Yonne Lautre

« Développer ATTAC sur les valeurs de l’altermondialisme », texte collectif

samedi 17 décembre 2005 par Coulomb Jean-Michel, Paquin Pascal, Vos (de) René

 Critique de l’économie actuelle du débat

1 - Trois facteurs de crise

Le débat auquel nous assistons actuellement est marqué du sceau d’une « présidentialisation du débat » (c’est notre terme) outrancière : le « style de direction » (terme des vice-présidents) et « présidentialisation » du mode de fonctionnement de notre association ( du fait dela proposition et de la focalisation du débat sur l’élection du président par les adhérents) s’opposent durement l’une l’autre.

Parti sur ces bases, nécessairement à connotation subjective forte, le débat accouche aujourd’hui d’une très grande tension, lourde de menaces sur l’unité de l’association. A l’issue d’une campagne victorieuse qui nous impose des responsabilités, cette « présidentialisation » omniprésente, quelque peu surprenante pour une association telle que la notre, déroute nombre de membres actifs (avant de déconcerter nombre d’adhérents).

L’affrontement auquel nous assistons a assurément aussi une autre raison, plus objective, du fait de la structuration inédite de l’association : schématiquement, une association d’associations (la plupart des fondateurs) et d’adhérents de base (des personnes généralement) induit potentiellement (1) deux types de positionnements, selon que l’on représente des fondateurs (notamment des organisations syndicales) ou selon que l’on se trouve « représenter » le « coté » des membres actifs. Les vécus militants et les contraintes différant, il n’est pas étonnant, après une première phase de croissance (en termes d’effectifs et de maturation politique), qu’une certaine « tension » entre ces deux pôles puisse éclore dans une deuxième phase.

Las ! Plutôt que de débattre à la mode altermondialiste, sur la forme - dans l’écoute, le respect, avec tact, dans la « mise à la place de l’Autre », avec indulgence - comme sur le fond - en interrogeant nos valeurs altermondialistes -, on débat « à l’ancienne » : c’est l’opposition des mises en demeure qui prévaut : « Fondateurs, investissez-vous plus ! » « Triumvirat, changez votre style de direction ! ».

Un troisième facteur de crise se greffe aux deux précédents, d’une façon qui pourrait sembler « amusante » en d’autres circonstances : la problématique du rapport entre contre-pouvoir et pouvoir (le rapport au Politique). « Amusant » parce que les positions se sont croisées : des promoteurs de la liste 100% altermondialiste critiquent durement ceux qui s’apprêtent à soutenir une éventuelle candidature Bové qui avaient pourfendu la liste 100% altermondialiste qui .... Sans que, et ce n’est pas étonnant vu le croisement des positions, personne ne s’appuie sur une réelle « théorisation » sur ce thème.

2 - Des cohérences forcées

Emporté par la logique exclusive du débat, chaque « projet pour Attac » s’efforce de proposer des « cohérences forcées » sur ces trois thèmes.

Alors que personne n’a démontré que ces trois thèmes organisationnels font système (et l’on aurait du mal à le faire !) et que 3*2=6 positions sont envisageables (en se contentant, de façon simpliste, de réponses binaires). A titre d’exemple, est-il absurde de ne pas être trop préoccupé par le « style de direction », d’être fortement attaché à la culture de « réseau » et d’être pour un strict découplage de notre action d’avec le Politique (ce qui n’exclut pas d’y porter nos propositions ; Cf., par exemple, le dialogue « chez Chirac » sur les taxes globales) ?

La logique des « cohérences forcées » n’en reste pas là : les thèmes liés directement à l’intervention sur l’extérieur sont incorporés aux deux systèmes « clefs en main » : ainsi de la laïcité (plus exactement sur la façon de la défendre), du rapport aux collectifs du Non, etc.(2).

Et pourtant, en prenant ce dernier thème, privilégier une campagne autonome, dans un premier temps tout au moins - quand le Non plafonnait à 35%, que le bloc social du Non n’était pas constitué, qu’il était effectivement dangereux de fondre notre action dans un front du refus, de surcroît à connotation partidaire - relevait-il nécessairement d’un « câblage » de principe sur l’« indépendance » d’Attac ?

Inversement, participer à un collectif du Non par prise en compte de telle réalité locale, était-il nécessairement un cri de ralliement à une logique de « dilution » d’Attac ? Quand une réponse binaire est inéluctable, en quoi cela prouve, dans la complexité des choses de la vie réelle, qu’il n’y a pas de nombreuses raisons pouvant déterminer la réponse ?

