Yonne Lautre

Insecticides et biodiversité : Allons-nous survivre aux abeilles ? Memento d’après une conférence de Jean-Marc Bonmatin

mercredi 15 juin 2016 par Chauche Christian

MÉMENTO

De la conférence organisée par « Cœur des Sciences »
de l’UQAM, le 26 avril 2016 à Montréal (Canada)

Intervenant : Jean-Marc Bonmatin,
chercheur au Centre de Biophysique Moléculaire d’Orléans (France), appartenant au CNRS.

AVERTISSEMENT :

Le présent document n’est aucunement une synthèse approuvée par l’auteur cité (M. Bonmatin). Le texte n’est que le résumé des éléments rassemblés de mémoire le soir même de la conférence par mes soins, puis complété par des éléments glanés sur Internet et surtout la présentation de M. J-M Bonmatin que ce dernier m’a gracieusement fait parvenir. Mis à part quelques éléments validés sur quelques sites Web, notamment les illustrations issues du site de la « Task Force on Systemic Pesticides » - TFSP, le présent document ne peut être considéré comme ayant une valeur scientifique. Il n’engage que ma mémoire, mon effort de synthèse et ma responsabilité, et n’est destiné qu’à mon entourage proche (famille et amis). En aucun cas les travaux de J-M Bonmatin et/ou de la TFSP ne pourraient être remis en question à partir du présent document. Le lecteur se référera aux liens présentés en fin de document, notamment ceux de M. Bonmatin et de la TFSP pour toute validation scientifique.

Enfin, le plan du présent document ne reprend pas vraiment le plan de la présentation faite par M. Bonmatin mais rassemble plutôt les éléments importants restitués de mémoire puis complétés, avec comme support les diapositives fournies par M. Bonmatin.

REMERCIEMENTS :

Je tiens à remercier sincèrement M. Jean-Marc Bonmatin pour son excellente présentation du 26 avril 2016 à Montréal, le courage de sa démarche scientifique indépendante (ainsi que celle de tous les participants de la TFSP), sa volonté de partager au public ces résultats de manière bénévole et son soutien dans l’élaboration de ce document. M. Bonmatin m’a gentiment fait parvenir les diapositives de sa présentation et en a autorisé l’utilisation dans le présent document.

Encore merci, M. Bonmatin, pour vos encouragements et votre relecture bienveillante !

 1. Observation de départ

La production de miel en France était relativement stable dans les années 80-90’, à environ 40,000 tonnes/an, qui correspondait à la consommation nationale (situation d’autosuffisance). Or, cette production a dégringolé drastiquement à partir de l’année d’introduction des néonicotinoïdes en France, soit 1995. En l’espace de deux décennies, c’est environ 60% de la production qui a été perdue, obligeant la France à importer du miel afin de satisfaire la demande demeurée stable.


Figure 1 – Production de miel en France [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

Les chercheurs ont vite été alertés et ont commencé à analyser toutes les causes possibles de cette baisse de production. La première observation fut qu’elle était due à une très forte mortalité des abeilles elles-mêmes, en réalité une véritable hécatombe dans les essaims. Plus exactement, les abeilles disparaissaient pour la plupart, comme semblant déserter la ruche.

Depuis, plus de 1000 études scientifiques à travers le monde ont permis d’établir une liste des facteurs causant la disparition des abeilles par ordre de priorité. Selon les sources, l’ordre peut varier mais il ressort aujourd’hui qu’un des facteurs principaux qui ressort est toujours le même : les pesticides (insecticides) – voir la Figure 2 ci-après.




Figure 2 – Causes de disparition des pollinisateurs [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

Une autre source [1] présente la liste suivante comme facteurs causant la disparition des pollinisateurs :

  • Les pesticides et autres produits chimiques (insecticides)
  • Les pathogènes : virus (nosémose), parasites (varroa) et champignons ;
  • La perte de biodiversité (monoculture)
  • Les causes génétiques (sélection)
  • Les prédateurs (frelon asiatique)
  • La pollution électromagnétique
  • La mobilité des ruches
    Dans tous les cas, la cause principale de disparition des pollinisateurs et notamment des abeilles sont les pesticides et autres produits chimiques, en priorité les insecticides, avec loin devant les autres, les néonicotinoïdes (et le Fipronil – voir section 8).

 2. Un constat mondial

La situation est telle qu’environ un tiers des ruches disparaissent chaque année en lien probable avec les néonicotinoïdes. En analysant les chiffres au niveau mondial, ce constat est le même dans tous les pays qui utilisent ces familles d’insecticides : c’est une véritable hécatombe. Seuls les pays plus pauvres n’utilisant pas ces produits coûteux ne sont pas actuellement exposés à cette mortalité.

