Yonne Lautre

« Humeurs poétiques » par Méluzine d’Auxerre

mercredi 4 octobre 2017 par Méluzine d’Auxerre

 Bulle

Une bulle qui danse
Bien ronde et bien légère
Pour nous faire oublier
Les heures noires de l’existence.
Une bulle de lumière
Qui se joue de nos regards
Et s’en va danser plus loin
Aux fins fonds de l’Univers.
Elle s’envole et nous échappe
Et nous courons après elle
Pour voir ce qu’il y a dedans
Avant que la mort nous rattrape …
Qu’elle soit bleue ou qu’elle soit blanche
Ou de toute autre couleur
Elle renferme le mystère
Qui régit nos existences.
On voudrait la caresser
Du regard ou de la main
Pouvoir lire à sa surface
A quoi nous sommes destinés …

Méluzine D’Auxerre
(Vendredi 29 Décembre 2006)
(Auxerre)

 Aimer

Ce sont deux mains qui se donnent
C’est un sourire qui naît
C’est un regard qui s’échange
C’est un moment de magie
Que l’on grave au fond du coeur.

Ce sont des pas sur le sable
Ou bien des draps froissés
Quelques murmures dans l’ombre
Qui conjuguent le verbe Aimer.

C’est la marque d’un baiser
Qui nous rafraîchit l’âme
Et dont on se souvient
Jusqu’à l’heure du grand départ.

C’est juste un petit mot
Que l’on cache dans un livre
Ou quelques fleurs séchées
Qui nous font voyager.

Je te les offre
Tout simplement
En signe d’Alliance ...
Je te les offre
Encore une fois
Jusqu’à mon dernier souffle …

Méluzine D’Auxerre
(2006)
(Epineau-les-Voves)

 Une larme

Une larme
Coule sur mon visage
Et me voilà sans arme
A genoux devant son image.
Et mon coeur qui se vide
Peu à peu de son sang
Rend mon front si livide
Et tout mon corps tremblant.
J’ai tant perdu
Mes mains sont vides
Puisqu’il n’est plus
Et que mes rides
Ne se comptent plus.
Rien qu’une larme
Pour me redire
Combien de charme
Avait son sourire.
Ma vie s’en va
Puisqu’il est l’heure
J’ai tout vécu
Même la douleur
Mais son image
Vient me chercher
Pour le voyage
Tant espéré.
J’ai sa musique
Au fond du coeur
Un chant lyrique
Pour un Ailleurs
Hypothétique.
Si les années
Et leurs leçons
M’ont apporté
Bien des raisons
De l’espérer ...
C’est un grand saut
Vers l’inconnu
Que je vais faire
Tenant sa main
Lui qui n’est plus ..
Je le regarde
Je lui souris
Puisqu’il m’apporte
Un doux message
De fin de vie.
Si je m’en vais
Ne pleurez pas
La mort est douce
Puisqu’il est là.
Toutes ces années
Tous ces soupirs
Pour ne revoir
Que son sourire.
La mort m’est douce
Puisqu’elle m’emporte
J’ai attendu
Tellement d’années
Devant la porte.
Ce n’est que mon grand âge
Qui ce soir éteint
La lumière de mes yeux
Et referme mes mains.
La route fut longue
Sur cette Terre
Et chaque seconde
Fut un calvaire.
La mort m’est douce
Puisqu’elle me rend
Le doux sourire
De mon amant.
La mort m’est douce
Puisqu’elle me donne
Ce qu’elle accorde
A très peu d’Hommes.
C’est mon grand âge
Qui me permet
Le grand voyage
Pour traverser
Et enfin voir
De l’autre côté.

Méluzine D’Auxerre
(Samedi 25 Février 2006)
Epineau-les-Voves)

 Le sommeil de Mélusine

Elle est là, elle se repose
Allongée près de la source
Elle rêve à mille choses
Sous le soleil dans sa course ...
Elle sent la fraîcheur de la terre
Qui lui rappelle celle de la nuit
Là où se jouent tous les mystères
Et où l’on rêve d’Infini ...
La joue posée sur sa main
Elle songe à tout ce qu’elle désire
A des bijoux dans un écrin
Aux plus beaux de ses souvenirs ...
Et sa chevelure éparse
Lui fait comme un bel oreiller
Et sa seule vue dévaste
Le coeur le plus entraîné !
Elle sourit dans son sommeil
A tous les gestes tous les mots
Sous lesquels un coeur s’éveille
Accompagnée par les oiseaux ...
Les plis de sa robe se soulèvent
Par le simple jeu du vent
La voilà presque en tenue d’Eve
Sous un beau ciel rougissant ...
Elle semble si tendre et fragile
Qu’on voudrait bien la protéger
Mais qui a-t-il donc sous ses cils
Qui savent si bien ensorceler
En attendant elle se repose
Allongée près de la source
Et en rêvant à mille choses
On voit briller la Grande Ourse ...
Alors la voilà qui s’éveille
Pleine de promesses ... de sortilèges ...
Et son murmure à notre oreille
Sait nous prendre au plus doux des pièges ...
Elle entre dans le bois maudit
Sans montrer la moindre frayeur
Car son domaine c’est la nuit
Elle va y rejoindre ses soeurs ...

Méluzine D’Auxerre
(Jeudi 16 Février 2006)
(Epineau-les-Voves)

 Solitaire

Les arbres se referment
Derrière mon passage
Pour me protéger
De leurs grands feuillages ...
Et moi je m’en vais
Me promener là-bas
Et je marche seule
A l’abri des bois ...
Je suis invisible
Aux simples curieux
Mais on peut me voir ...
Pourtant ... si on veut !
Si l’on sait attendre
On peut me trouver
Tout près de la source
Où je vais rêver ...
Je m’assois parfois
Contre le grand chêne
Où je me blottis
Quand j’ai trop de peine ...
Mais pour me trouver
C’est presque impossible
A qui ne sait voir
Je reste invisible ...
Car je n’apparais
Qu’aux coeurs méritants
Qui savent regarder
Dans l’âme des gens ...
Je suis un mystère
Ne me cherchez pas
Je suis solitaire
Au fond de mes bois ...
Méluzine D’Auxerre
(Samedi 11 Mars 2006)
(Epineau-les-Voves)

 Silence

Silence ...
Laisser venir les mots
Ecouter la musique du vent
Tendre l’oreille et le coeur
A un souffle léger
Qui peuple la maison !
Qu’a-t-il donc à me dire
Qu’a-t-il donc à m’apprendre
Mystère ...
Je n’ai qu’à recevoir
Comme un cadeau du ciel
Je n’ai qu’à ouvrir mes mains
Pour transmettre à mon tour ...
Alors ... silence !
Laissez-moi écouter les mots de l’ange !
Laissez-moi faire écho à ses paroles !
Laissez-moi recevoir la lumière invisible ...
Chut !
Silence !
Et je vous dirai tout !
Méluzine D’Auxerre
(Epineau-les-Voves)
(Mardi 17 Janvier 2006)

 Quand tu danses pour moi

Je te regarde danser et mon coeur se soulève
Emporté par tes pas qui ne touchent plus terre
Et je deviens rocher ou vague sur la grève,
Lorsque je te regarde, dans la nuit, solitaire ...

Et tes mains qui dessinent à mes yeux mille aurores
Sur la toile invisible de l’espace et du temps,
Me font tout oublier : et mon âge et mon corps
Et toutes les plaies du coeur qu’on retrouve en naissant.

Ce n’est plus toi qui danses c’est le feu dans mes veines
Et tu deviens oiseau, papillon ou sirène,
Sur les ailes du vent, tu deviens châtelaine
D’un royaume inconnu où tu t’en vas sereine.

Blotti contre ta peau moi je danse avec toi
Et tes gestes sont les miens car en fermant les yeux
Je suis tes mains, ton corps, je m’accroche à tes pas,
Je parts pour un ailleurs où je serai heureux.

Méluzine D’Auxerre
(Samedi 10 Décembre 2005)
(Epineau-les-Voves)

 Perdue au milieu des montagnes

Un sommet dans la brume qui s’ouvre peu à peu
Laissant naître le jour qui coule sur les monts
Et les neiges éternelles qu’on voit à l’horizon
Vont faire comme un miroir au soleil radieux.
Une source qui jaillit timide et solitaire
Se frayant un chemin parmi de gros rochers
Les animaux arrivent pour pouvoir s’abreuver
N’y a-t-il donc personne vivant encore sur Terre
Une voix dans le lointain chante doucement sa peine
Mélodieuse et tendre elle raconte son histoire
Elle est jeune elle est belle et ses cheveux sont noirs
Et son sang brûle encore en passant dans ses veines.
Elle n’a pu retenir ces mains si familières
Qui se posaient sur elle en Seigneur et en Maître.
Ces mains qui se perdaient et la faisaient renaître
Au creux de ses velours au creux de sa chaleur
Où est-il donc parti ce grand loup solitaire
Qui dévorait son coeur en y collant le sien
Pourquoi s’en être allé avoir ôté ses mains
Sans avoir eu le temps de quitter cette Terre.
L’écho de ses baisers sonne encore dans la plaine
Etaient-ils donc menteurs ou bien est-ce l’orage
Qui les a éloignés de ce beau paysage
Pour ne pas provoquer les foudres de la haine.
Bien sûr elle n’est pas libre mais pouvait-elle choisir
Entre une vie bien vide et des promesses d’amour
Pourquoi a-t-il eu peur d’un départ sans retour
Perdu contre sa peau pour goûter le plaisir.
De quoi a-t-il eu peur des autres ou de lui-même
Ne voulait-il donc pas éprouver cette faiblesse
Que goûtent les amants en une simple caresse
Alors il est parti pour ne pas dire je t’aime.
Abandonnée elle pleure auprès de la fontaine
Ses longs cheveux défaits lui faisant comme un voile
Un peintre lui donnerait vie sur l’une de ses toiles
L’emporterait au loin et en ferait sa reine.

Méluzine D’Auxerre
(Jeudi 08 Décembre 2005)
(Epineau-les-Voves)

 Entre mes doigts

Entre mes doigts s’écoule
La mémoire de la Terre
Que chaque goutte contient.

Devant mes yeux s’éveillent
Tous les Soleils à venir
Et ceux qui se sont éteints.

Je regarde le sable
Et j’en perds l’équilibre
En pensant au grand nombre
De mémoires qu’il contient.

Je regarde les vagues
Qui soudain me submergent
Et m’emportent avec elles
Dans le grand tourbillon.

Où vais-je me poser ?
Sur quelle plage déserte ?
Aux pieds de quelle ville ?

Moi je ne cherche plus
A avoir des réponses
Je me laisse entraîner
Pris dans le mouvement.

Quel rivage inconnu
Sera mon port d’attache ?
Que vais-je y découvrir ?
Peu importe après tout !

Puisque je m’émerveille
Et j’ai tout à apprendre ...

Méluzine D’Auxerre
(Jeudi 09 mars 2006)

 Quand tu lavais à la source

Quand tu lavais à la source
L’air était bien plus pur
Quand tu lavais à la source
Et contemplais la nature.
Tu regardais couler tes jours
Sans te poser de questions
Quand tu lavais à la source
Il n’y avait pas les avions ...
On attendait les nouvelles
Venues de l’autre bout du monde ...
Ce qui mettait des années
Prend aujourd’hui des secondes !
On ne regarde même plus
L’eau s’écouler doucement ...
On laisse tourner les machines
Car on est pris par le temps !
Quand tu lavais à la source
Des rires répondaient en écho
Car d’autres mains que les tiennent
Etaient plongées dans l’eau ...
Et les secrets s’échangeaient
Parmi les femmes du village ...
Aujourd’hui tout est public
Au royaume de l’image !
Méluzine D’Auxerre
(Dimanche 05 Mars 2006)
(Epineau-les-Voves)
(Inspiré par la musique de Medwyn Goodall)

 Images d’autrefois

C’est du linge qui sèche aux fenêtres
C’est ta voix qui chante dans la nuit
C’est le goût du sel sur mes lèvres
Qui ramènent la nostalgie.
Et les mouettes rieuses qui s’envolent
Emportent au loin avec elles
Les accords tristes d’une guitare
Qui déchirent le ciel.
Le vent qui frappe à ma porte
Vient rallumer les souvenirs
Que j’ai laissés sur le sable
Le jour où je t’ai vu partir.
C’est la saveur de cannelle
Que l’on brode sur le riz au lait
Et de l’olive pressée
Dont on arrose les mets
Et les poissons qu’on ramène
La journée achevée
Quand les barques sont pleines
Et les filets relevés.
C’est le raisin dans les vignes
Les champs à perte de vue
Les femmes battant le linge à la source
Tenant des propos décousus.
C’est les couleurs de la fête
Les danses et les prières
L’accordéon ... la mandoline
Et le promeneur solitaire ...
C’est l’église sur la colline
Appelant à la méditation
Et les joueurs du bistrot
Déjà pris de boisson ...
Mais tout cela est si loin
Détruit par les années
L’indifférence des Hommes
Et le béton armé.
Que reste-t-il de tout cela
Où sont passés les oiseaux
Nous avons perdu la Nature
Et la pureté de l’eau !
Méluzine D’Auxerre
(Samedi 04 Mars 2006)
(Epineau-les-Voves)

 Là sous ma fenêtre

Là sous ma fenêtre
Je t’entends chanter
Le jour va renaître
On pourra s’aimer.

