Yonne Lautre

« Crosse en l’air » : dimanche 1er octobre au cinéma d’Avallon à 11h

lundi 25 septembre 2017 par Crosse en l’air

Contacts programmation, diffusion :
Yves Petident au 06-60-74-97-47 – yves.p89 gmail.com

Poèmes de Noëlie DROUS, Marcel MARTINET, Marc de LASSIGNY de Civrieux, Eugène DABIT et ANONYMES

Poètes militants, reconnus ou anonymes, poètes soldats, poètes civils, femmes et hommes de poésie qui ont écrit pour dénoncer la guerre, avant qu’elle n’éclate et sur le champ de bataille, en pleine tourmente,
leurs textes sont forts, ils ont risqué leur vie pour les écrire, dans ce contexte historique de Sainte Alliance, d’Union Nationale où la moindre voix contradictoire devait être réduite au silence.

Ces poèmes puissants, parfois désespérés, dénonçant les horreurs de la guerre, appelant à la désobéissance, exhortant les femmes et les hommes à dépasser leur condition, sont tous emprunts d’un humanisme bouleversant qui trouverait toute sa place dans la poésie d’aujourd’hui.

Tous les poèmes joués dans le spectacle ont été écrits entre 1914 et 1918 - à l’exception des chansons « Gloire au 17ème » (1907) et « Adieu m’amour » (1901)

Si le thème est grave, les textes parfois douloureux et toujours poignants, le spectacle est vivant.
Nous l’avons voulu ainsi et non pesant.

Musique de Charles Koechlin (né à Paris le 27 novembre 1867 et décédé au Canadel (Var) le 31 décembre 1950)

La musique de Charles Koechlin (sonatines...) n’a sans doute pas été écrite pour illustrer ces poèmes, pourtant elle s’est imposée lors de la recherche des œuvres poétiques et musicales. Par sa beauté à la fois légère et profonde, la musique de Koechlin correspond en tous points à l’esprit du spectacle.

« L’esprit de mon œuvre et celui de toute ma vie est surtout un esprit de liberté. »

Charles Koechlin fut un humaniste, ami de Romain Rolland, il chercha, notamment pendant la première guerre mondiale, à toujours transcender les angoisses de la guerre par une activité créatrice et militante.

Œuvres choisies : Cinq Sonatines - op. 59 - 1915-1916 – Éditeur Salabert

Le spectacle

Le spectacle s’ouvre avec la chanson « Gloire au 17ème » , chanson hommage aux soldats du 17ème régiment qui, en 1907 avaient refusé de tirer sur les vignerons en grève et, pour symboliser leurs refus d’obéissance avaient levé leurs fusils, crosses en l’air.
On retrouvera la musique de cette chanson pour une scène savoureuse autour d’un document de la censure postale qui avait intercepté une lettre adressée à un soldat du front, contenant une chanson antimilitariste, qui se chantait sur la mélodie de « Gloire au 17ème ».
Il se poursuit sur une chansonnette d’amour « bonsoir m’amour », créée en 1901 et qui sera reprise pour la fameuse « Chanson de Craonne ». Le parallèle entre la chanson de variété et l’hymne aux refus de combattre est intéressant et montre comment une bluette écrite près de 15 ans avant la guerre devait toujours être dans l’esprit des soldats au front.
Ensuite, les poèmes de Noëlie Drous, militante féministe et ouvrière, Marcel Martinet, s’enchaînent, s’entrecroisent avec ceux d’Eugène Dabit, Marc de Lassigny de Civrieux, d’anonymes ou inconnus soldats du front.

Les sonatines de Koechlin sont toujours présentes, se mariant aux mots avec force et finesse.

Ce spectacle se situe entre le théâtre, le tour de chant, le conte et la lecture de poèmes.

L’expression « crosse en l’air » symbolise l’acte de rébellion des soldats qui refusent d’exécuter les ordres de leurs supérieurs en tenant leurs fusils la crosse en l’air et le canon vers le bas.
En juin 1907 les soldats du 17ème régiment de Béziers, les « pioupious », envoyés pour mater une manifestation de viticulteurs, d’ouvriers des vignes, refusèrent d’exécuter l’ordre de tirer sur les manifestants. Ils se rendirent à la mairie de la ville, crosse en l’air suivis par une foule importante. La chanson « Gloire au 17ème » rend hommage à ces soldats de la République qui ont refusé de tirer sur leurs concitoyens.

En 1916, dans les tranchées, les actes de rébellion, de refus d’obéir aux ordres absurdes se multiplient. Un des plus connus est celui de Craonne. Au milieu de la boucherie sans fin du « Chemin des dames », des soldats lèvent la crosse de leurs fusils, refusant de monter au front. On en fusillera « pour l’exemple » les accusant de haute trahison. Les mutins de Craonne avaient écrit le magnifique texte « La chanson de Craonne » pour motiver leur geste. Cette chanson, sur un air de chanson d’amour est devenu un des symboles les plus connus de la rébellion militaire.

Interprètes  :
Laurence Gemble (Piano)
Yves Petident (Voix)

Sur une idée originale de : Sandrine Boirel
Recherche et sélection des textes : Yves Petident

Coach artistique : Sylvianne Germanique

Voix off : Sandrine Boirel

Contacts programmation, diffusion :
Yves Petident au 06-60-74-97-47 – yves.p89 gmail.com

Régisseur son et lumière :
Remy Gemble


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