Les États-Unis ont commencé à introduire les néonicotinoïdes plus tardivement dans les années 2000. De la même manière, une perte massive de ruches a été constatée à partir de leur introduction en agriculture industrielle (pouvant atteindre jusqu’à 50% des populations d’abeilles par endroits). Ce syndrome fut baptisé « Colony Collapse Disorder » ou CCD, que l’on nomme en français « Effondrement des colonies d’abeilles » : la ruche semble « désertée » par les abeilles ouvrières, la reine se retrouvant délaissée avec ses nourricières dans la ruche, ce qui entraîne sa perte à très court terme.

En réalité, les ouvrières meurent soit par contact direct avec les insecticides, soit par épuisement suite à une perte totale d’orientation (il leur est impossible de retrouver la ruche) – voir section 6 plus loin.

La Figure 3 ci-dessous illustre les pertes de ruches en 2008 au niveau européen, ainsi que pour certains autres pays pour lesquels des statistiques sont disponibles.



Figure 3 – Perte de ruches en 2008 [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

 3. Les néonicotinoïdes ?

Les néonicotinoïdes sont une famille d’insecticides systémiques à large spectre. Cela veut dire qu’une fois aspergés, ils pénètrent dans la plante, à l’intérieur de son système circulatoire (sève), agissent et sont présents dans toutes les cellules de la plante.

Les plus connus sont :

  • l’imidaclopride
    (Premier néonicotinoïde introduit en Europe, connu notamment comme matière active du « Gaucho », et le plus répandu)
  • l’acétamipride
  • la clothianidine
  • le dinotéfurane
  • le nitenpyrame
  • le thiaclopride
  • le thiaméthoxame
    Ces produits peuvent être soit directement aspergés sur la plante sous forme de produits traitants insecticides et ainsi pénétrer par les feuilles (translaminaire) ou bien enrobent directement la semence qui est vendue par les semenciers ; on parle alors de « semences enrobées ».


Figure 4 – Effet systémique des insecticides [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

Depuis quelques années ces insecticides sont essentiellement vendus sous forme de semences enrobées, c’est-à-dire qu’ils sont en premier lieu enfouis dans le sol lors du semi, ce qui permet d’alimenter chaque plant tout au long de sa croissance, en se dissolvant progressivement dans l’eau absorbée par les racines de la plante.

Les néonicotinoïdes représentent aujourd’hui environ 40% du marché des insecticides au niveau mondial.

 4. Analyse de la toxicité des insecticides

Des analyses exhaustives ont été menées concernant la toxicité des insecticides utilisés dans l’agriculture industrielle.

L’élément de comparaison choisi a été le DDT [2], utilisé dans la première moitié du XXème siècle, qui est toxique mais qui nécessite de fortes doses pour être réellement efficace contre les insectes.

En comparaison du DDT, la toxicité des néonicotinoïdes est de 7,000 à 10,000 fois supérieure, ce qui amène des niveaux de toxicité aiguë à des concentrations infinitésimales (voir colonne de droite « Tox/DDT » de la Figure 5 ci-après, à savoir la toxicité mesurée en comparaison du DDT).



Figure 5 – Toxicité aiguë sur les abeilles [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

Le niveau de contamination par les néonicotinoïdes dans le pollen ou le nectar est de l’ordre de : 1 à 50 ng/g , soit un ordre de grandeur du milliardième de gramme par gramme de pollen (ou nectar). Il a fallu plusieurs années avant que les centres de recherche puissent atteindre un tel seuil de détection de ces molécules. Aujourd’hui, le CNRS est capable de détecter 0,2 ng/g de ces molécules (voir la Figure 6).

NOTE : la colonne « LD50 ng/ab » de la Figure 5 ci-dessus représente la dose en ng/abeille pour laquelle la moitié de la population exposée est tuée. Attention, il s’agit ici des doses de toxicité aiguë. Nous verrons à la section 6.2 ci-après que c’est essentiellement la toxicité chronique et non aiguë qui est bien plus problématique dans le cas des insectes pollinisateurs.



Figure 6 – Seuil de toxicité et de détection des néonicotinoïdes [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

Dans la grande majorité des plantes cultivées analysées, on retrouve des taux de plusieurs ng/g de néonicotinoïdes, dépassant dans de nombreux cas le taux de toxicité voire le taux létal pour les abeilles.

 5. Analyse de l’exposition réelle aux insecticides

Nous venons de voir le niveau de toxicité de ces insecticides pour les abeilles (et autres invertébrés pollinisateurs), qui agissent à des concentrations infiniment faibles. Il reste à évaluer quelles concentrations peuvent être mesurées dans les cultures industrielles conventionnelles.

