Yonne Lautre

« Dernières nouvelles du Paradis Bleu-vert à Befotaka. Création d’une forêt nourricière » (Madagascar), par Nicolas Sersiron

jeudi 16 juillet 2015 par Echange Non Marchand, Sersiron Nicolas

La relation de confiance avec Méline, la présidente de « Femmes réveillons-nous » - une association de près d’un millier de personnes, très majoritairement féminines - entre dans sa quinzième année. Depuis 2010, date de l’achat du terrain sur lequel a été établi le Paradis Bleu (PB), les événements positifs et la construction de l’autonomie du lieu se sont accélérés. Le but de ce projet était d’accueillir, pendant la période scolaire, une trentaine d’enfants de la brousse pour leur permettre d’avoir accès au collège public de Befotaka. Leurs villages étant situés à des heures de marche de la ville (12h pour ceux d’Ambolobozo), la très grande majorité des enfants de la brousse n’ont encore aujourd’hui d’autre avenir, à la sortie de l’école primaire, quand il y en a une, que la rizière et l’élevage des zébus.

 Le foyer pour les collégiens et lycéens, l’école maternelle et primaire

Trois ans après la construction des cases pour les collégiens et des autres bâtiments, (financements ENM), et bien sûr après qu’une trentaine d’élèves de la brousse aient été accueillis, Méline, à la demande exprès des « femmes réveillées », a ouvert une école primaire sur l’espace du PB. A la rentrée d’octobre 2013, une classe de maternelle et un cours préparatoire ont été installés dans la grande case divisée en deux salles de classe par quelques grands morceaux de toile. Cette nouvelle école, autogérée par les parents d’élèves, a aussitôt accueilli 115 enfants. Il n’y avait pas de maternelle dans cette ville de plus de 20 000 hab. et les écoles primaires existantes étaient insatisfaisantes. Non seulement il fallait payer l’écolage - merci la Banque mondiale [1] - mais dans l’école publique payante, les instituteurs étaient fréquemment absents : salaires trop souvent impayés. A l’école de la mission catholique, très chère, la messe était obligatoire pour tous : musulmans, évangéliques, athées ou autres. A l’école du PB, l’écolage existe aussi. Moins cher qu’à l’école publique, il sert uniquement à payer les instituteurs-trices et quelques fournitures scolaires. Les obligations religieuses ont été remplacées par un enseignement théorique et pratique de la permaculture, dans la joie et la bonne humeur.

Un an plus tard, à la rentrée scolaire d’octobre 2014, près de 350 écolier-ères ont été accueillis dans l’école autogérée des femmes réveillés par 7 enseignants-es. ENM avait financé la construction de deux nouveaux bâtiments au PB, créant ainsi 3 nouvelles salles de classe, plus une salle des professeurs. Une case construite au PB pour les lycéens récemment ainsi que la bibliothèque, construite en centre ville par ENM il y a plus de dix ans, ont été transformés en salle de classe. En juin 2015, il y avait donc 7 salles de classes.

 Permaculture et enseignement

En effet, quelques mois après la première rentrée de novembre 2013, le californien Peter Ash, spécialiste de la permaculture en région chaude, est venu à la demande d’ENM mettre en pratique son savoir sur le terrain de 3 hectares du PB. Au cours des deux mois de novembre et décembre, il a réussi à faire creuser près d’un km de diguettes pour réalimenter la nappe phréatique, à enseigner les techniques du compost et à créer une pépinière d’arbres fruitiers et d’autres essences capables de capter l’azote de l’air. Les écoliers ont été associés dès le début à ces nouveaux savoirs agroécologiques.

En juillet 2014, ENM a financé un nouveau voyage de Peter. Diguettes, gabions [2], plantations d’arbres et enseignements de la permaculture ont été amplifiés. Les 3 jardiniers salariés à l’année, font un magnifique travail de fond en permaculture et d’arrosage des jeunes plants depuis bientôt deux années.

En septembre 2015, ENM finance un troisième voyage de Peter au PB. Quand on a demandé à Méline quelle était la chose la plus importante que nous pouvions faire, elle a répondu faire venir Peter. Ces voyages (4 à 5 000 euros) engloutissent à chaque fois un gros tiers du budget annuel de ENM. Le reste se divise entre les constructions de bâtiment, les 10 salariés à l’année, quelques outils, du matériel électrique solaire (batteries, ampoules panneaux et convertisseurs) et cette année 2015, la construction d’un muret surmonté d’un filet à faisans de 2,5m de hauteur pour protéger la zone de maraîchage de 600 m² contre les poules, chèvres, zébus et cochons du voisinage.

