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Dr. Dominique Coqueret : CONSEQUENCES des DEREGLEMENTS CLIMATIQUES SUR LA SANTE HUMAINE

Brèves et chroniques

Les Chroniques de Yonne Lautre

Eléments préparatoires à la Conférence-Débat du Samedi 5 Novembre à Auxerre
sur le thème : RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE, QUEL IMPACT SUR LA SANTE ?

Intervenante : Isabelle DORESSE, ingénieure agronome, vice-présidente d’ATD Quart Monde, et Membre du CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental)
Avec la participation de Françoise LECLERC du SABLON (ATD Quart Monde Yonne)

L’étude du récent rapport du CESE auquel I. DORESSE a participé « Pour une politique publique nationale de santé-environnement au coeur des territoires » (Mai 2022) permet d’anticiper les thèmes qui seront abordés (1).

Le contexte est bien celui des dérèglements profonds météorologiques induits par le réchauffement climatique, lui même engendré par « l’effet de serre » lié à l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère consécutive à l’emploi des énergies fossiles dans les siècles passés. Ces désordres liés au réchauffement impactent les écosystèmes. En résultent :

 une élévation des températures (actuellement réchauffement moyen > 1,1°), mais avec des « conditions météorologiques extrêmes, qui sont la traduction au quotidien du changement climatique, (qui) ont causé un préjudice économique de plusieurs centaines de milliards de dollars, se sont soldées par un bilan humain très lourd et eu un impact majeur sur la qualité de vie de très nombreuses personnes  » (Climat.be)

Ce réchauffement est responsable de sécheresses dans diverses régions du monde, avec des baisses de rendements des cultures, des famines, et des pénuries d’eau pour les populations… (3)

 contrastant avec une augmentations des précipitations, moussons et cyclones, du fait d’une augmentation d’évaporation des masses d’eau dans les océans ; responsables d’inondations dramatiques (vallée de l’Indus…) et de dévastations urbaines (Golfe du Mexique...)

 les répercussions climatiques sur les écosystèmes

Déjà, dans ce rapport du CESE, quelques éléments instructifs :

 préconisation 11 :

Impact des politiques publiques sur la «  santé animale, végétale et humaine  », à tous les échelons territoriaux, et impact des « effets sur les 20 % les plus pauvres  »

(reconnaissance sociale d’une paupérisation importante !)

 préconisation 12 :

« fiscalité environnementale » par une « taxation des activités ayant un impact négatif sur la santé et les écosystèmes, dont le produit serait affecté à la réduction de la pollution, au financement des pratiques vertueuses et à la compensation de ses effets inégalitaires en ciblant les personnes les plus vulnérables, notamment les personnes en situation de précarité »

(mais les pouvoirs politiques oseront-ils mettre en œuvre ce genre de taxation ? )

 augmentation des zoonoses de 62 % à 75 %

et une « augmentation des épidémies dont l’émergence ou la ré-émergence est liée à la pression sur l’environnement » (Rapport IPBES Biodiversité et Pandémies, Automne 2020)

 « La santé de l’homme est en interdépendance avec l’état des écosystèmes  »

et « Les fonctions humaines physiologiques mais aussi le bien-être dépendent directement de la qualité des écosystèmes...  »

Ces derniers sont des « biens communs »...

I / EXEMPLES de NUISANCES environnementales et sanitaires liées au seul RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE :

 les conséquences directes des canicules :

se font surtout chez les personnes âgées : déshydratation, fatigue, perte d’appétit, oppression respiratoire, et possibles décès par hyperthermie ou décompensation cardiaque

(lors de la canicule de 2003, 35.000 personnes âgées sont décédées en Europe) (2).

 conséquences indirectes des épisodes caniculaires et du réchauffement :

. sécheresse : souffrance des cultures (baisse de rendements) et famines +++ dans certaines contrées, avec malnutrition, obligation d’importer des denrées alimentaires de base (blé, riz, maïs…) de plus en plus chères (3) ;

phénomène de sahélisation, principalement en Afrique sub-saharienne (2)

=> avec cette conséquence dont on prévoit une accélération de grande ampleur dans les années à venir d’exode de populations (Soudan, Ethiopie, Maghreb, Mali, Niger…)

Le problème des « Réfugiés climatiques » est un des problèmes les plus urgents à anticiper et pour lequel des solutions doivent être trouvées, fait de quoi surviendront les prochaines guerres : des guerres civiles dans les pays concernés, et même des guerres de territoire entre états.

