Yonne Lautre

Table-ronde le 4 juillet à 14h30 à Joigny : « Enjeux climatiques et justice sociale » avec Geneviève Azam, Raphaël Stevens et Nicolas Sersiron

Alternatiba du 4 juillet 2015 à Joigny

Cette table-ronde ouvrira le village des alternatives, juste après l’ouverture par Geneviève Azam.

Geneviève Azam
Geneviève Azam, marraine de notre Alternatiba, économiste, membre du Conseil scientifique et porte-parole d’Attac France, auteure notamment de « Le Temps du monde fini, vers l’après capitalisme » et de « Osons rester humains. Les impasses de la toute-puissance ».

Présentation du propos par l’auteur :

Le changement climatique global est d’origine anthropique : les activités humaines, les choix énergétiques et industriels, les modes de vie qu’ils ont engendré, ont enclenché un processus de réchauffement climatique. Nous ne subissons pas le climat, nous le faisons. C’est ce que nous raconte le récit de l’anthropocène. Le changement climatique n’est pas abstrait et lointain : l’expérience vécue (fonte des glaciers, évènements météorologiques extrêmes, populations affectées) rejoint les rapports scientifiques. Des phénomènes d’emballement climatique, non prévisibles et non maîtrisables, nous menacent. Des questions inédites surgissent car il s’agit de la permanence de l’humanité concrète sur la Terre, comme espèce et comme communauté humaine capable d’inventer les manières du vivre ensemble. La fragilité des humains, des écosystèmes, des sociétés apparaissent au grand jour. L’humanité ne va plus de soi. Devons-nous cultiver cette fragilité ou bien tenter de la vaincre ?
Les solutions envisagées pour faire face au changement climatique relèvent globalement de ces deux perspectives. D’un côté des mouvements sociaux, des expériences qui font de la fragilité une capacité à inventer d’autres manières d’habiter la Terre et de faire société (dont les Alternatiba sont partie-prenantes), autour des valeurs de justice, de sobriété, de coopération, des communs, du prendre soin (care), de souveraineté et d’autonomie. D’un autre côté, des forces économiques, des lobbies industriels et financiers, des groupes de pression techno-scientifique, font de cette fragilité un manque, une erreur, qu’il s’agit de rectifier, de vaincre. Ils lui opposent la toute-puissance de la technique, qui, selon eux, pourrait permettre de piloter la planète, de reconstruire la nature pour en éliminer les failles, d’adapter les humains aux nouvelles conditions écologiques en les hybridant avec des machines, de construire des « villes intelligentes », une « agriculture intelligente » , voire d’augmenter l’humanité. Ces techniques ont pour nom géoingenierie, bioingénierie, bio-neuro-économie. Elles dessinent une société cyborg. Cette toute-puissance est renforcée par la faiblesse des décisions politiques et tend à apparaître comme « la seule alternative » pour « sauver le climat et sauver l’humanité ».

Nous sommes dans cet entre-deux, entre un monde qui s’effondre et qui cherche à se sauver par la toute puissance et un monde qui invente une nouvelle manière d’habiter la Terre, de coopérer avec la Nature au lieu de tenter de la vaincre, d’accueillir la dimension naturelle de la condition humaine, d’inscrire les activités sociales dans les limites de la biosphère, de reconquérir la démocratie par des choix collectifs d’autolimitation. C’est cela « oser rester humain ».

Lire aussi notre Entretien pour son livre « Osons rester humain. Les impasses de la toute puissance »

Pablo Servigne ou Raphaël Stevens
Pablo Servigne, agronome
 et
 docteur
 en
 sciences, auteur notamment de « Nourrir l’Europe en temps de crise. Vers des systèmes alimentaires résilients », co-auteur de « Comment tout peut s’effondrer. Petit Manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes » avec Raphaël Stevens.

