 L’amélioration de l’efficacité énergétique permet de grandes économies dans les coûts énergétiques

Les bâtiments sont tout simplement les plus gros consommateurs d’énergie dans le monde, et il y a beaucoup à faire pour améliorer l’efficacité énergétique et un énorme potentiel de marché dans les pays développés et dans les pays en développement. Selon le rapport de McKinsey souvent cité [2], le marché mondial des technologies de construction plus efficaces est estimé avec une augmentation de 6 pour cent par an, en partant de 87 milliards d’€ en 2008 vers 180 milliards d’€ en 2020.

Le grand avantage de ces améliorations de l’efficacité énergétique, c’est qu’elles peuvent être mises en œuvre au niveau local, en particulier dans les villes dans le cadre de l’Agenda 21 local (voir Cities and Climate. [3], SiS 45).

La version en français intitulée « Les Villes et le Climat : Une perspective de développement et un défi international » par le Dr Siegfried Brenke, traduction et compléments de Jacques Hallard, est accessible sur les sites : http://www.i-sis.org.uk/howCitiesCanLeadinMitigatingClimateFR.php et http://yonne.lautre.net/spip.php?article3791

Le rendement économique, le retour sur investissement, vient rapidement du fait des économies substantielles sur l’énergie. Une rénovation du système d’éclairage à l’Université du Mexique a entraîné des économies d’électricité de 59 à 92 pour cent dans les différentes parties des bâtiments du campus.
La législation allemande a augmenté progressivement les normes d’efficacité dans les constructions au cours des deux dernières décennies. Fribourg et d’autres villes allemandes sont allées plus loin que les règles requises par la loi. La vision de la prochaine génération de bâtiments économes en énergie est la « maison énergie plus », [un habitat passif] qui produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme.

Un autre exemple [4] implique l’utilisation du gaz naturel comprimé dans les voitures particulières au Brésil, où seulement 13 pour cent de l’énergie se répercutent aux roues. En revanche, si le gaz est utilisé pour produire de l’électricité afin d’alimenter par une prise électrique des véhicules électriques, l’efficacité énergétique est de 32 pour cent ( voir [5] The Biogas Economy Arrives ( SiS 40) avec une petite modification du moteur de la voiture qui fait que le gaz naturel est plus efficace que l’essence).

Au Royaume-Uni, la société ABB Ltd a exposé et démontré comment les moteurs électriques qui fonctionnent à des vitesses variables selon les besoins - non pas à plein régime tout le temps - peuvent entraîner des économies d’énergie de 50 pour cent ou plus [6].

Les moteurs électriques se trouvent dans divers usages industriels : ventilateurs industriels, souffleries et pompes, machines-outils, dans les appareils électroménagers, les outils électriques et les unités de disques d’ordinateurs. « Deux tiers des utilisations de l’énergie dans les industries sont dues à des moteurs », a déclaré Nick Brown, gestionnaire de l’évaluation de l’énergie chez ABB.

C’est le moyen le plus rentable et la manière la plus simple pour aider à répondre au Credit Reduction Commitment (CRC) Energy Efficiency Scheme du Royaume-Uni – le schéma de l’efficacité énergétique par l’engagement pour la réduction du crédit, tel que recommandé par le Climate Change Act, la loi de 2008 sur le changement climatique qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 pour cent par rapport au niveau de 1990.

L’engagement de réduction CRC commence en 2010 : les entreprises doivent fournir des informations sur leur consommation d’énergie ; 5.000 ‘entreprises participant pleinement’ avec une consommation d’énergie de référence de 6.000 MWh / an ou plus vont s’engager dans un système d’échange de carbone qui a également des primes bonus et des sanctions précises, en fonction de leurs résultats sur leur façon de réduire leurs émissions de carbone.

Une autre amélioration de l’efficacité énergétique facilement disponible provient de l’usage des LED (diodes à émission de lumière) pour l’éclairage. 
La technologie des LED s’améliore constamment pour donner une meilleure qualité et plus de lumière (> de 2.000 lumens avec les ‘LED multidie’) pour moins de la moitié d’énergie consommée : ces équipements ont une durée de vie extraordinairement longue (> 50.000 heures à 70 pour cent de lumens), et ils nécessitent peu ou pas d’entretien, économisant ainsi considérablement l’énergie et les coûts de maintenance [7].