(Note : ces migrations de populations d’origine climatique viennent aggraver celles engendrées par d’autres causes : au Sud-Soudan du fait de la guerre (6) ; ou comme l’exode des gens du Guatémala et du Honduras depuis 2019 suite au manque cruel de travail, à une économie désastreuse, et aux violences du régime (7)

Au niveau environnemental :

+ mort par dessèchement de certains arbres (chênes, conifères)

+ incendies (forêts dévastées, libérant du CO2…) avec des populations déplacées

. fontes des calottes glaciaires : élévation du niveau des mers : régions et villes côtières menacées (comme Dacca au Bangladesh, Venise, New-York… dans quelques années, des populations devront fuir

. fonte de la banquise qui fait que les chasseurs du NUNAVUT prennent des risques pour aller chasser quand l’épaisseur de la glace s’amenuise (2).

. Fontes des glaciers : et ses conséquences :

=> une réduction dramatique des ressources en eau, avec une prévision de pénurie d’eau à court ou moyen terme (comme déjà en Jordanie...), le tarissement des puits et des nappes phréatiques (déjà arrivé en Espagne)…annonçant le risque d’une prochaine « guerre de l’eau », la privatisation de cette ressource rare...)

 les perturbations météorologiques (modification des courants marins et aériens) ainsi que le réchauffement des océans entrainent une augmentation de l’évaporation, d’où une augmentation de la masse nuageuse des moussons, et des ouragans de plus en plus violents :

. inondations répétées de la vallée de l’Indus (Ladakh et Penjab en 2010, Pakistan 2022), nombreux morts, cultures détruites...

. ouragans dévastateurs au Japon, aux Philippines, dans les Caraïbes et le Golfe du Mexique, Ouragan Katrina à La Nouvelle-Orleans en 2005, Tegucigalpa au Honduras en 2014, Nicaragua en 2020

... avec leurs conséquences alimentaires, sanitaires et sociales :

décès par noyades,

perte d’emploi,

paupérisme,

destruction des cultures et manque de denrées alimentaires indispensables

et quant à la santé :

des épidémies de dysenteries (comme il en survient couramment en Afrique, en Asie, en Haïti…) et de CHOLERA : celui-ci, réapparu en 1991 au Chili, et sévissant de façon périodique au Bangladesh, a été corrélé aux variations du courant El Nino (3)

avec toutes les conséquences psychiques qui en découlent chez ceux qui ont perdu des proches, leur maison, leur travail… anxio-dépressions et suicides

EXEMPLES de CONSEQUENCES liées à la PERTURBATION DES ECOSYSTEMES :

 les perturbations des écosystèmes résultent de l’intrication des changements climatiques, des méthodes d’agricultures intensives (monocultures avec disparition des bocages et des haies, et déforestation…), de l’usage des pesticides toxiques à très grande échelle, et des activités industrielles polluantes…

les effets conjugués entrainent :

 un effondrement des espèces : menacées, voire en voie d’extinction (poissons, mammifères marins, insectes (papillons, mais surtout les abeilles et pollinisateurs+++), oiseaux, rongeurs, mammifères dû à la réduction de leurs territoires (singes), à la chasse (tigres, rhinocéros), à la surpêche (baleines, requins, thons...), ou aux effets toxiques des pesticides sur leur reproduction.

d’où une baisse des ressources alimentaires pour l’homme (poissons)

et du fait de la bio-accumulation de certains pesticides dans la chaîne alimentaire, une intoxication animale et humaines

 la perturbation des populations d’insectes favorise l’émergence d’insectes dominants :

. « ravageurs » des cultures (comme les criquets dans la corne de l’Afrique et au Yemen), les altises du colza, les chenilles phytophages, les buprestes des pins, les scolytes des épicéa…

 Avec le développement en augmentations des zoonoses (épidémies animales), suivent une augmentation des maladies transmissibles à l’homme, et l’émergence de micro-organismes :

Dans le passé, l’humanité a connu des vagues épidémiques dont l’origine vectorielle (puces et poux) était plutôt favorisée par le déplacement des armées, par le commerce (bateaux), ou la promiscuité :

Peste transmise par les puces : vagues successives meurtrières dans l’histoire (peste noire et peste bubonique)

«  Vérole  » (Syphilis) qui s’est répandue dans les armées en campagne, et qui importée par les conquistadors ravagea les populations autochtones du Nouveau Monde !