Il est vrai, que dans la course aux ralliements, introduire dans un « projet pour Attac » de tels thèmes peut avoir une certaine « productivité » de fait(3) : le membre actif déboussolé par le débat peut être tenté de se rallier sur la base de son sujet « sensible ». Mais, hélas, un tel ralliement présente un grave inconvénient : celui de déchanter plus tard - pour peu que le « projet pour Attac » qu’il a ainsi avalisé soit vainqueur - quand il se rendra compte des dynamiques concrètes dont ce projet « clés en main » était porteur sur les autres thèmes (4).

3 - Nécessité de réagir

Cette logique du débat est plus que dangereuse : le risque de scission (formalisée ou par départs) est réel. C’est même, historiquement, l’aboutissement classique des débats sur l’organisation menée « à l’ancienne ».

Le terme de « projet pour Attac » n’est, de ce point de vue, en rien neutre. Ce qui est aussi prouvé historiquement, au delà des illusions d’un « regroupons nous en chapelle au format plus réduit », c’est que les deux parties sont durablement affaiblies (5).

En terme d’effectifs comme en terme de prise politique sur la complexité de la vie. Donc en terme d’efficience de notre action. Tous phénomènes amplifiés quand - c’est aussi une quasi loi du genre - les débats n’ont pas été vraiment au fond des choses.

A l’opposé de cette dynamique mortifère du débat, nous entendons nous situer résolument - mais tranquillement - dans un processus de débat inclusif. En nous efforçant de faire rebondir le débat sur le fond.

Et pour ce faire, en nous calant sur une boussole : les valeurs émergeantes de l’altermondialisme : l’inclusion donc, le réseau, le consensus, le découplage du contre-pouvoir et du Politique, le respect et l’écoute de l’Autre, qui même en cas de désaccord ne peut être, en l’occurrence, un adversaire, mais reste un Ami. Toutes valeurs qui, jusqu’ici, nous ont permis de battre en brèche la pensée unique.

 Les richesses d’Attac jusqu’à aujourd’hui

Attac est riche de son influence acquise dans le débat public. Riche de l’apport de tous ceux qui cherchent de nouveaux repères parce qu’ils se sentent lointains des différentes solutions politiques proposées ailleurs.
Attac est riche de ses composantes plurielles : membres fondateurs, comités locaux et CNCL, Conseil Scientifique, etc..

Attac est un catalyseur du « faire ensemble avec le plus de monde possible » (FSL, collectifs Veille OGM, collectifs Hors AGCS, etc.).

Attac s’inscrit ainsi dans les valeurs de l’altermondialisme qu’elle invente au fur et à mesure avec de multiples autres composantes.

Attac est multiple face à tant de débats complexes comme la mondialisation, la croissance/décroissance, les délocalisations/relocalisations, etc..

Attac est un espace inventif, vivant, de proposition. Un espace de « gourmandise » des apports de l’Autre, pour échanger, co‑apprendre pour mieux comprendre, et faire connaître, pour agir ici et là-bas.

Cet espace est précieux. Il ne faut pas revenir en arrière par glissements/retombées progressifs dans les vieux schémas. Cet espace, il faut au contraire le préserver et il faut l’intensifier.

 Notre posture dans le débat

1 - Ce que nous refusons

A l’examen des positions et propositions ayant pu être faites par les uns ou les autres, nous refusons donc notamment :

* Toute forme de « présidentialisation ».

Sous sa forme de « présidentialisation » du débat comme sous sa forme de « présidentialisation » de l’association. La « présidentialisation » du débat, car elle a l’a terriblement tendu, et même l’a rendu difficilement possible. Et puis nous avons toutes et tous nos défauts et nos qualités : le seul angle d’approche qui vaille est celui de la structuration de l’association qui, c’est selon, favorise la mise en résonance des défauts des uns et des autres, ou au contraire celles de leurs qualités (6).

La « présidentialisation » de l’association car elle n’est pas dans la culture émergeante de l’altermondialisme et car elle fausse/contourne le débat : faisons attention à cette évidence que, dans notre société, un vote indicatif des adhérents ne pourrait être que majoritairement légitimiste (indépendamment de tout contenu des projets)(7) (8).

* La « pyramidalisation » de la CNCL : substituer à une CNCL « réseau de CL » une CNCL « Parlement » - et la proposition de labelliser les candidatures au CA est manifestement un pas dans ce sens - est, selon nous, une réponse erronée à la « présidentialisation » de l’association.

* Les cohérences forcées : chercher à tout prix à mettre en cohérence les réponses aux thèmes organisationnels précités, c’est appauvrir considérablement le débat. C’est le fermer. C’est refuser de prendre en compte la complexité (au sens défini par Edgar Morin).

Pis, y faire entrer de force les thèmes non organisationnels, c’est partir s’enfermer dans la définition de systèmes fermés, monolithiques. Comment pourrions-nous dès lors, par le fait même de faire le chemin avec eux, amener le plus de gens possible le plus loin possible ?

