Yonne Lautre

« Les transnationales » par Gérard Robert

mardi 5 mai 2015 par Robert Gérard

Elles portent comme nom ; Pfizer, Siemens, Total, Shell, Général Electrique, Tissen etc., etc…Les individus qui dirigent ces entreprises sont des hommes ou des femmes qui ont une identité nationale, c’est pourquoi, il est normal de nommer ces entreprises des Transnationales et non pas multinationales.

L’analyste économique, Susan George, qui a porté ATTAC sur les fonts baptismaux en 1998, dénonce ces entreprises transnationales (ETN) qui ont la mainmise sur les échanges mondiaux, hors de tout contrôle des Etats et des hommes et femmes politiques confinés dans une impuissance servile.

Ces transnationales, leurs dirigeants, ont la volonté d’imposer une vulgate néolibérale au monde entier, ce néolibéralisme pour qui seul le capital est créateurs de richesses et mérite soins et attention. Le travail doit-être tenu pour quantité négligeable, il est échangeable. Quant à la nature, elle serait exploitable jusqu’à épuisement des ressources.

Si nous pouvons accorder qu’une certaine forme de régulation est acceptée par le libéralisme ordinaire, il en est autrement pour l’ultralibéralisme qui ne tolère aucune régulation ou contrôle.

La fameuse main invisible l’est pourtant bien visible quand nous étudions ces transnationales et les désordres économiques, sociaux, sociétaux qu’elles génèrent de par leurs actions néfastes, incontrôlées et dérégulées auprès des nations, des hommes et des femmes qui tentent de vivre décemment à l’intérieur de celles-ci.
Chômage de masse, paupérisation des travailleurs(e), salaire indécent, travail des enfants, destruction de l’environnement, pillage des Etats. Le tout, tirant les sociétés humaines vers une inexorable misère.

Les transnationales sont à l’œuvre dans la promotion de l’Etat sauvage, elles sont très largement à la manœuvre dans l’élaboration du projet du traité de libre échanges entre UE/USA, le Grand Marché Transatlantique, (GMT) ce traité infernal, qui tend plus que sûrement, à saper les bases de la souveraineté des Etats (la démocratie)
Le traité dit de libre échange, qu’elles défendent inscrit systématiquement, dans tous les textes, la précision suivante qui apparait, formellement où sous-entendu : « Protection absolue des investisseurs contre les Etats » règlement des conflits entre les entreprises et les Etats par des « organismes privés » ( genre CIRDI) qui n’ont pas à justifier leurs décisions, décisions qui ne peuvent prétendre à appel devant la justice institutionnelle du pays en conflit avec elles.
Leur temple du capitalisme se trouve à Davos, en Suisse. C’est là, qu’est pensé un plan d’élaboration d’une contre révolution inédite, un « agenda mondial », décliné en 46 programmes particuliers qui impliquent la volonté de faire reculer les puissances publiques et ainsi abandonner la gestion de pans entiers de l’intérêt général dans les mains des transnationales.
Les actionnaires principaux des transnationales ont mis la main financière sur un grand nombre de médias nationaux et internationaux, ils sont directement actionnaires de ceux-ci et grands annonceurs dans ceux qu’ils ne contrôlent pas ou pas encore.
Leurs lobbies, noyautent les gouvernements, certains élus nationaux et européens, ainsi que les hauts fonctionnaires, tant nationaux qu’internationaux et tous décideurs qui occupent une situation stratégique, ou pour lesquels, ils créent cette situation, nous avons vu cela dans la mise en place d’anciens de Golman-sach et de la banque mondiale à la tête d’Etat, exemple récent en Europe, l’Italie.
Le plan à long terme des transnationales ne s’arrêtent pas à la dérégulation des systèmes financiers, de la suppression des normes qui vont à l’encontre de leurs intérêts immédiats, leur plan, vise aussi à détruire, lorsqu’elles existent, les protections sociales dont peuvent bénéficier les ouvriers(e) et les employés(e). (Salaire minimum garanti, retraite par répartition, contrat de travail et aussi et surtout le pactole financier que représente la santé.)

Ce plan remonte déjà à plusieurs décennies ;
1970 : Entretiens entre ultralibéraux, entretiens dit du mont pèlerin à Montreux en Suisse. Esquisse d’une mise en place d’une gouvernance mondiale par les transnationales, (leurs dirigeants.) sur un délai à long terme.
Quatre décennies plus tard, ce plan semble entrer dans sa réalisation finale avec l’ouverture secrète des discussions UE/USA, sur le Grand Marché Transatlantique et le CETA(Canada).

1994/1995 : Accords de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC)

2013 : Mise en place des commissions UE/USA qui, au nom des états européens et de l’Amérique, planche secrètement sur le projet de traité de libre-échange entre ces entités économiques et commerciales.

Pour ce faire, les lobbies ont pris langue avec le directeur général de l’ONU, le DG de cette institution internationale qui n’a pas tardé à inviter les représentants des transnationales qui siègent au sein du TABD, le club des plus grand dirigeants des transnationales, ensemble, ils travaillent sur un pacte économique mondial.

