– Stop Greendock jour 3 - des habitant.es du 93 se soulèvent pour défendre les berges de Seine et créent une plage avec les naturalistes des terres. Premières sorties de Garde à Vue. 26.05.24
Après une manifestation de 2000 personnes contre le projet d’entrepôt géant et une tentative de blocage d’une zone logistique de Gennevilliers obstruée par une intervention brutale de la police (récit complet sur le site des soulèvements de la terre ici : https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/manifestation-de-2000-personnes-contre-lentrepot-g ), le week-end de mobilisation contre Greendock et pour la défense des berges de Seine s’est poursuivi tout ce dimanche. Alors que la soixantaine de personnes arrêtées hier sort petit à petit de Garde à Vue, voici un premier récit de la journée.
Dès le matin, les manifestant-es ont déambulé sur le beau chemin de halage d’Epinay, au rythme du fleuve et de ses soubresauts. Ils ont pu profiter de balades naturalistes au cœur de cet écrin de biodiversité ô combien rare dans une banlieue nord grignotée par le béton et le bitume.
La manifestation symbolisait le réveil de Sequana, déesse de la Seine un peu oubliée, mais qui a fait son grand retour en s’exprimant contre le projet d’entrepôt géant. Un spectacle fluvial a mis en scène le combat opposant l’hydre des luttes sociales et écologistes à l’empire logistique qui menace le vivant sous toutes ses formes. Deux radeaux, construits depuis des semaines par des dizaines de mains, se sont affrontés sous l’oeil de la police fluviale. Avant cela, Wild legal et les gardien-nes de la Seine avaient lu la charte défendant un droit du fleuve à faire sombrer les aberrations qui menacent son équilibre vital.
Des gestes naturalistes ont ponctué la marche, façon de rappeler que nous sommes bien dans un lieu de nature anthropisé, mais où les humains peuvent agir dans le bon sens quand ils et elles s’en donnent les moyens. Des cairns de pierres ont été édifiés au long du parcours face au site du projet d’entrepôt Greendock, pour y accueillir les lézards verts. En fin de manifestation, des dizaines de sacs de sable et de graviers ont été pris sur l’entrepôt du Géant du BTP Fayolle, puis passés de bras en bras sur une file d’une centaine de personnes jusqu’à un bord de Seine. Une plage y a été reconstruite minutieusement pour favoriser le retour des oiseaux menacés en Île-de-France, plutôt que leur disparition définitive avec un flot continu de camions et un empilement d’entrepôts. Une grosse averse a fait reculer l’arrivée annoncée des motards de la BRAV et la journée s’est déroulée cette fois sans troubles policiers. Cela va toujours mieux sans eux. Cet après-midi aquatique s’est terminée par une table-ronde sur le racisme environnemental avec l’association d’exilé.es en recherche de terres A4, la revue Z, PEPS et l’observatoire terre monde, et l’affirmation du désir d’une écologie populaire et d’action directe avec les habitant.es du 93. En parallèle, l’annonce des premières sorties de garde à vue des camarades interpellés la veille a été chaleureusement applaudie tandis que se mettait en place un debrief du week-end. Certaines des Garde à Vue ont malheureusement été renouvellées, certain.es sortent sans suite, d’autres sont convoquées notamment pour un avertissement pénal probatoire courant juin pour refus de donner leurs empreintes, leur ADN, ou de délivrer leur code de téléphone. Nous vous tiendrons informés des suites judiciaires et resterons solidaires.
https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/manifestation-de-2000-personnes-contre-lentrepot-g
C’était la première mobilisation contre l’entrepôt Grendock, une découverte du terrain et de la problématique pour beaucoup. Ce week-end a marqué un élargissement et un renforcement du front contre l’empire logistique. Nous sommes dorénavant prêt.es à revenir bien plus nombreux.ses et à nous donner les moyens d’empêcher concrètement la construction de l’entrepôt si ce projet n’est pas rapidement abandonné.