Dehors la froidure
Gèle le grand chêne
Et toute la nature
Va briser ses chaînes.

Le ciel s’illumine
Puisque je t’entends
Et que tu devines
Mes gestes tremblants.

J’ouvre ma fenêtre
Pour te voir passer
Et ce soir peut-être
On pourra s’aimer.

Ton chant est prière
Et puis sortilège
Je quitte la Terre
Et mon corps s’allège.

Je ne suis plus là
Car mes pas te suivent
Un bateau s’en va
Il quitte la rive.

Rendez-vous est pris
Ce soir sous la lune
Pour que nos deux vies
N’en fassent plus qu’une.

Et par la fenêtre
Je te vois partir
Tu vas disparaître
Peut-être mourir.

Rendez-vous est pris
Ce soir sous la lune
Pour que nos deux vies
N’en fassent plus qu’une.

Méluzine d’Auxerre
(Jeudi 09 Février 2006)
(Epineau-les-Voves)

 Elle danse la nuit près des sources

Elle danse la nuit près des sources
Quand personne ne la voit
Elle se dévoile toute entière
La nuit au creux des bois.
Elle est femme ... elle est sirène
Et personne ne la partage
Il n’y a qu’elle qui se donne
Bien à l’abri des ramages.
Entends sa voix au loin qui vibre
Elle te chante des sortilèges
D’un seul coup tu n’es plus libre
Et te voilà pris au piège.
Ne crains rien pauvre mortel
Elle redonne tout ce qu’elle prend
Elle n’est jamais infidèle
Au plus noble des serments.
Dans le fleuve de ses cheveux
Tu pourrais perdre ton âme
Et voudrais te réchauffer
A l’ardeur de sa flamme.
Elle se cache solitaire
Au fond des bois et pourtant
On peut voir sa lumière
La nuit au bord des étangs.
Elle est Femme ... elle est Sirène
Elle connaît bien des secrets
Et pour avoir des réponses
Il suffit de l’écouter.
De ses mains elle fait naître
Mille rêves enchanteurs
Pour le solitaire qui passe
Et qui en oublie les heures.
Méluzine D’Auxerre
(Samedi 11 Mars 2006)
(Epineau-les-Voves)

 Elle marche dans la plaine

Elle marche dans la plaine,
Courbée sous le poids des ans.
Elle marche dans la plaine,
En écoutant le vent
Il lui parle d’ailleurs,
Lui parle d’autrefois,
Lui racontant les heures
Où elle était belle pour toi ...
La voilà solitaire,
Abandonnée de tous,
Perdue sur cette Terre,
Ici plus rien ne pousse ...
Elle marche dans la plaine,
Regrettant le passé.
Elle marche dans la plaine
Où vous vous êtes aimés ...
Ce n’est qu’une pauvre femme
Qui n’a plus rien à elle,
Mais quand son coeur s’enflamme,
Elle peut toucher le ciel !
Elle marche dans la plaine
Qui mène aux souvenirs.
Elle marche dans la plaine
Où tu t’es vu mourir ...
Ce n’est qu’un rendez-vous
Avec l’ombre de toi,
Mais pour elle il est doux
Et il guide ses pas ...
Deux ombres vont se rejoindre,
En un point invisible.
Son coeur pourra s’éteindre,
Enfin cesser de vivre ...
Elle a tant attendu
Pour arriver ici !
Son âme s’est perdue,
Emportée par tes cris !
Ce rendez-vous d’amour,
Sera un grand voyage.
Elle pourra pour toujours,
Déposer ses bagages.
Elle marche dans la plaine,
En oubliant le temps.
Elle marche dans la plaine,
Et te voit, là, devant !
Mon Dieu, elle n’a plus d’âge,
Retrouve ses vingt ans.
Il pleut sur son visage,
Elle s’en va ... doucement ...
Elle s’est couchée sur l’herbe,
Elle a fermé les yeux ...
Et sous un ciel superbe,
Elle s’est rendue à Dieu ...
Méluzine d’Auxerre
(Jeudi 02 Février 2006)
(Epineau-les-Voves)

 Cadeau à tous les artistes, connus ou inconnus

Sous tes doigts délicats
Sous tes doigts délicats naissent parfois des merveilles
Que tu dessines d’un fil sur un simple mouchoir
Ecrin d’un pur joyau que tu fais apparaître
Pour nous faire voyager et combler nos regards
Sous tes doigts délicats naissent parfois des rêves
Que tu crées par le jeu de toutes tes mélodies
Comme des mets savoureux que l’on goûte en cachette
De peur qu’un intrus vienne briser leur magie
Et ces bouquets changeants que tu déposes sans mal
Sur un bout de papier nous semblent si précis
Que l’on sent leur odeur ... on caresse leurs pétales
Et voudrait les offrir aux êtres qu’on chérit
De tes mains ... de ton âme
Du simple souffle de vie
Tu inventes et fais renaître
Les couleurs du Paradis
Si on te nomme Artiste
C’est justice infinie
Même si tu fais tout ça
Dans un pauvre logis
La beauté n’a pas d’âge
Et ignore les frontières
Elle n’a qu’un seul langage
Pour chanter notre Terre
Il suffit de vibrer
Avec ce qui t’entoure
Et tu pourras créer
Jusqu’au dernier de tes jours
Si tu offres tes mots
Tes couleurs ... ta musique
Tes saveurs ... tes joyaux
Tes créations uniques
Tu reçois en retour
Par effet de miroir
Un reflet de l’Amour
Le cadeau d’un regard
Tu le fais pour transmettre
Toutes les forces du monde
Qui font vibrer ton être
Seconde après seconde
Tu décrits tes tempêtes
Tu dessines tes joies
Et tu offres en partage
Ce qui germe au fond de toi
Méluzine D’Auxerre
(Mardi 30 Mai 2006)
(Epineau-les-Voves)

 Toucher la lumière

Un paravent qui s’écarte
Livrant passage à une ombre
Juste une robe qui glisse
Muette dans la pénombre ...

Deux mains blanches délicates
Qui allument une bougie
Faisant naître autour d’elle
Un halo de lumière ...

De longs cheveux défaits
Qui couvrent son visage
Comme un rideau de nuit
Se ferme sur les mystères ...

Et une larme qui coule
Pour cet instant d’Amour
Ressenti au fond d’elle
Et cette joie intense
Qui glisse sur sa vie ...

Elle regarde la flamme
Et voudrait bien s’y perdre
Pour ne faire plus qu’un
Au coeur de la lumière ...

Mais il y a tant d’ombres
De failles à sonder
Et de ponts à construire
Que le chemin est rude ...

Sa bouche voudrait dire
Tout ce qu’elle cache au fond ...

Ses mains voudraient donner
Mais elles craignent bien trop
Les brûlures de la flamme ...

Son corps voudrait renaître
Mais on l’a empêché
En construisant des murs
Qui l’éloignent d’elle-même ...

Va-t-elle enfin dire
Tous les mots interdits
Va-t-elle enfin écrire
Tout ce qu’on ne dit pas …

Méluzine D’Auxerre
(Samedi 08 Avril 2006)
(Epineau-les-Voves)

  Fusion

Tu te penches sur une fleur et la caresse du doigt

Tes pensées sont ailleurs et tes ailes se ploient

Le temps d’un soupir

Le temps d’un simple rêve.

Tes bras sont vides et tes yeux se referment

Sur un monde infini qui parfois te déçoit.

La peur au ventre mais le coeur plein d’espoir

Du bout des lèvres tu ébauche un sourire

Il y a tant de choses que tu n’oses pas dire.

Tu devines au fond de toi une force prête à éclore

Mais tu demandes au Ciel : « Juste un moment encore ! » ...

Et tu poses ta tête contre le tronc du grand arbre

Que tes yeux contemplent chaque jour au réveil

Lui demandant une réponse à tes questionnements

Comme tu le fais parfois au cours d’eau ou au souffle du vent

Te sentant le coeur au bord du vide et serrant au creux des mains un tout petit secret

Que tu caches ... que tu redessines à l’infini ... comme la ronde du temps qui revient sur elle-même ...

Tes cheveux couvrent ton visage

Tel un rideau pudique

Te refermant sur toi-même ... encore pour un instant ...

Un éclat de lumière, l’espoir d’une main tendue

Tu retombes en enfance ... petite fille blessée qui pleure au bord d’un champ

Regardant passer les bateaux sous un paysage triste

Qui pleure un départ.

Méluzine D’Auxerre-Chantenay

(Samedi 04 Avril 2015)

(Chantenay-Saint-Imbert)

(pour Carolle B.)

 Rêve d’Automne

Une barque solitaire glisse doucement sur l’onde
Emportant tous mes rêves et mes espoirs au loin
Et les couleurs fauves de ce paysage d’automne
Défilent sous mon regard qui se perd te cherchant.
La course des nuages tout là-haut m’émerveille
Ils sont si beaux dans leurs habits toujours changeants
Les feuilles qui se meurent se laissent porter par le vent
En une danse d’amour si sensuelle et légère.
Un feu de cheminée vit et s’étire sans cesse
Ranimé par ma main qui le fouille impatiente
De sentir sa chaleur m’envahir toute entière
Et respirer enfin son odeur ineffable.
Et mélangée aux flammes je parts pour un ailleurs
Que l’on ne pourrait dire avec de simples mots
Laissez-moi donc rêver je n’ai que ça à faire
Ne faites pas de bruit c’est si doux et si chaud.
Au loin j’entends la pluie sonner à ma fenêtre
Me rappelant sur Terre à la réalité
Alors mes yeux se voilent d’un regret infini
J’étais si bien là-haut pourquoi donc m’éveiller
Et mes sanglots se mêlent aux flammes du brasier
En un curieux mélange de joie et de soupirs
C’était si doux si chaud ce beau rêve d’amour
Pourquoi en un instant me l’avez-vous ôté

Méluzine D’Auxerre
(Mercredi 07 Décembre 2005)
(Epineau-les-Voves)
(Inspiré par une musique intitulée après un rêve de Gabriel Fauré)

 Rêve d’Automne (Version 2)

Une barque solitaire glisse sur l’onde doucement
Il fait si froid ici puisque tu m’abandonnes
Et les couleurs fauves de ce paysage d’automne
Défilent sous mon regard qui se perd te cherchant.
La course des nuages tout là-haut m’émerveille
Ils sont si beaux dans leurs habits toujours changeants
Les feuilles qui se meurent se laissent porter par le vent
En une danse d’amour que mon désir réveille.
Un feu de cheminée s’étire et se libère
Ranimé par ma main qui le fouille impatiente
De sentir sa chaleur m’envahir toute entière
Et respirer enfin son odeur qui me hante.
Et mélangée aux flammes je parts pour un ailleurs
Que l’on ne pourrait dire avec de simples mots
Laissez-moi donc rêver je n’ai que ça à faire
Ne faites pas de bruit c’est si doux et si chaud.
Au loin sur ma fenêtre j’entends sonner la pluie
Me rappelant sur Terre à la réalité
Alors mes yeux se voilent d’un regret infini
J’étais si bien là-haut pourquoi donc m’éveiller ?
Et mes sanglots se mêlent aux flammes du brasier
Mes mains se sont fermées je reste le cœur lourd
C’était si doux si chaud ce beau rêve d’amour
Pourquoi en un instant me l’avez-vous ôté ?
(Mercredi 07 Décembre 2006)
(inspiré par l’écoute de « Après un rêve » : paroles Romain Bussine, musique Gabriel Fauré)

 Au-delà de soi-même

Dédié à tous ceux et celles qui l’ont vécu un jour

Au-delà de soi-même

Un grand choc, quelques cris et c’est le grand voyage

Qui te pousse hors de toi pour voir les choses d’en haut ...

Tout ce sang, toute cette eau, qui coulent sur ton visage ...

Mais tu ne sens plus rien, tu voles comme un oiseau ...

Qu’ont-ils donc en bas à faire tant de tapage-

Puisque tout est silence, chaleur et puis lumière ...

Pourquoi toutes ces larmes, alors que toi tu nages

Au-delà de toi-même, tu as quitté cette Terre ...

N’était-ce que cela, le grand départ d’une âme

Pourquoi avoir si peur alors que c’est si beau ...

Auprès d’un grand soleil, tout à coup tu t’enflammes

Tu touches l’éternité et tu deviens ruisseau ...

Tu en oublies ton nom, ton sexe et ton pays

Tu n’es plus de nulle part quand tu planes là-haut

Tu caresses du doigt cette source de vie

Qui guide notre main du nid jusqu’au tombeau ...

Qu’as-tu donc vu ma soeur pour ne plus vouloir vivre

Ici parmi tes frères, si humains, si mortels

Pourquoi es-tu si triste d’en être revenue

Qu’as-tu goûté là-bas, au-delà de ces nues

Et ramenée sur Terre, tu es tombée du ciel ...

Pour retrouver ce corps, puisqu’il faut que tu vives ....

Méluzine D’Auxerre

(Samedi 10 Décembre 2005)

(Epineau-les-Voves

(à Myriam M. et ceux qui l’ont vécu)

 Artiste

Lorsque tu couches tes mots

Et que tu peints tes envies

Que tu dessines les heures

Ou que tu sculptes la vie

Ce sont des gestes d’amour

Un peu de toi que tu donnes

Un chant qui coule de ton âme

Un sanglot qui t’abandonne

Et tu fais naître par tes mains

Une source ou un ruisseau

Un bijou dans son écrin

Une robe ou un manteau…

A cette terre que tu modèles

Et prend forme entre tes doigts

Il ne manque qu’une étincelle

Pour lui donner de la voix !

