Yonne Lautre

« Le transfert génétique horizontal se produit bel et bien à partir des OGM » par le Dr Mae-Wan Ho et le Professeur Joe Cummins, traduction de Jacques Hallard

mardi 15 avril 2008 par Cummins Joe Pr, Hallard Jacques, Ho Mae-Wan Dr

Des données récentes confirment que l’ADN transgénique se déplace vers des espèces de bactéries et même vers des plantes et des animaux, comme certains d’entre nous l’avaient prédit dans le passé, nous rappellent le Dr. Mae-Wan Ho
et le Professeur Joe Cummins Joe Cummins


Communiqué de presse de l’Institut ISIS en date du 10/03/2008

Une version entièrement référencée de ce rapport, intitulé Horizontal Gene Transfer from GMOs Does Happen, est accessible sur le site suivant www.i-sis.org.uk/horizontalGeneTransfer.php:

Une version électronique de ce rapport, ou tout autre rapport d’ISIS, avec les références complètes, peut vous être envoyée par e-mail moyennant un don de £ 3,50.
S’il vous plaît, demandez par e-mail avec le titre du rapport sur le site : report i-sis.org.uk

 

Le génie génétique, le transfert génétique horizontal et l’émergence de maladies infectieuses

Le génie génétique crée de vastes motifs d’ADN transgénique qui sont susceptibles de se propager, non seulement par pollinisation croisée avec les mêmes espèces ou des espèces apparentées, mais aussi grâce à l’absorption directe de l’ADN transgénique par les cellules d’espèces qui ne sont pas apparentées, selon un processus appelé transfert génétique horizontal.

Nous avons alerté les autorités chargées de la réglementation et des contrôles de ce risque caché que constitue le transfert génétique horizontal Horizontal Gene Transfer - The Hidden Hazards of Genetic Engineering [1] ; nous l’avons réitéré à plusieurs reprises depuis la fin des années 1990 [2-4] (Genetic Engineering Dream or Nightmare, Publication ISIS), lorsque les organismes de réglementation et leurs conseillers scientifiques avaient nié avec véhémence que le transfert génétique horizontal pouvait se produire : ils supposaient alors à tort que l’ADN transgénique, à l’instar de tout ADN, serait rapidement dégradé, lorsqu’il se trouverait en dehors des cellules vivantes.

Dans une étude publiée en 1998 [5], nous avons présenté de nombreuses preuves que l’ADN persiste dans tous les milieux et qu’il peut en effet être repris et absorbé par les cellules chez de nombreuses espèces du monde vivant.

Nous avions alors demandé une enquête publique pour examiner dans quelle mesure la dispersion, très mal réglementée, des organismes transgéniques et des acides nucléiques transgéniques dans l’environnement, pourrait se trouver responsable d’une augmentation de l’apparition de nouvelles maladies virales et bactériennes, résistantes aux antibiotiques et à d’autres médicaments et cela depuis le début du génie génétique dans le milieu des années 1970.

Le transfert génétique horizontal et les recombinaisons sont les principales voies pour générer de nouveaux agents pathogènes ; l’extension des résistances à des antibiotiques et à d’autres médicaments, ainsi que le génie génétique, n’y sont peut-être pas pour rien et ils ont pu faciliter grandement le transfert génétique horizontal et les recombinaisons.

  L’ADN transgénique est différent de l’ADN naturel et plus enclin à se propager

Fréquemment, les autorités chargées de la réglementation rejettent nos préoccupations avec des remarques telles que « L’innocuité des acides nucléiques est largement admise.

Les ARN et ADN font tous deux partie de tous les produits alimentaires que nous consommons.“ [6] ( USDA FONSI for Transgenic Poplars Absurd & Dangerous , SiS 38). "

L’argument est que l’ADN transgénique (ou l’ARN) n’est pas différent des acides nucléiques naturels et qu’il ne présente dons pas plus de risques de se propager par transfert génétique horizontal.

Il ne fait aucun doute que l’ADN transgénique est différent de l’ADN naturel, non seulement parce qu’il contient de nouvelles combinaisons génétiques, mais aussi de nouveaux gènes synthétiques qui n’ont jamais existé au cours des milliards d’années d’évolution des espèces vivantes : de nouvelles séquences codantes, des promoteurs et d’autres séquences régulatrices non codantes qui stimulent l’expression des gènes à des niveaux anormalement élevés.