En outre, les caractéristiques de conception dans les bâtiments sont maintenant créées avec un éclairage LED qui arrive avec beaucoup d’autres couleurs que le blanc. On estime que 20 pour cent de la consommation d’électricité au Royaume-Uni vient de l’éclairage, avant le chauffage ou la ventilation.

Outre des économies de carbone substantielles en raison de l’efficacité énergétique, les économies de coûts sont telles que le temps de récupération économique pour une installation typique n’est que de 1,9 ans. L’éclairage à LED est particulièrement adapté à l’utilisation hors-réseau, avec des tensions générées localement à partir de petites éoliennes, de panneaux solaires ou de générateurs de biogaz.

  L’agriculture durable est plus rentable et elle permet d’économiser des émissions de carbone

Les recherches de la CNUCED ont déjà montré que les exploitations agricoles qui se livrent à la production biologique certifiée en Afrique de l’Est gagnent nettement plus que les groupes comparables des fermes spécialisées dans les productions conventionnelles. Entre 2002 et 2007, les ventes mondiales en certification biologique ont doublé pour atteindre 46 milliards de dollars, et elles devraient encore augmenter vers 67 milliards de dollars d’ici 2012.

Malgré la crise économique actuelle, la demande pour les produits biologiques ne cesse de croître. Alors que les ventes sont concentrées en Amérique du Nord et en Europe, pour la production mondiale, les pays en développement produisent et exportent de grandes quantités et les parts de marché sont en croissance. L’Afrique, par exemple, abrite quelque 20-24 pour cent des fermes mondiales accréditée pour l’agriculture biologique. Les exportations de produits biologiques de l’Ouganda ont été multipliées par cinq en cinq ans, passant de 4,6 millions de dollars en 2002/03 à 22,8 millions de dollars en 2007/08. 

Pour les agriculteurs biologiques, les primes accordées sur les prix vont de 30 à 200 pour cent.

Selon un récent rapport de la FAO [9] (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), jusqu’à 5 GT, sur un total de 6.1 GT d’émissions d’équivalent CO2 provenant de l’agriculture, pourraient être réduites par l’élimination progressive des engrais chimiques - économisant ainsi les émissions de CO2 dans la fabrication d’engrais et réduisant les émissions de protoxyde d’azote N2O provenant de la fertilisation chimique azotée des sols cultivés - et par la séquestration du carbone dans les sols conduits selon les principes et les méthodes de l’agriculture biologique.

Cela a été souligné dans de précédents rapports de l’ISIS, qui ont également dissipé le mythe selon lequel les résultats de l’agriculture biologique seraient inférieurs, en termes de baisse des rendements agricoles [8]Organic Agriculture and Localized Food & Energy Systems for Mitigating Climate Change ( SiS 40).

La version en français intitulée « L’atténuation des changements climatiques est possible grâce à l’agriculture biologique et à la relocalisation des productions alimentaires » par Dr.Mae-Wan Ho & Lim Li Ching, traduction, défintions et compléments de Jacques Hallard est accessible sur le site http://yonne.lautre.net/spip.php?article2826

En fait, l’agriculture biologique donne des rendements des cultures significativement plus élevés, en particulier dans les pays en développement. En Europe et aux Etats-Unis, les rendements peuvent diminuer de façon significative au cours de la première année de conversion des cultures conventionnelles vers l’agriculture biologique.

Cependant, les rendements des cultures biologiques ont tendance à se rétablir en trois ans, afin d’égaliser ou de dépasser les rendements des cultures conventionnelles. La grande différence est due au fait que les cultures biologiques sont beaucoup plus résistantes à la sécheresse, qu’elles dépassent largement les cultures conventionnelles au cours des années de sécheresse et qu’elles récupérent beaucoup plus rapidement, étant aussi plus résistantes, offrant une meilleure résilience..

Tous les éléments de preuve indiquent que les cultures biologiques non seulement réduisent les coûts et les intrants dommageables pour l’environnement, - ce qui réduit les émissions de CO2 et favorise la séquestration du carbone dans les sols, mais elles sont aussi beaucoup mieux en mesure de résister aux stress biotiques et physiques résultant du changement climatique. L’agriculture biologique est une stratégie clé en vue de l’atténuation et pour l’adaptation au changement climatique.