Comment pourrions-nous dès lors échapper aux logiques avant-gardistes (qu’elles ne soient pas, cette fois-ci, proclamées ne changeant rien à l’affaire) ?

Que lors de l’AG, et durant son processus de préparation, un espace de débat soit réservé à ces thèmes est néanmoins nécessaire : cela évitera que ces réflexions plurielles communes piétinent et ... cela nous apportera un air vivifiant ! Mais cet espace doit être découplé/distingué de l’espace relatif aux thèmes organisationnels.

* L’abandon du consensus au profit de la constitution de tendances de fait.

Pourquoi ? Parce que à l’opposé des tendances qui figent les positions, et même les définissent de façon artificielle (les cohérences forcées), le consensus permet de construire des orientations ouvertes.

Des orientations bien plus en phase avec la complexité du réel (à moins que l’on ne désire croire à une Vérité ...)(9), bien plus en prise sur la société telle qu’elle est (et non telle qu’on la rêve).

La campagne d’Attac sur l’Europe en est une sacrée illustration, alors que, à partir des positions d’origine, rien n’était moins évident que de définir une telle orientation sur, justement, l’Europe. L’intégration des différents points de vue de départ en un point de vue d’ordre supérieur est à l’évidence plus efficient.

Parce que plus rassembleur de forces vives de la société que la « mise sur le marché » du point de vue particularisé de la tendance.

Et pour le vivre au niveau local : pour beaucoup, un certain plaisir du consensus, lié au plaisir de l’élaboration collective et de l’unité ainsi construite dans le dépassement des oppositions originelles. Un plaisir de constater après coup que le résultat produit est plus riche que sa propre position de départ, se substitue à celui d’imposer sa position. A comparer avec le vécu crispé de la tendance.

* L’insistance mise sur le terme d’« identité » nous inquiète  : l’identitaire (alors que la vie n’est que multiplicité, que nous sommes tous des êtres multiples à bien des points de vue) est potentiellement dangereux car il porte le risque de favoriser un certain monolithisme simplificateur, une certaine coupure d’avec le reste de la société et les autres acteurs sociaux, et qu’il finit par faire le lit des postures avant-gardistes et asséchantes (10).

Nous devons résolument rester sur une posture plurielle. Ce qui ne signifie bien évidemment pas que nous prônons une quelconque dilution : vivons nous simplement comme un nœud, inventif donc important, du mouvement altermondialiste, sa spécificité étant d’être un mouvement d’éducation populaire tourné vers l’action.

2 - Ce que nous avançons (premières réflexions) (11)

Nous avançons les positionnements et propositions de réflexions suivants :

L’organisation originale d’Attac doit être préservée et approfondie. Parce que la présence des fondateurs (en autres les grosses organisations) met structurellement Attac en réseau ouvert sur l’extérieur, ce qui a un double avantage : prise en compte bonifiante des points de vue de ces fondateurs dans nos réflexions (par le processus de consensus) et caisse de résonance potentielle de nos analyses et propositions.

La pluralité des membres fondateurs est un facteur d’altérité et de prise en compte de la complexité. Loin d’être un frein à l’action d’Attac, elle doit contribuer à lui permettre de continuer à créer de l’inédit : des espaces ouverts où chacun(e) peut enfin oser prendre de nouveau part à l’invention de nouveaux possibles, ici et maintenant.

Réseau elle-même, Attac est un lien, un catalyseur pour insuffler de nouveaux réseaux, pour partager et additionner les luttes. La pluralité de ses membres fondateurs est donc un enjeu permanent.

Reconnaissant le « pourquoi structurel » de la crise (Cf. 2ème alinéa de notre contribution), nous considérons qu’il faut donc y apporter une réponse constructive c’est à dire inclusive : il faut rendre visible, notamment pour les membres actifs, les liens entre Attac stricto sensu et les fondateurs. Si des éléments de visibilité existent (description des contraintes, apport des fondateurs en terme de contributions, répercussion de nos propositions, problèmes rencontrés, etc.), il faut les rendre visibles, si non il faut les créer. Dans tous les cas il faut institutionnaliser cette visibilité.

Les modalités d’élection au CA : la reconduction des modalités de 2002, dés lors que le rapport aux fondateurs est clarifié, ne pose pas, selon nous, un problème majeur. Le parrainage des candidats membres actifs devrait se faire au niveau où ceux-ci interviennent sur le terrain : avant tout le CL, éventuellement la région (12).

Poursuite de l’amélioration du fonctionnement de la CNCL et recherche d’une participation plus importante des CL (en terme qualitatif et en terme d’assistance). Les commissions, du moins celles qui existent, doivent être « régionalisées » en terme de participants (13).