En outre, il existe en effet de bonnes raisons de soupçonner que l’ADN transgénique est plus enclin à se recombiner par transfert génétique horizontal que l’ADN naturel (voir l’encadré ci-joint, adapté d’une publication ISIS intitulée Living with the Fluid Genome [7] ; et cela a été confirmé par une accumulation de preuves, même si les recherches scientifiques qui y sont consacrées sont encore extrêmement rares.

  L’ADN transgénique est plus enclin que l’ADN naturel à se propager selon le mode horizontal [sans passer par la voie sexuée]

1.
L’ADN transgénique est conçu pour sauter et s’installer dans les génomes, souvent par le biais de vecteurs, composés de plasmides d’origine virale ou bactérienne, plasmides vecteurs qui peuvent s’intégrer dans les génomes.

2.
L’ADN transgénique a tendance à être structurellement instable et donc sujet à se rompre et à se réassembler, ce qui donne lieu à de nombreuses délétions, à des duplications et à d’autres remaniements au cours du processus de transformation, qui se répandent dans le génome hôte et ceci est en partie responsable de l’instabilité des variétés transgéniques [8, 9] (voir les articles Transgenic Lines Unstable hence Illegal and Ineligible for Protection et MON810 Genome Rearranged Again, Stability of All Transgenic Lines in Doubt, dans la revue SiS 38).

3.
Les mécanismes qui permettent aux constructions transgéniques de sauter dans le génome, leur donne la possibilité de sauter à nouveau ultérieurement et de se réinsérer ailleurs, sur un autre site ou dans un autre génome.

4.
Les bordures d’accompagnement les plus couramment utilisées comme vecteur pour les plantes transgéniques, l’ADN-T d’Agrobacterium, constituent des « points chauds » ou « hotspots » de recombinaison (des sites qui ont tendance à se casser et à se rejoindre).

En outre, un « point chaud » de recombinaison est également associé avec le promoteur du virus de la mosaïque du chou-fleur (CaMV) et avec de nombreux terminateurs de transcription, ce qui signifie que l’ADN intégré, dans son ensemble ou en partie, aura une propension accrue pour reproduire de nouveaux transferts génétiques horizontaux et des recombinaisons (voir dans le texte principal).

5.
Le vecteur Agrobacterium restant dans les plantes transgéniques peut être un vecteur pour une dispersion des gènes et il peut très facilement transférer des gènes vers de nombreuses bactéries, ainsi que vers des cellules humaines (voir dans le texte principal).

6.
Les constructions transgéniques ont tendance à s’intégrer à des « hotspots » de recombinaison dans les génomes, ce qui encore une fois, aurait tendance à augmenter les probabilités pour qu’ils se désintègrent et se transfèrent de façon horizontale [8].

7.
L’ADN transgénique a souvent d’autres signaux génétiques, tels que l’origine de réplication, qui est héritée du plasmide utilisé comme vecteur.

Ce sont également des points chauds de recombinaison et qui, en plus, peuvent permettre à l’ADN transgénique de se reproduire indépendamment comme un plasmide et ce dernier est aisément transféré horizontalement vers des bactéries et d’autres cellules.

8.
Le stress métabolique exercé sur l’organisme hôte en raison de la surexpression continue des transgènes, liée à des promoteurs agressifs comme le CaMV 35S, permettra également d’augmenter l’instabilité de l’ADN transgénique, ce qui facilite, là encore, le transfert génétique horizontal.

9.
L’ADN transgénique est généralement une mosaïque de séquences d’ADN copiées à partir de différentes espèces et de leurs parasites génétiques ; ces homologies signifient que l’ADN transgénique sera plus enclin à se recombiner avec ces éléments, et avec succès, pour se transférer vers les génomes de beaucoup d’espèces et de leurs parasites génétiques.

Une recombinaison homologue survient habituellement à une fréquence d’un millier à un million de fois, par rapport à la fréquence d’une recombinaison non homologue ; et des points d’ancrages constitués de courtes séquences homologues pourraient servir pour l’acquisition de séquences non homologues (voir texte principal).

 CaMV 35S est actif dans toutes les espèces, y compris dans les cellules humaines

En 1999-2000, nous avons alerté nos organismes chargés de la réglementation à propos du promoteur CaMV 35S qui est dans la quasi-totalité des plantes transgéniques mises en marché et commercialisées.