La Figure 7 ci-après montre les résultats de mesures de l’Imidaclopride pour un large échantillon de plants de tournesols cultivés de manière conventionnelle. Les résultats parlent d’eux-mêmes, puisque dans 75% des mesures prises au niveau des fleurs, les taux si situent entre 1 et 10 ng/g avec une moyenne à 7 ng/g. Pour les mesures faites directement sur le pollen, 60% des échantillons ont un taux se situant entre 1 et 10 ng/g avec une moyenne à 3 ng/g. Ces mesures mettent en lumière des taux réels toxiques pour les abeilles.



Figure 7 – Mesures réelles du taux d’Imidaclopride dans le tournesol [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

Maintenant si l’on observe les résultats d’une analyse faite sur un échantillon de ruches (voir la Figure 8 ci-dessous), les résultats ont permis de mettre en évidence la présence de plusieurs insecticides (4 dans cet exemple, voir les flèches rouges à gauche) avec des doses mesurées qui sont létales dans 3 cas (voir les flèches rouges à droite), mais surtout bien au-dessus des normes autorisées en Europe pour deux d’entre eux (voir les deux cellules surlignées en rouge).



Figure 8 – Exposition réelle par le nectar [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

 6. Effets sur l’abeille et les pollinisateurs

6.1 Effets au niveau biomoléculaire

Les néonicotinoïdes agissent en remplacement de l’acétylcholine, en se fixant sur les récepteurs nicotiniques au niveau des synapses des neurones du système nerveux central. Or, la particularité de ces molécules est d’avoir un atome de chlore qui a pour conséquence que la fixation aux récepteurs nicotiniques est permanente, induisant une paralysie totale du sujet, donc la mort.


Figure 9 – Action au niveau moléculaire [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

Cela signifie que ces insecticides attaquent de manière irréversible le système nerveux central, foudroyant instantanément l’insecte qui en absorbe une dose de quelques ng/g de pollen.

Il est important de noter que ces insecticides ne sont aucunement spécifiques : ils agissent de la même manière sur tous les insectes, utiles comme nuisibles, pollinisateurs inclus !

6.2 Toxicité « aiguë » et « chronique »

Un autre élément important est que toutes les études prises en compte pour l’homologation de ces produits se fondaient sur la toxicité aiguë de la molécule, à savoir le « taux létal 50% » (ou « LD50 ») qui correspond à la dose pour laquelle 50% de la population d’insecte étudiée est tuée par exposition au produit.

Or, en ce qui concerne les abeilles, le problème est l’exposition chronique à ces produits car chaque abeille accomplit plusieurs milliers de voyages « butinatoires » pour produire quelques grammes de miel.

Afin de mesurer l’effet d’une exposition répétée, l’étude a comparé les effets d’une exposition à une dose de toxicité aiguë à celle d’une exposition sur 10 jours à des doses extrêmement faibles. Il a été constaté que la toxicité chronique est effroyable et aboutit à une mortalité équivalente à celle d’une seule dose « aiguë ».

Par exemple, chez la mouche drosophile, la même létalité de 50% des individus est obtenue sur une exposition répétée pendant 10 jours avec une concentration 170 fois plus faible que celle requise en intoxication aiguë (une seule exposition). À noter que la plus petite concentration induisant un effet observé (ou « Lowest Observed Effect Concentration » - LOEC dans la figure ci-dessous) est de 0,1 ng/g pour la drosophile. Cette valeur est identique à celle publiée pour les abeilles en 2001 (mortalités par exposition chronique avec l’imidaclopride ou ses métabolites).


Figure 10 – Comparaison entre toxicité aiguë et toxicité chronique sur la drosophile [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

6.3 Effets biologiques

Le premier effet est une mort pure et simple par une dose létale (mort par paralysie). Toutefois, à des doses inférieures (non létales), on observe des effets de :

  • Désorientation : les abeilles ne sont plus capables de s’orienter, ne reviennent plus à la ruche et meurent d’épuisement.
  • Dégradation du système immunitaire : les abeilles n’arrivent plus à se défendre contre les virus, les parasites et les champignons [3].
  • Perturbation du système endocrinien, affectant directement les capacités et comportements de reproduction des individus reproducteurs.

6.4 Les pollinisateurs en danger

Étant donné que plus de 75% des espèces végétales dépendent de l’action des pollinisateurs pour leur reproduction, la disparition de ces insectes (et vertébrés) pollinisateurs est devenue une préoccupation internationale majeure car elle met directement en danger la production agricole mondiale.