Par le feu et par les flammes

Tu fais vibrer les faïences

En y enfermant ton âme

Tu te crées une existence …

Quand tu plies et quand tu colles

Que tu couds ou bien tu chantes

Voilà que soudain s’envolent

Toutes ces peurs qui te hantent …

Méluzine D’Auxerre

(Premier Novembre 2006)

(Auxerre)

 Route

D’un doigt léger posé sur ton épaule je te montre le chemin

La route à suivre

Semée d’embûches et de virages

Pavée de ronces et de cailloux

Qui t’écorcheront le coeur et l’âme ...

Suis-la

Suis-la sans te retourner

Sans baisser les bras malgré tes soupirs et tes pleurs ...

Suis le fil

La piste

La route ...

D’un doigt léger posé sur tes yeux je te montrerai les merveilles qui peuplent ta vie

Et que tu n’as pas appris à voir

Invisibles à tes yeux

A ton coeur

A ton âme ...

Assied-toi et respire

Sens

Touche

Vit

Sans te poser de questions

Et suis ta route

Elle a été tracée pour toi.

Méluzine D’Auxerre-Chantenay

27 Juillet 2015

Chantenay-Saint-Imbert

 Se relever

Se relever à la force de ses mains

pierre après pierre rebâtir la tour

Qui veille sur la vallée.

Refaire le chemin qui mène à l’infini

Pas après pas avancer encore

Graine après graine resemer toujours et encore

Toujours

Encore ...

Reconquérir l’espace et le temps

Pour prouver

Pour montrer à l’Autre ce que l’on vaut

Ce que l’on peut !

Hurler jusqu’à écrouler les murailles qui séparent

Jusqu’à pulvériser les armes et les blessures

En leur donnant un goût de paix et d’infini

Encore et encore

Sans relâche ...

Mettre des mots là où existaient les silences

parler pour ceux qui n’ont plus de voix à force de souffrance

Faire vivre sa plume pour dessiner les peurs et les envies

En leur apportant la lumière du grand jour

En les faisant exister

Malgré les murailles

Malgré les armes et les blessures ...

Juste leur donner vie

Encore et encore

A l’Infini ...

Méluzine D’Auxerre-Chantenay

(Mardi 07 Avril 2015)

(Chantenay-Saint-Imbert)

 PUR

Simplicité du premier jour
Quand tout n’est qu’eau et que terre
Pour que le souffle de vie
Modèle la vie à son image.

Repos de l’âme encore vierge
Qui a tout à apprendre de l’existence
Et tes mains dans les miennes
Pour partager la chaleur ...

Premier souffle ... premier cri ...
Premier élan du coeur qui attend tout de la vie !

Sans préjugés ni croyances ...
Sans Foi ni Lois mais tenant au creux des mains
Tous les « Possibles » de l’Espoir !

Premier rayon de lumière pour éclairer ton visage
Première trace de pas pour débuter ton chemin
Première larme versée pour féconder la terre
Qui sera un abri ... pour Toi et les tiens ...

Méluzine D’Auxerre
(Mardi 1er Mars 2011)
(Auxerre)

 Confiance

On la cueille, comme un cadeau, lorsqu’on a franchi les étapes
On la donne, en se mettant à nu, face à L’Autre
Qui n’est parfois qu’un miroir de sa propre conscience
Qui veut rester muette.

Confiance, avant tout, en sa propre lumière.
Confiance, malgré tout, en sa force oubliée.

Méluzine D’Auxerre
(Mardi 1er Mars 2011)
(Auxerre)

 PHARE

Juste une lumière pour ouvrir le chemin
De tous ces êtres perdus dans le brouillard
Juste un coin de chaleur pour accueillir dans ses bras
Le voyageur perdu des montagnes
Juste Toi
Ou Moi ...
Celui qui accepte de jouer ce rôle !

Sacrifier une part de soi-même pour mieux se retrouver
Endosser, au moins pour un temps,
L’habit du guide, du pilier,
Sans s’effondrer ou se perdre
En tenant la main de l’Autre Pour la traversée du Désert.

Veiller, tout au long de la nuit
Pour tenter d’éloigner l’Autre des écueils et des falaises
Sans se déchirer soi-même sur le premier rocher venu ...

Mètre après mètre, jour après jour,
Percer la brume de ses rayons
Sans inverser les images ou se mélanger les crayons
Sans effacer ce qui doit être ni conserver ce qu’on doit brûler !

Ecouter
La Voix qui nous parle
En toute humilité
Sans chercher à comprendre
Le Pourquoi
Le Comment ...

Juste
Accepter ...

Méluzine D’Auxerre
(Mardi 01 Mars 2011)
(Auxerre)

 Un nouveau livre

Je viens d’ouvrir un nouveau livre

Puisque l’ancien n’était que larmes.

Je fais glisser page après page

Toute une histoire à découvrir.

J’ai refermé le vieil album

Plein de photos, de rendez-vous

Que j’ai manqués et de silence.

J’ai tout brûlé et déchiré

Toutes tes promesses oubliées

Et il ne reste que des cendres

De ces deux années passées.

Je viens d’ouvrir un nouveau livre

Et je l’écris jour après jour.

Il n’est rempli que de lumière

Et de promesses toujours tenues.

Moi j’ai ouvert un nouveau livre

Pour moi l’ancien n’existe plus.

Méluzine D’Auxerre

(Vendredi 13 Août 2010)

(Auxerre)

 Jour après jour

 

Jour après jour

Tu te dessines

Devant mes yeux ...

Émerveillés de te découvrir comme un double de moi-même

Mot après mot

Moi je t’écoute

Te mettre à nu ...

Me racontant ma propre histoire !

Je me découvre

Dans ton regard

Et je m’entends

Dans tous tes mots ...

Jusqu’au vertige de l’oubli ...

Qui ai-je été ?

Je n’en sais rien.

Quel est mon nom ?

Je ne sais plus ...

Quelle importance puisqu’il nous faut tout réécrire !

Page après page

Tu te racontes

Et moi je vis

A travers toi ...

Note après note

Tu me dévoiles

Tes bleus à l’âme

Et tes blessures ...

Entre mes mains

Moi je les garde

Et dis merci

Pour ta confiance ...

Entre mes mains

Je tiens la tienne

Avec l’espoir

Qu’elle me soutienne ...

Méluzine D’Auxerre

(Vendredi 13 Août 2010)

(Auxerre)

 Au début du monde

Au début du monde, il y avait toi.

Au début du monde, moi, j’étais là.

Nous nous sommes aimés si fort qu’a jailli la lumière

Nous nous sommes aimés, t’en souviens-tu encore ?

Puis, il y a eu la peur, l’Enfer et les flammes.

Puis, il y a eu la haine et toutes les déchirures.

Nos mains se sont quittées, éloignées par la foule.

Nos cris se sont perdus noyés par d’autres cris.

Nous nous sommes aimés, Amour, t’en souviens-tu ?

Reste-t-il dans tes mains, le souvenir de moi ?

T’arrive-t-il encore d’entendre au fond de toi

Les échos de ma voix qui te réclament en vain ?

Est-ce bien toi que je vois, aujourd’hui, sur la route ?

Est-ce bien moi que tu cherches dans toutes tes errances ?

Comment le saurions-nous après toutes ces vies !

Nous voilà, face à face, pour nous redécouvrir.

Pas après pas, nous cheminons vers l’Autre.

Mot après mot, nous faisons connaissance.

Geste après geste, nous nous donnons à l’Autre

Pour nous trouver nous-même !

Tu remets tes blessures entre mes mains

Même si c’est toi qui guides mes pas.

Tu mets tous tes espoirs entre mes mains

Et pourtant, c’est ton bras qui me soutient.

Au début du monde, tu étais déjà là !

Moi aussi, j’y étais, même si j’étais dans l’ombre.

J’étais à tes côtés, marchant auprès de toi,

Pour dessiner la route qui mène à la lumière

Qu’aujourd’hui je dépose au creux de tes deux mains.

Fais-en un don d’amour, pour toi et pour les autres ...

Fais-en un lieu de paix, pour accueillir tous ceux

Qui croient l’avoir perdue.

Fais en sorte que chaque jour soit un nouveau début.

Fais en sorte que chaque jour soit un pont entre nous

Pour aller vers les Autres sans jamais reculer

Devant l’ampleur de la tâche ni se décourager.

Fais en sorte que chaque jour

La lumière soit

Entre nous ...

Méluzine D’Auxerre

(Jeudi 12 Août 2010)

(Auxerre)

 DISCRETE

 
A peine plus sensible qu’un léger souffle de vent

D’une main tremblante

Je referme le livre.

Comme un album-photo dont on aurait tourné inlassablement les pages

Et que l’on range prudemment au fond d’une vieille armoire

Pour ne plus l’avoir sous les yeux.

Ma main referme le livre.

Ma mémoire referme l’album à souvenirs.

Mon cœur, lui, se referme

Sur une partie de mon histoire.

Il a marché dans le désert

Attiré par les lumières de la ville

Comme le papillon imprudent qui se brûle les ailes sur la lampe.

Il a suivi, au loin, le bruit du ruisseau chantant entre les pierres

Mais s’est trompé de chemin.

Il a marché, droit devant, traçant sa route parmi les ronces

Espérant avoir le courage de tout endurer

Mais il se mentait à lui-même,

Croyant à ce qui n’existait pas,

Ce pauvre cœur entêté ...

Il se repose

Et ne sait que rire de lui-même

De sa candeur malgré son âge

Comme s’il n’était qu’un cœur adolescent !

Malgré le temps

Malgré les rides

Les coups du sort

Les joies ... les peines ...

Il est bien là

Et se débat

Tant bien que mal

Tentant de faire la part des choses ...

Mes yeux contemplent encore les lumières de la ville

Comme pour se convaincre qu’elles existent

Mais au-dedans

Tout se referme

Pris dans la glace qui endort la douleur.

Et pourtant

Je suis là

Je suis bien là

Presqu’invisible aux yeux des autres

Puisqu’on ne voit que mes idées

Puisqu’on n’entend que mes paroles

Parfois mal interprétées.

Sans prendre le temps de me connaître.

Ni même au moins de me parler.

Mes mots font peur ...

Mes mots dérangent ...

Et mes silences plus encore !

Alors que faire ?

Alors que dire ?

Rester discrète

Garder mes mots

Rien que pour moi ...

Mes sentiments ...

Mes gestes ...

Rester discrète

Et m’effacer ...

D’un coup de gomme

Sur un cahier.

Je reste là

Dans le silence

Comme autrefois

Dans mon enfance

Et je regarde

Vivre les autres

Par la fenêtre

De mes grands yeux.

Méluzine D’Auxerre

(Vendredi 02 Juillet 2010)

(Auxerre)

 Derrière toi

D’une main décidée tu découpes

Ce qu’a été ta vie

Ne voulant laisser derrière toi

Ni traces ni regrets ...

Tu fermes

Résolue

La porte sur le passé

Même si ce geste te déchire

Tu dois le leur cacher ...

« Serre les dents ! Reste forte ! »

Te dis-tu à toi-même

Ils ne sauront jamais ce que tu sacrifies !

Parce qu’ils sont convaincus de ta joie

De ta force

Parce qu’ils ont choisi

De ne voir dans tes gestes

Que paix et que lumière !

Mais toi tu connais bien

L’étendue des dégâts

Même si tu dois les taire ...

Ils ne te croiraient pas !

Tu te dois de sourire

Même si c’est ton coeur qu’on brise

Tu dois ouvrir la route

Bien qu’ayant perdu ton propre chemin

Tu dois prendre sous ton aile

La souffrance des autres

Alors qui donc t’entendra

Si tu te mets à gémir ?

Tu caches sous tes mots

Tes peurs et tes blessures

Tout en parlant d’une autre ...

Car au fond du sais bien

Qu’on ne te croirait pas !

La foule

Tout autour

Est bien trop occupée

A se plaindre et à gémir

Sur son propre malheur ...

Pour te voir

Telle que tu es

Vraiment !

 

Méluzine D’Auxerre

(lundi 15 Février 2010)

(Auxerre)

 Le don d’amour

C’est un miroir qu’on place

Devant le regard de l’Autre

Pour qu’il se voit tel qu’il est.

C’est un chemin de petits cailloux qu’on sème

Pour guider l’Autre sur la route

Et l’aider à avancer sans baisser les bras.

Ce sont des mots, des soupirs, qu’on recueille

Pour les transformer en force et courage,

Les jours de doute, de désarroi.

Ce sont les yeux de l’Autre qu’on détourne, l’air de rien,

D’un sourire ou un geste,

De tout ce qui peut le blesser

Ce sont les mains de l’Autre qu’on tient,

Bien serrées dans les siennes

Pour lui faire sentir qu’on est là, malgré tout.

C’est un bon feu qu’on allume,

Invitant l’Autre à s’assoir

Pour partager un moment de joie.

Ce sont des bras que l’on ouvre,

Simplement, sans rien dire

Pour vivre l’intensité de l’étreinte.

C’est la paix que l’on offre sur un plateau

Comme le plus précieux des trésors,

A savourer ...

Ensemble.

