Yonne Lautre

« La publicité peut nuire gravement à l’environnement » par L’Alliance pour la Planète

samedi 9 décembre 2006 par Yonne Lautre

Communiqué de presse
Paris, le 4 décembre 2006

L’Alliance pour la Planète fait campagne :
« la publicité peut nuire gravement à lenvironnement »

L’Alliance pour la Planète, collectif de près de 80 mouvements,
associations et ONG, milite pour une meilleure et réelle prise en
compte de l’environnement en France.

Cette semaine, elle engage son
action « Publicité et environnement » afin que soit limité et contrôlé
l’impact de la publicité sur l’environnement et stoppé l’utilisation
abusive de largument écologique :

  • en interpellant les pouvoirs publics et les acteurs professionnels.

Compte tenu de la situation d’urgence écologique actuelle et de la
multiplication des risques graves pour la santé publique due à nos
modes de production et de consommation, l’Alliance pour la Planète
considère quelle est en droit d’exiger des entreprises et des
annonceurs qu’ils respectent la loi et leur propre déontologie en
matière d’environnement.

Pour ce faire, un contrôle efficace des
activités publicitaires est nécessaire.

 Des pratiques de blanchiment écologique

De plus en plus de publicités utilisent abusivement l’argument
écologique pour vanter comme « bon pour l’environnement »
des activités
et des produits en réalité polluants ou dont le bilan écologique est
négatif.

Ces publicités peuvent être abusives voire mensongères, ne
pas respecter la législation, ni même les propres recommandations
écologiques et de développement durable du BVP (Bureau de Vérification
de la Publicité), organisme interprofessionnel d’autodiscipline en la
matière.

Ces publicités, qui ne font souvent que camoufler le peu d’efforts
consentis par beaucoup d’entreprises au regard des enjeux écologiques
actuels, montrent par ailleurs leur peu de volonté et d’empressement à
adopter un comportement écologiquement responsable.

En donnant une
image « verte » à des entreprises, des services et des produits qui ne
le sont pas, ce « blanchiment écologique » (greenwashing) des activités
industrielles et commerciales minimise et banalise la nécessité
impérative de changer nos comportements de consommation.

En outre, ce blanchissement participe directement à la désinformation
des consommateurs et contrecarre les efforts importants de
sensibilisation faits en ce sens par les associations, par les
pouvoirs publics (ADEME par exemple) ; il dilue également la démarche
de progrès déjà initiée par quelques entreprises courageuses.

L’impact environnemental des publicités ne s’arrête d’ailleurs pas au
contenu de leur message
 : de nombreuses publicités sont dommageables
pour l’environnement par nature (prospectus, éclairages « énergivores
 », paysages dégradés, etc.), voire enfreignent manifestement le code
de l’environnement (affichages publicitaires illégaux, par exemple).


Leurs moyens-mêmes de réalisation peuvent aussi être très polluants :

voyages de repérages, déplacements en avion, prises de vues par
hélicoptère*

Aujourd’hui, l’Alliance pour la planète dénonce le caractère
irresponsable de ces publicités ainsi que l’immobilisme du BVP dans la
régulation de ces activités.

Elle saisit les autorités publiques et demande une réglementation de
l’usage de l’argument écologique, un renforcement radical du système
de contrôle des publicités, la limitation des publicités pour les
produits les plus polluants et les plus « énergivores » ainsi que la
limitation de l’impact des activités publicitaires sur l’environnement.

Pour alerter les pouvoirs publics, l’opinion et le secteur
publicitaire, l’Alliance présente sur son site internet
(http://www.lalliance.fr) une sélection de publicités concernées et les
commentaires qui démontrent l’abus de largument écologique au regard de
la loi ou des recommandations du BVP.

 Revoir la réglementation, une nécessité

L’Alliance pour la planète estime nécessaire la mise en place d’une
réglementation de l’usage de l’argument écologique et d’une limitation
des publicités pour les produits les plus polluants ou les plus « 
énergivores ».

En effet, en dépit de son rôle affiché de régulateur,
le BVP - une association des professionnels de la publicité -
n’empêche pas de nombreuses publicités de véhiculer un discours
trompeur construit sur l’argument écologique. Les recommandations
faites par le BVP ne sont pas contraignantes pour l’annonceur. Leur
violation n’implique aucune sanction.

De ce fait, l’Alliance pour la planète demande que soit institué un
organisme public indépendant doté de l’autorité et des moyens
nécessaires pour sanctionner les dérives de la publicité en matière
d’environnement.

Cette campagne « Publicité et environnement » est portée par 34
associations, membres de l’Alliance pour la Planète
.

Action Consommation

Adéquations

ADOME

Agir pour l’Environnement

Agrisud

Alliance Terre et environnement

Amis de la Terre France

APREIS

Arutam

Association de Coopération Sociétale

Blue Initiative

CNIID

C*ur de Forêt

Collect-IF

EcoForum

Ecolo Café

Ecologie sans frontière

Fondation Nicolas Hulot

France Nature Environnement

Good Planet

Greenpeace France

L’Age de Faire

NégaWatt

Mains d’oeuvre

MDRGF

NégaWatt

Objectif

Bio

Paroles de Nature

Réseau Action Climat (RAC)

Réseau Cheminements

Résistance à lagression publicitaire (R.A.P.)

Syndicat des simples

Tchendukua

WWF-France


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