Une étude de l’IPBES [4], a permis d’évaluer approximativement l’urgence de la situation pour les pollinisateurs :

  • + de 16% des vertébrés pollinisateurs sont menacés d’extinction au niveau mondial ;
  • + de 40% des invertébrés pollinisateurs sont menacés d’extinction au niveau mondial


Figure 11 – Les pollinisateurs en danger [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

 7. Effets synergiques et collatéraux des néonicotinoïdes

D’autres études internationales ont démontré l’effet combinatoire des néonicotinoïdes, à savoir qu’une combinaison de deux de ces molécules est bien plus toxique que la somme des deux agissant individuellement et l’effet synergique est d’autant plus fort qu’il y a de produits mélangés.

Or, dans la plupart des échantillons analysés, on retrouve en moyenne facilement 3 à 4 néonicotinoïdes sur la même plante. De plus, l’effet synergique est également présent au contact d’antifongiques.

D’autre part, les études réalisées mettent en lumière les effets directs des néonicotinoïdes sur le système immunitaire des abeilles, comme expliqué à la section 6.3 précédemment. Cette affection explique la recrudescence du parasitisme (varroa) et des pathogènes (virus) dans les ruches exposées. Les ruches pas ou peu exposées (incluant les ruches urbaines) apparaissent en effet beaucoup moins touchées par ces affections, et leurs abeilles bien mieux capables de résister aux infestations et épidémies.


Figure 12 – Effets directs et combinés des néonicotinoïdes [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

 8. Évaluation mondiale intégrée sur les pesticides systémiques

Des études plus poussées ont été réalisées par la « Task Force on Systemic Pesticides » (TFSP), dont M. Bonmatin est le vice-président, afin de mesurer les dommages sur les « espèces non-cibles », c’est-à-dire toutes les espèces autres que les insectes « ravageurs » ou « nuisibles ».

Une étude complète a été menée par la TFSP sous forme de « méta-analyse », regroupant plus de 1000 résultats d’études à travers le monde. Ce travail titanesque a été retranscrit dans le rapport : « Worlwide Integrated Assessment on Systemic Pesticides », publié en 2014. Ce rapport est disponible au public sur le site Web de la TSFP (voir références #3 et #4 de la section 12.1 - Ressources consultées).


Figure 13 – Évaluation mondiale intégrée de la TFSP [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

8.1 Méthode d’évaluation des risques

L’étude conduite par la TSFP s’est fondée sur différents critères et a visé les principaux groupes d’êtres vivants en évaluant, pour chaque groupe taxonomique (voir la légende du Tableau 2, page 26) :

  • Le niveau d’exposition réelle (de 0 à 4), et selon quel medium : plante, air, eau ou sol.
  • Le niveau d’effet toxicologique (de 1 à 4), si cela touche l’individu, la population ou la communauté, s’il existe un effet probable ou encore si les données sont insuffisantes pour pouvoir en tirer des conclusions.
    À partir de ces mesures, le facteur de risque a été déterminé (comme expliqué à la Figure 14 ci-après), ce qui a permis à la TFSP de faire des recommandations à l’attention des instances réglementaires.



Figure 14 – Évaluation des risques & impacts pour les espèces non-cibles [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

8.2 Résultats par groupe taxonomique :
Toutes les illustrations de la section 8.2 sont extraites du site Web de la TSFP : http://www.tfsp.info/

8.2.1 Invertébrés terrestres
http://www.tfsp.info/wp-content/uploads/2014/06/3_TFSP_infographic_landscape_T_invertebrate.jpg

Source : http://www.tfsp.info/fr/findings/terrestrial-invertebrates/

Les invertébrés terrestres sont évidemment principalement exposés par le sol. Comme expliqué plus haut, les insecticides se retrouvent en très forte concentration dans le sol à cause des semences enrobées : on estime que seul 2 à 20% du produit est absorbé par la plante, ce qui veut dire qu’au moins 80 à 98% du produit reste dans le sol. Les invertébrés terrestres sont donc directement exposés, notamment les vers de terre qui sont essentiels à la bonne santé des sols.

8.2.2 Insectes pollinisateurs
http://www.tfsp.info/wp-content/uploads/2014/06/2_TFSP_infographic_landscape_Insect.jpg

Source : http://www.tfsp.info/fr/findings/insect-pollinators/

Les insectes pollinisateurs sont bien évidemment exposés directement par la plante (pollen et nectar) mais aussi par l’air, notamment en traversant les nuages de poussière toxiques émis par les tracteurs lors des semis ; nuages qui peuvent parcourir des dizaines de mètres jusqu’à des dizaines de kilomètres. Les insectes qui traversent ces nuages toxiques sont instantanément tués.