Méluzine D’Auxerre

(Mercredi 26 Mai 2010)

(Auxerre)

 Miroir

Je suis assise, face à moi-même

Et me regarde droit dans les yeux.

Je cherche sur mon visage

La trace des années vécues.

Je traque, sans sourciller,

Les sillons tracés par les larmes.

Mais je compte, tout autant,

Tous les sourires que j’ai offerts.

J’aime ce que je vois.

J’aime ce que je suis devenue

Après tant d’efforts !

Je me sens réconciliée.

Sereine.

En paix avec moi-même.

Avec ma propre image

Parce qu’elle n’est pas empruntée !

Toutes ces années à me battre,

Contre des ombres,

Contre mes peurs fabriquées de toute pièce,

Contre des ennemis qui n’en étaient pas,

Contre la peur du vide, de l’abîme

Mais, avant tout,

Contre la peur d’être ...

Je me regarde

Et j’aime ce que je suis devenue.

Parce que c’est moi, enfin,

Sans décalage ni malentendus.

Et je souris

A cette femme que je regarde.

Elle me rassure et m’encourage,

De l’autre côté du miroir

Et me donne la force d’espérer,

L’envie d’avancer,

Plus loin,

Toujours plus loin,

Plus haut,

Plus fort !

 

Parce qu’elle s’est enfin libérée

De ce qui n’était pas Elle !

 

Méluzine D’Auxerre

(Lundi 24 Mai 2010)

(Auxerre)

 La force de croire

Bien souvent, j’ai eu peur.

Peur du vide, de la vie, des autres

Et bien plus encore de moi-même.

Bien souvent, j’ai eu peur.

Peur de dire, peur d’avancer, peur de toucher

Pour ne pas être touchée à mon tour.

Bien souvent, je suis restée au bord du chemin

A regarder les autres vivre, dire ou faire à ma place.

J’ai cherché la force d’avancer à l’intérieur de ceux qui m’entouraient.

J’ai attendu que les autres parlent pour moi.

J’ai espéré que les autres me portent sur leurs épaules.

De peur de déranger, d’être « de trop » ou « pas assez ».

Puis, un jour, j’ai pris mon courage à deux mains.

J’ai avancé, droit devant, au risque de me prendre un mur de plein fouet.

J’ai parlé, en mon propre nom, mot après mot jusqu’au bout.

J’ai écrit, lettre après lettre, pour sortir ce que j’avais au-dedans.

Sans rougir, sans avoir peur du ridicule, sans craindre le regard des autres.

Parce que c’était moi !

Enfin !

Personne ne parlait à ma place.

Personne n’avançait pour moi.

Personne ne ressentait les émotions que je vivais, fussent-elles joie ou peine.

Enfin, un jour, j’ai cru !

Cru que je pouvais être moi-même.

Pleinement !

Méluzine D’Auxerre

(Lundi 24 Mai 2010)

(Auxerre)

 

 Que cette nuit est longue

Que cette nuit est longue

Aux portes de l’Enfer

Que cette nuit est longue

Pour trouver la lumière !

Mon Ami, cette nuit,

Je t’offre mes heures de veille,

Je suis là, près de toi,

Veillant sur ton Sommeil !

Quelles sont donc ces douleurs

Qu’on n’t’a pas épargnées ?

Quelles sont donc ces plaies

Pas encore refermées ?

Je sens que tu t’éloignes

Mon cœur s’est-il mépris ?

As-tu donc fait le choix

De rester dans la nuit ?

Mon cœur tout à coup gèle

Et je sens un grand vide !

Es-tu dans ses filets ?

Ton visage est livide !

Ami, que puis-je faire

Pour gagner ta confiance ?

Ami, que puis-je dire

Qui ne soit redondance ?

Mon Dieu ! la nuit est longue !

Le chemin est pierreux !

Aimer est-il outrage

Ou offense, à tes yeux ?

Mon Dieu ! puisque je souffre

Et que tu n’m’entends pas ...

Qu’au moins la nuit soit douce

A mon Ami, là-bas !

Si j’entends ses soupirs,

Je devine ses mots,

A d’autres, il les destine ...

Je ne suis que sanglots !

Je le sens qui s’éloigne ...

Il est porté vers Elle !

Il referme sa porte ...

Me refusant son Ciel !

Il a croisé ma route,

Le temps d’une Espérance,

A retiré sa main ...

Me refusant la danse !

Voilà ! le jour se lève !

Et mes bras restent vides

Puisque c’est dans les siens

Qu’à présent il navigue !

Méluzine D’Auxerre

(Lundi 16 Mars 2009)

(Auxerre)

 Liens

 

Ami, tu as choisi de suivre une autre route,

Nos chemins se séparent, tu me tournes le dos.

Pour toi : le grand soleil et la fin de tes doutes !

Pour moi : c’est le désert, le bruit de mes sanglots !

Que de pas ébauchés et que de mains tendues,

Pour ne saisir rien d’autre que du froid et du vent !

Que de paroles non dites et que de temps perdu,

En actes non posés, en doutes et tourments !

La porte que tu fermes, c’est mon cœur qu’elle écrase

Mais tu ne l’entends pas, enfermé dans ta bulle !

Tous les mots que tu tais, c’est mon cœur qu’ils déchirent

Tu les gardes pour toi, de peur qu’ils ne bousculent

Tes repères, tes limites, tout ce qui te rassure

Et te sers de rempart entre toi et le monde !

Tu crois te protéger et masquer tes blessures

Pourtant, je les ai vues, dès la première seconde !

 

Il ne tenait qu’à toi de faire un pas de plus,

Il ne tenait qu’à toi de dire un simple mot

Pourtant tu as choisi de garder le silence.

Au lieu de faire un pas, tu m’as tourné le dos !

Bien que mes mains soient vides, au cœur, point de rancune.

Juste de grands regrets, pour les malentendus ...

Toutes les larmes versées, je les compte, une à une

Et les garde en souvenir de ce que je n’ai plus !

Méluzine D’Auxerre

(Samedi 15 Mai 2010)

(Auxerre)

 Ta trace

Ami, je suis en paix, j’ai retrouvé ta trace !

Que de temps j’ai cherché, sans savoir où me rendre,

Maintenant, je dors en paix, puisque je l’ai trouvée.

 

Ami, j’avais promis et je tiens ma promesse ...

Mais, me reconnais-tu, par-delà les années ?

Tu as été trahi, par tous ces « Hommes-Loup »,

Qui t’ont traîné jadis, vers les Feux de l’Enfer ...

Tous ces wagons plombés, emportant des enfants,

Tous ces pleurs inutiles auxquels Ils étaient sourds !

 

Ami, j’avais promis, me voilà revenue !

Que de pas j’ai dû faire, pour arriver à toi,

Errant sur les chemins, sans boussole ni étoiles,

Que de larmes j’ai versées, sans même savoir pourquoi,

Que de ronces ont meurtri mes pieds sur le chemin ...

Je peux dormir en Paix, j’ai enfin la réponse !

Ami, c’était si simple, mais comment le savoir !

Tu étais là, tout près, mais je ne voyais rien ...

Je te parlais, pourtant, mais tu n’entendais pas !

Méluzine D’Auxerre

(Mardi 30 Mars 2010)

(Auxerre, inspiré par les Enfants sacrifiés de l’Yonne)

 Nouveau jour

 

Les pieds nus,

Les mains vides,

Tu avances sans un regard en arrière ...

Pour ne pas perdre le peu de forces qu’il te reste.

Surtout,

Ne pas penser,

Faire le vide,

Trouver la force dans le néant de l’esprit ...

Ou est-ce la Foi ?

Devant toi

Le brasier ...

Et tout ce sang,

Tous ces cris de haine !

Au nom de quel Dieu ?

Au nom de quel pouvoir ?

Toi,

Tu avances ...

Puisque tu n’as plus le choix ...

Continuer d’avancer,

Droit vers le brasier ?

Ou bien reculer,

Au risque d’être déchiré par les tiens ?

Par toutes ces mains

Qui ont partagé le pain avec toi !

Les pierres du chemin ?

Tu ne les sens plus ...

La chaleur des flammes ?

Juste une sensation lointaine ...

Au-delà de ton corps ...

Loin de ton esprit et de ta conscience !

Tu ne peux plus faillir

Puisque tu n’es plus toi-même !

Pas de place pour le doute ...

Pas le temps !

Cette brûlure sur tes mains ...

Courant le long de tes membres ?

Une délivrance !

Mourir dans les flammes ...

Plutôt que déchiré

Par les mains de tes propres frères,

Pour avoir faibli !

Te voilà torche-vivante,

Sans avoir rien demandé !

Sacrifié volontaire ...

Grain de poussière parmi des grains de poussière ...

Au nom de quelle Croyance ?

L’as-tu seulement jamais su ?

 

 

Méluzine D’Auxerre

(15 Mars 2010)

(Auxerre)

(Inspiré par la vie d’Antoine et Louise de Crussol, sur fond de Guerres de Religion)

 Toi qui t’en vas

Toi mon ami … mon frère de cœur

Toi qui t’en vas bien avant moi

Garde en mémoire toutes ces heures

Que j’ai passées tout près de toi …

Elles m’ont «  grandi  » malgré mon âge

Me restent au cœur comme un cadeau

Même si tu parts pour ce «  Voyage  »

Qui nous ramène à nos «  berceaux  » …

Qui de nous deux a tenu l’autre

Par la main ou par l’Esprit  ?

Est-ce toi ou moi  ? Quelle importance …

C’était un cadeau de la vie …

Si mon Cœur saigne … mes mains sont vides …

Moi je suis là … toi tu n’es plus …

Je garde en moi comme une flamme

Ce grand Trésor que j’ai reçu  !

 

(à Claude Moigne., sculpteur - en souvenir de son «  frère de cœur  » disparu)

(05 Février 2007)

(Auxerre)

 Temps perdu

Une main qui se tend mais reste vide

Des yeux qui se perdent dans le lointain

Et des mots … rien que des mots sans consistance  !

Que de temps perdu

Pour n’aller nulle part …

Que de pas … que de gestes restés inutiles  !

Et tant d’autres mots qui restent coincés … là entre mes mains

Sans avoir envie de naître … sans envie de venir au jour  !

La fatigue …

Juste la fatigue de tout ce temps perdu  !

Comment avancer quand tout autour reste opaque  ?

Comment savoir … quand les adultes se cachent derrière leurs propres enfants  ?

Pour fuir … pour «  Se  » fuir  !

Parce que trop de lumière peut blesser les regards …

On préfère parfois fermer les yeux

Pour éviter de voir son propre reflet dans la glace  ?

Pour éviter le regard de celui ou celle qui nous fait face  ?

Méluzine D’Auxerre

(20 Décembre 2006)

(Auxerre)

 A tous ceux de Colmar

Ils étaient dix, ils étaient cent,

Ils étaient même des milliers

Et ils parlaient au nom de tous

Face à des Hommes insensés ...

"Qu’avez-vous fait de la planète ?

Que ferez-vous à nos enfants ?

Combien d’années pourrons-nous vivre

Avant d’arriver au néant ?"

Ils marchaient tous et ils parlaient

Au nom de tous ceux déjà morts

Ou bien cloués au fond d’un lit

Ne pouvant crier leurs souffrances ...

Et face à eux toutes ces armes,

Ces hélicos, ses uniformes

Qui cachaient pourtant eux aussi

Les morts de demain, d’aujourd’hui ...

Ils étaient dix, ils étaient cent,

Ils étaient même des milliers,

Tenant leurs enfants par la main

Pour demander qu’on les laisse vivre ...

Bien que sans armes, en apparence,

Juste la force des convictions,

Ils marchaient tous dans le silence

D’une ville assiégée pour un jour ...

Ils étaient venus pour une fête,

Celle de la vie et de l’espoir

Et on les a vus repartir

D’un pas lent et le coeur bien lourd ...

Pourquoi cette folie meurtrière ?

Pourquoi ces vies qu’« Ils » sacrifie

Au nom du « Grand Dieu Nucléaire » ?

Alors qu’« Ils » en mourront aussi !

 

Méluzine D’Auxerre

(13 Octobre 2009)

(Auxerre)

  Voyage à travers le temps

 

    J’écarte les rideaux masquant le paysage

Et me retrouve soudain ailleurs, en un instant.

Je marche dans un pré, balayé par l’orage

Et vais rejoindre là-bas tout un groupe d’enfants.

 

    Qu’attendent-ils donc, assemblés et rieurs ?

Ils m’ont vue arriver mais je ne les connais pas !

Ils semblent espérer, un signe, une lueur.

Ils me parlent, ils me disent, mais je ne les entends pas !

 

    Quand j’observe le ciel, il est vide, sans nuages !

Et ces arbres, et ces fleurs, me semblent bien étranges !

Je ne me sens pas chez moi, tout ici me dérange !

Comme une île inconnue, après un grand voyage !

 

    Le brouillard qui m’entoure me semble bien vivant,

Pour n’être que vapeurs émanées de la terre ...

Je me sens si perdue, dans un lieu si austère ...

Et pourtant je me dis, pourquoi craindre des enfants ?

 

    Ils approchent, ils me touchent, mais je ne les sens pas !

Que se passe-t-il donc, avec ce corps qui est le mien ?

Quel est donc ce vertige qui chavire mes pas ?

Où vont-ils m’emporter, me prenant par la main ?

 

    Le brouillard se dissipe et je vois une ville,

Où tout semble béton, où tout semble grisaille ...

