Yonne Lautre

« Lettre ouverte à Monsieur le Préfet de l’Yonne » par le Président du Comité de Soutien contre la Destruction de la montagne de Verre de Guillon

vendredi 10 août 2007 par Yonne Lautre

Comité de Soutien
contre la Destruction de
la montagne de Verre
de GUILLON
Le Président De l’association à
Préfecture de l’Yonne
1 place de la Préfecture -
89016 Auxerre Cedex

Monsieur le Préfet de l’Yonne

Guillon le 28/07/2007

Objet : Extension de la carrière de GUILLON

Monsieur le Préfet,

J’ai l’honneur de vous exposer ce qui suit, au nom de l’association que je préside.

Nous sommes assez nombreux à découvrir aujourd’hui qu’au terme d’une enquête d’utilité publique ouverte du 11 septembre au 11 octobre 2006, un commissaire enquêteur a dressé un procès-verbal le 23 octobre2006 relatif à une demande présentée par la Société ROSA aux fins d’être autorisée à exploiter une carrière à GUILLON.

Bien que l’enquête soit close, nous voudrions solliciter toute votre attention à l’égard de nos préoccupations liées à ce projet. Nous n’avons pas négligé de faire connaître nos questions à temps, en fait nous n’avons pas su qu’une enquête avait lieu. Certains adhérents de notre comité sont d’ailleurs conseillers municipaux de communes du canton : au sein des conseils, la question : êtes-vous d’accord pour l’extension de la carrière ? Ainsi simplement posée n’a pas suscité d’objection.

La montagne de GUILLON constitue pour nous tous, gens de TERRE PLAINE, une unité paysagère composée d’un seul et même plateau,appelé du fait de ses 2 parties depuis des siècles, la Montagne de Verre et le Montfault. Du sud au nord, le granit du Morvan fait place à la dépression liasique de la TERRE PLAINE où s’écoule le SEREIN puis aux plateaux calcaires au nord. Ce sont les premières couches calcaires au nord du Morvan, reposant sur des marnes liasiques : c’est un beau paysage, d’un intérêt géologique évident. La partie du plateau appelée Montfault présente un grand intérêt quant à sa flore et à sa faune propres aux pelouses calcaires sèches de Bourgogne, lieux protégés en maints endroits dans notre région, notamment grâce à l’action du Conservatoire des sites naturels bourguignons. Le plateau de la Montagne de Verre était boisé avant qu’il ne soit en grande partie rasé par l’exploitant de la carrière.

C’est un paysage qui nous est cher, nous ne souhaitons évidemment pas sa destruction alors que le projet fait état d’un environnement sans intérêt.

La qualité de l’eau nous paraît avoir été très insuffisamment étudiée. Madame le Maire de GUILLON s’est justement inquiétée de l’incidence de l’exploitation de la carrière sur la qualité de l’eau, particulièrement celle de la source des ajoncs (30 m3 par jour), actuellement caractérisée par sa turbidité.

Le projet du pétitionnaire s’appuie sur une étude d’un cabinet dans laquelle il est affirmé qu’il n’y a pas de nappe aquifère, qu’il n’y a pas de relation entre le captage de la source et l’exploitation actuelle de la carrière, que les marnes épaisses de 50 mètres protégent la qualité de l’eau et qu’on ne saurait imputer cette turbidité à l’exploitation ;le projet précise d’ailleurs qu’aucune mesure ne sera prise du fait de la non incidence hydrologique de la carrière(cf. p 26), bien qu’il soit écrit un peu avant(cf. p 21) qu’une pollution par infiltration, chimique ou physique, est possible, notamment par hydrocarbures.

Ces questions d’hydrologie nous paraissent avoir été abordées à la légère et restent pour le moment sans réponse sérieuse. L’extraction sur ce plateau sur une surface de 29 hectares de 120000 à 150000 tonnes de roches par an sur 13, 15 et 26 mètres de profondeur ne peut être sans incidence sur l’hydrologie du lieu.

Madame le Maire de GUILLON, cherchant à expliquer la cause de la turbidité de l’eau de la source, évoque le rôle que pourraient avoir joué d’importants remblais de terre, ce qui pose la question des déchets. Des déchets, constitués de terre mais aussi de matériaux routiers, semble-t-il, ont été déversés en certains endroits de la carrière, sans autorisation. L’exploitant a-t-il l’intention de se donner à nouveau cette liberté ?

Le projet présenté comme une importante mais simple extension d’exploitation comprend l’installation d’une centrale mobile d’enrobage à froid de matériaux routiers, avec un traitement journalier estimé entre 100 et 1500 tonnes et, pour ce faire, la mise en place d’un dépôt de goudron.

Alors que les différents impacts causés par l’exploitation et l’extraction des roches calcaires ont été répertoriés dans le projet, aucune note ni étude ne fait état des impacts induits du fait du fonctionnement d’une centrale d’enrobage à froid. L’utilisation de goudron pose évidemment des questions relatives à l’environnement et singulièrement en matière d’hydrologie. Une étude des conditions d’exploitation de cette centrale s’impose. Est-il d’ailleurs envisageable qu’une telle centrale fonctionne au sein d’une carrière, et en vertu de quelle réglementions ?

Pour des raisons économiques et sociales, nous ne nous opposons pas au projet d’extension de la carrière, sachant pourtant quels impacts durables ces exploitations ont et auront sur l’environement. Nous ne voulons pas qu’elle soit conduite n’importe comment et aboutisse à une destruction de notre paysage et à une dégradation de notre milieu de vie.

En ce qui concerne le bruit et les vibrations, il n’est pas exact comme le projet l’affirme que ceux-ci ne soient pas perceptibles en dehors de l’enceinte de la carrière ; les habitants de Montot, Périgny et Courterolles situés en contrebas les perçoivent malheureusement bien, ce qui à l’évidence porte atteinte à leur qualité de vie.

De même, le projet indique que la carrière ne s’inscrit dans aucun périmètre d’intérêt patrimonial ni archéologique alors que chacun sait qu’elle est tout à fait visible depuis la collégiale de Montréal, par exemple, et depuis d’autres lieux également, et que la Montagne de Verre présente un intérêt certain d’un point de vue archéologique et spéléologique, avec ses vestiges de murs, de tumulus et un gouffre parfaitement connu des spécialistes de la spéléologie.

Par ailleurs, la remise en état à laquelle est contraint l’exploitant n’est pas suffisamment précisée. Qui contrôlera le réaménagement prévu, au fur et à mesure de l’avancée sud nord ? Des plantations groupées d’arbres sont prévues sur 450 mètres sur la façade sud, sud-ouest, mais cette longueur paraît très minime eu égard à la longueur de la carrière et ce, quand bien même l’exploitation est menée en « dent creuse ».Quant au verdissement du haut du front de taille, nous ne comprenons ce que cela signifie.

J’ai l’honneur, Monsieur le Préfet, de vous confier nos inquiétudes relatives à l’exploitation de la carrière de GUILLON et je vous prie de croire en l’expression de nos salutations distinguées.

Pour le Comité
Le Président : Jean-Pierre BESSIN

http://monsite.orange.fr/guillon89/

Je vous transmets en pièce jointe une pétition à imprimer sous PDF.

Par contre une fois remplie et signée vous pouvez la scanner et nous la faire parvenir sur notre courriel :
leopussycat orange.fr

Les photocopies sont autorisées.


titre documents joints

Pétition à imprimer

11 août 2007
info document : PDF
17.4 ko

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