 Fonctionnement du Paradis Bleu.

L’amie et femme de confiance de Méline, Marie-Edoxie, est très heureuse d’avoir pu terminer la construction d’une case en terre au PB où elle vivra à 50m de la maison de Méline. Cela s’est fait grâce à l’apport de 150€ versés par ENM. Elle sera ainsi présente à l’année et pourra l’assister plus facilement.

Quand les vacances arrivent début juillet, le PB devient désert. Les élèves du primaire sont en vacances, les collégiens/lycéens du foyer rentrent chez eux, le proviseur du lycée, qui vit avec sa petite famille dans une case du PB, part lui aussi en vacances. Lui, qui toute l’année, comme d’autres profs volontaires, fait du soutien scolaire gratuitement pour les élèves du PB dans les deux salles de classe de la grande case, le soir après l’école.

Les gardiens précédents repartaient souvent dormir la nuit chez eux, ou dormaient sur place, alors que c’est justement quand il fait très sombre que leur présence éveillée est nécessaire. Un convertisseur a déjà été volé et une nuit Méline a été poursuivi par un inconnu sur le chemin qui mène au PB.

Alors cette année, pour que Méline et son mari Jean-Claude puissent prendre quelques jours de congés hors du PB et n’aient pas à supporter seul la garde de cet espace de près de 700 m² de constructions et de plus de 4 hectares plantés d’arbres divers, nous avons pris une décision ensemble pendant mon séjour (10-25 juin 2015). En plus de l’embauche d’un gardien de confiance, bien difficile à trouver, nous avons proposé de donner 50 euros chacun à deux lycéens pour qu’ils restent au PB tout l’été. Ils s’occuperont de l’entretien des arbres et participeront au gardiennage. Mevatoum et Erisson sont super heureux.

Le premier est originaire d’Ambolobozo, le second est major du lycée et habite à 150 km au sud. Il passera son bac l’année prochaine. Leurs parents sont très pauvres et ne veulent/peuvent pas s’occuper d’eux. Ils doivent durant la période scolaire avec la charrette et les deux zébus du PB, aller chercher du bois de cuisson dans la brousse. Pour payer cahier et crayons, ils vont aussi chercher de l’eau dans le fleuve Maevarano qu’ils livrent aux commerçants ou à ceux qui leurs en font la demande. Pour pouvoir vivre dans le foyer du PB, chaque famille, ou l’élève lui-même, doit apporter : une charrette de bois pour la cuisson du riz chaque trimestre, environ 700gr de riz par jour et verser 1 000 Ariary (30 centimes d’euros) par semaine.

 Parrainage

Ils sont quatre à avoir besoin d’une aide financière à l’année. Narcisse et Mevatoum sont deux frères appartenant à une famille très nombreuse de la presqu’île d’Ambolobozo. Erisson est venu de lui-même au PB d’un village à 170 km au Sud, sans l’accord de sa famille incapable de prendre en charge ses études au-delà du primaire, et Elina ayant perdu son père, sa mère ne peut faire face aux frais d’entretien de sa fille scolarisée. Erisson (18 ans) et Elina (13 ans) sont de très, très bons élèves. Pour le moment, les deux sont parrainés pour l’année 2015-2016. Le cout global d’une année au PB pour un collégien-lycéen est de 150 euros. Narcisse et Mevatoum ne le sont pas. Ils sont tout les quatre très chaleureux et généreux.

Erisson fera une formation universitaire en agriculture et environnement si quelqu’un veut/peut le parrainer financièrement pendant ses années d’études supérieures. Le prix sera certainement plus élevé qu’au PB mais nous ne le connaissons pas. Elina a encore trois années à vivre au PB avant le bac.

 Le nouveau lycée de Befotaka

Le lycée, a débuté en autogestion en octobre 2012 par une classe de seconde dans la grande case du PB prêtée par Femmes réveillons-nous, avec l’accord de ENM, suite à une demande du ministre de l’éducation nationale malgache : le lycée de Befotaka n’étant pas encore terminé. Les profs volontaires étaient plus ou moins payés par les parents d’élèves. De 30 élèves au départ, il comptait en Juin 2015, 370 élèves installés dans un bâtiment public neuf.

 Les projets proches et plus lointains

En plus du voyage de Peter, des 10 salariés permanents, ENM devra financer la construction de 3 classes supplémentaires pour accueillir, à la rentrée d’octobre 2015, 500 élèves, de la maternelle au CM2. Cela permettra de rapatrier les enfants qui suivent les cours à la bibliothèque en centre ville et d’avoir dix salles avec dix instituteurs-trices. L’avantage de rassembler tout le monde, profs et élèves, est d’assurer un meilleur suivi et surtout de les associer plus facilement à la magnifique expérience de permaculture du PB.