Où le moindre brin d’herbe pourrait sembler futile ...

Tout me paraît de glace, entouré de murailles ...

 

    Et mon coeur qui se serre, me rappelle à la vie !

Que veulent-ils de moi, ces enfants réunis ?

Attendent-ils un secours ou bien un mot d’espoir ?

Il y a tellement d’amour, au fond de leur regard !

 

    «  Que puis-je faire pour vous ?  » vais-je leur demander ...

Mais il est bien trop tard, le rideau s’est fermé ...

Et me retrouvant seule, derrière les carreaux,

J’entends encore leurs rires, faisant comme un écho ...

 

    Que voulaient-ils de moi, habitant de la Terre ?

Avaient-ils en cadeau, un présage, un mystère ?

Je ne le saurai pas et reste solitaire,

Gardant au fond de moi, un regret, une prière ...

 

    Faites que je n’aie pas vu, le monde de demain !

Où tout paraîtra froid, brumeux et inhumain !

Où plus personne ne pourra, sentir la chaleur de nos mains !

Où les enfants auront peur de vivre sans Destin !

 

    J’ai peur d’ouvrir les yeux et de me rendre compte

Que ce qui semblait loin est déjà près d’ici ...

Et ce qui nous tuera est notre propre honte

Puisque nous ne savons que mépriser la vie !

Et ces enfants là-bas, sont nos propres enfants !

Pas besoin de courir pour rattraper le temps !

 

Méluzine D’Auxerre 

(18 Décembre 2005)

(Epineau-les-Voves)

  Un deux trois soleil

 

    Un deux trois soleil

Et c’est le jeu de la vie

On avance

On s’arrête

Et on rit ...

 

    Entre la Terre et le Ciel

On saute à pieds-joints

En poussant un caillou

Et en frappant dans ses mains ..

 

    Grand-mère veux-tu ?

Combien de pas ?

Pour avancer

Vers l’au-delà ...

 

    Au-delà de soi-même

Et de ses limites

Sans connaître Demain

Sans savoir la suite ...

 

    Et l’on dessine encore

D’une craie de couleur

Le chemin de la vie

De la joie dans le coeur ..

 

    Et on regarde passer

Les années sans vieillir

Mais tous ceux qu’on écoute

Nous permettent de grandir ..

 

    Un deux trois soleil

Même s’il pleut dehors

On peut toujours rêver

Pour avancer encore ...

 

Méluzine D’Auxerre

(27 Mars 2006)

(Epineau-les-Voves)

 Violettes

 

    Un bouquet de violettes est posé sur la table

En attendant ta main qui viendra le chercher

Ta main si pure si blanche en un mot adorable

Qui viendra pour cueillir ce serment d’unité.

 

    Combien j’aimerais être ce simple bouquet-là

Frémir encore une fois sous l’une de tes caresses

Et tout contre ta peau tout contre ta chaleur

Sentir encore une fois les battements de ton cœur

Sentir monter en moi la douceur de l’ivresse

Combien j’aimerais être ce simple bouquet-là.

 

    Tu es loin mon amour à l’autre bout du monde

Même si je te vois du coin de ma fenêtre

Tu es si loin de moi puisqu’un monde nous sépare

Je maudis chaque jour ce mystérieux hasard

Qui nous a réunis pour te faire disparaître

Je maudis le hasard chaque heure chaque seconde.

 

    Alors je te regarde je t’appelle mon amour

La vie t’a prise à moi je n’ai que des soupirs

Pourquoi ai-je goûté tes satins tes velours

Pourquoi la vie m’a-t-elle donné tous ces désirs

 

    Pourquoi donc ce cadeau pour si tôt le reprendre

Si tu es endormie là devant moi sous terre

Tu habites aujourd’hui un tout autre univers

Et moi je n’ai plus rien que tout ce goût de cendre.

Méluzine D’Auxerre 

(08 Décembre 2005)

(Epineau-les-Voves)

 Vive le vent

 

    Vive le vent qui saccage

Et remet tout en place

Il bouleverse parfois

Les plus beaux paysages.

 

    Vive le vent qui efface

Les traces de nos pas

Et qui transforme parfois

L’Homme en statue de glace.

 

    Vive le vent qui décoiffe

Et chamboule parfois les idées

Il détruit nos châteaux sur le sable

Et nous oblige à recommencer.

 

    Vive le vent qui est vie

Puisqu’il anime les moulins

Et porte les cerf-volant

Toujours ... toujours plus loin.

 

    Vive le vent aujourd’hui

Il fait danser tes cheveux

Et tu refermes ton manteau

En un geste frileux.

 

    Vive le vent qui nous parle

D’un autre temps ... d’autres lieux

Et nous murmure des secrets

Qu’on voit briller dans nos yeux.

 

Méluzine D’Auxerre 

(13 Mars 2006)

(Epineau-les-Voves)

     Voltige

 

    Plus haut !

Encore plus  haut !

Il faut grimper à l’échelle

Avant de faire le grand saut

Dans le vide ...

 

    Dans mon habit de lumière

Je me cache sous un masque

Pour faire frémir la foule ..

 

    Je joue avec les ombres

Et les reflets qui passent

S’accrochant à mon corps

Qui fait naître le rêve ..

 

    Et de là-haut je vois

La foule ...

Comme un tapis sans visage

Vers lequel je me jette

Pour un dernier voyage ...

 

    Et mon esprit balance

Entre ces deux envies

Sous ce grand chapiteau :

Me rattraper au vol

Ou bien faire le grand saut ?

 

    J’entends cette musique

Qui me dit qu’il est l’heure

D’abandonner la piste

Et l’habit de lumière !

 

    Que suis-je Hors d’ici ?

Rien de plus qu’une ombre

Qui attend ...

Que tombe la nuit ...

Pour enfin exister !

 

Méluzine D’Auxerre

(Samedi 13 Mai 2006)

(Epineau-les-Voves)

 Voix

Dans ce couloir où j’avance

Me parviennent les voix

Qui me parlent d’hier

Qui me parlent de toi.

 

Mes mains touchent la pierre

Les poutres et les bois

Et me voilà toute entière

Plongée dans l’Au-delà …

Au-delà du visible

Dans le brouillard des années

Et je vois des images

Qui me font frissonner.

Quand mon cœur se soulève

Pris par une autre histoire

Une vie qui s’achève

Un feu qui sort du noir …

Et ces voix qui murmurent

A qui appartiennent-elles

Un ami qui rassure  ?

Un Ange déchu du Ciel  ?

Et ces voix qui me parlent

Parlent à bien d’autres aussi

Pour raconter Ailleurs

Et parler de leurs vies …

Alors vient le vertige

La sensation d’aimer

Et je ressens encore

Ce goût d’Eternité

Si mes lèvres restent closes

C’est qu’il n’y a pas de mots

Pour pouvoir raconter

Ce qui vient de si haut  !

Mais mes yeux sont perdus

Accrochés aux nuages

Qui forment un décor

A ton si doux visage  !

Qu’as-tu vécu ici  ?

Pourquoi es-tu restée

Piégée dans cette vie

Sans pouvoir t’échapper  !

Quel amour te retient

Entre ces quatre murs

Et qui fait que soudain

J’entends tous ces murmures  ?

Est-ce un fils ou un frère

Que tu ne peux quitter

Qui t’a fait découvrir

Le sens du verbe Aimer  ?

Puisque tes bras sont vides

Et ta vie achevée

Pourquoi rester ici

Des tiens abandonnée  ?

Libère enfin tes ailes

Et prends ta liberté

Va-t-en donc vers le ciel

Que tu dois retrouver …

 

Méluzine D’Auxerre

 (10 Novembre 2006)

(Auxerre)

 Donner

C’est tendre sa main vers l’autre

Sans savoir qui la prend

C’est prêter sa voix à l’autre

Pour tout ce qu’il ne peut dire

C’est bercer un enfant

Simplement parce qu’il a mal

C’est tendre son oreille

Sans juger ni combattre

C’est laisser de côté

Idées, couleur et origine

C’est prendre dans ses mains

D’autres mains fatiguées

C’est prêter son épaule

Pour aider à avancer

C’est simplement être là

Sans jamais faire semblant

C’est se regarder en face

Et reconnaître ses torts

C’est dire les mots qui rassurent ou consolent

Sans jamais les compter

Et enfin c’est se taire

Quand il n’y a plus rien à dire ...

 

Méluzine D’Auxerre

(Dimanche 22 Novembre 2009)

(Auxerre)

  Le grand oiseau

 

 

    Il déploie ses ailes

Et se lance soudain

A travers le ciel

Pour rejoindre au loin

Une île une terre

Un endroit inconnu

Pour trouver la lumière

Qu’ici il ne voit plus.

    Ce n’est rien qu’un oiseau

Mais il a bien compris

Que les hommes sont fous

Alors il s’enfuit

 

    Et il vole et il vole

Pressé par le temps

Car il veut échapper

A ces brasiers ardents

 

    Il déchire le ciel

De ses ailes noires

Pour voler tout là-haut

Et retrouver l’espoir

 

    Qu’ont-ils donc fait ici

Ces fous criminels

Ils ont tout massacrés

Pour un songe irréel

 

    Ils ont tout confondu

Le pouvoir et l’argent

Et la liberté

De traverser le temps

 

    Ce n’est rien qu’un oiseau

Qui s’éloigne et s’affole

Il voudrait échapper

A cette Terre qui s’immole

 

    Et il voit en-dessous

Tous ces gens prisonniers

Qui se désespèrent

Au coeur d’un grand brasier

 

    S’éloigner de l’horreur

S’il en est encore temps

D’un dernier tire-d’aile

Traverser l’océan

 

    Mais où peut-il aller

Puisqu’ici ou ailleurs

Tout est feu et lumières

Cendres et vapeurs

    Alors dans un effort ultime

Il écarte ses ailes

Regarde en-dessous

Et s’éloigne du ciel

 

Méluzine D’Auxerre

(06 Février 2006)

(Epineau-les-Voves) 

 Tempérance

C’est la carte qui sort du jeu

Et nous donne une leçon

Sur la vie et ces choses

Qu’il faut savoir parfois

Attendre … avec patience …

Apprivoiser l’instant

Sans courir … ni se perdre …

Juste faire la part des choses

Des sentiments et des êtres

De nos priorités …

Après avoir coupé les ponts

Et toutes les vieilles racines

Qui nous empêchent d’avancer …

S’asseoir … observer … réfléchir …

Avant de reconstruire

Cette femme qui transvase

Avec patience de l’eau

Jusqu’à trouver l’équilibre …

Nous montre le passage

Il ne faut pas le manquer  !

Méluzine D’Auxerre

(29 Novembre 2006)

(Auxerre)

 Souffle

 

    Tu fermes les yeux ... tu respires ...

Et te voilà transporté

Au-delà des battements du cœur

En-dehors de toute Humanité ...

 

    C’est la montagne qui se dévoile

C’est la forêt qui se referme

C’est l’océan qui se déverse

Le début qui rejoint le terme ...

 

    En un souffle tu deviens arbre

Sans un geste te voilà pris

Dans cette grande spirale

Qui te porte à l’Infini ...

 

    Et plus rien ne t’étonne

Puisque tu n’es plus toi-même

Car tu es grain de poussière

Qui équilibre le système ...

 

    Il suffirait de t’ôter

Pour que tout un monde bascule

Puisque ton corps emprunté

N’est rien d’autre qu’un véhicule

 

    Qui te mène sur la route

Du grand cercle de la Vie

Ton âme est toujours la même

Entre Hier et Aujourd’hui ...

 

    Peu importe le Futur

Puisqu’il dépendra de toi

Tout dépend de tes envies

De l’ardeur que tu y mettras !

Méluzine D’Auxerre 

(Mercredi 08 Mars 2006)

(Epineau-les-Voves)

 Pris au piège

 

    Une grille qui se referme

Et me voilà en prison

Pris au piège de ma cage,

Des hommes et leur déraison !

 

    Je me promenais solitaire

Au coeur des grandes forêts

Et me voilà hurlant de rage

Privé de liberté !

 

    Qu’ai-je donc fait à part être

Un animal plein de vie ?

Pourquoi m’enviaient-ils si fort

Pour me torturer aujourd’hui ?

 

    Je les regarde tous ces Hommes

Qui pensent régner en maîtres

Et je me dis que demain

Ils ne seront plus là peut-être !

 

    Ils sont aveugles ou bien fous

Pour massacrer leur planète

En se disant qu’après tout

Demain ils feront place nette !

 

    Et leurs enfants ils s’en fichent

Puisqu’ils leur lèguent des millions

Pour se payer un voyage

Au pays des illusions !

 

    Tout ce qu’ils veulent c’est vivre

Vite et bien ... sans complexes

Jusqu’à en perdre leur âme

Au pays du fric et du sexe !

 

    Et moi prisonnier de ma cage

Je me désole et gémis

Car ils ne savent pas qu’ici-bas

L’air qu’ils respirent a un prix !

 

Méluzine D’Auxerre

(13 Mai 2006)

(Epineau-les-Voves)

 Sereine

Quelle étrange sensation

Malgré les temps,

Les contretemps,

Les paires de claques,

Les ouragans ...

Je me sens sereine !

La vie est bien étrange parfois ...

Quand je ne devrais être que colère,

Déception,

Et peine ...

Je me sens sereine !