8.2.3 Invertébrés aquatiques
http://www.tfsp.info/wp-content/uploads/2014/06/4_TFSP_infographic_landscape_A_invertebrate1.jpg

Source : http://www.tfsp.info/fr/findings/aquatic-invertebrates/

Nous avons vu plus haut que 80 à 98% des néonicotinoïdes restent dans le sol. Toutefois ils se retrouvent rapidement dans l’eau car ce sont des molécules extrêmement solubles (elles doivent pouvoir facilement se retrouver dans la sève des plantes). Donc une fois dans le sol, ces produits sont ensuite vite solubilisés par les pluies ou l’irrigation et sont soit lessivés (phénomène de ruissellement en surface ou faible profondeur), c’est-à-dire se retrouvent dans les eaux de surface, soit subissent une lixiviation, c’est-à-dire qu’ils sont emmenés avec d’autres éléments nutritifs par infiltration dans les sols et se retrouvent dans les eaux (y compris les nappes phréatiques). Les résultats d’analyse montrent que tous les invertébrés aquatiques sont affectés par la toxicité des néonicotinoïdes et que c’est probablement sur ces groupes taxonomiques que les plus graves effets sont observés (puisque c’est la base de toute la chaîne alimentaire).

8.2.4 Oiseaux et autres vertébrés
http://www.tfsp.info/wp-content/uploads/2014/06/8_TFSP_infographic_landscape_Birds2.jpg

Source : http://www.tfsp.info/fr/findings/birds_others/

En ce qui concerne les oiseaux, ils sont exposés par les plantes pour les oiseaux granivores (semences et graines), par l’air et par le sol, par les eaux de surface mais aussi indirectement par la disparition des insectes qui représentent l’essentiel de l’apport nutritif pour des nombreuses espèces (insectes du sol et aquatiques). Une étude hollandaise a montré que 3,5% d’une quinzaine d’espèces d’oiseaux communs disparaissent chaque année en lien avec la contamination des eaux de surface par les néonicotinoïdes.

Au niveau des vertébrés aquatiques (poissons, batraciens, reptiles…), les résultats montrent que toutes les espèces vertébrées aquatiques sont exposées à des concentrations élevées ou prolongées aux néonicotinoïdes.

8.2.5 Et l’Homme ?

Enfin, concernant les vertébrés terrestres et en particulier l’homme, le travail actuel mené par la TFSP a permis de découvrir qu’il n’existe qu’à peine une trentaine d’études qui ont été menées sur le sujet. Un premier élément expliquant cette situation provient du fait que les études fournies par les fabricants de ces insecticides prenaient comme hypothèse que leurs insecticides ne se retrouveraient ni dans l’air, ni dans l’eau et qu’ils se dégraderaient rapidement dans le sol. Or nous avons vu qu’il n’en était rien. L’autre hypothèse hasardeuse considérait que ces produits n’avaient pas d’activité à faible doses chez les mammifères, donc l’homme.

Ce qui est certain est que les données fiables manquent, essentiellement au niveau des populations (notamment les effets à long terme). Il existe une réelle carence d’études scientifiques concernant les effets sur les mammifères et notamment sur l’homme. Il est donc urgent que les autorités sanitaires adressent sérieusement le sujet.

Toutefois, plusieurs agences impliquées au niveau de la santé publique ont commencé à émettre timidement des alertes concernant les effets des néonicotinoïdes sur la santé humaine, entre autres :

  • L’ARLA : Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire - Canada
  • L’ANSES : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail - France
  • L’EFSA : European Food Safety Authority - Europe
    Les quelques études réalisées depuis 2007 ont tout de même permis de mettre en évidence des effets directs sur les mammifères, entre autres :
  • Perturbation du système immunitaire
  • Perturbation du système endocrinien
  • Effets cancérigènes
  • Effets sur le neuro-développement
    Voici dans la figure ci-dessous quelques-uns des effets répertoriés par ces agences avec l’année de réalisation des études (encadré rouge à droite).


Figure 15 – Effets et risques en termes de santé publique [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

8.2.6 Toxicité dans le cycle complet des organismes vivants

Suite à l’analyse des résultats précédents, par groupe taxonomique, il n’est pas compliqué de comprendre que ces produits toxiques se répandent dans tout le cycle du vivant, avec les effets de contamination et d’intoxication suivants :


Tableau 1 – Lien entre contamination et groupes d’êtres vivants impactés

ContaminationToxicité directe surToxicité indirecte sur
Sols(semences enrobées) Invertébrés terrestres Oiseaux et autres vertébrés
Plante(par la sève) Invertébrés terrestresInsectes pollinisateurs Oiseaux et autres vertébrés(Homme – par consommation des végétaux traités)
Air(poussière de labour) Insectes pollinisateurs Oiseaux et autres vertébrés(Homme - par exposition directe)
Eaux de surface(lessivation) Invertébrés aquatiquesVertébrés aquatiques Oiseaux et autres vertébrés
Eaux profondes(lixiviation) Homme – par consommation d’eau potable ? Traces d’insecticides

La Figure 16 ci-dessous schématise le cycle de contamination environnementale.



