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Observatoire du nucléaire : Actualités du nucléaire - Été 2025

 Actualités du nucléaire - Été 2025 9.09.25
La part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité, qui était de 17,1 % en 2001 est désormais passée en dessous des 9 % : 8,97 % exactement ! Même en Chine, si souvent présentée comme l’ « eldorado » de l’atome, la part du nucléaire reste marginale (4,5%) et est même en baisse depuis 3 ans...
https://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article419

 Anne Lauvergeon sur France-Inter : l’indécence d’une coupable radioactive... et la faillite de la radio de service public 24.04.25
L’Observatoire du nucléaire saisit l’Arcom pour dénoncer le traitement malhonnête de la question du nucléaire par France-Inter, en violation de ses obligations.
Mercredi 23 avril 2025, France-Inter a littéralement offert son antenne à Mme Lauvergeon pour qu’elle puisse, pendant une dizaine de minutes, non seulement faire de la publicité gratuitement pour son livre, mais aussi promouvoir sans contradiction l’énergie nucléaire et enfin se comporter en indécente donneuse de leçon.
Commençons par quelques remarques à propos de France inter qui est censée se comporter de façon exemplaire en tant que radio de service public. Or, le 16 janvier 2023 (*) et le 16 février 2024 (**), deux émissions de l’emblématique « Téléphone sonne » ont été organisées avec exclusivement des invités favorables à l’atome. La partialité la plus honteuse n’est clairement plus l’apanage de RMC et d’Europe1.
Revenons-en à Mme Lauvergeon, invitée d’honneur de France-Inter. Pour mémoire, entre autres « exploits » pendant son mandat (2001-2011) à la tête d’Areva, cette dame a bradé en 2003 à la Finlande un réacteur EPR à 3 milliards alors que sa construction a coûté aux français aux environs de 20 milliards. France inter n’en ayant pas parlé, il faut rappeler que, préfigurant le désastre du chantier EPR d’EDF à Flamanville, la construction du même réacteur par Areva en Finlande a multiplié les retards et malfaçons, et est péniblement entré en service en 2003 avec 14 ans de retard.
Par ailleurs, Mme Lauvergeon se permet de donner des leçons à la Terre entière alors que, la rédaction de France-Inter ne semble pas non plus en être informée, elle a mené Areva à la faillite, son successeur Luc Oursel n’ayant pu redresser la situation dramatique dans laquelle il avait trouvé l’entreprise en 2011.
Faut-il aussi rappeler que, même si selon la formule usuelle elle est « présumée innocente », la dame est depuis de longues années mise en examen et poursuivie en justice pour des faits de corruption, en particulier dans l’affaire Uramin : avec l’argent des citoyens français, la PDG avait fait acheter par Areva, au prix fort, des mines d’uranium… sans uranium !
Hélas, curieusement, le dossier de l’affaire semble avoir été enfoui dans les sous-sols des palais de justice (et de la rédaction de France-Inter). Il se dit que Mme Lauvergeon possède des dossiers compromettants sur de nombreuses personnalités, ce qui expliquerait que les procédures en justice la concernant n’aboutissent jamais.
En revanche, rien n’explique que France-Inter laisse son antenne à cette personne – avec des « questions » lénifiantes revenant objectivement à lui dérouler le tapis rouge – et ne se préoccupe ni de rappeler ses lourds échecs ni d’enquêter sur les curieuses manoeuvres de Mme Lauvergeon à la tête d’Areva, mais aussi sur celles de son bras droit de l’époque, un certain Édouard Philippe, dont on peut se demander s’il ne bénéficiait pas d’un emploi fictif (contrairement à son généreux salaire) vu que personne ne sait ce qu’il a pu bien faire dans le sillage de sa patronne.
Terminons par une donnée sur le fond du dossier : la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité est passée de 17,1% en 2001 à 9,1% à ce jour, un véritable effondrement qui est totalement inconnu des citoyens de France du fait de la désinformation qui sévit sur ce sujet sur les médias privés… et sur France inter.
D’ailleurs, l’Observatoire du nucléaire saisit ce jour l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) afin qu’elle applique à France-Inter les mêmes sanctions que celles prises contre certains médias de l’empire Bolloré. En effet, depuis juillet 2024, suite d’une décision du Conseil d’Etat, le régulateur doit veiller, sur « les sujets prêtant à controverse », au « respect de l’obligation d’assurer l’expression des différents points de vue ». Une mission évidente… hélas oubliée de la principale radio de service public dès qu’il s’agit de nucléaire.
Stéphane Lhomme
Directeur de l’Observatoire du nucléaire
(*) https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-du-lundi-16-janvier-2023-2048296
(**) https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-18-20-le-telephone-sonne/le-18-20-le-telephone-sonne-du-vendredi-16-fevrier-2024-3940367