Même si je n’ai rien à attendre,

J’ai pu grandir à travers toi !

Un tas de choses à comprendre

Sur le monde,

La vie,

Sur toi et moi !

Même si tu n’es qu’une image

Que l’on contemple,

Sans l’atteindre,

Moi j’ai grandi

Grâce à toi !

Je me sens pleine,

Illuminée ...

Quand je devrais être « Solitude » !

Mon cœur est chaud

Et rassuré ...

Par je ne sais quelle « Certitude » !

Juste merci

D’avoir, un jour,

Croisé ma route ...

Comme par « Hasard » !

Juste le cadeau

De contempler

Parfois mon double ...

Dans le miroir !

Malgré le Temps,

Malgré l’Espace ...

Je marche toujours à tes côtés !

Car je sais bien

Que tu es là ...

Pour moi de toute éternité !

Lorsqu’on se croise,

Qu’on se décroise,

Au gré des vies,

De nos « Histoires » ...

Ami c’est « Toi »,

C’est toujours « Toi » !

A mes côtés ...

Dans le « Miroir » !

 

Méluzine D’Auxerre

(Jeudi 16 Juillet 2009)

(A Auxerre)

 Plonger dans les profondeurs

Plonger dans les profondeurs de soi-même

Se laisser chahuter par les vagues et les lames de fond

Jusqu’à s’écorcher le cœur et le corps contre les rochers

Ceux qui se cachent sous la surface des choses …

Et se laisser échouer sur la grève

N’importe où …

Ou nulle part …

Jusqu’à en oublier son propre nom

Sa propre histoire

Sa propre image …

Se sentir perdue

Juste un instant

Le temps de tout effacer

Et revenir aux origines …

Se dire qu’il n’est jamais trop tard

Pour tout recommencer …

Tout réécrire autrement …

Tout rebâtir …

Mais il y a tant de blessures à panser …

Tant de larmes qui ont laissé leurs sillons dans l’âme …

Tant de gestes restés en suspend …

Tant de mots jamais dits …

Où trouver la force pour se relever

Seule … face à soi-même  ?

Où trouver l’envie de marcher …

Droit devant …

Sans trébucher sur la route  ?

Comment trouver les mots pour nous convaincre nous-même

Alors qu’ils sont sortis mille fois de notre bouche pour soutenir les autres  ?

Que faire d’autre si ce n’est attendre la fin de la tempête …

Tout en sachant qu’il y aura encore tant de tempêtes à venir …

Tout en sachant qu’il y aura encore tant de rochers cachés sous la surface …

Méluzine D’Auxerre

(22 Février 2007)

(Auxerre)

 Plonger vers l’essentiel

Un chemin, une plume qui vole au vent et un feu qui crépite …

Un regard qui se perd à se chercher lui-même …

Une voix qui appelle … mais qui appelle-t-elle donc  ?

Et au milieu de tout ça  ?

L’Hiver … qui endort et pacifie …

Qui endort les douleurs …

Freine les ardeurs et rapproche les âmes …

Même si le froid prend tout il ne prend que ce qu’on veut bien lui offrir …

Il ne détruit rien … il ne fait que suspendre …

En attendant que vienne l’heure où les mains se retrouvent …

Que les souvenirs s’effacent pour tout recommencer

Et Les pas qui se perdent dans la fraîcheur des sous-bois

Ne font que s’immerger au plus profond de l’être

Jusqu’à ce que nous vienne la peur … celle qui nous met face à nous-même  !

 

Si les ronces nous écorchent elles nous rappellent aussi

Que du sang coule dans nos veines …

Si les mots nous écorchent ils nous rappellent aussi

Que nous n’avons pas cessé de vivre …

 

A nous d’ouvrir le chemin … de nos mains volontaires

Pour passer coûte que coûte et arriver ailleurs …

Sans craindre le vertige …

Sans craindre l’abandon

Ni le contrôle de nous-même …

A nous de plonger nos mains jusqu’au cœur du brasier

Pour en retirer l’essentiel …

Méluzine D’Auxerre

(05 Mai 2007)

(Auxerre)

 Perdue dans le désert

 

    Perdue dans le désert

J’avance ...

A la recherche de l’oasis

Où je pourrai me reposer

Enfin ...

 

    Sous la brûlure du soleil

Je ne sens plus mon corps

Mais J’avance ...

Pour pouvoir survivre

Encore ...

 

    Juste une heure de plus

Un jour ...

Un mois ...

Un an peut-être ?

 

    Pour te revoir enfin

Et toucher ta lumière

Dormir à l’ombre de toi

Et reposer mon cœur

Enfin ...

 

    Survivre

Après tous ces déserts

Que j’ai traversés ...

Trouver enfin la source

Pour abreuver mon âme

Et contenter mon corps

Epuisé de se battre ...

 

    Dans ce désert de sable

Ou d’inhumanité

Malgré tout

Avancer ...

Pour trouver le trésor

Caché sous la verdure

Et les fruits au goût de miel

Qu’on savoure l’esprit rêveur ...

 

    Et si c’était là ?

Juste devant moi

Derrière la grande dune ?

Et si c’était là

A portée de ma main

Qui n’aurait qu’à se tendre ?

 

    Alors ..

Encore un effort !

Encore un pas ...

Juste un autre ...

 

    Puisque

De l’autre côté

Tu es là

Qui m’attends !

Je l’espère !

 

Méluzine D’Auxerre

(12 Mai 2006)

(Epineau-les-Voves)

     Nature

 

    Autour de moi je regarde

La danse multicolore des poissons

Qui se frôlent au creux des vagues

Et je sens me gagner les frissons.

 

    Je cours après la lumière

Jouant sur les barrières de corail

Pour révéler les mystères

Qui se cachent dans une faille

Et nous mènent au centre de la Terre.

 

    Là-bas l’eau caresse la plage

Et vient l’honorer sans cesse

Rapportant jusqu’au rivage

Ses mille et une promesses

De douceur après l’orage.

 

    Les arbres serrés corps à corps

Comme une barrière infranchissable

Frémissent sous le serpent qui se tord

En une danse incroyable.

 

    Le fauve attend tapi dans l’ombre

Prêt à défendre ses petits

Et c’est un envol d’oiseaux sans nombre

Qui dénonce l’approche de l’Homme par ses cris

Et fait que le ciel devient sombre.

 

    C’est la course de la Nature

Pour échapper aux ravages

Du feu et de ses blessures

De l’Homme qui ne sait plus être Sage.

 

Méluzine D’Auxerre

(Jeudi 15 Décembre 2005)

(Epineau-les-Voves)

 Ses pas sont si légers

 

    Ses pas sont si légers

En traversant les bois

Que l’on sait sa présence

Mais on ne la voit pas ...

 

    Ses pas sont si légers

En approchant de l’onde

Qu’à peine entraperçue

Elle part vers l’autre monde.

 

    Ses longs cheveux défaits

Elle se perd dans le vent

Et on l’entend chanter

Parfois près des étangs ...

 

    Elle peut aussi dormir

A l’abri des grands chênes

Et se laisser surprendre

Dans son corps de sirène.

 

    Mais si elle vous regarde

De ses grands yeux profonds

On y voit la souffrance

Ou bien la dérision.

 

    Si elle offre son corps

C’est pour mieux le reprendre

Car elle sait que le feu

Ne laisse qu’un goût de cendres.

 

    Nul ne l’a jamais vue

Pourtant on l’imagine

Et on perd la raison

Quand son corps se dessine ...

 

    Elle danse sous la lune

Elle chante au fond des bois

Plus d’un s’endort le soir

En rêvant de ses bras ...

 

    Réelle ou bien mirage

Nul ne saurait le dire

Mais dans le cœur des hommes

Elle laisse un souvenir.

 

    N’est-elle que lumière

Ou peut-on l’enlacer ?

Peut-on trouver en elle

Une trace d’humanité ?

 

    Nul ne saura jamais

Qui elle était vraiment

Elle est une simple image

Qui traverse le temps ...

 

Méluzine D’Auxerre

(25 Février 2006)

(Epineau-les-Voves)

 Ses mains

 

    Quand elle pose sa main

Là tout contre mon cœur

J’en oublie mes blessures

J’en oublie ma douleur.

 

    Quand elle pose sa main

Légère sur mon front

J’en oublierais les heures

J’en oublierais mon nom.

 

    Quand elle pose sa main

Comme une fleur délicate

Au dessin de ma bouche

Sur mes tempes qui battent ...

 

    J’en oublie mon passé

Toutes ces heures à attendre

Et le poids des années

Qui est venu me surprendre.

 

    Quand elle ouvre les mains

J’y vois un paysage

Dans les lignes qui se croisent

Je lis tous les présages.

 

    Quand elle ouvre les mains

Ce n’est que pour offrir

Un rayon de lumière

Ou faire naître un sourire.

 

    Quand ses mains se referment

C’est toujours pour garder

Comme un précieux trésor

Les gestes échangés.

 

    Quand ses mains se referment

C’est pour une prière

Comme un élan d’amour

Au nom de tous ses frères.

 

    Et quand elle se repose

Perdue dans le sommeil

Je ne vois que ses mains

Qui toujours m’émerveillent.

 

Méluzine D’Auxerre 

(18 Février 2006)

(Epineau-les-Voves)

 Tes pas sur la neige

 

    J’ouvre la fenêtre

Tout est blanc dehors

Et dans la cheminée

Un feu qui s’endort ...

 

    J’ouvre la fenêtre

Et mon cœur aussi

Je regarde naître

A nouveau la vie.

 

    Le ciel est si pur

Tout plein de lumière

Il fait froid dehors

Pas dans ma tanière ...

 

    Et sous les grands arbres

Qui sont dénudés

Je vois toutes les traces

Que tu as laissées.

 

    Ce n’est pas un rêve

Que la nuit apporte

Puisqu’il y a tes pas

Là devant ma porte …

 

    Les oiseaux s’éveillent

Et chantent pour moi

Qui vois s’éloigner

Le feu de tes bras.

 

    Il fait froid dehors

Mais pas dans ma vie

Car j’ai ton image

Pour peupler mes nuits.

 

    Les oiseaux s’éveillent

Et même si ils tremblent

Pris au creux du vent

Ils ont vu renaître

Derrière la fenêtre

Un soleil ardent.

 

    Tout est blanc dehors

Je ferme les yeux

Pour goûter encore

Ton dernier aveu.

 

    Tu vas revenir

Dès l’aube prochaine

Et je sentirai

Brûler encore mes veines.

 

    Mais en attendant

Je ferme la fenêtre

Et fouille le feu

Pour le faire renaître.

Méluzine D’Auxerre 

(06 Février 2006)

(Epineau-les-Voves)

 Le Grand Jeu de l’Univers

 

    Tout glisse sous moi et je perds pied

Prisonnière des sables mouvants ...

J’ai beau me dire qu’il faut me battre

Et surtout suivre le mouvement ...

 

    Je sens cette Terre qui éclate

Sous l’action des forces des vents

Contraires à notre Mère Nature

Qui ne reconnaît plus ses enfants  !

 

    Qu’avons-nous fait de la planète ?

Quelle route avons-nous donc tracée ?

Mais après tout qu’y pouvions-nous

Puisque les dés étaient pipés !

 

    Nous ne faisons que reproduire

Les archétypes de l’existence

Que l’on peut lire dans tous les mythes

Au grand miroir des apparences :

 

    L’Homme et la Femme, le Feu ... la Terre

Ce qu’on construit et démolit

Et toutes les lois de l’Univers

Nous ramènent à un point précis :

 

    Nous avons tout à découvrir

Et malgré tout nous sommes pris

Dans ce cercle qui nous chavire

Et nous enferme à l’Infini ...

 

    Adam et Eve qui se mélangent

Ce pauvre Abel qu’on sacrifie

Le Mal ... le Bien font des échanges

Et se lancent même des paris !

 

    Le yin ... le yang mesurent leur force

Au bras de fer de nos Esprits

Et voilà que le monde explose

Parce que soudain l’un d’eux faiblit !

 

Méluzine D’Auxerre

(19 Mai 2006)

(Epineau-les-Voves)  

  Elle dort

 

    Elle a fermé les yeux sur tout ce qui l’entoure

Elle veut se protéger de tous les mots qui blessent

Et derrière ses paupières elle dessine l’amour

Encore pour un instant elle revit sa jeunesse ...

 

    Du sable et des dunes, de beaux matins d’hiver

Où la neige recouvre de son manteau feutré

Les promesses d’avenir qui dorment sous la terre

En attendant qu’un rayon vienne les éveiller ...

 

    Elle a fermé les yeux et elle recrée le monde

Au creux de son grand lit Derrière ses paupières closes.

Il y a des enfants qui forment une ronde

Et posé sur son cœur un grand bouquet de roses ...

 

    Il y a des chevaux qui courent dans la plaine

De beaux fruits qu’on savoure blottis l’un contre l’autre

Une jeune bergère faite de porcelaine

Un tableau de la Cène avec ses douze apôtres ...

 

    Il y a tous ces mots qui peuvent parfois peindre

Un feu de cheminée ou un cœur qui s’éveille

Un bel oiseau rieur qui traverse le ciel

La pluie contre les vitres deux corps qui vont s’étreindre ...

 

    Elle a fermé les yeux et se laisse porter

Au sommet des montagnes au-delà des vallées

Il y a tous les parfums qu’au matin on respire

Et l’écho des chansons qui peuplent les navires ...