Ce promoteur constitue un signal qui est nécessaire pour qu’un gène s’exprime et il est utilisé dans beaucoup de transgènes.

Il est un « point chaud » de recombinaison (ou « hotspot » en anglais) (fragmentation) qui est susceptible de favoriser le transfert horizontal de l’ADN transgénique, en rendant l’ADN transgénique et les lignées transgéniques instables [10, 11].

En outre, et contrairement à l’hypothèse communément admise selon laquelle le promoteur 35S CaMV est uniquement actif dans les plantes et les organismes semblables, ce promoteur est en effet actif dans des espèces variées à travers le monde vivant, y compris dans les cellules animales et humaines [12].

En conséquence, ce promoteur a la possibilité d’activer des virus dormants et de déclencher certains cancers, s’il arrive qu’il s’insère à proximité de certains proto-oncogènes, des séquences qui sont liées aux cancers.

Depuis cette époque, il a été démontré que le promoteur CaMV 35S est actif dans des cellules humaines de type entérocytes [13].

Et la preuve de l’instabilité des transgènes a également émergé, lorsque le promoteur CaMV 35S est apparu comme un site génétique particulièrement fragile, comme nous l’avions précisément prédit. [14, 15] (Transgenic Lines Proven Instable, SiS 20),

  Le vecteur Agrobacterium constitue un bon moyen pour échanger des gènes

Nous avons également fourni des éléments de preuve qui laissent fortement à penser que la méthode la plus couramment utilisée pour la création de plantes transgéniques peut aussi servir de voie privilégiée pour le transfert génétique horizontal [16, 17].

Agrobacterium tumefaciens, une bactérie du sol qui provoque la maladie de la tumeur du collet chez certains végétaux, a été développée comme un important vecteur de transfert de gène pour la fabrication des plantes transgéniques.

Des gènes étrangers sont généralement greffés dans l’ADN-T - la partie d’un plasmide de A. ttumefaciens called Ti (tumour-inducing) - which ends up integrated into the genome of the plant cell that subsequently develops into a tumour.umefaciens appelé Ti (inducteur de tumeur) - qui se retrouve intégré dans le génome de la cellule végétale, avant d’évoluer ensuite pour donner une tumeur.

Mais une enquête plus poussée a révélé que le processus par lequel Agrobacterium injecte l’ADN-T dans les cellules végétales, ressemble fort à la conjugaison, le processus de l’accouplement entre des cellules bactériennes.

La conjugaison, réalisée par certains plasmides bactériens, nécessite une séquence appelée ’origine du transfert’ (oriT) sur l’ADN qui est transféré.

Toutes les autres fonctions peuvent être fournies par des sources dissociées, dénommées « trans-acting- functions" (ou tra).

Ainsi, des plasmides « désarmés », sans « trans-acting-functions« , peuvent néanmoins être transférés par des plasmides »helper« (assistantes, en français) qui portent des gènes codant pour les « trans-acting-functions ».

C’est là que réside la base d’un système vecteur compliqué, qui est ainsi conçu et qui implique l’ADN-T d’Agrobacterium, lequel a été utilisé pour la création de nombreuses plantes transgéniques.

Il est vite apparu que les bordures à droite et à gauche de l’ADN-T sont similaires à oriT, et peuvent être remplacées par cette dernière séquence.

En outre, l’ADN-T désarmé auquel il manque les « trans-acting-functions"
(c’est-à-dire les gènes de virulence qui causent la maladie), peut être aidé par des gènes similaires appartenant à d’autres bactéries pathogènes.

Il semble que le transfert de gènes d’Agrobacterium, qui s’exerçe à travers tous les genres et les espèces vivantes, d’une part, et les systèmes de conjugaison des bactéries, d’autre part, sont tous deux impliqués dans le transport de macromolécules, pas seulement d’ADN, mais aussi de protéines.

Cela signifie que les plantes transgéniques créées par le système vectoriel de l’ADN-T constitue une voie toute prête pour des transferts génétiques horizontaux, par l’intermédiaire d’Agrobacterium, et avec l’aide des mécanismes ordinaires de la conjugaison de nombreuses autres bactéries pathogènes et qui sont présentes dans notre environnement.

