Tel le tronc d’un arbre coupé, cette aventure a plusieurs cernes. A première vue, elle commence à Coulanges la Vineuse dans l’atelier d’Yves Mion, artisan luthier, fabricant de guitare, artiste… Ces termes sont facilement synonymes. Dans cet atelier, se retrouvent des bénévoles, venus d’horizons différents, rassemblés autour d’un projet commun. Et il y a ce projet, avec cet objectif simple : redonner une place à l’instrument de musique dans les écoles.
A-t-on déjà fini ? Non, les choses sont ben plus profondes, bien plus imbriquées dans un grand tout qui échappe à la simple notion de territoire, de vie locale d’un petit village de département mais chaque chose en son temps…
Commençons par les origines de ce projet. L’histoire remonte à une quarantaine d’années quand un artiste français du nom d’Hugues Aufray tente de convaincre l’Education Nationale d’introduire des ukulélés dans les salles de classe.
Pourquoi faire puisqu’on a déjà la flûte à bec ?....
La suite de l’histoire, vous la connaissez, finie la flûte à bec et… bien souvent, finis les instruments de musique à l’école : c’est trop compliqué, trop cher, trop… d’excuses ?
L’idée de base reste en sommeil jusqu’au jour où un luthier et Jacques Carbonneaux, chargé de mission à la CSFI (Chambre Syndicale de la Facture Instrumentale), décident d’unir leurs énergies avec d’autres membres de leur commune pour lui donner vie.
C’est ainsi qu’en août 2022, nait l’association « la Pratique Instrumentale Pour Tous ».
Le ukulélé possède de multiples avantages : petit instrument, polyvalent, permettant de travailler la rythmique, une autre forme de motricité, les mélodies, les harmonies, laisser libre cours à la voix d’être accompagnée…
Sans compter tous les avantages de la pratique musicale mainte fois mis en avant par les scientifiques, les neurosciences et les musiciens eux-mêmes ? sans aucun doute !
C’est l’occasion de développer chez l’enfant des capacités d’attention tout en lui (re)donnant le goût de l’effort quand les premières notes jaillissent de ses explorations.
En même temps, il ne s’agît pas de distribuer des jouets aux enfants, la musique est un art patient qui nécessite du temps certes, pour l’apprentissage, mais aussi pour la fabrication même de l’objet.
N’oublions pas que le métier de luthier fait partie des 18 métiers d’art de la facture instrumentale parmi les 281 métiers reconnus comme métiers d’art en France.
L’idée est donc d’accompagner les enfants dans une globalité.
A travers la présentation d’un ukulélé, on parle de forêts et de déforestations, de préservation des ressources naturelles, de réglementations, de contrôles sur les imports / exports d’arbres, de réseaux plus ou moins honnêtes… Les enjeux peuvent rapidement dépasser les « simples » citoyens que nous sommes qui, parfois, se laissent encore tenter en quelques clics pour acheter un meuble en contreplaqué qui, le temps d’une livraison, aura traversé bien plus de pays que certains d’entre nous en toute une vie.
Il est nécessaire d’éveiller les consciences en s’intéressant à cette matière première si proche de nous et pourtant rendue d’une certaine manière inaccessible.
Le bois est un être vivant et aucun luthier passionné ne vous dira le contraire. C’est une matière noble qui invite à la patience pour grandir et mérite tout notre respect.
Pour qu’un instrument de qualité et durable puisse voir le jour, il faut du soin et beaucoup de travail.
L’évolution rapide de nos rythmes de vie a fait que nous sommes nombreux à avoir perdu ce contact avec la valeur des choses et des objets.
Tout se consomme, s’utilise, se jette, se remplace… Alors, pour essayer de recréer un équilibre, l’association Pratique Instrumentale Pour Tous œuvre à son niveau pour semer de nouvelles graines et tenter de former de futurs consommateurs avertis notamment en proposant des visites d’ateliers.
Le luthier est une personne réelle, son métier est concret, ses outils nécessitent sa présence, son savoir-faire pour que d’une planche de bois naisse un instrument de musique…
Aujourd’hui, l’association cherche des fonds, des soutiens, de nouveaux volontaires pour développer un réseau, partager cette aventure et créer de nouveaux chapitres à cette histoire un peu partout sur le territoire.
Pour plus d’informations, vous pouvez vous rendre sur la page dédiée à l’association.