 

    Il y a tout un monde qu’elle crée à l’infini

Lorsque ses yeux se ferment au creux de son grand lit ...

Il n’y a plus les peines qui font parfois souffrir

Ni même les départs qui souvent vous déchirent ...

 

    Mais il y a les matins où tout se renouvelle

Et les élans de l’âme qui font toucher le Ciel

Tous les gestes d’amour qui pansent les blessures

Que l’on donne ou reçoit au gré de l’aventure ...

 

Méluzine D’Auxerre

(18 Février 2006)

(Epineau-les-Voves)

 Elle regarde

 

    Elle est assise

Sur un vieux banc

Dans un jardin

Elle attend ...

 

    Elle est assise

Et elle regarde

Les autres vivre

Sans prendre garde ...

 

    A ce qu’ils font

A ceux qu’ils blessent

A tous ces signes

De détresse ...

 

    Et elle soupire

Ne peut rien faire

Ce serait pire

Y’a pas d’mystère !

 

    Parfois on croit

Parfois on pense

Qu’on peut aider

Toute la souffrance ...

 

    Mais on se trompe

Car on ne peut pas

Aider celui

Qui ne l’veut pas !

 

    Alors ...

Elle est assise

Sur un vieux banc

Près de l’église ...

 

    Et elle regarde

Les autres vivre

Sans prendre garde

A l’équilibre ...

 

    De leur maison

De leur planète

Et de leur vie

Pas toujours nette !

 

    Elle est bien vieille

Et elle sourit

En regardant

Toutes ces vies ...

 

    Toutes ces ombres

Ces faux-semblants

Tous ces mensonges

Pleins de clinquant !

 

    Elle n’a plus d’âge

Ni même de nom

Même son visage

N’est qu’illusion !

 

    C’est le miroir

De toutes nos peurs

De tous les cris

Qui hantent nos cœurs !

 

    Puis elle s’en va

Un peu plus loin

Pour refléter

D’autres Destins !

 

    Toujours les mêmes

A l’Infini

Les mêmes espoirs

Les mêmes envies !

 

    Et elle s’assoit

Sur un vieux banc

Pour regarder

Tous les passants ...

 

Méluzine D’Auxerre

(Mars 2006)

(Epineau-les-Voves)

   Entre ces murs

entre ces murs

J’entends les bruits du dehors

Qui me rappellent qu’il y a la Vie

Sans moi

Tout près ...

Entre ces murs

Je sens le cœur de la ville

Qui s’agite

S’étire

Se bat et se combat ...

Entre ces murs

Je voudrais vivre

Mais ne sais que me taire

A bout de forces

Les mains usées ...

Entre ces murs

Mes yeux se ferment

Pour ne plus voir

Leur blancheur

Sans fin ...

Entre ces murs

Les quatre murs

De ma vie

De mon histoire

De toutes mes failles

Et mes faiblesses ...

Je cherche en vain

Une étincelle

Une graine d’espoir

A y semer ...

Je cherche un mot

Ou un écho

A faire vibrer ...

Mes mains sont froides

Mon cœur est lourd

Mon dos voûté ...

Nul ne me voit

Derrière ces murs

Que la vie a bâtis ...

Nul ne m’entend

Le monde est sourd

A c’ qui dérange ...

Mais je suis là

Je suis bien là

Derrière ces murs ...

Méluzine D’Auxerre

(22 Novembre 2009)

(Auxerre) 

  Dis-moi vieux cèdre

 

    Dis-moi vieux cèdre que caches-tu sous ton ramage !

Quels sont tous ces secrets gravés sur ton écorce ?

Quel esprit vient te voir pour te rendre un hommage

Ou bien chercher en toi la source de sa force ?

 

    Quelle est cette présence qui hante la maison

Attendant ma venue pour pouvoir vivre enfin ?

Qu’y a-t-elle donc vécu  tout au long des saisons

Qui peut la retenir retardant son Destin ?

 

    Et toi vieux cèdre dis-moi qu’as-tu vu en ces lieux

Pour qu’il y reste une âme attendant mon secours

Ou bien encore l’instant où s’ouvriront mes yeux

Pour pouvoir me parler sans besoin de discours ?

 

    Sur quoi donc veilles-tu derrière ces vieux murs ?

Qu’y avait-il ici avant cette maison ?

Je sais qu’en y venant je parts pour l’aventure

Au pays du mystère ou de la déraison !

 

    Alors entendons-nous et faisons bon ménage

A l’ombre l’un de l’autre et veillons sur nos vies

Puisqu’ensemble nous ferons un bout de ce voyage

Accordons nos deux âmes et devenons amis !

 

Méluzine D’Auxerre

(06 et 07 Mai 2006)

(Epineau-les-Voves)

  Dis-moi vieux sage ...

 

    Dis-moi vieux sage d’Orient

Comment sont tes montagnes ?

Qu’entends-tu dans le vent

Quelle joie t’accompagne ?

 

    Tes pieds nus sur la route

Savent bien le chemin

Pas de place pour les doutes

Juste la confiance en Demain !

 

    Quand tu écoutes  la pluie

C’est la vie qui murmure

Et la route infinie

N’est qu’une simple aventure ...

 

    Vieux sage montres-moi

Les couleurs ... la lumière

Qu’on oublie ici-bas

Devenus terre-à-terre !

 

    Je m’assoies ... je t’écoute

Tu as tant à me dire

Au début de la route

Je dois encore grandir ...

 

    Ta main sur mon épaule

Vient pour guider mes pas

Dis-moi ... ai-je un rôle

A jouer ici-bas ?

 

    Tu ne dis rien ... et pourtant

Tout me parle en toi !

Puisque pour un instant

Nous donnons le même « la » ...

 

    Et nos vies qui se mélangent

Retrouvent leur mémoire

Puisqu’ici rien ne change

Rien n’est dû au hasard !

 

    Et nos mains qui se tiennent

Dessinent les mêmes lignes

Car dans cette vie qu’est la mienne

Tu es venu me faire signe ...

 

    Je me tiens devant toi

Assoiffée de lumière

Baignée dans ton Aura

Je vais quitter la Terre ...

 

    Merci pour ce voyage

Bien au-delà des mots

Car je touche au rivage

Du Subtil et du Beau !

 

Méluzine D’Auxerre

(07 Mars 2006)

(Epineau-les-Voves)

 Conquête et soumission

 

    Tu avances le pied et une feuille craque

C’est la forêt entière qui s’éveille soudain

Tu es bien maladroit dans ce monde si étrange

Ce n’est pas ta maison ... tu te sens incertain

 

    Tu violes un territoire qui refuse ta présence

Tu te crois bien malin mais te voilà perdu

Au milieu des grands arbres tu n’as plus de repères

Les chemins ... les sentiers  ... ils ont tous disparu !

 

    Et toi tu erres sans fin au sein de la Nature

Tu ne sais plus les rites ni même les habitudes

Des Hommes du passé qui s’unissaient à elle

Au milieu d’une foule tu crains la solitude

 

    Tu ne sais plus sentir les présences invisibles

Qui peuplent les buissons ... qui chantent dans la nuit

Qui murmurent dans les feuilles pour parler à nos âmes

Et qui savent veiller sur nos fragiles vies !

 

    Tu fais bien trop de bruit pour entendre la voix

Qui transmet les messages nous venant de très haut

Pour cela il faudrait que tu retrouves enfin

L’innocence que tu avais à l’âge du berceau !

 

    Toi tu ne sais plus voir au-delà du visible

Trompé par les brouillards qui entourent nos villes

Alors tu t’aventures au milieu des grands arbres

En croyant Dame Nature conciliante et docile ...

 

    Mais elle ne se dévêt qu’aux yeux de ses amants

Et pour la mériter il faut d’abord l’aimer

Ne jamais la trahir et faire preuve de patience

Pour qu’elle puisse révéler tous ses trésors cachés ...

 

    Alors tu pourras voir un tableau magnifique

Supérieur en tous points à tous ces grands chef-d’œuvre

Qui trônent dans les musées de toute la planète

Pour mimer la Nature ils font tout ce qu’ils peuvent ...

 

    Mais ils sont encore loin de la réalité

Car ils oublient de peindre parfois l’âme des choses

La grâce du papillon qui emporte avec lui

Une fibre de lumière qui près de nous se pose !

 

    Une couleur qui se trouble au passage des fées

Ou le chant du ruisseau parlant avec la fleur

Car toutes ces choses-là nous sont parfois cachées

Mais on les trouve aussi tout au fond de nos cœurs !

 

Méluzine D’Auxerre

(10 Avril 2006)

(Epineau-les-Voves)

 

 

   

  A l’abri des grands arbres (version poème)

    Mon corps entre tes mains

Se soumet à tes gestes

Il savoure chaque instant

Du peu de temps qu’il reste.

 

    Je détourne mes yeux

De cette onde si pure

Faisant comme un miroir

Une présence qui rassure.

 

    Et les arbres au-dessus

Sont un rideau pour nos caresses

A l’abri de la vie

Oubliant ce qui blesse.

 

    Et tes mains qui me couchent

Et ta bouche qui me frôle

Sont bien plus qu’un écho

Dans la nuit qui s’étiole.

 

    Mes cheveux se libèrent

Sous tes doigts impatients

Et puis mes yeux se ferment

Pour mieux goûter l’instant.

 

    Et ce feu dans mes veines

Me fait tout oublier

Je ne suis pas ta femme

Et tu m’as enlevée.

 

    Où sont donc tous les miens

Ma famille mon village

Je n’ai rien retrouvé

Au retour du voyage.

 

    Et tes soupirs sur ma peau

Se donnent sans remords

Mais je dois partir

Puisqu’arrive l’aurore

 

    C’est un cri que j’étouffe

Un geste que je retiens

Ma tête sur ton épaule

Se repose soudain.

 

    Et nos cœurs qui se calment

Et nos corps fatigués

Se retrouvent réunis

Sous les arbres muets.

 

    Et la source qui chante

Taira tous ses secrets

Jusqu’à ce que revienne

Une nuit étoilée.

 

    Voilà tes pas qui s’éloignent

Et quittent notre histoire

Les oiseaux qui s’éveillent

Reprennent leur territoire.

 

Méluzine D’Auxerre

(06 Février 2006)

(Epineau-les-voves)

 Derrière toi

D’une main décidée tu découpes

Ce qu’a été ta vie

Ne voulant laisser derrière toi

Ni traces ni regrets ...

Tu fermes

Résolue

La porte sur le passé

Même si ce geste te déchire

Tu dois le leur cacher ...

« Serre les dents ! Reste forte ! »

Te dis-tu à toi-même

Ils ne sauront jamais ce que tu sacrifies !

Parce qu’ils sont convaincus de ta joie

De ta force

Parce qu’ils ont choisi

De ne voir dans tes gestes

Que paix et que lumière !

Mais toi tu connais bien

L’étendue des dégâts

Même si tu dois les taire ...

Ils ne te croiraient pas !

Tu te dois de sourire

Même si c’est ton cœur qu’on brise

Tu dois ouvrir la route

Bien qu’ayant perdu ton propre chemin

Tu dois prendre sous ton aile

La souffrance des autres

Alors qui donc t’entendra

Si tu te mets à gémir ?

Tu caches sous tes mots

Tes peurs et tes blessures

Tout en parlant d’une autre ...

Car au fond tu sais bien

Qu’on ne te croirait pas !

La foule

Tout autour

Est bien trop occupée

A se plaindre et à gémir

Sur son propre malheur ...

Pour te voir

Telle que tu es

Vraiment !

 

Méluzine D’Auxerre

(15 Février 2010)

(Auxerre)

 Rupture

 

Tu cognes, tu frappes, tu brises,

A t’en donner le vertige

Tu n’es plus qu’un cri qui s’élance ...

Que t’a-t-on fait ?

Qu’as-tu donc vu

Devant tes yeux ?

Tes pas s’affolent

Sans but

Sans direction

Tu as perdu la boussole

Qui dirigeait ta vie !

Où est partie la source

Dont l’eau a baigné ton enfance ?

Où est passée la paix

Qui régnait sous ton toit ?

Où sont partis les voix

Chantant à ton oreille

Dans le soir

Près du feu ?

Où donc les mains si tendres

Qui savaient consoler ?

Où donc cette épaule

Sur laquelle s’appuyer ?

Frappé dans ton élan

Soudain tu es à terre

Perdant ta dignité

Tu te sens bien petit !

Tes forces t’abandonnent

Tu te livres au hasard

Qui court derrière toi

Semblant te rattraper ...

Et tes larmes se mêlent

Aux pierres du chemin

Que tu ne veux plus suivre

Tu as baissé les bras ...

Qui te tendra la main

Viendra te relever ?

Mais le veux-tu vraiment ?

Te voilà épuisé !

Mais voilà que soudain

La foule

Tout autour

Vient pour te condamner ...

Elle te jette dessus

Insultes et jurons

Et voilà qu’elle te frappe

Sans même vouloir t’entendre

Et te voilà prisonnier

De l’image qu’on te donne ...

Et sous les coups tu sens

Ton esprit

Qui s’évade ...

Pour retrouver

Là-bas

La source de ton enfance

Et les mains qui caressent

Apportant le sommeil ...

Tu te perds dans ses yeux

Retrouves sa chaleur

Et tu entends enfin

Les mots qu’elle te murmure

Effaçant tous ces cris

Au-dessus de ta tête !