Figure 16 – Cycle de contamination environnementale par les néonicotinoïdes [ CITATION Jea16 \l 3084 ]




Tableau 2 - Synthèse des résultats par groupe taxonomique et légende des résultats

http://www.tfsp.info/wp-content/uploads/2014/06/0_TFSP_infographic_complete_artwork-2.jpg

Source : http://www.tfsp.info/fr/findings/conclusions/

 9. Le cas particulier du Fipronil

Jusqu’à présent nous n’avons mentionné que les néonicotinoïdes mais les analyses mentionnées incluent aussi cet insecticide d’une autre famille chimique (phénylpyrazoles). Sa toxicité en tant qu’insecticide et antiparasitaire est comparable à celle des néonicotinoïdes.

Même s’il est interdit sur toute culture en France depuis 2005 et s’il fait l’objet du moratoire européen de 2013, le Fipronil est très utilisé comme antiparasitaire vétérinaire (animaux domestiques et élevage). C’est par exemple le fameux produit commercialisé sous la marque « Frontline » ou « Fiprokill » que l’on verse sur la nuque de nos chers amis à poils (chiens et chats) afin de les débarrasser des puces et des tiques. Le Fipronil est encore utilisé en agriculture pour l’enrobage des semences dans certains pays (commercialisé sous la marque « Régent ») et cause exactement les mêmes effets sur les pollinisateurs que ceux exposés précédemment pour les néonicotinoïdes.

Selon son fabriquant, il serait très peu toxique pour les animaux à sang chaud. Or, lors d’un traitement d’animal domestique, le produit est appliqué sur le poil de l’animal, ce qui veut dire que le produit se retrouve dispersé dans toute la maison, soit par contact, soit par caresse, et par conséquent expose directement les habitants du lieu, à commencer par les enfants, ceci sur des longues périodes.

 10. Marché et cadre réglementaire des néonicotinoïdes

10.1 La question à 100$ : pourquoi autant de pesticides ?

Une étude a montré que les situations réelles pour lesquelles des cultures sont attaquées massivement par des ravageurs ne se produisent que dans environ 1% des cas. Or l’utilisation de nombreux traitements préventifs avec ces insecticides est devenue une norme, à commencer par les semences enrobées.

Pourtant, dans les pays où l’interdiction des néonicotinoïdes fut totale (ex : le cas du maïs en Italie depuis 2008), il n’a été observé aucune baisse des rendements agricoles dans les années qui ont suivi l’interdiction. Ceci pose une question essentielle : pourquoi ces insecticides ultra-toxiques sont-ils aujourd’hui systématiquement utilisés de manière préventive et massive ?

D’autant plus qu’il s’agit d’une fuite en avant, car de nombreuses espèces nuisibles deviennent résistantes aux insecticides après quelques années, ce qui pousse les industriels à mélanger les pesticides et à développer des molécules toujours plus toxiques…. pour l’environnement dans son ensemble et pour la santé publique.

N’y aurait-il pas des enjeux commerciaux colossaux derrière cette question ? Évidemment, la réponse est « Oui » !

10.2 Un marché mondial en croissance

Il va sans dire que l’agriculture est un marché à fort potentiel de croissance pour les multinationales de la l’agrochimie.

Le marché des pesticides peut être divisé en deux segments : les pesticides synthétiques et les biopesticides.

  • Le marché mondial des pesticides synthétiques était d’environ 44 milliards de dollars en 2012 et les estimations pour 2017 sont de 61,5 milliards de dollars [ CITATION BCC12 \l 3084 ]
  • Celui des biopesticides a atteint 2,1 milliards de dollars en 2012 et devrait dépasser 3,7 milliards en 2017 [ CITATION BCC12 \l 3084 ]
    Pour le seul marché des néonicotinoïdes, on parle d’une homologation dans plus de 120 pays, avec un chiffre d’affaires de 1,5 milliards d’euros en 2008, représentant 24% du marché mondial des insecticides. Et 80% des semences traitées en 2008 le sont avec des néonicotinoïdes [ CITATION Wik \l 3084 ].

Le tableau suivant résume pour chaque molécule, leur fabriquant, les produits les plus connus sous lesquels ils sont commercialisés ainsi que le chiffre d’affaires généré en 2009.