Méline a décidé de déménager la cuisine des collégiens pour la réimplanter dans l’alignement des 5 cases-dortoirs des collégiens/lycéens. L’ancienne cuisine sera transformée en salle de classe. Tout cela va être délicat pour les finances d’ENM. Mais c’est la dernière année du très gros effort fourni par les amis du Paradis Bleu. Depuis l’achat du terrain en 2010 jusqu’à la fin de la construction des 10 salles de classes, les agrandissements de terrain successifs et la création de la forêt nourricière, fin 2015, tout aura été réalisé avec moins de 60 000 euros.

En 2016, les grands projets d’implantations de bâtiments seront finis, les arbres fruitiers commenceront à produire. Il restera à développer le projet d’autonomie financière et alimentaire par la connaissance et la pratique de la permaculture pour le PB. Le but serait qu’il dépasse les limites du PB et s’étende progressivement à la ville de Befotaka puis à la région.

Méline est plébiscitée pour devenir maire de Befotaka en 2015. Bien que rentrer dans l’arène politique ne la séduise pas, elle ira plus par générosité que pousser par l’attrait du pouvoir. Elle pourra très probablement participer avec plus de force au rayonnement de ces nouvelles connaissances agroécologiques porteuses de tant d’espoirs. Mais elle sera certainement moins disponible pour le PB : le foyer, l’école et la forêt nourricière. Heureusement Merry, fils de Méline, est venu vivre à Befotaka. Ayant une formation d’ingénieur, il est aujourd’hui directeur de l’école du PB et prof de maths au lycée. Il est en train de prendre le relais de Méline pour ce qui est de l’école comme du suivi de la permaculture. Je lui ai proposé que ENM lui paie une formation de quelques mois au Bénin, au centre agricole Songhaï, en 2016 ou 2017.

Il nous faudra aussi financer une véritable installation électrique solaire avec des éléments de qualité. Un véritable convertisseur du 12 v au 220 v (700 euros) ou opter totalement pour le 12 volt et trouver des adaptateurs 12 v utilisés pour les bateaux, acquérir de véritables batteries solaires, deux fois plus chères que les batteries de camions, suffisamment de surface de panneaux solaires de bonne qualité, etc. Actuellement il y a une dizaine de lampes (12 v, 3 w) installées dans les différentes cases. Deux panneaux solaires, âgés de plus de dix ans, alimentent deux batteries de 100 ampères. C’est mieux que le grand noir lors de mon dernier séjour mais c’est insuffisant pour avoir une bonne lumière pour travailler le soir. La nuit commence à 18h. Or les révisions et les accompagnements scolaires se font à la nuit tombée. De plus il est pour le moment difficile de recharger les ordinateurs, et surtout les téléphones devenus en quelques années des outils indispensables. Cela aussi bien pour connaître les prix des produits à vendre que pour obtenir de l’argent par transfert chez les commerçants (il n’y a pas de banque à Befotaka) ou avoir des nouvelles de sa famille alors que les transports sont chers et les routes souvent inexistantes.

 La forêt nourricière

Le Paradis bleu verdit avec une rapidité ahurissante. D’un espace de savane aux herbes sèches, il devient une forêt nourricière. Dans 3 ou 4 ans, il produira une quantité de fruits dépassant largement les besoins de ceux qui habitent sur place : les 27 collégiens-lycéens et la famille de Méline. Les personnes qui passent ne comprennent pas comment ce terrain au départ de moins de 2 hectares, aujourd’hui de 4 ha, a pu se recouvrir si vite d’une telle quantité d’arbres, et avec tant de variétés nourricières, fruitières et médicales (ravinsara).

Le terrain a été vendu début 2010 par Augustin, un sage de la petite ville de Befotaka, à « Femmes réveillons-nous ». Quelques centaines d’euros ont été versés par ENM. Personne n’imaginait qu’il pouvait y avoir de l’eau, et surtout pas le vieil Augustin, un bon cultivateur à la pensée très fine. De plus la Sté Colas, en charge de la construction de la route en 2008, y avait déversé quelques milliers de tonnes de remblais superflus. Pourtant, grâce à la découverte de l’eau - deux puits ont été creusés - de nombreux jeunes arbres élevés en pépinière, peuvent être arrosés régulièrement par les 3 jardiniers, après leur mise en place dans le terrain. Les apports de compost et de mulch (paille, petits branchages, feuilles, compost) à leur pied reconstituent un terreau fertile et conserve une humidité suffisante pour leur permettre de s’établir et d’ancrer assez rapidement leur racines en profondeur.