 Actualités du nucléaire - Hiver 2024-2025 + Conférence de S. Lhomme le 15 mars à 19 h à Belle-Île-en-Mer
Voici notre publication trimestrielle, n’hésitez pas à la diffuser autour de vous...
Cliquez sur ce lien svp : https://www.observatoire-du-nucleaire.org/IMG/pdf/actus-du-nucleaire-hiver-2024-2025.pdf
Conférence de Stéphane Lhomme
Samedi 15 mars à 19 h à Belle-Île-en-Mer, salle Ad hoc (près de l’Hôtel de Ville, le Palais)
"Nucléaire, renouvelables, économies d’énergie : qui sauvera le climat ?"

 Nous avons besoin de l’Observatoire du Nucléaire, il a besoin de nous. APPEL À SOUSCRIPTION 11.05.24
Nous avons besoin de l’Obs du Nuc car la voix de Stéphane Lh. est une des rares qui peut toucher un public plus large que les cercles antinucléaires militants par la clarté et la force de son discours. Areva et l’UFC Que Choisir ont essayé de le neutraliser par des procès en diffamation, procès qu’ils ont régulièrement perdu jusque là.
Mais tout cela a un coût, même si son avocat n’est vraiment pas exigeant, et la rémunération de ce père de famille qui disposait autrefois d’un métier stable dans l’enseignement, a besoin d’être assuré, aussi modeste soit-il. Donc ceux d’entre nous qui le pouvons soutenons l’Obs du Nuc !
https://www.helloasso.com/associations/observatoire-du-nucleaire/formulaires/2

 Nucléaire - Cuve défectueuse du réacteur EPR de Flamanville : 8 ans après, la plainte en justice est-elle enterrée ? 2.05.24
La justice a ouvert en décembre 2016 une enquête suite à la plainte de l’Observatoire du nucléaire du 4 mai 2016 mais, depuis 8 ans, le dossier de cette affaire pourtant gravissime semble avoir été "oublié"…
https://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article409

 Les âneries de M. Bouglé sur divers plateaux de télé 16.01.24
Invité sur différents plateaux de télévision (BFM, Cnews, etc), un certain Fabien Bouglé parvient à abuser téléspectateurs mais aussi journalistes (pour la plupart totalement ignorants concernant le nucléaire) avec une série de balivernes plus énormes les unes que les autres. Voici quelques mises au point.
https://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article407

 « Le nucléaire n’a rien d’une technologie verte » 7.12.23
Le Parlement européen vient d’inscrire l’atome parmi les « technologies vertes ». Il n’en est rien, selon Stéphane Lhomme, de l’Observatoire du nucléaire.
https://reporterre.net/Le-nucleaire-n-a-rien-d-une-technologie-verte

 Les députés européens ne vont ni financer ni construire des réacteurs nucléaires 23.11.23
Par Stéphane Lhomme
Directeur de l’Observatoire du nucléaire
Jeudi 23 novembre 2023

Les supporters de l’atome se sont félicités mardi 21 novembre 2023 de voir le Parlement européen inclure le nucléaire parmi les technologies dites "vertes" ou "propres" permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Passons vite sur le caractère ridicule de ce vote : il ne suffit pas qu’une énergie émette peu de co2 pour être "verte" ou "écologique", et le nucléaire est en effet une des énergies les plus dangereuses et polluantes (mines d’uranium, production de déchets radioactifs, rejets continus radioactifs et chimiques des centrales dans l’air et dans l’eau, etc).

Rappelons aussi que la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité est passée de 17,1% en 2001 à 9,2% à ce jour, un véritable effondrement qui va continuer avec la fermeture inéluctable dans les années à venir d’au moins 150 vieux réacteurs sur les 400 encore en service sur Terre : si c’est vraiment le nucléaire qui doit combattre le réchauffement climatique, celui-ci a de beaux (et chauds !) jours devant lui…

Mais ce qu’il est important de préciser, c’est que les députés européens ne vont ni financer ni construire des centrales nucléaires. Il en est de même des divers chefs d’Etat ou de gouvernement qui rivalisent ces derniers temps, à celui qui annoncera plus de futurs réacteurs que son voisin. Tous ces beaux parleurs prétendent "sauver le climat" - quand ce n’est pas carrément "la planète" ! - avec :

– de puissantes machines comme l’EPR français – ou du moins son successeur l’EPR2, prétendu "moins cher, plus sûr, plus facile à construire" –, ou l’AP1000 américain ;

– une multitude de petits réacteurs modulaires, les fameux SMR, qui doivent pulluler sur Terre aussi sûrement qu’un virus du Covid.