Les transnationales partagent une idéologie, un jargon et des ambitions que l’on retrouve dans les textes du GMT. Les citoyens(e) attachés aux valeurs démocratiques, feraient bien de se méfier.

Pour mener à bien le programme global des ETN, les lobbies disposent de milliards de dollars, ils utilisent tous les moyens légaux et illégaux. Ils n’hésitent pas à créer les conflits d’intérêts aux niveaux nationaux et mondiaux. Grace à la complicité des hommes et femmes politiques, aucune frontière ne semble pouvoir les arrêter ?
Un grand nombre de sociétés de conseils auprès des politiques, aux actionnaires issus des ETN, communiquent des éléments de langage qui distraient les peuples, en France, vous avez les PSE, plan de sauvetage des emplois, qui consistent principalement à procéder à des licenciements de salariés, vous avez le terme « réformes » qui dans leur grande majorité et principalement, sont des « contres réformes » en direction de l’organisation du travail, de son code, des avantages sociaux en général, des valeurs du CNR1944 etc. Etc...

Parmi les 123 millions d’entreprise enregistrées dans la base de données ORBIS (base de données comparatives d’informations financières), 37 millions correspondent au cadre financier des transnationales.
Une équipe de chercheurs en économie mondiale, a isolé 43.000 transnationales(ETN) et identifiés leurs propriétaires et réduit cette liste à 1318 entreprises géantes, dont chacune est connectée en moyenne à 20 autres.
L’équipe de chercheurs est arrivée à la conclusion que seulement 147 supers entités, contrôlaient à elles seules 40% du chiffre d’affaire de l’ensemble du réseau mondial.

En 2013, des fuites sur les discussions secrètes ; commission européenne ad hoc/USA, alertent des économistes qui défendent une politique économique au service des peuples et non des transnationales. Ils alertent eux-mêmes les populations lambda.
Il semble établi, que l’année 1970, soit le socle de la version moderne de ce projet de traité de libre-échange entre l’Europe et les USA.
1er janvier 1995 : création de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Installation du Dialogue Commercial Transatlantique(TABD), confirmé en 2003 par le commissaire au commerce européen Erkki-Liikanen et son homologue américain.

Le TABD est un club qui regroupe en son sein 70 ETN.
2013 : Débuts des négociations GMT.
En 2003, les Etats de cette Europe très libérale coopèrent déjà pleinement avec les ETN. Les 70 ETN adoubées par le TABD ont dictées leur volonté économique et financière aux hommes et femmes politiques, aux hauts fonctionnaires nationaux et européens qui se sont couchés devant ces exigences ultralibérales. La commission européenne l’a elle-même reconnue en 2000. Elle déclare alors : « Conformément aux recommandations du TABD, nous avons fait les efforts particuliers en ce qui concerne les normes, la certification et les règlements européens, secteurs par secteurs. »

Le slogan des ETN, membres du TABD « Approuvé une fois, accepté partout » Explication : Si nous ETN décidons de telle ou telle règlement, normes et certifications, elles s’appliqueront mondialement.

Les ETN, ne veulent pas que l’Etat disparaisse totalement, elles ont besoin d’un paravent ! L’Etat dissimule l’usurpateur et s’en fait complice. La politique commerciale et réglementaire ne devrait-elle pas dépendre des Etats, plutôt que de la volonté des ETN ?

Un certain Jacques Delors, socialiste, un temps président de la commission Européenne, (1985 /1995) a couvert l’intrusion des ETN au sein de l’Europe !
Le TABD n’est pas sorti tout armé de la tête de Delors, il a fallu mettre en place, avec l’aide d’autres complicités au sein de l’Europe, des promotions du système.
Dès 1983, la table ronde des industriels européens (Européan Roundtable of Industrialist) (ETR) regroupe 18 des plus grandes ETN. Ce club, est à l’origine du traité dit de Lisbonne (2005).

Déclaration de Peter Sutherland, ex commissaire européen, ex directeur de l’OMC, ex directeur de British Pétroleum et ex de Golman-Sach : L’ERT « est bien plus qu’un groupe de lobbying, ses membres ont accès aux plus hauts niveaux du gouvernement européen »

Davos : Déclaration : « Les acteurs ETN pour remplacer les Etats à chaque fois qu’ils laissent un sujet économique en suspens, les ETN doivent s’attaquer au même sujet et le traiter. » Le secteur approprié des ETN peut s’en charger, bien mieux que l’Etat 
Pour Les ETN ; Partenariat remplace Annexion !!!

GR / 27/10/14


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 260 / 4547491

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site En savoir plus sur ce Monde qui se réchauffe, se dérègle (...)  Suivre la vie du site Économie  Suivre la vie du site Transnationales, Multinationales   ?

Site réalisé avec SPIP 3.2.1 + AHUNTSIC

Creative Commons License