– Pourquoi a-t-on besoin du sensationnalisme ? 15.11.25
Lorsqu’on se retrouve dans une salle d’attente, il y a souvent un petit plaisir coupable à feuilleter la pile de magazines people qui traîne dans un coin. Et quand on y réfléchit, il y a quelque chose d’assez invraisemblable dans le fait de s’intéresser à la vie de personnes que l’on ne connaît pas.
Ce phénomène devient plus clair à la lumière des travaux passionnants de Yoan Verilhac sur le sensationnalisme. Maître de conférences en littérature à l’Université de Nîmes et spécialiste de l’histoire des médias, il explore dans son livre Sensationalisme la manière dont notre culture moderne est saturée d’objets sensationnels. Il donne une ampleur vertigineuse à son sujet en montrant que ces productions jouent un rôle fondamental dans notre vie sociale.
Alors, quelle est la place du sensationnalisme dans notre culture moderne ? Quel rôle joue-t-il dans notre vie collective ? Pourquoi a-t-on besoin du sensationnalisme ?
https://www.youtube.com/watch?v=d6EqmHMlKUo
– Faut-il se débarrasser de l’empathie ? 11.10.25
Face aux grandes tragédies, on a tous envie d’être solidaires avec le monde entier.
Mais on voit bien que toutes les causes ne se valent pas.
Nous éprouvons plus d’empathie quand nous pouvons nous identifier à celui qui souffre plutôt qu’à un malheur touchant des gens lointains. Grâce à un livre, nous avons pu éclairer les ressorts de ce malaise. Samah Karaki est docteur en neurosciences. Dans son essai L’empathie et politique, elle fait le point sur ce que la science dit vraiment de l’empathie. Elle démontre que s’y fier est un piège, car l’empathie est fondamentalement biaisée par notre société et propose de changer nos manières de s’intéresser à l’autre. Alors, qu’est-ce que les sciences cognitives nous apprennent de l’empathie ? Comment notre société biaise-t-elle notre compassion pour l’autre ? Faut-il se débarrasser de l’empathie ?
https://www.youtube.com/watch?v=XSeUcIHldiE
– L’Occident est-il "judéo-chrétien" ? | Les idées larges | ARTE 27.09.25
La société occidentale est-elle judéo-chrétienne ? L’historienne Sophie Bessis explique à quel point cette notion est dénuée de fondements historiques et montre qu’elle sert surtout plusieurs fonctions idéologiques, aussi bien du point de vue de l’Occident que du nationalisme arabe et d’Israël. Que signifie cette appropriation par la culture occidentale de la judéité ? Contre quel ennemi ce concept est-il mobilisé ?
https://www.youtube.com/watch?v=dqNwCVNRCfM
– Internet devient-il une dictature ? | Les idées larges | ARTE
AVEC FÉLIX TRÉGUER
Comment comprendre le ralliement de la Silicon Valley à l’extrême droite ? Pourquoi l’État veut-il mettre la main sur le web ? Internet devient-il une dictature ? Entretien avec le sociologue Félix Tréguer, auteur de "Contre-histoire d’Internet. Du XVe siècle à nos jours".
Vous avez sûrement été sidéré par le salut nazi d’Elon Musk. Ce qui sidère, c’est bien entendu la symbolique d’un salut fasciste réalisé par l’un des hommes les plus puissants de la démocratie américaine. Mais c’est aussi que la Silicon Valley s’est longtemps présentée comme le bastion d’un monde cool et progressiste. A présent, Elon Musk a mis son réseau social au service de Trump. Mark Zuckerberg a supprimé la vérification des faits sur Facebook et Jeff Bezos a limité la liberté d’expression du Washington Post, dont il est propriétaire. En découvrant les travaux de Félix Tréguer, on comprend que ces revirements spectaculaires ne constituent pas une anomalie, mais s’inscrivent dans une histoire longue.