Tableau 3 – Données commerciales des principaux néonicotinoïdes

Nom

Fabriquant

Produits

Chiffre d’affaires US$ (2009)

Imidaclopride Bayer CropScience Confidor, Admire, Gaucho, Advocate 1,091
Thiaméthoxame Syngenta Actara, Platinum, Cruiser 627
Clothianidine Sumitomo Chemical/Bayer CropScience Poncho, Dantosu, Dantop 439
Acétamipride Nippon Soda Mospilan, Assail, ChipcoTristar 276
Thiaclopride Bayer CropScience Calypso 112
Dinotéfurane Mitsui Chemicals Starkle, Safari, Venom 79
Nitenpyrame Sumitomo Chemical Capstar, Guardian 8

Source : [ CITATION Wik \l 3084 ]

La Figure 17 ci-dessous donne une indication de la croissance du marché mondial en termes de quantités vendues entre les années 1992 et 2010. Il est important de souligner les faits suivants :

  • Dans le graphique de gauche (volume mondial par type de molécule) :
    • La place prépondérante de l’imidaclopride, premier du genre, introduit au début des années 90’ ;
    • Malgré l’interdiction progressive de l’imidaclopride dans plusieurs pays à partir des années 2000, s’en est suivie une multiplication de molécules sur le marché. Or plus il y a de molécules sur le marché et dans les champs, plus le risque d’effets synergiques est important.
  • Dans le graphique de droite (volume de néonicotinoïdes par pays/état) :
    • La croissance fulgurante, quasi exponentielle, de l’utilisation des néonicotinoïdes dans les pays industrialisés.



Figure 17 – Croissance du marché mondial [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

10.3 La situation réglementaire

Nous venons de voir qu’en réalité ces insecticides n’ont que peu d’impact (pour ne pas dire aucun) sur les rendements agricoles, or ils sont systématiquement utilisés en prévention et de manière massive.

Alors qu’est-ce qui peut bien freiner les autorités sanitaires & réglementaires à intervenir plus drastiquement et les législateurs à renforcer leurs réglementations face à ces poisons dont nous ne mesurons même pas encore toute l’étendue toxicologique environnementale ?

Cela étant dit, certains pays ont fini par réagir dans les dernières années et prendre des mesures de précaution face aux néonicotinoïdes. Et ce ne sont pas les questions de santé publique qui ont été l’élément déclencheur mais bien le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles qui a poussé les autorités à réagir (face aux enjeux économiques agricoles).

La Figure 18 ci-après donne quelques exemples de mesures prises par certains pays depuis les années 2000.



Figure 18 – Situation réglementaire au niveau international [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

Dans les dernières actualités de l’année 2016, il est intéressant de souligner les cas suivants :

  • En France [5], l’assemblée nationale a finalement voté « in extremis » un amendement à l’article 51 du projet de loi pour la biodiversité afin d’interdire totalement toutes utilisation des néonicotinoïdes (semences traitées incluses) à compter du 1er septembre 2018 [ CITATION Flo16 \l 3084 ].
  • Au niveau de l’Europe, la Commission européenne a retiré trois substances actives néonicotinoïdes sur les cinq autorisées à l’époque et pour les cultures d’intérêt apicole afin de mener de nouvelles évaluations. Toutefois, les états membres n’arrivent pas à se mettre d’accord et le dossier traine quelque peu. Ceci n’a pas empêché l’autorisation de mise sur le marché de nouvelles molécules néonicotinoïdes depuis [ CITATION Flo16 \l 3084 ].
  • Au Canada : la ville de Montréal a adopté en janvier 2016 un nouveau règlement qui interdit l’utilisation des néonicotinoïdes sur toute l’île de la métropole. La ville fait depuis pression sur le gouvernement du Québec afin de bannir ou réduire considérablement les néonicotinoïdes. L’Ontario a créé en 2014 une nouvelle réglementation qui devrait réduire de 80% la surface des terres agricoles traitées avec les néonicotinoïdes [ CITATION Lau16 \l 3084 ].

 11. Conclusion

11.1 Une contamination généralisée

Les résultats compilés grâce à l’Évaluation mondiale intégrée de la TFSP permettent de mettre en relief la gravité de la situation en termes de contamination et de toxicité environnementale pour tous les groupes d’être vivants et ainsi alerter les autorités sanitaires quant à l’urgence absolue d’agir immédiatement, que ce soit au niveau des pratiques agricoles et au niveau réglementaire car l’on sait que les règlements sont nécessaires si l’on veut pouvoir modifier drastiquement la situation.

La Figure 19 ci-dessous donne un exemple des plages moyennes de mesures de concentrations d’imidaclopride dans différents substrats sur de larges échantillons à travers le monde. Les valeurs les plus faibles semblent rassurantes mais, comme il s’agit de moyennes, les valeurs les plus fortes sont alarmantes pour de très nombreuses régions du globe pratiquant l’agriculture intensive.



