Yonne Lautre

« Vélorution » par le collectif Vélorution

samedi 25 février 2006 par Yonne Lautre

Vélorution, France

http://www.velorution.org

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Vélorution est un collectif français organisateur des « masses critiques », ces rassemblements de cyclistes et autres sans-moteurs, qui revendiquent pour leur ville une nouvelle culture du déplacement, plus conviviale, accessible à tous, silencieuse, rapide, non polluant et moins dangereuse pour l’usager et le ses concitoyens. Il existe des masses critiques dans la plupart des villes d’Europe.

Quelques collectifs européens se joignent à cette contribution, mais les masses critiques ne sont pas regroupées en fédération : ce sont des mouvements très locaux et spontanés, initiés par des citoyen(ne)s qui sentent le besoin de protester pour reprendre leur rues aux voitures.

La vélorution souscrit entièrement au constat tiré par la Commission Européenne et à la nécessité de lutter activement contre les fléaux qui détruisent l’attractivité des villes européennes :

• la péri-urbanisation, mode sociétal qui repose sur l’utilisation de la voiture individuelle (habitation en périphérie), qui provoque un allongement des distances domicile-travail parcourues (activités économiques en périphérie) et qui détruit la vie locale

• la ségrégation sociale, c’est à dire le cloisonnement de certaines populations/ quartiers, ainsi que les problèmes de dépendance liées à manque de mobilité (personnes âgées, jeunes et toute personne ne pouvant ou ne voulant pas utiliser de véhicule à moteur).

• la pollution de l’air, le bruit, la congestion et les accidents de circulation qui sont directement liés aux véhicules à moteurs

Les programmes urbains 2007-2013 doivent en effet viser une meilleure mobilité intra-urbaine propre, efficace, abordable et fonctionnelle - objectif essentiel dont l’importance pour la qualité de vie économique, sociale et environnementale est évidente.

Les préconisations évoquées par le document pour atteindre ce but sont intéressantes, notamment la planification intégrée des transports qui incluent les personnes sans véhicules et qui prennent en compte la sécurité routière, la réduction de la pollution de l’air et du bruit ainsi que le prix et le cadencement des transports collectifs.

Bien entendu, nous pensons que les villes doivent encourager l’utilisation du vélo, de la marche et des formes alternatives douces de transport tout le temps et partout, et non pas « dans la mesure du possible » (p7).

Cela peut effectivement être facilité par des zones piétonnes/ à vitesse réduite et nécessite des infrastructures de bases telles que

• des trottoirs ou tout du moins le respect des piétons par les autres usagers des voiries

• des pistes cyclables ou tout du moins le respect des vélos par les autres usagers des voiries

mais il y a également d’autres moyens :

• des réseaux coordonnés de déplacements doux qui, en quadrillant la ville offrent des couloirs « sécurisés » pour les nouveaux cyclistes ou les déplacements conviviaux

• de meilleures infrastructures pour l’accueil des cyclistes (parkings, vestiaire) sur le lieu de travail

• une réflexion sur l’habitat et la possibilité d’accéder aux services et commerces à courte distance

• l’obligation pour les logements neufs d’intégrer un local à vélo, aisément accessible ( éviter les escaliers, portes sécurisées multiples ) pour en encourager l’usage.

Pour atteindre cet objectif, la promotion des véhicule à faible consommation énergétique et les carburants alternatifs n’est pas un moyen adapté.

Il s’agit au contraire de réduire la place accordée dans les villes, dans les mentalités et dans la vie publique aux véhicules à moteurs car cette place est aujourd’hui tout à fait déraisonnable. Un véritable changement de culture de déplacement et de mode de vie est souhaitable : il doit être encouragé par un effort d’éducation ainsi que des actions volontaristes pour passer outre les premières réticences.

Ainsi le collectif vélorution souhaite que parmi les orientations du document figurent des mesures pour

1) Réduire la place des véhicules à moteur dans la ville

• Restriction de circulation géographique et temporelle

• Reduire les places de stationnement pour ceux venant travailler en ville

• Reduire le temps de stationnement autorisé pour décourager les « commuters »

• Reduire le nombre de place de parking par bureau construit

2) Réduire la place des véhicules à moteur dans les mentalités

En ville, le vélo est en effet bien souvent plus rapide que la voiture (meilleure fluidité). Il permet un plus grande liberté (autonomie des adolescents par exemple) et coûte beaucoup moins cher (poste budgétaire pouvant être réinvesti dans la vie urbaine).

Enfin il va de pair avec un mode de vie qui privilégie les relations de proximités dans les loisirs et les courses. La lutte contre la périurbanisation et l’étalement urbain passe par la lutte contre les déplacements trop longs (domicile/travail et domicile/loisir) qui doit être intégrée dans la planification urbaine : par exemple, l’implantation de zone d’activité à haute densité de main d’œuvre doit systématiquement être proche (moins de 800 m) d’un réseau de transport en commun de masse.

3) Réduire les coûts causés par les véhicules à moteurs en ville

Les coûts sociaux, sanitaires et environnementaux des véhicules à moteurs sont nombreux et ont bien été développés il pourront être réduits en

• limitant les financements aux infrastructures routières dédiées à la voitures

• faisant payer aux usagers des véhicules à moteurs ces coûts (stationnement illicite sur l’espace réservé aux piétons et cyclistes, moteur allumé sans déplacement etc)

• En supprimant les mesures fiscales incitant à l’utilisation de la voiture ( impôt au frais réel, remboursement kilométrique par les entreprises supérieur au coût réel )

Il est important de préciser que le terme « véhicule à moteur » regroupe non seulement les voitures, mais aussi les deux-roues motorisés (moto, mobylettes, scooters).

En milieu urbain, les restrictions sur l’usage de la voiture particulière sont aujourd’hui contournées par l’adoption massive du deux roues motorisé par les ex-usager de la voiture. Or les deux-roues motorisés apporte les mêmes nuisances que les voitures et représente même un danger particulier pour les cyclistes, ce qui est un frein au développement du vélo.

La lutte contre les véhicules motorisés doit donc intégrer entièrement la lutte contre les deux roues motorisés en :

• interdisant les circulation des véhicules motorisés à deux-roues en dehors des espaces déjà dédiés aux voitures

• interdisant le stationnement des véhicules motorisés à deux-roues sur les trottoirs, places, ou autre espace public non dédié.


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