Félix Tréguer est chercheur associé au Centre Internet et société du CNRS et membre de La Quadrature du Net, une association qui défend les libertés fondamentales dans le domaine du numérique. Son ouvrage “Contre-histoire d’Internet” permet de saisir comment l’État et le capitalisme numérique peuvent converger.
https://www.youtube.com/watch?v=DJTIy4UQhPM
– La vérité est-elle une fable ? 18.06.25
Dans le film “Fargo”, les Frères Coen racontent l’histoire d’un vendeur de voitures criblé de dettes qui fait enlever sa propre femme pour empocher une rançon de son beau-père. Evidemment, ça finit en carnage. Le générique d’ouverture indique que le film est inspiré d’une histoire vraie. Et on se disait que ce fait divers de 1987 était vraiment atroce. Sauf que le fait divers en question était totalement inventé.
Et ça, ça peut être stressant. Quand on lit un livre ou que l’on voit un film, on aime savoir si on a affaire à de la fiction ou pas. Quand on lit du Pierre Bayard, on comprend vite que cette distinction est vaine. Professeur de littérature à l’Université Paris VIII et psychanalyste, auteur du remarqué “Comment parler des livres que l’on n’a pas lu ?” (Minuit, 2007), Pierre Bayard construit une œuvre singulière et déroutante, à cheval entre la fiction et les sciences sociales. Dans ses livres, il montre que la fiction déborde largement des romans pour s’insinuer partout, y compris dans les travaux en sciences sociales les plus intéressants.
Plutôt que de chercher à tout prix à distinguer le fait, qui serait vraiment arrivé, de la fiction, qui serait inventé, il invite à réfléchir à l’interaction des deux. Quelle est la place des récits dans nos vies ? Peut-on élaborer une théorie juste à partir de faits faux ? La vérité est-elle une fable ?
https://www.youtube.com/watch?v=sDP6upYbf6g
– Comment le droit fabrique-t-il la richesse ? | Les idées larges | ARTE 21.05.25
La création de richesse, a priori, c’est une question d’économie. C’est l’affaire d’entreprises qui produisent et qui vendent des biens et des services pour faire du profit. Ce que l’on sait moins, c’est que la valeur économique est aussi une question de droit et qu’elle se crée en grande partie dans les cabinets feutrés des avocats d’affaires. Entretien avec Katharina Pistor, juriste, professeure de droit comparé à l’université de Columbia.
Dans son dernier livre, “Le code du capital” (Seuil, 2023), elle raconte l’histoire du bricolage juridique qui a permis de transformer, comme par magie, n’importe quel bien ordinaire en capital capable de générer de la richesse pour son propriétaire. Elle explique comment les avocats, ces maîtres du droit, confectionnent les instruments légaux à même de protéger ce capital, face aux aléas économiques. Comment est née la propriété privée ?
https://www.youtube.com/watch?v=PzDDv9aIj6Y
– Peut-on avoir le blé et l’argent du blé ? | Les idées larges | ARTE 10.05.25
AVEC ALESSANDRO STANZIANI
Un épisode de la série documentaire Les Idées larges avec Laura Raim, à retrouver ici : https://shorturl.at/dfIN2
Quand on manque d’inspiration le soir, pour dîner, ça finit très souvent par une solution simple : des pâtes. Ces pâtes, c’est quoi ? C’est du blé dur et de l’eau. Le blé est l’une des premières plantes à avoir été domestiquées par les êtres humains il y a 10 000 ans. Mais il est bien plus qu’une simple céréale, à la base de l’alimentation occidentale. Il est aussi un objet politique qui a profondément façonné notre histoire.
Alessandro Stanziani est historien, directeur d’études à l’EHESS et directeur de recherche au CNRS. Dans son livre les “Guerres du blé” (La découverte, 2024), il parcourt l’histoire mondiale depuis le XVIIe siècle pour montrer que cette céréale a joué un rôle fondamental dans l’émergence des Etats modernes, mais aussi dans l’expropriation des populations autochtones en Amérique et dans les steppes eurasiatiques, et dans l’affirmation de la puissance économique des Etats-Unis.