Figure 19 – Exemple de mesure de contamination réelle à l’imidaclopride [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

La Figure 20 synthétise les principales conclusions de l’Évaluation mondiale intégrée de la TFSP. L’article officiel en français des conclusions de l’évaluation est accessible à l’adresse suivante : http://www.tfsp.info/wp-content/uploads/2016/04/WIA_8_Conclusions-de-lEvaluation-Mondiale-Int%C3%A9gr%C3%A9e-sur-les-Pesticides-Syst%C3%A9miques.pdf



Figure 20 – Conclusions de l’Évaluation mondiale intégrée de la TFSP [ CITATION Jea16 \l 3084 ]

11.2 L’urgence d’intervenir
11.2.1 Intervenir sur l’utilisation des insecticides
Il est impératif et urgent de modifier la situation actuelle :

  • Interdire les traitements préventifs avec ces insecticides. Comme expliqué précédemment, il semble que les traitements préventifs n’aient aucun impact sur les rendements agricoles (voir cas de l’Italie). Par contre des pratiques culturales de prévention existent (rotation des cultures par exemple) pour minimiser efficacement le risque lié aux ravageurs.
  • Les traitements ne devraient être appliqués que de manière réactive (en cas de réelle attaque) et devraient toujours prioriser les techniques alternatives naturelles (très efficaces dans de nombreux cas), et ainsi ne réserver l’utilisation des insecticides chimiques (a fortiori les néonicotinoïdes) qu’en dernier recours.
  • L’urgence est telle que la situation concerne toutes les espèces végétales et animales et pause un problème majeur de santé publique. Il en va de la pérennité de la production agricole mondiale, de la santé humaine, de la qualité de l’eau, de l’air et des sols.
  • Pour les plantes de jardinage et fleurs : il est important de n’acheter que des semences, bulbes ou plants non traités. Car aujourd’hui, la grande majorité des semences, bulbes ou plants vendus en jardinerie sont tous traités chimiquement au préalable. En croyant attirer les pollinisateurs, on leur offre simplement un piège mortel en installant ces plantes dans nos jardins !

11.2.2 Intervenir au niveau réglementaire
Un grand travail reste à faire au niveau réglementaire dans de nombreux pays, non seulement au niveau d’une restriction sévère des ces molécules (voire une interdiction totale) mais aussi au niveau des pratiques agricoles modernes et de la prophylaxie phytosanitaire.

Pour conclure, la situation est devenue telle que nous vivons actuellement un véritable paradoxe en ce qui concerne les abeilles : il a été constaté dans les dernières années que les ruches installées en milieu urbain étaient en bien meilleure santé que celles installées en milieu rural !! En effet, les ruches urbaines ne souffrent pas du syndrome de « Colony Collapse Disorder » et sont en parfaite santé. Il s’avère donc que les villes sont devenues des îlots de survie pour les abeilles : le monde à l’envers…

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Bonmatin, J.-M. (2016, avril 26). Insecticides et biodiversité : Allons-nous survivre aux abeilles. Diaporama de la conférence . Montréal, QC, Canada.

Houde-Roy, L. (2016, janvier 27). Des pesticides dangereux pour les abeilles interdits à Montréal. Récupéré sur Journal Métro : http://journalmetro.com/actualites/montreal/909326/des-pesticides-dangereux-pour-les-abeilles-interdits-a-montreal/

Roussel, F. (2016, mars 18). Pesticides néonicotinoïdes : schizophrénie en France et en Europe. Récupéré sur ACTU Environnement : http://www.actu-environnement.com/ae/news/loi-biodiversite-pesticides-neonicotinoides-26437.php4

Wikipedia. (s.d.). Neonicotinoid. Récupéré sur https://en.wikipedia.org/wiki/Neonicotinoid#Market

[1La liste présentée ici a été complétée avec celle présentée sur le site Web du Pic Bleu – voir référence #5 dans la section 12.1 - Ressources consultées.

[2« Dichlorodiphényltrichloroéthane : le fameux insecticide (composé organochloré) utilisé massivement en agriculture comme pour l’éradication des moustiques vecteurs du paludisme des années 1930 à 60, puis progressivement interdit dans presque tous les pays dans les années 70 et 80 à cause de forte toxicité pour l’environnement et la santé publique.

[3Certains affirment que les parasites (varroa) et virus sont la première cause de mortalité pour les abeilles. Or le système immunitaire des abeilles est très efficace pour lutter contre ces pathogènes en situation normale. Les néonicotinoïdes affectent directement le système immunitaire des abeilles, ce qui explique la forte recrudescence d’infections virales (nosémose) et de parasitisme (varroa). Ces infections apparaissent donc comme des conséquences de la toxicité des insecticides et non comme un facteur de mortalité indépendant.

[4IPBES : plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, dépendant des Nations-Unies

[5Note apportée par J-M Bonmatin ultérieurement : l’imidaclopride, bien que faisant l’objet de suspensions consécutives en France (1999 sur tournesol, 2005 sur maïs) et l’objet du moratoire européen, reste la matière active la plus utilisée en France.


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