Les puits ne se sont jamais taris durant les 9 mois de la saison sèche. C’est le système de diguettes creusées et de gabions créés avec des sacs de sable qui a permis de réalimenter la nappe phréatique. Cela avec les conseils très avisés de Peter Ash, spécialiste de la permaculture en région chaude.

Cette forêt en s’étendant et grandissant, pourrait bien, d’ici quelques années, assurer une complète autonomie financière de l’ensemble du Paradis bleu-vert. Alors le projet deviendra un exemple que de nombreux autres paysans alentour voudront et pourront reproduire. On pensait qu’il était indispensable de faire pousser des légumes pour nourrir les jeunes du foyer et assurer l’autonomie alimentaire et peut-être financière du paradis bleu-vert, mais ce sont d’abord les arbres et les fruits qui le feront largement, les légumes seront plus tard un supplément très appréciable. Je me suis souvent demandé comment les habitants de la région Sofia, et de Befotaka en particulier, faisaient pour être en bonne forme physique, en ne mangeant que du riz blanc et des brèdes (soupe légère de feuilles diverses) à tous les repas, ration parfois améliorée avec de minuscules crevettes séchées. Je n’avais pas compris que ce sont les fruits toute l’année, et particulièrement les mangues durant six mois, verte en salades ou mûres plus tard, qui leurs apportaient leur ration de micronutriments indispensable à une bonne santé.

Il y a une quinzaine d’années quand nous venions, il y avait sur le marché du mardi matin à Befotaka de très grands poissons séchés, coupés en deux, ouvert comme un très grand cahier, de grands crabes de vase à profusion très peu chers et de très, très grandes crevettes que l’on ne trouve qu’à Madagascar (20-30 cm). Mais aujourd’hui tout cela est fini. Ces crevettes géantes sont sur les étals des poissonniers à Paris et dans le reste du monde riche à des prix démentiels (70 euros/ kg), les crabes partent en Chine et les grands poissons, péchés par tous les bateaux du monde dans le très poissonneux canal du Mozambique, sont en voie de disparition.

Depuis 7 ans, la route est bitumée entre Tana et Befotaka (700 km). Une quinzaine d’heures suffisent pour relier ces deux villes au lieu des 36-48 voire 72 heures d’avant. Cela quand il n’y avait pas de panne et seulement en saison sèche. Finie la piste super chaotique et poussiéreuse avec ses nombreux nids d’éléphants et des passages à gué vertigineux pour éviter les ponts cassés ou trop fragiles. Pendant les 3 à 4 mois de la période des pluies, la route était tout simplement fermée. J’ai eu l’occasion de la parcourir souvent en taxi brousse, et une fois au début de la saison des pluies. Notre taxi surchargé n’était passé à Manpikony - le pont avait été emporté par les flots depuis plusieurs années - que grâce à une trentaine jeunes hommes aux pieds nus. Après des heures de négociation sur le prix - ils avaient accepté de tirer notre véhicule avec une corde sur près d’un kilomètre. L’étendue de boue était immense et profonde. Les camions s’y élançaient malgré tout, car ils devaient faire passer à tout prix leur cargaison pour ne pas rester trois ou quatre mois piégés là, dans la brousse. La nationale 6 était, et est encore, la seule route reliant le tiers nord de la grande île à la capitale Tana. Après une centaine de mètres, ils étaient complètement embourbés. Enfoncés jusqu’à la hauteur de la caisse, les roues n’étaient plus visibles. Alors le chauffeur et son assistant descendaient avec des pelles et dégageaient le passage des roues. Après quelques heures de travail, le camion avançait d’une dizaine de mètres, ou moins, et ils recommençaient. Une ou deux semaines, voire un mois d’un travail épuisant était nécessaire pour faire passer le camion dans cette boue de plus d’un mètre de profondeur.

Mais aujourd’hui, ce calvaire est terminé, tout a changé. Sur le marché de Befotaka Nord on trouve des légumes, tomates, concombres, etc, en provenance des hautes terres autour de Tana. Et les oranges, mangues, bananes, jacquiers, citrons, etc, qui ne poussent pas en altitude, au centre de la grande île, partent de la région de Befotaka vers Tana, par camions. Damon, l’entrepreneur de maçonnerie qui a construit plus de la moitié des bâtiments du Paradis bleu-vert, s’est transformé en collecteur-exportateur d’oranges befotakiennes pendant la saison de juin-juillet.

