Yonne Lautre

Céline Locqueville publie « Ruches Refuges. Accueillir les abeilles mellifères dans son jardin sans les exploiter. » Entretien. Conférences.

Entretien réalisé par la Rédaction de Yonne Lautre le 29 février 2020

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Envoyez-moi une enveloppe à bulles, timbrée, avec vos coordonnées, de 27 x 23 (taille minimum), accompagnée du règlement de 20€ à l’ordre de Céline Locqueville. Le poids du livre + enveloppe est de 460 g (je te dis ça pour que vous puissiez calculer combien de timbres il faut mettre sur l’enveloppe, car ça je ne sais pas) . Quand je recevrai votre courrier je n’aurai plus qu’à traverser la rue pour poster le livre dans la boite aux lettres. L’adresse : Petites Ruches, 15 rue chaude, 89110 Le Val d’Ocre
Je ferai une dédicace à votre nom, et j’ajouterai une petite carte marque-page.

 Céline Locqueville, nous avons déjà eu le plaisir de publier un entretien avec vous en juillet 2014 qui permettait de comprendre votre action pour défendre la biodiversité et découvrir votre activité professionnelle. Aujourd’hui, vous publiez un livre intitulé « Ruches Refuges. Accueillir les abeilles mellifères dans son jardin sans les exploiter. » En quoi n’est-ce pas un livre de plus sur l’apiculture, en quoi veut-il combler un manque ?

En effet, j’ai créé le Jardin des Petites Ruches en 2010 à St Aubin Château-Neuf, un lieu de transmission des savoirs et des savoirs-faire. J’aime parler de l’importance de la flore sauvage, et surtout des plantes mellifères favorables aux abeilles et bourdons de tous poils. J’aime aussi faire découvrir nos ruches de biodiversité sans récolte de miel.
Avant de vous parler de ce livre, j’aimerais à mon tour vous poser une question, ainsi qu’aux lecteurs : Construisez-vous des nichoirs pour les oiseaux ? Des gîtes à hérissons ? Des abris à chauve-souris ? Des hôtels à insectes avec des tubes creux pour que les osmies (abeilles solitaires) puissent y déposer leurs œufs ?

Oui tout à fait. Pour les nichoirs à oiseaux, j’ai trouvé les renseignements pratiques auprès de la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Pour les hôtels à insectes, c’est sur votre site internet et par votre réalisation au jardin de la Maison de quartier des Piedalloues, que j’ai trouvé tout ce qu’il me fallait pour en réaliser. Pour les gîtes à hérisson, j’ai aussi trouvé sur internet. Pour les chauves-souris, j’en ai dans mes greniers.

C’est formidable ! Je crois que cela nous rend profondément heureux lorsque nous sentons que nos actions, même minimes, contribuent à la préservation de la biodiversité menacée.
Pourquoi cet élan depuis les années 2010 environ ? Sans doute parce que nous prenons conscience de l’urgence à endiguer l’érosion massive de la vie sur terre : insectes, mammifères, plantes, vers de terre, etc.
Les abeilles et bourdons, alliés indispensables, et garants de la pollinisation, sont eux aussi en forte régression. Si nous voulons les aider, voici deux leviers sur lesquels intervenir :
• Restaurer des écosystèmes : planter des arbres, arbustes, tondre moins, créer des mares...etc
• Créer des nichoirs spécifiques, ou préserver leurs habitats naturels.
Mon livre porte principalement sur les abeilles mellifères, Apis mellifera, seule abeille à faire du miel en Europe. Peu de gens savent qu’une partie de ces abeilles vit à l’état sauvage, tandis qu’une autre partie vit dans les ruchers gérés des apiculteurs pour la production de miel. Une colonie sauvage consomme son miel, pour se nourrir et se chauffer l’hiver et travaille beaucoup moins qu’une colonie se trouvant au service de l’homme.
J’apporte une réflexion sur le pourquoi et le comment réensauvager une partie des abeilles mellifères, qui rappelons-le, ont vécu dans les troncs creux des arbres depuis 100 millions d’années, avant l’apparition de l’Homme.

Depuis une dizaine d’années, j’ai la chance d’observer de nombreuses colonies sauvages, et de constater qu’elles se portent bien. Je les visite chaque printemps, dans les bois, les falaises, les épais murs des châteaux, etc. De nombreux chercheurs en Europe et aux États-Unis font des observations similaires : les abeilles mellifères peuvent vivre sans assistance humaine, et résistent aux pressions climatiques, aux prédateurs (frelon asiatique), aux parasites (varroas).

 Ces ruches sauvages sans « contrôle » pourraient-elle être des foyers de maladies ?

Ces abeilles autonomes développent des stratégies inédites de défense contre les agressions qu’elles rencontrent, grâce à leur étonnante inventivité et leur parfaite connaissance de leur environnement : elles savent où trouver tel mycélium de champignon, telle plante médicinale, telle résine de propolis, … etc. Elles ont sans doute beaucoup de choses à nous apprendre sur ce sujet, alors que pour lutter contre le varroa la pratique courante reste l’utilisation de l’Amitraze, ce qui renforce chaque année la résistance des parasites.

 Comment faut-il s’y prendre pour avoir une ruche refuge ? Commencer par nos petits jardins ? Votre livre est surtout un outil proposant des solutions, des réalisations concrètes. Sont-elles réservées à de fins bricoleurs ?

Mon livre est un guide pratique à la portée de tous. Le premier conseil que je donnerais est de faire l’inventaire des arbres et arbustes mellifères dans un périmètre de 1 km autour de la ruche. Les abeilles auront-elles assez de fleurs diversifiées toute l’année ? Pas question de rajouter des ruches en ville, où elles sont déjà trop concentrées, et se concurrencent. C’est une question de bon sens.
Le second conseil est de trouver un emplacement partiellement ombragé en prévision des futures canicules.
Je montre plusieurs modèles de ruches en paille, en bois, et terre-paille, et des explications pas à pas pour les réaliser. Je montre aussi les créations de Matt Somerville (UK) créateur de ruches rondes, et Robin Pigot (USA), ancien apiculteur reconverti dans le réensauvagement de grands espaces.

 Vous avez choisi d’offrir à Terre de liens la totalité de vos droits d’auteure. Pourquoi ne pas rémunérer votre travail ? Pourquoi cette organisation ?

J’avais une grande motivation en écrivant ce livre : donner envie au plus grand nombre d’accueillir des abeilles pour la pollinisation et la préservation des abeilles rustiques non sélectionnées, en mettant de côté la question de la récolte du miel. J’aime tellement vivre avec les abeilles au quotidien, tant elles sont douces avec nous et avec tous les visiteurs !
Je voulais apporter des clés, des tuyaux, des explications simples pour construire, peupler et gérer la ruche.

Pourquoi reverser l’argent de ce livre à Terre de Liens ? Parce que cette organisation préserve la terre, achète des fermes en agriculture biologique et accompagne des agriculteurs dans leur travail. Et parce qu’Alain, mon compagnon, est bénévole de cette structure pour le département de l’Yonne.

Voici le lien vers ma page éditeur
https://www.editions-ulmer.fr/editions-ulmer/ruches-refuges-accueillir-les-abeilles-melliferes-dans-son-jardin-sans-les-exploiter-744-cl.htm
Le livre sera disponible en librairie le 26 mars.

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