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Stéphane Lamure : Comme une ère du bizarre.

Les Chroniques de Yonne Lautre

 Comme une ère du bizarre. 13.03.24
L’actualité est dense. Conflits, guerres, tensions diplomatiques, élection européenne et américaine, procès d’activistes, manifestations, blocages, quotidiennement nous comptons les morts, plus de 30 000 déjà à Gaza et essentiellement des civils, tout cela dans une certaine indifférence. Le monde continue d’avancer au rythme d’accords internationaux, pendant que des enfants meurent, de guerre ou de faim, parfois des deux, pendant que la planète suffoque, pendant que les cop s’enchainent et enchainent leurs indifférences, avec cynisme qui plus est. Il nous aura fallu quasiment 50 ans pour que nous commencions à prendre en considération les enjeux liés au changement climatique, combien de temps nous faudra-t-il maintenant pour que nous conscientisons la pente mortifère sur laquelle nous glissons au regard de l’extinction du vivant. Combien de temps nous faudra-t-il pour s’accorder sur l’idée que la pluralité assure notre équilibre, combien de temps nous faudra-t-il pour considérer l’autre comme étant un frère pour qui nous devrions ressentir non seulement de l’empathie mais également de l’amour.
Cette tendance à la sélection et à l’isolement des sujets de réflexions et d’analyses est de plus en plus réelle, dans un monde où il serait pourtant bon de tout relier, une analyse systémique, globale est nécessaire pour un système dans lequel le moindre rouage grippé peut tout faire basculer.
Nous sommes entrés dans l’ère du bizarre, une ère schizophrénique, une ère où un activiste écolo est nommé éco terroriste pendant que nous décorons de la légion d’honneur celles et ceux qui ont le plus participé à tout saccager ; nous posons le changement climatique comme une priorité, ce qui est heureux, mais nous négligeons le fait que nos sociétés sont en train de finaliser une des plus grandes catastrophes de notre temps, l’extinction du vivant , par le refus d’analyser et d’auto critiquer nos fonctionnements sociétaux engendrés notamment par les logiques de la mondialisation, du libéralisme. Nous assurons des dividendes hors normes notamment dans le secteur des énergies et de la finance, secteurs dont les impacts sur notre désorientation ne sont plus à définir, et nous légiférons pour que les chômeurs soient un peu plus traqués, pour que les bénéficiaires du RSA ne touchent pas l’ allocation « gratuitement », pour que nos frères de pays proches et plus lointains soient rejetés de nos frontières sous prétexte que n’avons pas les moyens de les accueillir.
Pendant que beaucoup font leur possible pour fractionner, isoler, opposer, afin de laisser le champs libre pour pouvoir continuer comme si de rien n’était, nous nous attelons depuis le début à l’Yonne l’autre de contrer cette ère du bizarre, nous tentons depuis le début de mettre en lien l’écologie, le social, la politique, la géopolitique, l’humanisme et la poésie. Nous continuerons de mettre en avant celles et ceux qui construisent et vivent d’autres mondes, celles et ceux qui refusent de se soumettre à l’insoutenable, pour toujours tendre vers l’idée qu’un changement est possible, nous continuerons de mettre en avant ces multiples initiatives citoyennes comme récemment l’idée de la sécurité sociale alimentaire sur laquelle nous travaillons. Parce que nous pensons sincèrement qu’un changement est encore possible si nous réagissons maintenant, si nous agissons maintenant. Bonne lecture à toutes et tous.

Par Lamure Stéphane

Publié le mercredi 13 mars 2024

Mis à jour le mercredi 13 mars 2024