Typhus transmis par les puces en période de guerre, ou d’exode de populations.

Actuellement d’autres épidémies vectorielles sont beaucoup plus en relation avec le réchauffement et les perturbations climatiques :

Paludisme en zones tropicales, transmis par le moustique anophèle femelle ; une augmentation de la population des moustiques, attendue en Afrique et en dehors de celle-ci dans des zones devenues plus chaudes comme en Turquie, en Azerbaïdjan et au Tadjikistan, risque de faire de ces pays des aires d’extension du paludisme (2)

Maladie de Lyme, transmise par les tiques, qui s’est répandue en Europe ; dont il existe des formes évolutives, avec atteintes neurologiques...

Ricketsioses, maladies infectieuses bactériennes transmises par des arthropodes (Fièvre boutonneuse méditerranéenne, Fièvre pourprée des Montagnes rocheuses…)

certaines étant virales comme :

les épidémies de GRIPPE amenées par les oiseaux ; la plus grave est la « grippe aviaire » dont le réservoir est les volailles.

Trois maladies infectieuses vectorielles virales transmises par le même moustique sont en expansion avec le réchauffement climatique (3) :

la DINGUE très répandue dans les pays Asiatiques et en Amérique latine ; il existe des formes sévères (fièvre élevée, asthénie notable…), avec de possibles complications hémorragiques (4)

le ZIKA qui d’Asie et d’Afrique s’est répandu en Polynésie et en Amérique du Sud, et se manifeste par de la fièvre, des céphalées, courbatures, fatigue… symptômes ressemblant à la Dingue ; mais chez le fœtus dont la mère a été infectée par le ZIKA pendant la grossesse, de nombreux cas de microcéphalie ont été observés En Guyane et au Brésil, ainsi que des paralysies ascendantes de type syndrome de Guillain-Barré (5)

et le CHIKUNGUNYA, une arbovirose transmise par les moustiques, qui, avec le réchauffement climatique, « remonte » maintenant dans le sud de la France ; le tableau clinique se manifeste par des arthralgies fébriles …

le virus EBOLA, en foyers endémiques en Afrique, souvent mortel !

Le virus WEST NILE responsable d’encéphalites, en recrudescence

le SIDA à l’origine transmis par le singe à l’homme en Afrique, est aussi dépendant d’un facteur comportemental social (transmission sexuelle) ; le virus cible les lymphocytes et crée une immunodéficience

le COVID-19 possiblement issu d’un réservoir de chauves-souris (?) serait consécutif à la « pression » exercé sur les écosystèmes, ou à des changement de virulence du virus, en rapport avec la modification des distances ou des rapports entre les réservoirs animaux et l’homme. Très contagieux, ce virus s’est répandu comme trainée de poudre sur la planète en 2020-2021, en une sévère « pandémie » qui a décimé les personnes âgées en EHPAD et des populations entières de tous âges dans les pays en développements, ou soumis à la malnutrition. Maladie inconnue, Il a fallu en découvrir la pathologie respiratoire, la myocardite, les complications inflammatoires artérielles thrombotiques, les formes « longues » asthéniantes ou musculaires…

Dans toutes ces pathologies transmises à l’homme, souvent sur des modes épidémiques, des facteurs environnementaux ont été suspectés ou clairement mis en évidence.

Depuis peu, l’on découvre qu’avec le réchauffement climatique, des virus émergents se réveillent avec la fonte du permafrost sibérien, restés quiescents depuis les époques préhistoriques, et qui, en absence d’immunité de la part des populations, pourraient bien déclencher les futures épidémies !

II/ DETERIORATION des ECOSYTEMES par DIVERSES POLLUTIONS :

Celles-ci, comme sources importantes de nuisances, viennent se cumuler aux perturbations induites par le réchauffement climatique.

1) La POLLUTION par les PESTICIDES et leur impact environnemental et sanitaire  :

n’est pas directement lié au réchauffement climatique, mais il est bien en relation avec l’anthropocène c’est-à-dire aux perturbations directement engendrées par les activités humaines ; en l’occurrence par l’usage de produits chimiques de synthèse, qui sont « biocides » pour le végétal, les cryptogames (champignons), les insectes... et qui sont tous toxiques à des degrés divers pour les organismes aquatiques, la faune, et l’homme.