En fait, la possibilité qu’Agrobacterium puisse servir de vecteur pour les transferts génétiques horizontaux a été soulevée pour la première fois en 1997, dans une étude parrainée par le gouvernement britannique [18, 19], qui a estimé qu’il est extrêmement difficile de se débarrasser de l’Agrobacterium dans le système vectoriel après la transformation.

Le traitement avec un arsenal d’antibiotiques variés et des cultures in vitro répétées des plantes transgéniques pendant 13 mois, a échoué pour se débarrasser de la bactérie.

En outre, 12,5 pour cent des bactéries Agrobacterium restantes contiennent encore le vecteur binaire (ADN-T et plasmide « helper »), et ces bactéries sont donc tout à fait capables de transformer d’autres plantes.

Agrobacterium transfère non seulement des gènes dans les cellules végétales, mais il a la possibilité de transférer en retour de l’ADN de la cellule végétale vers la bactérie Agrobacterium [20].

Des taux élevés de transfert de gène sont associés au système racinaire des plantes et à la germination des semences, où la conjugaison est plus probable [21].

Là, Agrobacterium pourrait se multiplier et transférer de l’ADN transgénique à d’autres bactéries, ainsi que vers des plantes qui seraient mises en culture à la la génération suivante.

Ces possibilités doivent encore être étudiées de façon approfondie.

Enfin, Agrobacterium est capable de transformer génétiquement plusieurs lignées cellulaires humaines après s’y être fixé [22]. Dans des cellules HeLa transformées et stabilisées (une lignée cellulaire humaine provenant initialement d’un patient cancéreux), l’intégration de l’ADN-T est survenu à la bordure droite, exactement comme ce serait le cas s’il était transféré dans le génome d’une cellule végétale

Cela donne à penser que la bactérie Agrobacterium transforme les cellules humaines par un mécanisme similaire à celui qu’elle utilise pour transformer les cellules des plantes.

La possibilité que la bactérie Agrobacterium soit un véhicule de transfert horizontal de l’ADN transgénique n’est toujours pas résolue à ce jour.

 Les preuves du transfert horizontal du transgène vers les bactéries sont niées et rejetées

En 1999, il était déjà manifeste que le transfert horizontal de l’ADN transgénique pouvait se produire, non seulement en laboratoire, mais également sur le terrain [23].

Malheureusement, les chercheurs ont été beaucoup trop timorés en tant que scientifiques et ils ont fini par nier les preuves prima facie, que l’ADN transgénique avait été transféré horizontalement à partir de plantes à des bactéries du sol [24] et que, par une juste application du principe de précaution, cela aurait entraîné les chercheurs à souligner la possibilité que cela s’était produit et ne pouvait pas être écarté.

Des fréquences élevées de transfert horizontal de l’ADN à partir de plantes transgéniques ont été démontrées pour des bactéries du sol, Pseudomonas stutzeri et Acinetobacter sp.lorsque la plante transgénique présente des séquences homologues (homologies de séquence) d’ADN à celles de la bactérie [25].

Encore une fois, les auteurs ont souligné que le transfert « dépend strictement de séquences homologues », ce qui pourrait donner aux personnes mal informées, une fausse assurance, en oubliant que les constructions transgéniques contiennent des séquences homologues avec de nombreuses espèces différentes de bactéries et de virus et qu’elles sont donc susceptibles de se livrer à un transfert génétique horizontal à des fréquences élevées et à des recombinaisons avec chacun d’entre eux [24].

Nous avons attiré l’attention sur une autre preuve de l’augmentation du transfert horizontal de l’ADN transgénique dans nos études et mémoires [26, 27] (Molecular Pharming par Chloroplast transformation, GM Pharmaceuticals commune de Green Alga, SiS 27) aux autorités chargées de la réglementation et des contrôles à Hawaï, à propos d’un projet d’installation en plein air pour cultiver à grande échelle des souches transgéniques de l’algue Chlamydomonas reinhardtii ; la finalité est de produire une gamme de protéines pharmaceutiques par des transgènes intégrés dans les chloroplastes des algues ; ce fait aboutirait en fait à une augmentation du nombre des copies d’ADN transgénique par cellule.