Méluzine D’Auxerre

(15 Février 2010

(Auxerre)

 La danse de la Terre

 

    C’est la prière des Hommes

A genoux dans la nuit

Qui monte et monte encore

Sans savoir si là-haut

Une oreille attentive

Ecoutera les sanglots

Qui s’écoulent de la Terre ...

 

    Elle a tant de blessures

Connaît de tels ravages

Que tout son sang versé

Noierait la galaxie ...

Elle voit vendre ses filles

Et ses fils faire naufrage

Perdus sans horizon

Sans espoir pour demain ...

 

    Et pourtant elle continue

De tourner sur elle-même

Car elle ne sait rien faire

D’autre sinon tourner ...

 

    Ses entrailles se déchirent

Et son sang s’empoisonne

Par la folie des Hommes

Qui regardent déjà ailleurs ...

 

    Elle ne sera rien d’autre

Qu’une vieille maison qu’on abandonne

Pour aller conquérir

L’Espace d’autres étoiles ...

A l’image de ces gens

Qu’on laisse sur la route

Et qu’on croit inutiles

Parce qu’ils sont « cassés » ...

 

    Alors elle tourne encore

Jusqu’à s’en étourdir

Dans l’espoir insensé

D’échapper à son sort ...

Et lancée dans l’Espace

Elle danse pour les yeux

De ceux qui de là-haut

La regardent tourner ...

 

Méluzine D’Auxerre

(30 Mai 2006)

(Epineau-les-Voves)

 La danse du feu

C’est la danse du feu

Où se perdent tes mains

Tu n’as pas peur de lui

Car tu es né Indien ...

 

    C’est la danse du feu

Où se perd ton regard

Depuis la nuit des temps

Il dompte le hasard ...

 

    Il enseigne tant de choses

Dévoile tant de mystères

Il peut parfois dévaster

Ou féconder la terre ...

 

    Il réchauffe tes mains

Il veille sur tes nuits

Si tu sens sa brûlure

C’est que tu es en vie ...

 

    C’est la danse du feu

Qui joue ses sortilèges

Et le regard perdu

Te voilà pris au piège ...

 

    Chamane ou bien sorcier

Tu te mélanges à lui

Pour faire revivre en toi

Ce goût de l’Infini ...

 

    Ton âme devient flamme

Ton corps redevient cendres

Et tes gestes envers lui

Se font parfois si tendres ...

 

    Le souffle de la nuit

Murmure à ton oreille

Et te voilà soudain

En lien avec le ciel ...

 

    Et si tu fais l’amour

Ce n’est qu’avec les flammes

Qui savent te fasciner

Mieux que le corps des femmes ...

 

Méluzine D’Auxerre

(19 Février 2006)

(Epineau-les-Voves)

 Je marche à tes côtés

« Ami », n’oublie jamais,

Que moi je marche à tes côtés.

Pour rien au monde,

« Ami », crois-mois,

Ma place ne cèderai ...

Je sens ta main,

Là, dans la mienne,

Elle est la vie,

L’espoir et la lumière

D’un nouveau jour qui commence ...

Je serai là,

Toujours marchant,

A tes côtés ...

Tenant ta main,

Portant tes peines,

A t’écouter ...

Même loin de toi,

Pourtant, je veille,

Par la pensée ...

Méluzine D’Auxerre

(22 Novembre 2009)

(Auxerre)

 Un homme

Un homme

Ca rit, ça frime

Et même parfois ça joue les durs

Ca joue au foot et ça rassure

Ca escalade et ça bricole

Ca sait nager, conduire

Et puis cogner

Quand ça se met en colère

En gants de boxe ou sur un arbre

C’est même sensé nous protéger !

Mais quand la porte se referme

Derrière son dos, que vient le soir,

Combien de larmes et de soupirs

Ca laisse parfois échapper ...

Combien de doutes et de souffrance,

De sentiment de solitude,

Sont enfermés entre ses murs

A fleur-de-peau, prêts à jaillir !

Mais, à tout prix, il doit garder,

Du moins à la face du monde,

Toute sa droiture, sa dignité ...

Ne pas craquer ! Ne pas flancher !

Ne pas abîmer son image ...

Au moins celle qu’il s’est forgée !

Mais quand il ferme la porte

Derrière son dos, quand vient le soir,

Il se retrouve comme en enfance

Et voit ses peurs se ranimer ...

Il aimerait juste une épaule,

Une main à prendre et à tenir

Lorsque sa peine est bien trop grande

Pour pouvoir la contenir ...

Mais plus personne ne peut l’entendre

Puisqu’il s’est lui-même enfermé

Derrière le mur des apparences,

Derrière l’image qu’il donne aux autres

En croyant se protéger !

Comme un enfant, il s’abandonne

Entre les mains de la nuit

Et ce sont ses pleurs que j’entends

Parfois, le soir, devant ma porte,

Faisant comme un écho aux miens ...

Méluzine D’Auxerre

(14 Février 2010)

(Auxerre)

 Départ

Ami, prends ton bagage,

Ton fardeau, ta douleur

Emmène-les jusqu’où

Te porteront tes pas.

Ami, que crains-tu donc :

Les pierres sur le chemin

Pour te faire trébucher ?

Le vide de tes mains

Que tu tends devant toi ?

Ou bien ta propre image

Que tu vois dans la glace ?

Ami, pourquoi ces larmes

Au moment du départ ?

Laisse-tu donc là-bas

Quelque précieux trésor ?

Y as-tu donc vécu

Des moments de bonheur ?

As-tu perdu confiance

En ce que tu peux vivre

Demain si tu le veux ?

Et surtout n’oublie pas

De mettre dans tes bagages

Tes blessures et ta peine

Pour bien te souvenir

De ce dont tu ne veux plus !

Tes bagages seront lourds

Même si tu n’as plus rien

Pourtant emporte-les

Car ils te serviront

De ferment, de semence

Pour une vie nouvelle

Méluzine D’Auxerre

(14 Février 2010)

(Auxerre)

 Mélange

entre mes bras

Tout contre moi

Te voilà endormi

Et moi je te regarde

Emerveillée ...

Ton souffle rythmant les battement de mon cœur

Ta joue posée sur mon épaule

En pleine confiance

Sans poser de questions

Comme un navire rentré au port ...

Tu dors

Et moi je te regarde

Cherchant à te déchiffrer ...

Je veille sur ton repos

Torturée de mille doutes

Et toi

Tu dors

Avec confiance ...

La douceur de ta peau

Posée contre la mienne

Vient me dire que tu es là

Malgré le sommeil qui t’emporte

Et moi je te regarde

N’osant encore y croire

Si longtemps à t’attendre

Après t’avoir porté !

Méluzine D’Auxerre

(14 Février 2010)

(Auxerre)

 A quatre mains

Quatre mains pour construire

Un monde plus juste et meilleur

Mais aussi pour jouer

Sur les cordes du temps.

Quatre mains pour planter

Et nourrir cette Terre

Mais aussi pour pleurer

Quand s’assèche la rivière.

Quatre mains pour étreindre

Des envies ... des espoirs

Mais aussi pour frapper

L’injustice du Hasard.

Quatre mains pour chanter

L’aurore d’un nouveau jour

Mais aussi pour couper

L’herbe sous le pied au chagrin.

Quatre mains fatiguées

Et pourtant tant à faire

Quatre mains pour donner

Sans jamais rien reprendre.

Quatre mains enlacées

Trouvant enfin le repos

Après avoir tant cherché

Parfois même sans y croire.

Quatre mains endormies

En confiance

Seules à seules.

Quatre mains

Réunies

Enfin !

Méluzine D’Auxerre

(14 Février)

(Auxerre)

 Elévation

Une poignée d’écume jetée aux quatre vents

Et la mer qui s’avance pour mieux lécher la grève

Accompagnée des cris lointains des cormorans

Offrant un peu de paix à ce jour qui s’achève.

Tout est paix et silence même au-dedans de moi

Les armes sont déposées pour goûter la magie

De ce moment d’extase au gré de la Nature

Qui déploie sa fureur et se retient ensuite

Pour ne pas abîmer tout ce qu’elle a créé ...

Cette perle de pluie qui glisse sur ma main

Est une larme du Ciel qui se rappèle à moi

Jouant de ses couleurs caressant la lumière

Bien qu’il y ait des pays où il ne pleut pas ...

Ce murmure que j’entends à présent près de moi

Est-il vrai ? Est-il songe ... ou bien rêve éveillé ?

Il me donne des nouvelles du centre de la Terre

Pour me dire qu’elle a mal et ne reconnaît plus

Ni ses bois ni ses champs ni même ses poissons

Encore moins ses enfants en train de la trahir ...

Combien de temps encore ses voiles à l’horizon ?

Encore combien de temps à contempler ces fleurs

Qui ferment leurs pétales pour mieux se protéger ?

Et ce pauvre ruisseau qui peine à courir

Sous le poids des poisons que certains y déversent

Encore combien de temps à pouvoir m’y baigner ?

Mais je pense à tous ceux qui isolés de tout

Ne peuvent pas goûter hélas à ces trésors

Et même à tous ceux qui ne l’ont jamais pu !

Méluzine D’Auxerre

(Dimanche 22 Novembre 2009)

(Auxerre)

 Face à face

Nous nous tenons face à face

Comme un miroir inversé

Juste égaux dans la glace

Néanmoins opposés ...

Qu’avons-nous à apprendre ?

Qu’avons-nous donc à vivre ?

Quel est donc ce message

Que la vie nous délivre ?

Qu’avons-nous à surprendre

L’un chez l’autre et en soi ?

Quel est donc ce reflet

Que la glace nous renvoie ?

Si l’on se tient la main

C’est pour mieux avancer

Mais pas toujours facile

D’avancer sans tomber ...

De garder l’équilibre

Lorsqu’on frôle l’abîme !

En une valse hésitante

Entre Enfer et Sublime ...

Se nourrir sans se perdre ...

Se donner sans feindre ...

Donner sa lumière à l’Autre

Sans se laisser éteindre ...

Où se trouve la limite ?

Le pas à ne pas franchir ?

Sans l’avoir vécu

Difficile de le dire !

Savoir qu’on va droit dans le mur

Mais y aller quand même ...

Parce qu’on a compris depuis longtemps

Que c’est là que la vie nous mène ...

Que de l’autre côté ...

Il y a la vie ...

Enfin ...

Juste la vie !

Juste une étape à franchir ...

Pour se retrouver ...

Retrouver l’Autre et soi-même ...

En pleine clarté !

Eprouver la résistance

Et la solidité du mur

Pour connaître sa propre force

Et enfin être sûr ...

Casser le miroir

Pour voir ce qu’on y a caché ...

Ce que renferme la vie

Derrière tous ces reflets ...

Cette route invisible à nos yeux

Que nous devons retrouver et suivre

Au milieu de nos propres peurs

ces illusions qui nous enivrent !

Alors

Moi

Face à toi ...

Ton corps face à mon corps ...

Tes yeux noyés dans mes yeux

Et ta main tenant ma main ...

Je me retrouve ...

Enfin !

(Méluzine D’Auxerre)

(Lundi 25 Mai 2009)

(Auxerre)

 Nuit

J’entends battre le tambour

Rythmant le souffle de la nuit

Qui se laisse étirer

Doucement

Vers l’oubli ...

Une pause

Au milieu de nulle part

Le temps de se remettre

De savourer l’instant

D’endormir la douleur ...

Au milieu de la ville

Couverte de sa blancheur

Anesthésiée par les heures

Je m’élève en douceur

Pour plonger bien plus bas

Que cette Terre qui s’endort ...

Juste une pause

En douceur

Un instant de magie

Que font naître les mots

Echangés à distance

Mais réels pourtant ...

Est-ce mon cœur qui rêve

Ou les ai-je entendus ?

Est-ce le tambour qui s’arrête

Ou mon cœur qui ne bat plus ?

Ce n’était qu’un mirage

Au milieu de la nuit

Ranimant la douleur

Qui n’était qu’endormie !

 

Méluzine D’Auxerre

(13 Février 2010)

(Auxerre)

 Ouverture

Entre mes mains coule la vie

Retenue au creux d’un grain de sable

Perdu parmi des milliers d’autres

Rejoignant le début et la fin

Le souffle et l’espérance

Ranimant le brasier ...

Entre mes mains glisse l’onde

Se mêlant à la terre

Forte et malléable tour à tour

Pour recréer le mouvement

L’impulsion du désir

Le chatoiement des couleurs

Mais aussi le silence ...

Entre mes mains ... la lumière

Celle qui aveugle et ranime

Qui brise le verre et fait chanter

Se montrant droite et nette

Mais sachant se courber pour faire naître l’arc-en-ciel

Quand on s’y attend le moins ...

Entre mes mains ... tout un monde

De saveurs et contradictions

De pleins et de déliés

De rondeurs et de blessures

De mémoire à l’infini ...

Puisque

Entre mes mains

Il y a toi ...

Méluzine D’Auxerre

(13 Février 2010)

(Auxerre)


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 1019 / 4001993

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Se cultiver, s’émouvoir  Suivre la vie du site Culture(s) Yonne & Bourgogne Franche-Comté  Suivre la vie du site Littérature Auteurs Bibliothèques Librairies 89 & (...)  Suivre la vie du site Auteur(e)s 89 & Bourgogne   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.7 + AHUNTSIC

Creative Commons License