Yonne Lautre

« Les droits des Amérindiens. Exposé devant la CEE » par le Chef Guaicaipuro Cuatemoc

Transmis par Thierry Rouquet. attac 56
lundi 29 septembre 2003 par Yonne Lautre

Bonjour,

Ce samedi, à l’occasion d’une foire bio organisée à proximité de Vannes,
nous étions conviés à intervenir lors d’une conférence sur l’OMC (et plus
particulièrement l’AGCS) et à tenir un stand. Sur celui-ci nous avions
installé une affiche sur laquelle figurait le texte ci-dessous (Il a déjà
été diffusé sur « local » mais le succès qu’il a rencontré ce week end
m’incite à le repasser).

Thierry Rouquet. attac 56.

*******************

Exposé du Chef Guaicaipuro Cuatemoc devant la réunion des Chefs d’Etat de la
Communauté Européenne.

Avec un langage simple, retransmis en traduction simultanée à plus d’une
centaine de Chefs d’Etats et de dignitaires de la Communauté Européenne, le
Chef Guaicapuro Cuatemoc réussit à inquiéter son auditoire lorsqu’il dit :

" Ainsi moi, Guaicaipuro Cuatemoc, je suis venu rencontrer ceux qui
célèbrent la rencontre.

Ainsi moi, descendant de ceux qui peuplaient l’Amérique il y a quarante
mille ans, je suis venu rencontrer ceux qui l’on rencontrée il y a seulement
cinq cents ans.

Ainsi, donc, nous nous rencontrons tous.

Nous savons qui nous sommes, et cela suffit.

Le frère douanier européen me demande un papier écrit avec un visa pour que
je puisse découvrir ceux qui m’ont découvert.

Le frère usurier européen me demande de payer une dette contractée par Judas
à qui je n’avais jamais permis de me vendre quoi que ce soit.

Le frère avocaillon européen m’explique que toute dette se paie avec
intérêt, même si c’est en vendant des êtres humains et des pays entiers sans
leur demander leur consentement.

Et je les découvre peu à peu.

Moi aussi, je peux réclamer des paiements, moi aussi je peux réclamer des
intérêts.

Les Archives des Indes, attestent, papier après papier, reçu après reçu et
signature après signature, que seulement entre 1503 et 1660, sont arrivés à
Sanlucar de Barrameda 185 tonnes d’or et 16 mille tonnes d’argent en
provenance d’Amérique.

Pillage ? Je ne le croirais pas !

Ce serait penser que les frères chrétiens ont manqué à leur Septième
Commandement.

Spoliation ? Que Tanatzin me garde d’imaginer que les Européens, comme Cain,
tuent et nient le sang de leur frère !

Génocide ? Ce serait accorder crédit aux calomniateurs tels Bartolomé de las
Casas, qui qualifient la rencontre de « destruction des Indes » ou d’autres
comme Arturo Uslar Pietre qui affirment que le démarrage du capitalisme et
la civilisation européenne actuelle se sont produits grâce à cette avalanche
de métaux précieux ! Non !

Ces 185 tonnes d’or et ces 16 mille tonnes d’argent doivent être considérés
comme le premier de beaucoup d’autres prêts amicaux de l’Amérique, affectés
au développement de l’Europe.

Le contraire serait présumer de l’existence de crimes de guerre, ce qui
ouvrirait droit non seulement à exiger leur remboursement immédiat, mais
également à des dommages et intérêts.

Moi, Guaicaipuro Cuatemoc, je préfère retenir la moins belliqueuse de ces
hypothèses.

Cette fabuleuse exportation de capitaux ne fut que le début d’un plan
« MARSHALLTEZUMA », destiné à assurer la reconstruction de la barbare Europe,
ruinée par ses guerres déplorables contre des musulmans cultivés, inventeurs
de l’algèbre, du bain quotidien et de bien d’autres progrès importants de la
civilisation.

Donc, en célébrant le Cinquième Centenaire du Prêt, nous pourrions nous
demander : les frères européens ont-ils fait un usage rationnel, responsable
ou du moins productif des fonds si généreusement avancés par le Fonds
International Indo-américain ?

Nous regrettons de devoir dire non.

En matière de stratégie, ils l’ont dilapidé lors des batailles de Lepanto,
dans les invincibles armadas, dans des troisièmes reichs et dans bien
d’autres formes d’extermination mutuelle, sans autre fin que de se retrouver
occupés par les troupes gringas de l’OTAN, comme à Panama, le canal en
moins.

En matière financière, après un moratoire de 500 ans, ils ont été
incapables, non seulement de liquider le capital et ses intérêts mais
également de se rendre indépendants vis-à-vis des revenus en liquide, des
matières premières et de l’énergie bon marché que leur exporte et leur
fournit tout le Tiers Monde.

Ce tableau déplorable confirme l’affirmation de Milton Friedman qui dit
qu’une économie subventionnée ne peut jamais fonctionner, ce qui nous
oblige, dans votre intérêt, à vous réclamer le paiement du capital et des
intérêts dont nous avons si généreusement différé le paiement ces derniers
siècles.

Ceci étant, nous devons préciser que nous ne nous abaisserons pas à faire
payer à nos frères européens les taux d’intérêt vils et sanguinaires de 20
et même de 30 % qu’à l’occasion certains frères européens font payer aux
peuples du Tiers Monde.

Nous nous limiterons à exiger le remboursement des métaux précieux avancés,
plus un intérêt modique fixe de 10 % l’an, cumulé seulement sur les 300
dernières années, soit 200 ans d’exonération.

Sur cette base, et si nous appliquons la formule européenne des intérêts
composés, nous informons nos découvreurs qu’ils nous doivent, en premier
paiement de leur dette, un poids de 484 147 milles tonnes d’or et 42
milliards de tonnes d’argent.

A savoir, des volumes équivalant aujourd’hui à 212 345 millions de fois la
production d’or annuelle mondiale et 3 164 milliards de fois celle d’argent.
Ce total équivaut également à 70 % de toute l’écorce terrestre, soit 0,7 %
de l’ensemble de la planète.

Elles pèsent lourd ces masses d’or et d’argent.

Et combien pèseraient-elles si on les comptait en sang ?

Ajouter que l’Europe, en un demi millénaire, n’a pas pu générer suffisamment
de richesses pour régler ce modique intérêt, serait admettre son échec
financier absolu et/ou l’irrationalité démentielle des principes du
capitalisme.

Bien entendu, les Indiens d’Amérique ne se posent pas de telles questions
métaphysiques.

Par contre nous exigeons la signature d’une Lettre d’Intention engageant les
peuples débiteurs du Vieux Continent, les obligeant à respecter leur
engagement par une rapide privatisation ou reconversion de l’Europe, leur
permettant de nous la remettre tout entière, à titre de premier versement de
la dette historique."

Quand le Chef Guaicaipuro Cuatemoc a donné sa conférence devant la réunion
des Chefs D’Etat de la Communauté Européenne, il ne savait pas qu’il était
en train d’exposer une thèse de Droit International destinée à déterminer la
VERITABLE DETTE EXTERIEURE.

Il ne reste plus qu’à trouver un gouvernement latino-américain suffisamment
courageux pour porter l’affaire devant les Tribunaux Internationaux.

Valence, Avril 2002

(texte lu et traduit de l’espagnol par Marie Rol Garcia)


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