Nous avons signalé que l’ADN non seulement persiste dans tous les milieux, mais aussi que la transformation par une incorporation directe de l’ADN est l’une des principales voies d’un transfert génétique horizontal entre des souches de bactéries [25].

On peut s’attendre à ce que l’étroite similitude (homologie) qui existe entre les chloroplastes transformés dans le génome de l’algue transgénique C.Reinhardtii, d’une part, et les génomes bactériens, d’autre part, contribue encore à augmenter la fréquence du transfert génétique horizontal, pouvant aller jusqu’à un milliard de fois.

En fait, les chercheurs de l’Université d’Oldenburg en Allemagne ont démontré que le transfert horizontal de l’ADN non homologuesse produit également à des fréquences relativement élevées quand une ’séquence d’ancrage’ homologue d’ADN est présente, et qui peut être aussi courte que 99 bp paires de bases] [28].

Dans une étude publiée en 2004, les chercheurs ont énuméré au moins 87 espèces de bactéries qui peuvent être naturellement transformées [29], ce qui représente 2 pour cent de toutes les espèces connues.

Par ailleurs, de l’ADN transgénique peut se propager non seulement par les racines et les débris végétaux, ou encore le pollen, mais aussi par la migration vers des espaces où des plantes transgéniques n’avaient jamais été cultivées.

Les auteurs ont même mis au point une technique de biosurveillance pour la détection d’ADN transgénique qui est basée sur la transformation d’une souche de bactéries compétentes qui dépend d’un événement de double enjambement (double cross-over en anglais) entre l’ADN transgénique et le chromosome bactérien ; à noter que cet événement est théoriquement beaucoup plus rare que l’enjambement simple (single cross-over en anglais).

Néanmoins, la technique de biosurveillance est au moins aussi sensible que la méthode utilisée de réaction en chaîne par polymérase (PCR en anglais) pour détecter des quantités infimes d’ADN, ce qui indique bien que le transfert horizontal de l’ADN transgénique n’est vraiment pas un événement rare.

Ceci entre en conflit avec leur conclusion dans la même revue selon laquelle « chacune des nombreuses étapes de la libération d’ADN intact à partir d’une cellule végétale et son intégration vers un génome de procaryote, présente une si faible probabilité que la réussite d’un événement de transfert [est] extrêmement rare. »

Les chercheurs de l’Université de Cardiff au Royaume-Uni ont confirmé que le transfert horizontal de l’ADN transgénique survient à des niveaux détectables en utilisant un système similaire [30].

La séquence transgénique de la résistance à la kanamycine (nptII) et la protéine verte fluorescente (gfp) ont été conduites par leurs propres promoteurs bactériens.

Les bactéries réceptrices portaient une copie de ces deux gènes avec des délétions au niveau de leurs terminaisons 3’, ce qui supprimait leur activité comme marqueur.

Une recombinaison réussie entre le transgène végétal et le génome bactérien aboutit à la restauration des marqueurs, ce qui permet alors la détection grâce à une sélection par l’antibiotique et par la fluorescence.

Des fréquences de transformation mesurables ont été obtenues dans des conditions de plus en plus complexes, qui se rapprochaient des conditions dans un sol.

Dans des microcosmes de sols stériles, la transformation a été détectée en utilisant l’ADN végétal pur à 3,6 x 10 -8 et des feuilles de base à 2,5 x 10 -11 transformants par receveur ; pour les sols non stériles la détection a été possible en utilisant de l’ADN végétal pur et à la fréquence de 5,5 x 10 -11 transformants par receveur.

Les évidences ont continué de s’accumuler par la suite [31] Horizontal Gene Transfert Happens - II, ISIS Report), indiquant que l’ADN transgénique se trouvant dans l’alimentation humaine et animale peut être transféré dans les cellules animales et humaines [32] (DNA in GM Food & Feed, SiS 23).

Plusieurs études ont prouvé que la survie de l’ADN dans l’alimentation humaine et/ou animale, à travers le tractus intestinal chez les souris et les porcs [33, 34 et les références qui y sont incluses], dans le rumen des moutons [35] ainsi que dans le rumen et le duodénum des bovins [36], avec des variations diverses selon la sensibilité des méthodes de réaction en chaîne par polymérase (PCR en anglais) qui étaient utilisées.