Présentation du propos par les auteurs :

Avec l’accélération des crises économiques, sociales et climatiques, la généralisation des pollutions, la destruction irréversible des écosystèmes et la fin de l’ère des énergies fossiles, la civilisation thermo-industrielle risque d’être confrontée bien avant 2030 à des chocs systémiques graves. Ou pire…
Car loin des prédictions Maya et autres eschatologies millénaristes, un nombre croissant d’auteurs, de scientifiques et d’institutions annoncent la fin de la civilisation industrielle telle qu’elle s’est constituée depuis plus de deux siècles. Que faut-il penser de ces sombres prédictions ? Pourquoi est-il devenu si difficile d’éviter un tel scénario ?
Dans le livre « Comment tout peut s’effondrer », Pablo Servigne et Raphaël Stevens décortiquent les ressorts d’un possible effondrement, et proposent un tour d’horizon interdisciplinaire de ce sujet —fort inconfortable— qu’ils nomment la « collapsologie ». En mettant des mots sur des intuitions partagées par beaucoup d’entre nous, ce livre redonne de l’intelligibilité aux phénomènes de « crises » que nous vivons, et surtout, redonne du sens à notre époque. Car aujourd’hui, l’utopie a changé de camp : est utopiste celui qui croit que tout peut continuer comme avant. L’effondrement est l’horizon de notre génération, c’est le début de son avenir. Qu’y aura-t-il après ? Tout cela reste à penser, à imaginer, et à vivre...

Entretien avec Pablo Servigne & Raphaël Stevens, auteurs du livre « Comment tout peut s’effondrer »

Nicolas Sersiron
Nicolas Sersiron, président d’Échange non-marchand et du CADTM France, auteur notamment de « Dette et extractivisme ».
Par ailleurs, Nicolas Sersiron est membre de la Collégiale de l’Alternatiba Yonne et collabore régulièrement à Yonne Lautre.

Présentation du propos par l’auteur :

Dette illégitime et réchauffement

Pourquoi la croissance des émissions de GES, premiers responsables du dérèglement climatique, se maintient-elle à 3 % par an, alors que nous en avons compris les dramatiques conséquences pour nous, nos enfants et l’ensemble du vivant ? Dette et extractivisme sont deux systèmes imposés par les décideurs économiques et politiques qui expliquent leur incroyable inertie. La dette illégitime associée à la corruption bien organisée des bourgeoisies du Sud a permis la continuité des pillages coloniaux après les indépendances. Elle est le plus grand levier de l’extractivisme. Ce dernier, compris comme le pillage des ressources naturelles, humaines et financières, donne à voir la mécanique dans laquelle les deux systèmes se renforcent l’un l’autre. C’est ainsi qu’une très petite caste de junkies du profit dirige le monde. En nous octroyant « généreusement » quelques miettes ils achètent notre tacite assentiment. Grâce à la transformation industrielle des matières premières, au productiviste agricole mortifère et à la malnutrition généralisée, dette et extractivisme ont permis l’avènement de la société de conso-gaspillage. Misère pour près de la moitié des humains vivant avec 2 dollars par jour, désastres environnementaux, chute de la biodiversité et réchauffement climatique en sont les conséquences. Nous tous, les citoyens conscients, pouvons dévier cette course suicidaire.

Cette table-ronde ouvrira le Village des alternatives le samedi 4 juillet à Joigny, dans l’Yonne.

« Enjeux climatiques et justice sociale » avec Geneviève Azam, Raphaël Stevens et Nicolas Sersiron, table-ronde du 4 juillet 2015 à Joigny
Podcast + Retranscription


Alternatiba Yonne

Articles de cet auteur

Azam Geneviève

Articles de cet auteur

Sersiron Nicolas

Articles de cet auteur

Servigne Pablo

Articles de cet auteur

Stevens Raphaël

Articles de cet auteur

Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 525 / 4140642

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site S’engager pour les alternatives partout et maintenant, (...)  Suivre la vie du site Alternatiba & Villages des Alternatives  Suivre la vie du site Yonne  Suivre la vie du site Samedi 4 juillet 2015 : déroulement du 1er Alternatiba (...)  Suivre la vie du site Tables-rondes du 4 juillet 2015   ?

Site réalisé avec SPIP 3.2.0 + AHUNTSIC

Creative Commons License