Des centaines de milliers de publications existent sur ce sujet…

La pollution des sols et de l’eau destinée à la consommation humaine (EDCH) est des problèmes les plus graves qu’il faudra bien affronter, et dont les solutions sont la protection des captages, et une transition des pratiques agricoles vers l’agro-écologie.

Citons l’un des plus récents, repris par le rapport du CESE, qui est le Rapport d’Expertise de l’INSERM en 2021 établissant un lien avéré ou fortement suspecté entre 6 pathologies et une intoxication humaine par les pesticides (8) :

 les lymphomes non-Hodgkiniens, certaines leucémies

 des cancers en particulier de la thyroïde, de la prostate (notamment consécutif à l’emploi de Chlordécone dans les bananeraies aux Antilles) ou des cancers pédiatriques (glioblastomes…)

 des effets Perturbateurs endocriniens responsables de puberté précoce chez les fillettes, d’infertilité, de dysthyroïdies, de troubles de l’axe hypophyso-ovarien…

 des maladies neuro-dégénératives (maladie de Parkinson, et certaines démences de type maladie d’Alzheimer…)

 des effets reprotoxiques et foetotoxiques, parfois avec malformations congénitales

 des troubles développementaux de l’enfant, dont suspectés certains troubles du « spectre autistique » ; qui surviendraient lorsque la mère a été exposée à des pesticides pendant la grossesse.

L’accent est mis sur l’importance cruciale des « 1000 jours » (soit la période d’exposition

allant de la conception à l’anniversaire des 2 ans de l’enfant) où le fœtus puis le jeune enfant est particulièrement sensible et vulnérable à des doses faibles de pesticides de synthèse.

Une grande étude épidémiologique, PestiRiv, lancée en 2021 avec le concours de l’ANSES, est destinée à mesurer l’exposition aux pesticides des personnes vivant à proximité des cultures viticoles.

2) En matière de POLLUTION de l’AIR, de l’ENVIRONNEMENT, et de l’ALIMENTATION :

il faut ajouter :

. les émissions provenant des moteurs thermiques qui polluent l’atmosphère : Dioxyde d’azote, Hydrocarbures, Particules fines (= HAP ou hydrocarbures aromatiques polycycliques) qui sont de grands pourvoyeurs de pathologies respiratoires (prédisposition infantile aux bronchiolites chez les enfants vivant en agglomération comme en région parisienne ; asthme ; BPCO = bronchopneumopathie chronique obstructive) ; en outre, ils sont cancérigènes (et prédisposent au cancer bronchique).

. les nanoparticules de plastique qui proviennent de la dégradation superficielle des bouteilles plastique, barquettes et emballages alimentaires, sacs plastiques… qui seraient cause de polypes intestinaux et cancérigènes

. certaines substances chimiques comme le Bisphénols ou les Phtalates qui rentraient dans la composition de récipients alimentaires (dont des biberons), ou d’éprouvettes de laboratoire... et qui se sont révélés être de redoutables perturbateurs endocriniens !

. enfin, la liste est longue d’autres substances toxiques qui empoisonnent notre environnement comme :

les PCB qui sont des polluants persistants (comme le Pyralène utilisé dans les transformateurs) et reconnus cancérigènes ;

les composés perfluorés, d’origine industrielle, dont des centaines polluent l’eau « potable » ;

les retardateurs de flamme bromés qui ont été incorporés dans les tissus d’ameublement, les revêtements de salon, les tapis... il sont partout, dans l’air, l’eau et les aliments ; ces molécules halogénées sont des perturbateurs thyroïdiens ; ils sont suspectées d’induire des retards mentaux chez les enfants nés de mères en hypothyroïdie ; certains sont cancérigènes...

les pluies acides qui provoquent un dépérissement des forêts (Forêt noire, Vosges..) sont dues à l’acide sulfurique, au nitrate d’ammonium, à l’acide nitrique et à l’oxyde d’azote qui viennent de la combustion des énergies fossiles (centrales à charbon, pétrole, gaz).

3) Un exemple de cumul dévastateur :

Déforestation + Pollution + Risque sanitaire :

le cas de l’HUILE de PALME dont la culture extensive sur des millions d’hectares en Afrique et surtout en Indonésie est un exemple de destruction écosystémique, avec une déforestation sur d’immense surface pour cette monoculture rentable, avec usage massif de produits phyto-sanitaires (dont certains sont interdits en Europe à cause de leur toxicité). L’impact environnemental est désastreux ! Le niveau d’intoxication des travailleurs, souvent très jeunes, l’est aussi !