Comment le blé a-t-il conquis le monde ? Sert-il seulement à nourrir la population ? Peut-on avoir le blé et l’argent du blé ?
Avec aussi Michaël Bruckert, géographe, chercheur au CIRAD (Centre international de recherche agronomique pour le développement)
https://www.youtube.com/watch?v=MHqEnYST-ms&list=PLCwXWOyIR22ucBXfrtNRdIsD-wfFiNk-i
– Le désir de loi va-t-il contre la loi du désir ? | Les idées larges | ARTE 13.04.25
AVEC CLARA SERRA
Un épisode de la série documentaire Les Idées larges avec Laura Raim, à retrouver ici : https://shorturl.at/dfIN2
Depuis l’éclatement de l’affaire des viols de Mazan, certains militent pour que la France modifie sa définition juridique du viol de manière à inscrire dans la loi l’obligation de s’assurer du consentement explicite de l’autre, comme cela a été fait dans d’autres pays, notamment l’Espagne, qui est connue pour être en pointe sur la lutte contre les violences faites aux femmes. C’est donc éclairant pour nous d’aller voir de plus près les débats qui se déroulent là bas.
Clara Serra est une philosophe espagnole, ancienne députée Podemos,
et autrice de la “Doctrine du consentement” (La Fabrique, 2025). Son livre est un texte qui permet de faire un pas de côté par rapport aux débats sur les violences sexuelles et sur les meilleurs moyens juridiques de les combattre.
Passer de “non ça veut dire non” à “seulement oui veut dire oui”. A priori, ça semble aller dans le sens d’une conception plus exigeante et satisfaisante du consentement. Pourtant ce n’est pas si simple. Clara Serra explore toute l’ambiguïté de la notion de consentement, elle insiste sur l’importance de distinguer désir et consentement et elle réfléchit à la manière dont la loi doit protéger les femmes sans pour autant les piéger.
Peut-il y avoir désir sans consentement ? Ou consentement sans désir ? Le désir de loi va-t-il contre la loi du désir ?
https://www.youtube.com/watch?v=CRXZDu8MBis&list=PLCwXWOyIR22ucBXfrtNRdIsD-wfFiNk-i
– Le charisme est-il un (super) pouvoir ? 27.03.25
Un épisode de la série documentaire Les Idées larges avec Laura Raim, à retrouver ici : https://shorturl.at/dfIN2
Les phénomènes de sectes restent difficiles à comprendre. Ces histoires de gourous charismatiques capables d’obtenir la soumission totale de leurs adeptes semblent souvent lointaines. La lecture du "Prophète rouge : enquête sur la révolution, le charisme et la domination" de Julie Pagis, change le regard que l’on porte sur le sujet.
Julie Pagis est une sociologue du CNRS qui avait surtout travaillé sur les trajectoires de soixante-huitards ordinaires. Mais dans son dernier livre, elle raconte l’histoire extraordinaire de Fernando, un ouvrier espagnol maoïste qui a exercé une autorité sans partage sur un petit groupe durant les années 1970. Il s’agit donc d’un cas très précis, qui se déroule dans un contexte non pas religieux ou spirituel mais militant. Et cette enquête permet d’analyser plus largement les ressorts de ce qu’elle appelle la “domination charismatique”, un phénomène que l’on retrouve aussi bien dans les relations conjugales toxiques qu’à la tête de certains États.
https://www.youtube.com/watch?v=A324KzWSLHg
– Cédric Durand : Comment bifurquer ? | Les idées larges | ARTE 12.03.25
Un épisode de la série documentaire Les Idées larges avec Laura Raim, à retrouver ici : https://shorturl.at/dfIN2
On ne manque pas d’images d”effondrement”. La science-fiction nous fournit une multitude de scénarios de fins du monde possibles. Mais il n’y a même plus besoin d’aller au cinéma, il suffit de regarder le JT. Ces images de pluies torrentielles, de forêts qui s’embrasent ou de cyclones dévastateurs, nourrissent un imaginaire fataliste nous donnant le sentiment qu’il est déjà trop tard pour échapper à la catastrophe.