Dans ces deux objectifs, création d’un Budget Participatif, en terme concret (il existe déjà des éléments) et en terme de symbolisation (production de conscience altermondialiste : le terme de « budget participatif » doit devenir un de nos « mots ») (14).

Lancement d’un grand débat de fond (essentiellement après l’AG)(15) sur la problématique des rapports entre le contre-pouvoir (dans lequel se situe et doit continuer de se situer Attac) et le pouvoir. Ce grand débat s’impose, ne serait-ce qu’au vu des remous causés par la confusion des genres induites par la liste 100% altermondialiste et les velléités de soutenir une éventuelle candidature Bové. Il s’impose aussi au vu de certains bilans historiques (16).

C’est un débat stratégique fondamental pour qu’un autre monde soit un jour possible. Dans l’immédiat, il nous semble vraiment contre-indiqué que des camarades en charge de responsabilité (donc en vue) dans l’association puissent soutenir des démarches relevant du Politique.

En finissant par où nous avons commencé : il faut vraiment dépassionner nos débats. C’est à dire les dépersonnaliser et les politiser sur le fond. Il n’y a pas les bons et les méchants (et, n’oublions pas : nous sommes du même coté de la barricade).

Nous avons toutes et tous des qualités et des défauts, plus exactement des défauts/qualités, le défi étant de les mettre en synergie positive (inclusive) et non destructrice (exclusive). Certains comportements devraient être évités : l’agressivité gratuite sur les listes - il faudrait toujours se poser la question du comment l’Autre va recevoir le message : avoir du tact ! -, la rhétorique facile, etc.. D’autres devraient être la règle, par exemple expliciter ses changements de position : ce n’est pas honteux, et c’est noble de les dire, ... et productif pour le collectif !

Pour faciliter cette nécessaire évolution, nous proposons de réfléchir à la création d’un Observatoire des Débats en charge de porter des observations sur les « faits » de nos débats (17).

Débattons, tranquillement et dans la cordialité d’amis politiques qui inventent leur chemin en marchant.

Altermondialistement attaquiennement (et l’inverse !)

Premiers signataires : Jean Michel COULOMB (Paris), René DE VOS (Macon), Laurent MIROU (Corrèze), Pascal PAQUIN (Yonne).

Texte provisoire (rien ne devrait jamais être définitif !) : nous appelons ceux qui le souhaitent à venir l’enrichir.

Faire suivre ici sur ce site ou/et sur les listes (internes, il va de soi). Et débattre.

Annotations :

1. Evidemment, les subjectivités jouent aussi.

2. Assistera-t-on aussi à l’inclusion forcée du thème de la croissance/décroissance dans ces deux « cohérences forcées » ?

3. Qu’elle ne soit pas nécessairement voulue importe finalement peu.

4. Bis repetita.

5. A-t-on vraiment réfléchi, par exemple, sur le risque de perdre la moitié du CS ?

6. A ceux qui sont convaincus que Jacques Nikonoff serait la cause de la crise, ou le verrou à faire sauter, nous ferons en outre remarquer : quid du président d’honneur, pourtant très interventionniste ?

7. Et peut-être pas en phase avec celui des membres actifs. Ce qui ne serait pas sans poser de sérieux problèmes.

8. Ce qui ne veut pas dire que nous ne reconnaissons pas à Jacques d’authentiques qualités. Notamment d’écoute (peut-être pas des fondateurs avec lesquels il est en conflit, mais en tout cas des membres actifs).

9. Mais qui peut prétendre qu’il est en position de la représenter ? Poser la question, c’est, nous semble-t-il y répondre !

10. Celles qui permettent d’aller très loin ... mais tous seuls.

11. Nous ne préparons pas l’AG depuis un an. Nous réagissons à la situation présente.

12. La région pose cependant un réel problème d’équité dans la mesure où, aujourd’hui, il n’y a pas partout de coordination régionale active.

13. Il n’y a guère que la commission OGM qui ne soit pas essentiellement francilienne.

14. Dans le même ordre d’idées de production de conscience altermondialiste, il conviendrait de réfléchir au changement de nom de certaines de nos « institutions ». Des dénominations alternatives pourraient être substituées dans la vie interne de l’association aux dénominations imposées par la loi de 1901 (contournable dans la pratique de mille et une façons).

15. Ce débat est une interrogation et un enjeu décisif de l’altermondialisme : il ne peut être bâclé et plombé par une lutte de sommet s’effectuant à coups de statuts. Prenons notre temps.

16. Comme l’avait un temps proposé Jacques Weber, il faut notamment inclure dans notre réflexion collective, un thème comme l’analyse des Pays de l’Est.

17. A ne pas confondre avec l’interprétation des statuts.


Documents joints

Le même texte en mise en page originale

17 août 2005
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