Or, l’huile de palme, dont le commerce a été répandu par ce qu’elle est bon marché, est constituée à moitié d’acides gras saturés qui prédisposent à l’obésité, au diabète, aux maladies cardio-vasculaires, et dont l’huile chauffée et cuite est cancérigène !

Et une partie de cette culture a une destination industrielle, l’huile servant à fabriquer du « bio-carburant » (appellation mensongère, car issue de pratiques agricoles non-bio)

III/ Considérations SOCIALES et SANITAIRES

11 % des travailleurs salariés en usine sont exposés à des agents cancérogènes !

(CESE 2022) (1) dont on devine les risques pour la santé.

Le nombre de cancers dans la populations mondiale n’a jamais été aussi élevée !

Ceux qui vivent le plus dans la précarité sont (et seront davantage encore) les plus impactés par le réchauffement . Car les logements mal chauffés prédisposent leurs habitants à des maladies ORL ou broncho-pulmonaires.

Ce sont chez eux que les cas d’intoxication au monoxyde de carbone (CO) sont les plus fréquents (1.300 cas par an)(1)

Le peu de ressources pécuniaires entraine une mauvaise alimentation (produits de base aux plus bas coûts achetés dans les supermarchés, ou de produits dépassant la date limite de vente distribués dans des « Restos du coeur »… « malbouffe » par excès de pâtes, de mauvaises graisses comme l’huile de palme…). Le paupérisme est source de malnutrition, mais aussi d’obésité

Une étude menée par ATD Quart Monde dans 1.358 aires de Gens du voyage installées sur d’anciennes friches industrielles a montré que plus de la moitié étaient polluées, notamment au Plomb ! (risque sanitaire de saturnisme).

Le Document du CESE (cité supra) conclut à ce sujet :

« Les catégories sociales les plus exposées aux risques environnementaux sont aussi celles qui accèdent le plus difficilement aux soins et aux actions de prévention primaire » (p.22) (1).

Autant avouer que si les difficultés d’accès aux soins persistent dans nos territoires, les maladies émergentes (comme les épidémies à venir, les « maladies de civilisations » aussi bien psychiques que somatiques, dont les cancers en augmentation) risquent de ne pas faire l’objet d’une prise en charge possible satisfaisante, déjà pour la population générale, encore moins pour les défavorisés…

IV / CONCLUSIONS :

Si l’on veut stopper l’aggravation prévisible du réchauffement climatique annoncé à plusieurs reprises par les scientifiques du GIEC, avec la liste de leurs conséquences dramatiques sur l’environnement, les peuples et leur santé… il est urgent de mettre en œuvre les solutions qui existent telles qu’énoncées dans le dernier Rapport du GIEC d’Avril 2022 (9).

Sources :
 (1) « Pour une politique nationale de santé-environnement au coeur des territoires » Isabelle DORESSE et Agnès POPLIN-DESPLANCHES, CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental) Mai 2022
https://www.lecese.fr/travaux-publies/pour-une-politique-publique-nationale-de-sante-environnement-au-coeur-des-territoires
 (2) « Les effets du réchauffement climatique sur la santé : les pays en développement sont les plus vulnérables » Parotosh KASIOTA, ONU, chronique
 (3) « Changement climatique : quels effets sur notre santé ? » Emmanuel DROUET, encyclopédie-environnement.org, 16/02/2020
 (4) (Dengue et Dengue sévère » OMS, 10 janvier 2022
 (5) « Zika », Institut Pasteur, Avril 2016
 (6) « L’exode de réfugiés en provenance du Soudan du Sud se poursuit. Le HCR signale une sérieuse insuffisance de fonds » UNHCR, 19 Avril 2016
 (7) « Amérique centrale : les raisons de l’exode vers les Etats-Unis » France 24, 23/01/2019
 (8) « Pesticides et santé : Nouvelles données (2021) » INSERM, publié le 25/06/2021, modifié le 19/11/2021
 (9) « Nouveau Rapport du GIEC : Quelles solutions face au réchauffement climatique », publié le 6 Avril 2022, service-public.fr

Dr Dominique COQUERET
Auxerre, 4-5 Novembre 2022
domcoquer wanadoo.fr

Par Coqueret Dominique (Dr)

Publié le dimanche 6 novembre 2022

Mis à jour le dimanche 6 novembre 2022