Et si, pour calmer notre éco-anxiété et renouer avec un avenir soutenable, la solution demandait moins de l’imagination que d’ouvrir la malle du grenier pour dépoussiérer les vieilles recettes de grand-mère ?
Cédric Durand est économiste à l’Université de Genève. Dans le livre qu’il a co-écrit avec Razmig Keucheyan, “Comment bifurquer, Les principes de la planification écologique” (Zones, 2024), il revient sur l’histoire de cette notion et esquisse les contours d’un mode de développement qui ne serait plus structuré par la rentabilité et le marché mais par les besoins.
Peut-on faire le tri entre les désirs auxquels il faudra renoncer et les besoins qu’il faudra satisfaire ? A quoi ressemblerait ce “gouvernement par les besoins” ? Comment bifurquer ?
https://www.youtube.com/watch?v=fK8UlqYJ_ek
– Croyons-nous encore à l’amour ? 5.02.25
Eva Illouz est directrice d’études à l’EHESS. Pour elle, le sentiment amoureux est un objet d’étude sociologique intéressant en tant que prisme pour comprendre les tensions et les contradictions qui structurent nos identités modernes. L’amour, ce sentiment irrationnel de fusion émotionnelle, peut-il survivre dans une époque qui valorise la liberté et la rationalité ? La libération sexuelle si chèrement acquise compromet-elle la possibilité de tisser des liens solides ? Croyons-nous encore à l’amour ?
https://www.youtube.com/watch?v=6qbpUH6hzz0&list=PLCwXWOyIR22ucBXfrtNRdIsD-wfFiNk-i
– Comment reprendre le pouvoir sur notre quotidien ? | Les idées larges | ARTE 26.01.25
Vous êtes peut-être comme beaucoup, à culpabiliser d’acheter des baskets made in China, des bananes du Costa Rica ou un smartphone assemblé dans les pire condition, mais sans vraiment savoir comment faire autrement. Que ce soit ce qu’on mange, le logement où on vit, où les habits qu’on porte, on réalise que les choses les plus basiques de notre vie nous échappent.
En découvrant l’œuvre de Geneviève Pruvost, on peut enfin saisir les ressorts de cette impuissance. Cette sociologue et directrice de recherche à l’EHESS est aussi diplômée de permaculture. Dans son livre Quotidien Politique, elle a rassemblé des pensées méconnues pour comprendre comment notre vie quotidienne nous a échappé. Et à travers cette perspective, elle creuse aussi la façon dont on pourrait reprendre le pouvoir sur nos conditions de vie.
Alors, de quoi se compose vraiment la vie quotidienne ? Pourquoi la base matérielle de notre existence nous échappe-t-elle ? Comment reprendre le pouvoir sur notre quotidien ?
https://www.youtube.com/watch?v=F8nADGeEwrQ
– Peut-on quitter le ghetto ? | Les idées larges | ARTE 07.12.24
Un épisode de la série documentaire Les Idées larges avec Laura Raim, à retrouver ici https://shorturl.at/dfIN2
Avec Isabelle Coutant et Yvon Atonga
Chaque époque a ses clichés sur les bandes de jeunes plus ou moins délinquantes. Après les blousons noirs des années 50 il y a eu les loubards des années 70, et depuis les années 80, les médias parlent des “jeunes des cités”. Mais que deviennent donc ces jeunes quinze ans plus tard ?