Dans le seul essai d’alimentation avec des êtres humains volontaires [37], un seul repas contenant du soja GM avec environ 3 x 1012 copies du génome de soja, le gène epsps complet de 2.266 bp [paires de base] a été retrouvé dans la poche de colostomie dans six des sept sujets qui avaient subi une iléostomie, mais à des niveaux très variables, allant de 1011 exemplaires (3,7 pour cent) chez un sujet à 105 exemplaires dans un autre.

Ceci indique nettement que l’ADN n’est pas rapidement dégradé dans le tube digestif, ce qui confirme les résultats antérieurs du même groupe de recherche.

Chez trois des sept sujets qui avaient subi une iléostomie, environ 1 à 3 par million de bactéries mises en culture à partir du contenu du sac de colostomie ont été positifs pour le transgène du soja transgénique, ce qui indique que le transfert horizontal de l’ADN transgénique a eu lieu, soit avant la prise de ce repas, comme cela a été affirmé, ou bien encore comme le résultat de cette unique prise d’un aliment avec du soja GM [génétiquement modifié], une possibilité qui ne peut pas être exclue [32].

Un fait intéressant à relever : aucune bactérie n’a été détectée comme ayant intégré de l’ADN de soja non transgénique, ce qui, suggère que l’ADN transgénique pourrait être transféré avec plus de succès pour les raisons données ci-dessus.

Il n’a pas été retrouvé d’ADN transgénique dans les fèces de l’un des 12 volontaires sains qui ont été testés.

Soit le reste de l’ADN a été complètement dégradé comme cela a été indiqué par les chercheurs, soit les fragments détectables sont tous passés de l’intestin dans la circulation sanguine [31].

Les chercheurs n’ont pas vérifié la présence d’ADN transgénique dans la circulation sanguine.

On sait déjà que les aliments peuvent atteindre les lymphocytes en entrant directement dans la paroi intestinale, à travers les plaques de Peyer.

Par ailleurs, des fragments d’ADN végétaux ont été détectés dans des lymphocytes du système sanguin périphérique chez la vache [38].

A partir du sang, l’ADN peut être transporté vers les cellules tissulaires et être absorbé celles-ci, ce qui a été démontré lors des expériences qui remontent à la fin des années 1990.

De l’ADN transgénique et de l’ADN viral, donnés à manger à des souris, ont abouti dans les cellules de plusieurs tissus [39] et lorsque ces ADN furent ingérés par des souris gravides, l’ADN a traversé le placenta et est entré dans les cellules du foetus et le nouveau-né [40].

Enfin, de l’ADN provenant de plantes alimentaires, après ingestion, a également été absorbé et se retrouve dans les tissus cellulaires [41].

En résumé, ces éléments de preuve démontrent que le transfert horizontal de l’ADN transgénique se produit bel et bien et que ce phénomène s’est produit aussi bien dans le sol et que dans le tractus gastro-intestinal, mais beaucoup de scientifiques sont incapables de l’admettre ou refusent de reconnaître ces faits, ou bien ils les rejettent en disant que ces évènements ont une « faible probabilité » et qu’ils sont « extrêmement rares ».

Mais de récentes données montrent que ces évènements ont été largement sous-estimés.

  Il est évident que les transferts génétiques horizontaux de l’ADN transgénique ont été largement sous-estimés

Une équipe de chercheurs dirigée par Aurora Rizzi à l’Université de Milan, en Italie, a élaboré une stratégie de détection du phénomène de transformation chez la bactérie du sol Acinetobacter baylyi BD413 in situ par l’expression de la protéine fluorescente verte (gfp) [42].

Les bactéries transformées, qui se développent sur des tissus végétaux, peuvent être observés et comptés directement à l’aide d’un microscope à fluorescence.

En utilisant cette méthode, les chercheurs ont montré que les méthodes conventionnelles, basées sur la culture et la sélection des transformants sur des plaques d’agar contenant des antibiotiques, sous-estimaient les fréquences de transformation d’au moins une centaine de fois.

L’étape de culture avec étalement sur des plaques d’agar détruit le matériel original, de sorte qu’aucune information ne peut être obtenue sur l’emplacement précis d’événements résultant du transfert de gènes ou de l’interaction entre les bactéries et le matériel transformé, y compris le donneur d’ADN.