Or, il y a quelques jours à peine, le 9 novembre 2023, on apprenait par l’agence Reuters que l’entreprise américaine NuScale Power avait renoncé à son projet de petit réacteur modulaire, "portant un coup aux ambitions américaines d’une vague d’énergie nucléaire pour lutter contre le changement climatique".

Il faut dire que le projet devait être pré-financé par les futurs clients – des entreprises et des collectivités locales – qui ont fini par se retirer en dépit d’une garantie de 1,4 milliard de dollars sur dix ans et une subvention de 600 millions de la part du département américain de l’énergie. En effet, le projet promis en 2020 annonçait fièrement une puissance de 720 MW pour un coût de 3,6 milliards… avant de passer à 462 MW pour 9,3 milliards, c’est-à-dire 4 fois plus cher que prévu.

Aux dernières nouvelles, l’électricité ainsi générée était projetée aux environs de 120 dollars par mégawattheure, probablement beaucoup plus en réalité, mais dans tous les cas ce serait un tarif totalement rédhibitoire : les énergies renouvelables produisent aujourd’hui une électricité abondante à un tarif 2 à 3 fois moins cher, et l’écart ne fait que s’agrandir...

Il s’agit d’un coup fatal pour l’industrie nucléaire car NuScale était le seul projet de SMR validé par les autorités américaines et, de façon générale, tous les autres projets - comme Nuward en France - vont se fracasser sur le même problème : comme annoncé par votre serviteur le 14 octobre 2021 dans une tribune publiée par Le Monde, "S’ils voient le jour, les petits réacteurs nucléaires modulaires produiront une électricité ruineuse" (cf https://urlz.fr/oxXX ).

Et il est de plus en plus probable qu’ils ne voient même pas le jour. Sauf à s’adresser aux Russes ou aux Chinois ce qui est exclu pour la plupart des clients potentiels, pour la plupart situés en Europe, il ne reste donc plus à l’industrie nucléaire et ses supporters que la piste des gros réacteurs comme l’EPR français ou l’AP1000 américain.

L’un comme l’autre sont d’ores et déjà des désastres industriels et financiers. Annoncé à des dizaines d’exemplaires aux USA, l’AP1000 a été annulé presque partout, sauf en Caroline du Sud… où le chantier a finalement été stoppé et abandonné, et en Georgie où un seul réacteur a pu démarrer, avec 7 ans de retard et un coût multiplié par deux.

Quant à l’EPR, le suspens demeure à Flamanville où le réacteur est supposé démarrer en 2024 avec 12 ans de retard et un coût multiplié par cinq (selon les estimations de la Cour des comptes). Les EPR de Finlande et de Chine, mis en service avec aussi de longues années de retard, sont régulièrement arrêtés pour d’inquiétants dysfonctionnements. Quant au chantier d’Hinkley Point en Angleterre, il suit la voie de son frère français avec de lourds retards et surcoûts.

Bien sûr, EDF et les autorités françaises annoncent désormais des EPR2, "plus faciles et moins chers à construire", mais qui peut encore croire à ces belles paroles ? Rappelons que l’industrie nucléaire française est aussi en grave défaillance sur les chantiers des réacteurs ITER (fusion nucléaire) et RJH, un réacteur de recherche dont la mise en service est désormais annoncée pour 2034… au lieu de 2014 !

Pas de chance, le RJH était prévu pour appuyer la recherche sur la prolongation de la durée de vie du parc existant, sur les EPR2, et sur les SMR ! Il arrivera longtemps après la bataille et après avoir anéanti quelques milliards de plus, mais qui se soucie de cette gabegie ?

Des macroniens aux communistes en passant par le RN, l’essentiel pour les adeptes de l’atome est de clamer qu’ils vont "sauver le climat", alors qu’ils veulent juste gaspiller dans le nucléaire les milliards qui permettraient justement de prendre les mesures nécessaires (plans d’économies d’énergie et de développement des renouvelables).

Voilà qui nous ramène aux députés européens : après leur vote ubuesque, ils s’affairent déjà à d’autres questions, incapables d’expliquer comment les industriels européens vont bien pouvoir trouver les ressources humaines et financières pour construire les nombreux réacteurs annoncés : en France même, malgré la propagande du VRP de l’atome Jean-Marc Jancovici, les jeunes ingénieurs et techniciens manquent à l’appel et, d’autre part, EDF et l’Etat français sont dans des situations financières catastrophiques.

Il est impossible de savoir si quelqu’un ou quelque chose va "sauver le climat", mais une chose est sûre, ce ne sera pas le nucléaire…

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/

Par Lhomme Stéphane , Observatoire du nucléaire

Publié le mardi 9 septembre 2025

Mis à jour le mardi 9 septembre 2025