Yonne Lautre

« La socialisation des banques : une alternative au capitalisme financier » par Thierry Brugvin

mardi 4 septembre 2012 par Brugvin Thierry

Contribution à l’atelier « « démocratiser l’argent », de l’université d’été 2012 d’Attac

Résoudre le problème de la dette suppose non seulement de réguler les marchés financiers, mais surtout d’amorcer une sortie du capitalisme par la socialisation des banques. Dans la mesure où dans un système capitaliste, le pouvoir appartient principalement aux grandes entreprises capitalistes, les transnationales, cela n’est pas cohérent. En effet, l’objection de croissance socialiste, suppose une baisse du productivisme et une redistribution des richesses, or ce sont des orientations qui s’opposent aux intérêts des transnationales. C’est pourquoi, rester dans un système capitaliste et décider politiquement et démocratiquement de s’engager dans une voie à caractère social, ne tiendra jamais bien longtemps, car les transnationales capitalistes, reprendront rapidement le dessus dans une société capitaliste, même régulée par des socialistes ou des écologistes.
La socialisation autogestionnaire débuterait par celle des banques, puis celle des grandes entreprises, dont la gestion et les décisions sont assurées par les représentants de l’Etat, les syndicats, les usagers et les associations parties prenantes (régulation tripartite) encadrées par la planification autogestionnaire locale, nationale et internationale (fédéraliste).
La première des actions à entreprendre, pour dépasser le capitalisme, consiste dans l’appropriation collective (la socialisation) des moyens de production financier, industriel, agricole, etc. Mais ceci, dans une socialisation autogestionnaire, afin de ne pas reproduire les dérives du socialisme stalinien. Durant 30 ans, de 1950, à la fin des années 80, la Yougoslavie a expérimenté à l’échelle nationale, avec un relatif succès, ce dispositif autogestionnaire. Mais son interruption s’explique, notamment, par le fait que la démocratie autogestionnaire se limitait au secteur productif et ne concernait pas le plan politique. Quant à l’Espagne, la coopérative Mandragon est une fédération de coopérative qui connaît une réussite spectaculaire, puisqu’elle figurait parmi les 7 premières entreprises du pays en chiffre d’affaires en 2011. Elle existe depuis 1956, à Mondragon en Espagne. En 2009, elle comptait plus de 85 000 membres.
La socialisation des grandes entreprises est un élément commun au socialisme libertaire (ou mutuellisme de Proudhon), à l’écosocialisme trotskyste et au communisme libertaire. Il ni y a d’ailleurs presque plus aucune différence entre ces deux derniers systèmes économiques, en dehors de la phase de transition révolutionnaire (concernant les méthodes d’organisation de la lutte). Or, ils s’ingénient à se combattre encore actuellement. L’approche écosocialiste autogestionnaire distributive (ou écosocialisme redistributif) s’inscrit dans les grandes lignes du socialisme libertaire, en socialisation l’ensemble des grandes entreprises et en transformant l’ensemble des entreprises privées en coopératives privées. En fonction des orientations plus ou moins socialisantes, l’écosocialisme redistributif pourra éventuellement étendre la socialisation aux petites entreprises, tel que le prône l’écosocialisme, le collectivisme libertaire et le communisme libertaire et adopter d’autres propositions de ces différents courants, telle que la question du salaire égal ou différencié, mais limité.

Il existe 4 principales formes de propriété des moyens de production dont deux formes de collectivisation (privée et publique). Généralement, les auteurs ne différencient pas précisément collectivisation et socialisation. Selon Daniel Guérin en ce qui concerne la propriété, la différence entre le communisme et la collectivisation, c’est que pour cette dernière l’appropriation collective de la propriété ne concerne que les moyens de production. Tandis que dans le communisme, l’appropriation peut s’étendre aux biens individuels privés non productifs (maison, vêtements, véhicules…)1.
Nous pouvons définir la collectivisation de la production, comme une appropriation collective de la propriété des moyens de production.
La collectivisation peut-être publique (la propriété revient à l’Etat ou à la fédération, dans le cadre de coopérative publique autogérée), ou être privée, dans ce cas, la propriété revient aux travailleurs, comme dans une coopérative privée. Si la propriété est une unité de production publique, mais qu’elle n’est pas autogérée, dans ce cas il s’agit d’une nationalisation. Si la propriété est publique et autogérée, dans ce cas il s’agit d’une socialisation.
Pour Proudhon, dans le cadre du mutuellisme (le socialisme libertaire) il s’agit de créer une société fondée sur un double système de collectivisation privée et publique. C’est à dire une socialisation privée autogérée, grâce à des coopératives avec une propriété privée des moyens de production d’un côté et de l’autre une collectivisation publique autogérée (la socialisation des entreprises publiques). Ce double secteur visant à responsabiliser les producteurs et surtout à leur laisser la libre initiative en matière d’objectif de production.

Il existe 4 formes de propriété des moyens de production :

  • La propriété privée individuelle (tel une entreprise avec un propriétaire ou un auto-entrepreneur), qui est une propriété privée collective non autogérée (telles une SA ou une entreprise avec des actionnaires)
    La propriété privée collective autogérée, telles les coopératives privées, les associations, les banques mutualistes privées, les mutuelles d’assurances. Il s’agit d’une collectivisation privée.
    La propriété publique autogérée, telle les coopératives publiques, appartenant à l’Etat ou à la fédération. Il s’agit d’une socialisation, c’est-à-dire une collectivisation publique autogérée.
    La propriété publique centralisée (nationalisation, étatisation, telle une entreprise publique), c’est-à-dire une collectivisation publique non autogérée.

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4 septembre 2012
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