Yonne Lautre

« Incinération en Isère des déchets toxiques d’Abidjan » par l’Association VIVRE

samedi 11 novembre 2006 par Yonne Lautre

Communiqué de l’association VIVRE.

8/11/2006

 Incinération en Isère des déchets toxiques d’Abidjan. Quelle transparence ?

Mardi matin est arrivé au Havre, un navire transportant une première partie des
substances contaminées par les déchets toxiques (dont les émanations ont entraîné la
mort de 10 personnes, des dizaines d’hospitalisations et plus de 100 000 consultations
médicales, fin août, à Abidjan en Côte d’Ivoire).

Ces déchets dangereux seront incinérés à Salaise (Isère) par la société Trédi, filiale du
groupe français Séché,
Les travaux de dépollution en Côte-d’Ivoire ont également été attribués à cette même
société.

Ces 528 tonnes de déchets pétroliers, boueux et pestilentiels, que la société Trafigura
avait conduites en Côte d’Ivoire, sont devenues 6000 tonnes de déchets toxiques,
résultat de la dépollution des 17 décharges et terrains vagues où ces produits avaient
été dispersés.

 La nouvelle du transfert en France de ces déchets toxiques met en lumière 2 scandales :

  • Un crime écologique : le transport en Côte d’Ivoire de déchets toxiques qui
    auraient dû être traités en Europe et leur déversement sauvage en plein air, autour de
    la plus grande ville du pays.
  • L’opacité du fonctionnement de l’incinérateur de Salaise, malgré la transparence
    affichée par son exploitant, Séché Environnement.
    L’association VIVRE (Vivre Ici, Vallée du Rhône Environnement), membre de la CLI
    (Commission Locale d’Information) de l’incinérateur Tredi-Séché de Salaise, s’étonne
    de voir cet industriel qualifié de « dépollueur » et notre ministre de l’environnement se
    féliciter de la « grande transparence » de l’opération...

VIVRE constate que, comme le Clemenceau et son amiante, ces déchets toxiques, qui
sont européens, ont fini par être rapatriés pour être traités en France au lieu de
continuer à empoisonner cyniquement les habitants d’un pays pauvre.

Mais depuis des années, comme d’autres associations et riverains de l’incinérateur de
Salaise, nous nous inquiétons du fonctionnement et des rejets toxiques de cette
entreprise.

Si la transparence est le leitmotiv de la communication de cet industriel, il faut savoir
que la dernière réunion de la Commission Locale d’Information de cet établissement
date de juin 2005, que nous en avons attendu près d’un an le compte-rendu par les
services préfectoraux et que celui-ci s’avère incomplet.
Nous sommes persuadés que seuls les meilleurs résultats sont communiqués.

La Préfecture, en charge de la CLI, n’a pas réuni cette commission en 2006.

Les derniers résultats de mesures des dioxines émises par cet incinérateur à nous avoir
été communiqués datent donc de 2004.

Alors que cette entreprise affiche sa transparence, Séché ne révèle pas certaines
informations, pourtant d’intérêt public, notamment des mesures de dioxines en sortie
de cheminée qui n’ont pas été communiquées en réunion de CLI.

Depuis 2004, nous n’avons pas de rapport d’analyse des rejets dans le Rhône.
Nous n’avons jamais vu de rapport sur les contrôles d’étanchéité des grandes fosses à
déchets qui sont en béton attaquable aux acides et menacent la nappe phréatique.

Les quantités de dioxines (puissant cancérigène, responsables de malformations et
autres graves pathologies) émises par cet incinérateur, ont atteint plus de 400 fois la
norme, (résultats d’analyses non publiés).

Sachant que la durée de vie des dioxines dans le sol est de plusieurs décennies, les
habitants, inquiets de l’augmentation perçue du nombre de cas de cancer aux environs
de cet incinérateur, veulent savoir s’ils peuvent consommer les produits alimentaires
locaux, ou allaiter leurs enfants.

Après des analyses de sols aux résultats alarmants et contradictoires, notre demande
d’une enquête épidémiologique et d’une campagne de mesures de dioxines
indépendante et conduite par les pouvoirs publics, n’a pas été entendue.

M. le Sous-préfet avait pourtant fait une demande en ce sens aux représentants de la
DASS présents en réunion de CLI le 21 juin 05, mais cette demande n’apparaît pas
dans le compte-rendu reçu le 22 mai 06.

 Vivre s’interroge donc sur :

  • la capacité des pouvoirs publics à faire respecter la loi.
  • sur la « transparence » du groupe Seché-Tredi.
    Nous attendons réponse à notre courrier à Séché Tredi posant certaines questions
    concernant le fonctionnement, ou plutôt les dysfonctionnements que nous redoutons,
    de cet incinérateur.

 Nous ne comprenons pas le choix de l’industriel de l’unité n° 2 pour traiter ces déchets toxiques en provenance d’Abidjan :

Ce four traite déjà contractuellement des déchets siliconés avec beaucoup de
difficultés, notamment pour filtrer les poussières produites.

C’est justement ce même four qui avait les plus mauvais résultats en matière de
mâchefers toxiques produits par l’incinération.

Ces résultats ne sont d’ailleurs plus communiqués par l’entreprise depuis 2003, alors
que leur taux d’imbrûlés élevé est significatif du mauvais fonctionnement de cette
installation.

Les gigantesques quantités de fumée qui s’échappent quotidiennement depuis 20 ans
des cheminées de l’incinérateur de Salaise, s’ajoutent à celles qui émanent d’autres
activités polluantes voisines.

La plus proche est l’unité de broyage de métaux appartenant à Guy Dauphin
Environnement (M. Claude Dauphin, directeur de la zone Afrique de l’Ouest de
Trafigura BV, société qui a affrété le bateau ayant transporté ces déchets à Abidjan
est actuellement emprisonné en Côte d’Ivoire).

Pour les habitants, toutes ces fumées manquent de transparence...

VIVRE : Vivre Ici, Vallée du Rhône Environnement Association loi 1901 - N° 0263020747

Coussieux 26140 ANNEYRON

E-mail : vivreici wanadoo.fr


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