Yvon Atonga a grandi dans la cité, à Villiers le Bel. Il a fait sa part de “bêtises”, comme il dit, mais aujourd’hui il est cadre à la SNCF. ll raconte son parcours dans un ouvrage qui s’appelle “Petit frère, comprendre les destinées familiales” (Seuil, 2024). Ce livre, il a eu besoin de l’écrire après le meurtre en 2016 de son petit frère, Wilfried, dans un règlement de compte. Yvon est alors hanté par une question : pourquoi son frère n’a pas échappé aux embrouilles alors que lui a réussi ? Pour l’aider à y répondre, il fait appel à Isabelle Coutant, sociologue et directrice de recherche au CNRS. Elle avait rencontré son frère au début des années 2000, dans le cadre de sa thèse sur la délinquance juvénile. Comment échapper à l’attraction qu’exerce la « culture de rue » ? Pourquoi dans une fratrie l’un s’en sort et l’autre pas ? Peut-on quitter le ghetto ?
https://www.youtube.com/watch?v=rAwA2U3oRHo
– Que nous révèlent les mythes ? 12.12.24
Avec Jean-Loïc Le Quellec
Depuis toujours, les mythes répondent aux grandes questions qu’on se pose sur l’origine du monde, le sens de l’existence ou ce qu’il se passe après la mort. Mais à quels mythes croyait-on il y a 10 000 ou 100 000 ans ?
Il est frustrant d’imaginer que la plupart de ces mythes se sont évaporés avec le temps. Enfin, c’est ce qu’on pensait, car il y a eu des évolutions fascinantes dans ce domaine grâce à des nouvelles technologies qui permettent de remonter le temps.
Jean-Loïc Le Quellec est l’une des grandes figures de cette révolution. Ce directeur de recherche émérite au CNRS fait partie des pionniers dans l’utilisation de cette méthode. Désormais, on peut non seulement imaginer les plus vieux mythes de l’humanité, mais aussi comprendre comment leur trajectoire accompagne les migrations humaines. Alors, comment parvient-on à retracer l’histoire des mythes ? Que nous disent les grands récits de l’humanité ? Et, d’ailleurs, qu’est-ce qu’un mythe ?
https://www.youtube.com/watch?v=9-pxTuwwqbs
– A-t-on besoin d’aller dans l’espace ? 13.11.24
Avec Arnaud Saint-Martin
On connait tous la phrase de Neil Armstrong, le premier homme à avoir marché sur la lune, en 1969 : « C’est un petit pas pour l’homme, un pas de géant pour l’humanité ». Depuis 1972, plus aucun homme n’y était retourné. Mais avec la mission Artémis lancée par Donald Trump, les Etats-Unis repartent à la conquête de l’espace.
https://www.youtube.com/watch?v=bpToIAaXMcI
– Peut-on compter sur la famille ? 28.10.24
Quand on a de la chance, la famille est un cocon affectif, mais aussi un lieu de solidarité. Il y a toujours les petits arrangements que l’on bricole au quotidien, et parfois il y a le gros héritage que l’on officialise chez le notaire. Et tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Sibylle Gollac est sociologue au CNRS et dans le livre qu’elle a coécrit avec Céline Bessière, “Le genre du capital” (La Découverte, 2020), elle aborde la famille comme une institution économique à part entière. Elle décortique comment la richesse circule, engendrant des inégalités aussi bien entre les familles qu’en leur sein, entre les hommes et les femmes.
Quel est le poids de la richesse héritée dans le patrimoine des Français ? Quel rôle joue la famille dans l’économie aujourd’hui ? Peut-on compter sur la famille ?
https://www.youtube.com/watch?v=cmBfd95nDzM&list=PLCwXWOyIR22ucBXfrtNRdIsD-wfFiNk-i
– Comment la laïcité a-t-elle changé le monde ? 10.10.24
En France, on peut se dire qu’on a la chance de vivre dans une société laïque, dans laquelle l’Église a perdu son pouvoir politique et où la religion est confinée à la sphère privée. On désigne généralement “sécularisation”, ce phénomène qui aurait vu les sociétés occidentales se libérer du règne du religieux. Et on considère qu’il s’agit d’un processus interne à l’Europe, révélateur de sa modernité.