Aux quelques 6 grands manguiers sauvages, ont été ajoutés des dizaines de jeunes arbres, originaires de Diego Suarez. Plantés début 2010, ils ont donné leurs premières mangues en décembre 2014. Une trentaine d’autres fructifieront dans deux ou trois ans. Une centaine de papayers petits et grands sont malades - un minuscule insecte volant les tuent en un mois - certains couverts de fruits, ont été sauvés par quelques pulvérisations d’eau additionnée d’un centième d’huile de table, toujours sur les conseils de Peter. Des graines de Flamboyant, ramassées par Peter et moi, en novembre 2013, dans la grande rue d’Ambanja, sont devenues en juin 2015, six arbres de près de 4 m de haut. Leur magnifique floraison aura lieu en décembre. Plus d’une dizaine de palmiers dattiers et une quarantaine de cocotiers sont en pleine croissance. Une centaine d’anacardier (noix de cajou), de toutes tailles, dont 40 sont déjà en production, s’épanouissent sur tout le terrain. Au bord des diguettes, des centaines de pieds de citronnelle et 250 pieds d’ananas donneront des fruits en 2015. Une quinzaine de jeunes citronniers et une trentaine d’orangers les accompagnent. Une dizaine de moringas poussent devant les cases des collégiens-lycéens. Il suffit de cueillir leurs feuilles, à porter de main, pour améliorer les repas, leurs feuilles sont d’une richesse exceptionnelle en micronutriments. Elles sont mangées en bouillon/brèdes pour accompagner le riz, mais il existe bien d’autres manières de les consommer. Des arbres à cannelle ont été plantés. Les petits fruits ronds des jujubiers sont cueillis par les enfants de l’école qui en raffolent. Il y a aussi des goyaviers, tamariniers et zévys qui grandissent très vite grâce au compost et au mulch, et bien sûr à l’arrosage presque quotidien fait par les jardiniers : Jimmy, Alexandre et un jeune, nouvel embauché
Partout des acacias à grande feuilles plates et fleurs jaunes grandissent très vite. Ces arbres à gousse, fixateurs d’azote de l’air, vont enrichir le sol, créer de l’ombre et de la matière organique. Deux bosquets d’une centaine de gros bambous, plantés par Méline, le long du ru, sec d’avril à décembre, ont dépassé déjà les dix mètres de haut. Une cinquantaine de Ravinsara, dont les feuilles seront distillées pour leur essence rare, s’épanouissent avec tranquillité. Deux dizaines de bananiers donnent déjà des régimes de petites bananes délicieuses. Quinze jacquiers et six corossols grandissent très vite. Plus d’une centaine de graines de pamplemoussier de la région de Befotaka et quelques dizaines de noyaux d’avocats de Diego ont été mis en pépinière en Juin 2015. Deux pieds d’Ylang-ylang donnent des fleurs au parfum extraordinaire le soir.

Les 350 enfants scolarisés de la maternelle au CM1 dans l’école du Paradis bleu-vert en 2014-2015 participent activement à la magie de ce verdissement. A la fin de l’année, chacun aura emporté chez lui une jeune pousse de papayer qu’il aura lui-même semé, dans un tronçon de bambou rempli de terre et compost, confectionné sur place. Il faudra remplacer de très nombreux papayers dans toute la région. Institutrices et jardiniers jouent le jeu avec sincérité et gentillesse, les enfants apprécient. Ils ont déjà plantés des centaines de jeunes manguiers sur un terrain, nommé big-bang, de 1,5 ha acheté récemment par Méline, à 1 km au nord du Paradis bleu-vert, proche de la RN6.

[1La Banque Mondiale et le FMI, à travers les plans d’ajustement structurel, ont imposé aux pays dits en développement, après la grande crise de la dette des années 80, de rendre la santé et l’éducation payante. Diminuer les dépenses afin de dégager suffisamment d’argent pour enrichir les créanciers à travers le paiement des intérêts et le remboursement des dettes majoritairement illégitimes. Pour plus de détails lire Dette et extractivisme, ed Utopia 2014, de N. Sersiron

[2murets en sac de sable installés dans le cours du ru pour éviter qu’en période de fortes pluies, l’eau, transformé en torrent, creuse trop profondément le terrain et parte directement vers la mer sans alimenter la nappe souterraine


forum

Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 379 / 4138762

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site En savoir plus sur ce Monde qui se réchauffe, se dérègle (...)  Suivre la vie du site Forêts  Suivre la vie du site Monde  Suivre la vie du site Alternatives sylvicoles, Agro-foresterie   ?

Site réalisé avec SPIP 3.2.0 + AHUNTSIC

Creative Commons License