Yonne Lautre

Gérard Robert : ALMERIA LA TUEUSE !

Brèves et chroniques
samedi 15 juin 2019 par Robert Gérard

Les Chroniques de Yonne Lautre

C’EST ENTRE NOUS...

ALMERIA LA TUEUSE !

Imaginez-vous, un désert sableux de 35 000 hectares, (10% des terres cultivables du département de l’Yonne) situé en Espagne dans la région Andalouse, territoire de El Ejido. Température, + 50° c l’été.
Sur ces 35 000 hectares de sable et de calcaire incultes, les hommes ont réussi à construire 40 000 hectares de serres en plastiques, dédiées à la culture intensive, souvent hors sol, où poussent des millions de tonnes de fruits et légumes importés dans toute l’europe, ces fruits et légumes garnissent les étals des grandes surfaces et ceux de certains commerçants sur les marchés français.

Tomates, concombres, fraises, carottes, pêches et nectarines, fruits exotiques etc, etc.. sont cultivés de façon intensive dans ces serres recouvertes de plastique, recevant des tonnes d’insecticides, de fongicides, de pesticides et d’engrais chimiques, dont la plus part sont interdits d’utilisation en France. Les fraises qui poussent hors sol, reçoivent au long de leur vie, jusqu’à 43 pulvérisations de pesticides. (21 fongicides, 22 insecticides.) Ces fruits et légumes sont devenus des « pesticidés », qui reçoivent en plus, des hormones de colorisation pour rendre ces fruits et légumes plus attractifs.

L’exportation des productions cultivées dans ces serres, c’est 1000 camions/jours sur les routes de l’Europe ! Merci pour ces milliers de tonnes de CO2 qui nous sont offerts chaque jour.
Alméria, c’est aussi, 40 000 à 80 000 hommes et femmes exploités, (Le chiffre ne peut être précis car parmi cette main d’œuvre beaucoup d’immigrés clandestins ne sont pas recensés) L’esclavagisme avéré règne en cet endroit ! Les contrats de travail, sont établis dans le pays d’origine (Sahel, Afrique noire, Équateur), aucune véritable protection juridique et sociale.
Salaire : compris entre 20 et 34 euros/jours pour des journées à rallonge (8 à 15 heures). De ce salaire hypothétique, il ait souvent déduit des frais fictifs pour le logement ou la nourriture, si bien qu’il ne reste pas grand chose à percevoir à la fin du contrat, (9 mois en général). Les exploitants agricoles disposent d’une main d’œuvre docile, corvéable, vulnérable. Logement insalubre, fabriqué de bric et de broc, (anciennes bâches plastiques usées par le vent, le sable et le soleil et quelques morceaux de bois), Les pauvres bougres stock l’eau pour se laver et boire dans des bidons qui ont servi préalablement au stockage des produits phytosanitaires dangereux. Le déni des droits humains est roi en cette région où règne la misère humaine. Les accidents du travail sont déguisés en accidents de la circulation, avec la complicité implicite des services de police. La maltraitance physique existe réellement. Une xénophobie certaine s’est développée en cette région perdue pour l’humanité.

Les bâches usées forment des montagnes qui s’érodent et dont les fines particules se retrouvent très loin en mer ou dans le sol. En mer, elles sont ingérées par les poissons et crustacés, puis par le prédateur ultime, l’homme ! (maladies graves, cancers).

Alméria, c’est une catastrophe sociale et environnementale où aucune présence de flore et de faune est encore visible. L’écosystème est globalement en danger ! Dès les premières années, les nappes phréatiques ont été épuisées. Aujourd’hui les exploitants agricoles font creuser des puits de 700 mètres de profondeur, épuisant aussi les nappes aquifères. (nappe difficilement renouvelable, il faut compter au moins une vie humaine pour recharger ces nappes quand cela se fait). Pour parer à ce tarissement, l’État espagnole construit des usines de désalinisation de l’eau de mer, créant ainsi des zones dans la mer trop chargées en sel, détruisant ainsi les écosystèmes marins.

Que faut-il faire pour mettre un terme à cette course de surproduction intensive, empoisonneuse certaine d’une partie de l’humanité ?
Il faut se responsabiliser, boycotter les produits en provenance de ces régions de culture intensive, soumis à l’emploi massif de pesticides. Respecter les saisonnalités des produits, manger des fraises à noël, c’est mettre notre santé et l’environnement en grand danger. Nous devons exiger des circuits cours, territoriaux, régionaux. Ne plus acheter ces fruits et légumes qui ne respectent plus le genre humain et dont le transport sur des milliers de kilomètres polluent gravement notre environnement vital. Manger ces produits pesticidés, c’est accepter d’être malade et de mourir tous les jours un peu plus vite ! Mangeons moins de fruits et légumes, mais mangeons mieux !

La technocratie européenne a bien su « normer » le diamètre, la longueur et le poids du concombre, mais elle a comme à son habitude, privilégier les revenus des exploitants (dans tous les sens du terme) en lieu et place du bien être social et environnemental des travailleurs et des populations.

La vraie qualité a un coup, le pas cher dissimule toujours un piège, celui-là est sûrement mortel. Osons Boycotter ces poisons, c’est un devoir vital. C’est le bien être de notre vie, celui de nos enfants et petits enfants qui en sera le vrai bénéficiaire !

Gérard ROBERT,
15 juin 2019.

À lire aussi : Gérard Robert : chroniques de décembre 2015 à décembre 2017

Remarque : Yonne Lautre publie cette chronique qui n’engage que son auteur.


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