Le philosophe Mohamad Amer Meziane déboulonne ce récit. Dans son livre “Des empires sous la terre” (La Découverte, 2021), il propose une toute autre histoire. Pour lui, il n’y a jamais eu de déclin de la religion, on s’est simplement mis à sacraliser d’autres choses. Et la proclamation d’un monde émancipé de Dieu a fondamentalement été un outil de l’impérialisme occidental et de l’industrialisation. Quel rapport entre la sécularisation et le colonialisme ? Sommes-nous vraiment moins religieux qu’avant ? Comment la laïcité a-t-elle changé le monde ?
https://www.youtube.com/watch?v=leIfDgY-pws&list=PLCwXWOyIR22ucBXfrtNRdIsD-wfFiNk-i&index=2
– Comment érotiser l’égalité sexuelle ? | Les idées larges 28.07.24
Avec MANON GARCIA.
Depuis #metoo, le mot consentement est partout.
En même temps, le consentement est nulle part, c’est ce qui est frappant à travers tous les témoignages. Énormément de situations qui nous semblaient, tout à fait normales avant, se situent en fait dans une zone grise où on ne peut pas vraiment parler de consentement.
Le mot de consentement est étrange, on a l’impression qu’il appelle une réponse toute simple, que c’est “oui” ou que c’est “non”.
Mais dans les faits, on voit bien qu’il est beaucoup plus compliqué.
Manon Garcia enseigne à l’Université libre de Berlin. Elle est une des grandes figures émergentes de la pensée féministe. Dans son livre, “La conversation des sexes”, elle montre justement comment notre approche du consentement sexuel constitue un obstacle vers l’égalité et perpétue même la situation historique de soumission des femmes.
Alors, comment consentir dans un monde inégalitaire ? Par quels moyens s’émanciper dans nos relations intimes ? Comment érotiser l’égalité sexuelle ?
https://www.youtube.com/watch?v=xjpdq6kbWVI&list=PLCwXWOyIR22ucBXfrtNRdIsD-wfFiNk-i
– A quoi sert la police ? | Les idées larges | ARTE 4.04.24
Avec FABIEN JOBARD
Un épisode de la série documentaire Les Idées larges avec Laura Raim, à retrouver ici https://shorturl.at/dfIN2
Par définition, la police dispose de la force. Mais les conditions de l’usage légitime de cette force font nécessairement débat en démocratie.
Fabien Jobard est politologue, directeur de recherches au CNRS, et co-auteur avec Olivier Fillieule de “Politiques du désordre” (Seuil, 2020), un ouvrage qui raconte le glissement depuis une vingtaine d’années vers une gestion autoritaire et brutale du maintien de l’ordre.
La véritable fonction de la police est-elle de maintenir l’ordre ou de protéger les citoyens ? La police a-t-elle nécessairement vocation à recourir à la force ? A quoi sert la police ?
Avec aussi Andrea Kretschmann, chercheuse associée au Centre Marc Bloch
https://www.youtube.com/watch?v=_6mhxc4bsac
– Qu’est ce que l’intelligence 24.03.24
AVEC JAMES BRIDLE
Un épisode de la série documentaire Les Idées larges avec Laura Raim, à retrouver ici https://shorturl.at/dfIN2
On entend tous les jours dans l’actualité parler d’Intelligence artificielle. On nous explique comment elle nous induit en erreur avec des images deep fake, comment elle va nous remplacer au travail, ou comment elle va liquider l’espèce humaine.
Pour l’artiste et chercheur britannique James Bridle, si les avancées et les risques de l’informatique sont le plus souvent exagérés, cet emballement pourrait cependant être une porte d’entrée pour qu’enfin l’on s’intéresse aux innombrables autres formes d’intelligence non humaines.
