Que mangerons-nous en 2040 et qui d’entre nous aura encore accès à la nourriture ? 8.12.23
Ce texte sera écrit progressivement les jours prochains.

Que l’entrée soit la souveraineté alimentaire, la résilience alimentaire ou la simplement la faim et la malbouffe, la question de l’accès à l’alimentation, puis à une alimentation saine et soutenable, cela devient une préoccupation majeure, partout, ici et maintenant.

On se moque souvent de Paris, avec cette sentence : " trois jours sans transports et Paris est affamée" mais dans nos territoires ruraux ce n’est guerre mieux : la grande majorité des terres cultivées en "grande culture" ne sont pas destinées à l’alimentation humaine, en tout cas sans "transformation industrielle".

Les dérèglements climatiques, l’artificialisation des terres, l’appauvrissement dramatique des sols, le coût carbone de l’agro-industrie, des engrais et des traitements "phytosanitaires", le conflit d’usage des terres entre alimentation, biomasse et énergies renouvelables, les conflits d’usage de l’eau et sa nécessaire préservation, l’amplification des inégalités sociales, les migrations climatiques... autant d’entrées pour traiter cette question.

Certaines problématiques sont abordées dans les PAT (projets alimentaires territoriaux), mais prenons-nous réellement la mesure de ce qui est en train d’advenir ?

Qu’allons-nous construire solidairement et démocratiquement sur nos territoires ?

Vous voudriez coopérer à cette réflexion ?
Vous pouvez nous écrire à contact yonnelautre.fr

 Si l’agro-industrie continue sa domination

A. Une nourriture plus rare

1/ La perte des terres nourricières
L’humanité ne va cesser de perdre des terres nourricières :

  • montée des eaux et immersions
  • désertification
  • sols épuisés par l’azote et autres pollutions agricoles
  • poursuite de l’artificialisation des sols
  • conflits d’usage des productions agricoles (agro-carburants, biomasse, méthanisation...)
  • conflits d’usage des terres (agrovoltaïque,...)
  • recul de l’agriculture paysanne par l’accaparement du grand capital
  • ...

2/ Des récoltes réduites

  • augmentation des températures et perturbations des saisons donc des récoltes
  • phénomènes climatiques plus extrêmes entre sècheresses et pluies diluviennes
  • manque d’eau
  • fragilité génétique (trop peu de biodiversité, OGM...)
  • augmentation de nouvelles maladies végétales, de nouveaux parasites
  • grande augmentation des prix de l’énergie et des intrants
  • ...

3/ Une empreinte carbone insoutenable de l’agro-industrie

  • des engrais toujours si énergivores à fabriquer
  • une agriculture toujours plus mécanisée, plus numérisée
  • déforestation pour obtenir de nouvelles terres pour compenser les pertes de rendement
  • déforestation et agro-industrie au service de toujours plus d’élevage
  • ...

B. Un accès très inégal à la nourriture

  • inégalités entre les continents et au sein des continents
  • inégalités sociales
  • concentration des richesses et des pouvoirs, accaparement et spéculation
  • disettes et famines
  • conflits et guerres
  • répressions, régimes autoritaires et violents
  • écocides
  • ...

C. Une santé toujours plus en danger

  • les sols, l’air et les eaux toujours plus pollués par les produits chimiques accumulés
  • des aliments saturés de polluants et de particules chimiques
  • des aliments appauvris, une variété réduite
  • des aliments mutants et dangereux
  • ...
Dans ce monde là, de plus en plus d’humains n’auront plus accès à assez de nourriture et celle-ci sera d’une qualité toujours plus médiocre
Une part toujours plus grande de l’humanité souffrira de la famine et périra.
Seule une élite, toujours plus réduite, disposera d’une alimentation suffisante et saine.

 Nourrir l’humanité par l’agriculture bio & paysanne

  • régénérer les sols par la biodiversité, l’agro-foresterie, la permaculture, ...
  • permettre de nouveau le cycle de l’eau, retrouver des eaux potables
  • augmenter la sécurité alimentaire par la multiplicité des variétés
  • stopper toute chimie nocive pour le vivant
  • réduire l’alimentation carnée, promouvoir un élevage extensif et le bien-être animal
  • produire des aliments plus nutritifs, favorable à une bonne santé
  • choisir des variétés plus résilientes, s’adaptant à des sols appauvris, à des saisons tourmentées, à une eau plus rare...
  • ...

 Nourrir l’humanité par la justice et la solidarité

  • justice alimentaire et sociale au sein de tous les pays
  • souveraineté alimentaire la plus grande possible dans chaque région
  • solidarité et coopération entre peuples, entre pays
  • retour à une agriculture paysanne, familiale, communautaire, coopérative, autonome,...
  • refaire du droit à une alimentation saine un Droit universel
  • ...
Pour aller vers ce monde là, il faut réduire drastiquement rapidement les énergies fossiles, les pollutions, l’usage immodéré de l’azote. Il faut stopper les grandes entreprises écocides.
Il faut miser sur la biodiversité et le vivant, construire et faire progresser la démocratie, partout et pour toutes et tous, l’égalité des droits.
Il faut agir maintenant pour la justice sociale et contre l’effondrement du vivant. De toutes nos forces, par toutes les entrées complémentaires que nous pouvons mettre en place.
Ce qui sera impossible, c’est que nous ne tenterons pas.
Site dédié : https://solicagnole.fr/

Par Paquin Pascal

Le jeudi 11 janvier 2024

Mis à jour le 31 janvier 2024