  Des énergies renouvelables hors réseau sont disponibles et accessibles

Il existe des exemples concrets sur la façon dont des énergies renouvelables hors réseau, fournissent un approvisionnement en énergie fiable et abordable pour améliorer la vie des gens, pour créer des emplois et pour alimenter une croissance économique durable.

Grameen Shakti (GS) est un projet initié en 1996 par les développeurs de la Grameen Bank pour fournir l’accès des populations rurales à l’énergie verte à un prix abordable [9].

En conséquence, 220.000 foyers à travers tout le Bangladesh ont installé des systèmes photovoltaïques (PV). Plus de 8.000 systèmes PV sont installés chaque mois et la demande augmente de façon exponentielle. L’objectif est d’installer 2 millions de systèmes PV dans les foyers d’ici 2011 et 7,5 millions en 2015, ce qui servirait en énergie la moitié de la population rurale totale du Bangladesh.

En outre, dans le cadre du projet GS, on a équipé 7.000 installations de biogaz qui transforment les déjections animales, le lisier et les résidus organiques en biogaz sans pollution et en boues. Le biogaz peut être utilisé pour cuire la nourriture, pour l’éclairage et pour produire de l’électricité.
Les boues servent comme engrais organiques et d’aliments pour les poissons. L’objectif est de construire 500.000 unités de production de biogaz d’ici 2015.
Le projet GS a également distribué plus de 20.000 foyers de cuisson améliorés et il vise à fournir un million de foyers d’ici 2010, couvrant 35.000 villages. Au moins 20.000 emplois ont déjà été créés et au moins 100. 000 autres emplois directs sont prévus à l’horizon 2015, principalement pour les femmes. Des systèmes comme celui-ci contribuent à renforcer la sécurité énergétique et à protéger l’économie de l’escalade des prix de l’énergie des combustibles traditionnels et de la volatilité de leur prix.

Un autre exemple est le DESI = Decentralised Energy Systems India, les Systèmes énergétiques décentralisés en Inde, [état du Bihar]) un Programme de partenariat EmPower [1], dirigé par le Dr Hari Sharana, avec lequel la puissance disponible à partir des ressources énergétiques renouvelables et de sources locales (biomasse), est d’environ 30 pour cent moins chère que celle obtenue par connection au réseau d’électricité. C’est parce que les grandes usines de production d’électricité centralisées sont équipées avec une forte intensité de capital, d’une part, et que la distribution et la transmission de l’électricité subissent des pertes d’énergie importantes, d’autre part. DESI construit une communauté entièrement locale de fournisseurs et d’utilisateurs d’énergie, y compris avec les micro-entreprises.

Chaque projet de partenariat comprend une centrale de gazéification basée sur la biomasse, avec moteur fonctionnant totalement au gaz, des pompes à eau pour l’irrigation et qui remplacent les pompes diesel, des dispositifs de charge des batteries, un mini-réseau avec des connexions à chaque ménage dans le village, des unités traditionnelles de transformation agroindustrielles qui ont remplacé le diesel, des éclairage LED (diodes à émission de lumière) alimentées par batteries qui sont rechargées par les centrales électriques ou des panneaux solaires photovoltaïques qui remplacent le kérosène, le traitement de la biomasse (coupage, séchage, fabrication de briquettes et leur gestion), les cultures de plantes énergétiques, la lombriculture et les pêches.

Un portefeuille d’investissement typique est d’environ 8.6 millions de roupies ($ 185.689) par village, dont la centrale de 75 kW coûte 4,5 millions de roupies ($ 1.221/kW) ; les services totaux pour l’énergie, les microentreprises et les coûts d’infrastructure sont de 3,3 millions de roupies, le développement de projets et la mise en œuvre, y compris la coordination et les frais de déplacements, la construction, la formation et un pôle central ont un coût de 0,8 millions de roupies. Ainsi, le coût total pour 100 villages serait de 18,7 millions de dollars pour 7,5 MW. Jusqu’à présent, trois villages ont été électrifiés de cette façon.