Dans son dernier livre, “Toutes les intelligences du monde” (Seuil, 2023), James Bridle nous invite à sortir du cadre étroit établi à la fois par les entreprises technologiques et par le dogme de l’exceptionnalisme humain pour penser et pratiquer l’intelligence autrement. Les êtres humains ont-ils vraiment le monopole de l’intelligence ? Y a-t-il besoin d’avoir un cerveau pour être intelligent ? Qu’est ce que l’intelligence ?
https://www.youtube.com/watch?v=hSoakjXRNp8
– Est-ce que c’était mieux avant ? 6.03.24
Disponible jusqu’au 01/03/2029
AVEC OLIVER NACHTWEY
Un épisode de la série documentaire Les Idées larges avec Laura Raim, à retrouver ici https://shorturl.at/dfIN2
Quand quelqu’un dit que c’était mieux avant, il passe tout de suite pour un réac. Mais parfois je me demande si ce n’est pas un peu vrai : après la Libération, la France a connu trente ans de croissance et de plein emploi. Les salaires augmentaient, les services publics se développaient et la durée des congés payés s’allongeaient. Or depuis la fin des Trente Glorieuses, ce n’est pas la même histoire.
Oliver Nachtwey est un sociologue et économiste qui s’est interrogé sur les notions de progrès et de modernité dans son pays : l’Allemagne. Dans son dernier livre, “La société du déclassement”, (Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2020), il retrace son histoire économique et il montre que l’on est bien passé d’une société de l’ascension sociale à une société du déclassement et il propose le concept de “modernité régressive” pour qualifier la période dans laquelle nous vivons. Idéalise-t-on à tort le passé ? Quels sont les effets politiques de ce déclin social ? Est-ce que c’était mieux avant ?
https://www.youtube.com/watch?v=GcACLtPosxU&list=PLCwXWOyIR22ucBXfrtNRdIsD-wfFiNk-i
– D’où vient la violence ? | Les idées larges | ARTE 15.02.24
Disponible jusqu’au 01/11/2028
Avec MARYLÈNE PATOU-MATHIS
L’homme préhistorique, c’est quoi ? À priori, c’est une brute chevelue, vêtue de peau de bête, constamment en proie au froid et à la faim. Quand il n’est pas occupé à se défendre contre des fauves féroces ou à chasser le mammouth la bave aux lèvres, il passe le plus clair de son temps à se battre à coups de gourdins. Tous ces clichés pourraient faire sourire s’ils ne portaient pas autant à conséquence. Car si nos ancêtres ont toujours été guerriers, ça veut dire que l’homme est naturellement violent et qu’il serait illusoire d’espérer le changer. C’est la thèse du philosophe anglais Thomas Hobbes, pour qui, à l’état de nature, c’est la guerre de tous contre tous. Marylène Patou-Mathis est préhistorienne, spécialiste des Néandertaliens. Pour elle, au contraire, la violence n’est pas une fatalité. Dans son essai "Préhistoire de la violence et de la guerre", elle affirme que les conflits mortels entre groupes sont apparus très tard à l’échelle de l’histoire de l’humanité. Qu’est-ce que l’archéologie et la préhistoire peuvent nous apprendre sur la nature humaine ? Depuis quand faisons-nous la guerre ?
– Et si on était payé à ne rien faire ? 24.01.24
Je me demande parfois ce que je ferais si j’étais rentière. Si j’avais de l’argent qui tombait tous les mois, quoi qu’il arrive. Est-ce que je travaillerais quand même, ne serait-ce que par besoin de reconnaissance sociale ? Ou est-ce que j’en profiterais pour faire tout autre chose ? Voyager, lire, boire des cafés en terrasse. Difficile de savoir… C’est assez vertigineux d’imaginer un monde où on serait libéré de la peur du chômage.