Donc, il n’est pas possible de localiser les « points chauds » de transformation dans un environnement complexe, tel que le sol, ou au sein des plantes. En outre, les techniques conventionnelles d’étalement sur gel d’agar ne permettent d’isoler que des cellules qui peuvent être cultivées (ce qui constitue probablement moins d’un pour cent des microorganismes qui vivent dans le sol) .

La souche qui sert de marqueur est conçue avec une protéine fluorescente verte (gfp), qui n’est pas exprimée en raison d’une suppression qui comprend son promoteur, alors qu’elle est présente dans l’ADN transgénique.

Donc, quand la partie indispensable de l’ADN transgénique est transférée dans la bonne position - elle le fera parce que la zone de délétion est flanquée de séquences homologues de l’ADN transgénique - la protéine gfp s’exprime et illumine les cellules sous le microscope à fluorescence.

Avec cette technique, les chercheurs ont localisé les sites des évènements de transformation sur une membrane filtrante ainsi que dans des feuilles et des racines de tabac en décomposition.

Les fréquences de transformation mesurées étaient au moins de deux ordres de grandeur plus élevée que les fréquences précédemment observées par la méthode de mise en culture par étalement.

Dans les feuilles en décomposition, les cellules transformées sont situées dans les interstices situés entre les cellules de l’épiderme, à la surface des feuilles, et à proximité des stomates (pores qui servent aux échanges gazeux) à la frontière avec les autres cellules de l’épiderme.

Des bactéries transformées ont également été observées à la surface des racines.

  Les transferts génétiques horizontaux vers des génomes de plantes et d’animaux peuvent se produire, et même à des fréquences plus élevées que les transferts vers les bactéries

Alors que les chercheurs qui travaillent sur la prévention des risques biotechnologiques ont été axés sur le transfert génétique horizontal à partir des plantes vers les bactéries, une preuve est en train d’émerger et qui suggère que les génomes des plantes supérieures et des animaux pourraient bien être des cibles encore plus faciles pour le transfert génétique horizontal.

Il se pourrait bien que l’ADN transgénique soit incorporé et se retrouve dans les cellules des plantes et les animaux, donc chez des êtres humains qui se nourrissent de plantes.

Nous avons mis en garde contre cette possibilité, au moins depuis 2001, lorsque des expériences conduites en ‘thérapie génique’ - pour l’élaboration de cellules humaines transgéniques - montraient à quel point il était facile pour des constructions transgéniques d’être incorporées dans des cellules humaines et animales [43]

Maintenant, les informations provenant de l’espèce Arabidopsis et du riz transgéniques, avec des génomes séquencés, montrent que des vestiges, correspondants à d’énormes quantités de virus, de transposons, de rétroéléments, d’ADN chloroplastiques et d’ADN mitochondriaux se trouvent dans ces organismes et dans d’autres génomes séquencés ; ces éléments ont fini par persuader les généticiens [44] que « les génomes nucléaires des plantes, comme ceux des autres eucaryotes, sont propices à l’intégration de l’ADN non homologue ».

Les « recombinaisons illégitimes », qui sont une rareté dans les procaryotes, sont la principale voie pour l’intégration d’un transgène chez les eucaryotes.

En d’autres termes, les génomes eucaryotes, y compris le génome humain, intègrent beaucoup plus facilement de l’ADN étranger que les génomes bactériens.

Nous avons précisé quelles pourraient être de telles conséquences [43] : les mutations d’insertion dont le cancer, l’activation des virus dormants et la recombinaison avec des séquences virales dans les génomes susceptibles de générer de nouveaux virus.

Des recherches menées au cours de ces dernières années, ont également permis de découvrir des quantités importantes d’ADN et d’ARN circulant dans le sang périphérique, et qui sont activement sécrétées par les cellules vivantes et qui sont tout à fait capables de transformer d’autres cellules [45, 46].

Les acides nucléiques semblent jouer un rôle dans la progression de la maladie et les métastases du cancer.

Chez les plantes également, circulent des acides nucléiques endogènes ou étrangers [47], qui semblent agir comme des messagers intercellulaires.

Il y a, par conséquent, une réelle possibilité pour que l’ADN transgénique puisse être transmis vers des plantes par les insectes, ainsi que par des bactéries du sol ; ainsi de l’ADN provenant d’aliments transgéniques pourrait bien se retrouver dans le sang périphérique et pénétrer dans les cellules [45].

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