Le financement de ces projets a été obtenu et réalisé à partir de sources multiples, y compris des partenaires locaux et des fonds d’équité qui ont formé des coopératives et des sociétés, des prêts à buts énegétiques équitables de DESI provenant de promoteurs et d’investisseurs extérieurs, des récompenses et primes, la vente des réductions d’émissions de carbone (CER) et d’autres prêts.

Ma seule réserve sur le schéma DESI réside dans le fait que le système est basé sur la production de cultures de plantes bioénergétiques dédiées au service de l’unité de gazéification de la biomasse, ce qui serait en concurrence avec la production alimentaire ; de plus, il ne semble pas qu’il y ait eu un effort visant à recycler les déchets ou à gérer l’eau d’irrigation de manière durable.
Un système équivalent, mais basé sur la digestion anaérobie des déchets organiques des cultures, du bétail et des êtres humains, combiné avec la récupération de l’eau et d’autres installations d’énergies renouvelables, serait beaucoup plus durable [3, 4] (voir aussi [10]).

Voir l’article intitulé ‘Dream Farm - La ferme visionnaire – Une proposition - Comment faire face au changement climatique et imaginer l’économie après la fin des combustibles et carburants fossiles’ par Dr. Mae-Wan Ho, traduction, définitions, compléments d’information par Jacques Hallard, accessible sur le site : http://www.apreis.org/img/OGM/dreamfarm2.pdf

De toute évidence, ce qui est nécessaire pour les gouvernements, c’est de réorienter leurs subventions et leurs dotations, faisant passer de l’utilisation actuelle de l’énergie des combustibles et des carburants fossiles vers la mise en œuvre des énergies vertes. Les émissions liées à l’énergie représentent actuellement 61 pour cent de toutes les émissions de gaz à effet de serre. Le secteur de l’énergie à lui seul était responsable de 41 pour cent des émissions totales de CO2 en 2006, en grande partie par la combustion de combustibles et de carburants fossiles pour produire de l’électricité.

  La Chine est un chef de file mondial dans l’énergie éolienne

Dong Wu, du secrétariat de la CNUCED, rapporte que la Chine a émergé comme un leader mondial dans l’énergie éolienne [1] : ce pays a plus que doublé sa capacité globale de production d’énergie éolienne chaque année depuis 2006. En 2008, la Chine a installé une puissance cumulée de 6 GW, ce qui porte sa capacité installée totale à plus de 12 GW et devrait passer à 20 GW d’ici 2010. Cela fera de la Chine le deuxième plus grand producteur d’énergie éolienne dans le monde, après les États-Unis et dépassant l’Allemagne et l’Espagne.

La Chine devrait atteindre 30 GW de capacité installée d’ici 2011, bien en avance sur l’objectif de 2020 qui avait été initialement fixé par le gouvernement chinois. La capacité installée est seulement la moitié de la « success story », la grande réussite de la Chine, l’autre moitié se trouvant dans l’émergence d’une industrie locale compétitive.

Les industriels et fabricants nationaux chinois ont représenté 70 pour cent de la capacité installée récemment en 2008, en hausse de 30 pour cent par rapport à 2004. Goldwind et Sinovel, les principaux fabricants de turbines en Chine, sont déjà parmi les 10 meilleurs fabricants du monde ; Dongfang, Windey et plusieurs autres compagnies industrielles chinoises émergent et vont arriver sur la scène mondiale.

Le secteur industriel chinois de l’énergie éolienne a fait des progrès significatifs dans le développement et la constitution d’une chaîne d’approvisionnement interne qui relie les fabricants de turbines, les fournisseurs de composants et les services technologiques. En conséquence, la Chine est en passe de devenir un acteur majeur sur le marché des équipements pour l’énergie éolienne au niveau mondial, au cours des toutes prochaines années.

Les politiques gouvernementales ont joué un rôle décisif dans le développement rapide du secteur de l’énergie éolienne du pays. La loi sur les énergies renouvelables en Chine, qui est entrée en vigueur en 2006, a fixé des objectifs et prévu des fonds spéciaux et des incitations financières pour le secteur des énergies renouvelables, afin d’atteindre ces objectifs. L’objectif était d’établir un ‘système de base des industries et des technologies des énergies renouvelables’ d’ici l’an 2010, comme une fondation pour le développement « relativement complet », et à grande échelle des capacités nationales de fabrication, essentiellement basées sur ses propres droits de propriété intellectuelle, typiquement et essentiellement chinois.