L’économiste et sociologue Bernard Friot travaille depuis des années sur une théorie du salaire à vie. Il défend l’idée d’un salaire inconditionnel qui permettrait de s’affranchir du chantage à l’emploi. Je me souviens de la claque que ça a été la toute première fois que j’ai rencontré ses travaux. C’était dans son livre “Émanciper le travail” (La Dispute, 2014).. Son salaire à vie se veut très différent dans sa philosophie du revenu universel, qui lui ressemble a priori. Quelle différence entre le revenu universel et le salaire à vie, les gens continueraient- ils à travailler s’ils n’y étaient pas obligés ? Et si on était payé à ne rien faire ?
https://www.youtube.com/watch?v=50vPCv7EPWE
– Comment parler des lieux qu’on aime ? 14.12.23
Joëlle Zask est philosophe et dans son dernier livre, Se tenir quelque part sur la Terre, (Premier Parallèle, 2023) elle se demande comment parler des lieux qu’on aime. Comment nommer les émotions que font naître les endroits qui nous sont chers, sans tomber dans le registre des racines ou de l’appropriation. Peut-on appartenir à un lieu sans que ce lieu nous appartienne ? Quelle différence entre l’émerveillement et l’idéalisation d’un lieu ? Comment parler des lieux qu’on aime ?
https://www.youtube.com/watch?v=9A9n5e-PjjA
– Quel pouvoir a le son ? | Les idées larges | ARTE déc 23
Avec JULIETTE VOLCLER
On connaît la puissance des images. Leur capacité à capter notre attention, à nous séduire et à nous donner envie d’acheter des produits. On connaît un peu moins bien la puissance du son. On sent bien que certaines mélodies nous détendent et que certains bruits nous heurtent, mais je ne me rendais pas compte à quel point une grande partie des sons qui m’entourent ont été soigneusement conçus pour produire un effet particulier.
https://www.youtube.com/watch?v=k4pX5gXX2xw
– |D’où vient le mythe de l’entrepreneur ? | Les idées larges | ARTE déc 23
Avec ANTHONY GALLUZZO
Ce sont nos héros modernes : Steve Jobs, Mark Zuckerberg ou encore Elon Musk.
Ces grands entrepreneurs de la Silicon Valley font l’objet d’innombrables articles, biographies, biopics et documentaires.
Anthony Galluzzo est maître de conférences en sciences de gestion, et dans son dernier livre, Le mythe de l’entrepreneur (Zones, 2023), il aborde ces célébrités sous le prisme du mythe. Le mythe du rebelle innovant, visionnaire et disruptif qui aurait changé le monde.
https://www.youtube.com/watch?v=MZ1OMTevxdE
– La Sécurité sociale a-t-elle besoin d’être sauvée ? | Les idées larges | ARTE nov 23
Nicolas Da Silva est économiste de la santé à l’Université Sorbonne Paris Nord. Quand j’ai lu son livre, La Bataille de la Sécu (La Fabrique, 2022), je me suis rendue compte que j’avais très mal compris le fonctionnement de notre système de santé. A la fois je l’idéalisais et je le sous-estimais. J’ai compris que “la Sécu” en général, ça ne veut rien dire : celle d’aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec celle qui a été fondée en 1946.
Pour lui, la Sécurité sociale est en excellente santé financière, et la plus grande menace à laquelle elle fait face n’est pas seulement la liquidation ou la privatisation mais aussi l’étatisation. Étatisation qui est déjà en cours. Quand et pourquoi ce processus a-t-il commencé ? Quelle est la différence entre le “public” et “l’étatique” ? La Sécurité sociale a-t-elle besoin d’être sauvée ?
https://www.youtube.com/watch?v=Pa3baqiXwCM
– À qui profite le don ? (Aide alimentaire et Sécurité Sociale de l’Alimentation)
– Comment l’histoire façonne-t-elle notre inconscient ?
– Faut-il libérer les animaux domestiques ?
– Pourquoi a-t-on besoin de jeter ?
– Et si on arrêtait de prendre les gens pour des cons ?
– Comment la guerre intoxique-t-elle le monde ?