Un paquet gouvernemental d’incitations financières visant à promo
uvoir le pouvoir national de fabricants d’équipements éoliens offre 600 RMB (yuans) par kW pour chacune des 50 premières turbines de plus de 1MW produites, si elles ont été testées et certifiées par les autorités chinoises, mises en service et raccordées au réseau .

Initialement, les producteurs de turbines chinoises avaient acquis des licences auprès des sociétés étrangères afin de reproduire la conception des éoliennes existantes. Mais les fabricants chinois ont rapidement constaté que les entreprises étrangères avaient accordé des licences pour des turbines obsolètes afin de ne pas compromettre leur avantage concurrentiel. En réponse, les plus grands fabricants chinois de turbines se sont écartés des licences pour la mise en constructions originales à partir de firmes internationales de consultants et de concepteurs design. Ce n’est pas seulement moins coûteux que les droits de licence, mais cela permet également aux fabricants chinois de faire valoir leurs propres droits de propriété intellectuelle sur leurs conceptions. La stratégie a permis, même à de nouveaux arrivants de brûler des étapes, de gagner des années dans développement de la technologie éolienne, pour produire des machines de haute capacité et relativement avancées au plan technologique, et de rivaliser ainsi avec les firmes les mieux établies et les entreprises nationales les plus expérimentées.

En vertu de l’accord, ‘The Switch’ va fournir à Dongfang avec sa technologie et son concept de production pour son programme novateur « générateur à aimant permanent » qui, selon les experts, représente une technologie de choix pour les producteurs d’électricité éolienne de la prochaine génération, car ils offrent une plate-forme de composants très intégrés, conçus pour durer et nécessitant très peu d’entretien.

Une autre façon de favoriser la recherche et le développement dans des domaines technologiques particuliers est de concentrer les entreprises de technologie, les fournisseurs et les services auxiliaires dans des grappes technologiques comme un parc industriel qui lui serait consacré. Cela s’est produit dans le secteur de l’énergie éolienne chinoise. À l’heure actuelle, il existe au moins trois grands groupes locaux rassemblés, qui sont tous situés dans des zones spécifiques de développement économique dans les grandes villes du nord-est de la Chine : Tianjin, Baoding et à Shenyang.

 Définitions et compléments en français 

voir PDF à demander à Yonne.lautre laposte.net (bien spécifier le titre de l’article)

 Traduction, définitions et compléments :

Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.
Relecture et corrections : Christiane Hallard-Lauffenburger, professeur des écoles
honoraire.
Adresse : 19 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France
Courriel : jacques.hallard921 orange.fr
Fichier : ISIS Agriculture Energie Economie Green Growth for Developing Nations French version.3

[1Trade and Environment Review 2009/2010, Promoting poles of clean growth to foster the transition to a more sustainable economy, United Nations, Geneva, 2010.

[2Pathways to a Low Carbon Economy, McKinsey&Company, 2009.

[3Brenke S Cities and climate, an international challenge and development perspective. Science in Society 45, 12-14, 2010.

[4Trade and Environment Review 2009/2010, Promoting poles of clean growth to foster the transition to a more sustainable economy, United Nations, Geneva, 2010.

[5Ho MW. The biogas economy arrives. Science in Society 40, 16-18, 2008.

[6How variable speed drives and motors can help you meet your CRC targets, Masterclass 2, Sustainable Development, Putting sustainability into practice, Public Service Events, 18 February 2010, http://www.abb.co.uk/energy

[7LEDs – are they the future of light ? Masterclass 1, Sustainable Development, Putting sustainability into practice, Public Service Events, 18 February 2010, http://www.cooperlighting.com/content/source/elearning.cfm

[8Ho MW. Burcher S, Li LC, et cl. Food Futures Now, Organic, Sustainable, Fossil Fuel Free, , ISIS/TWN, London/Penang, 2008, http://www.i-sis.org.uk/foodFutures.php

[9Grameen Shakti, Bangladesh, Rapid growing solar installer also provide clean cooking. http://www.ashdenawards.org/winners/grameen08

[10Ho MW. How to beat climate change and be food and fuel rich – Dream Farm 2. ISIS Report, 10 July 2007, http://www.i-sis.org.uk/HowtoBeatClimateChange.php


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