Yonne Lautre

« La loi de la jungle » Un film de Philippe Lafaix

samedi 11 octobre 2003 par Yonne Lautre

La loi de la jungle

Chronique d¹une zone de non droit : la Guyane française
Un film de Philippe Lafaix

2003 - 53’ - F Productions

Des frontières passoires dans une forêt équatoriale incontrôlable.
Une ruée vers l¹or qui dégénère en Far-west tropical.
Des ressortissants brésiliens réduits en esclavage sur des sites d¹orpaillage clandestins.

Les témoignages exclusifs de quatre survivants atrocement torturés.

Le premier procès en France depuis la guerre 39-45 pour tortures et actes de barbarie attribué à une organisation.
Des forêts et fleuves partout éventrés. Une contamination massive par le mercure (12 tonnes par an !) de toute la région (le pays des mille fleuves !) qui décime les guyanais dont les derniers amérindiens français.

Tous cela se passe dans le plus grand département Français : la Guyane française !

Un film inédit qui révèle un scandale immense et que pour le moment les chaînes nationales n’ont pas choisi de diffuser !!! Un documentaire d¹une force exceptionnelle, un constat lucide et un véritable pavé dans la mare.

Sélection officielle dans 4 festivals :

  • Festival des droits de l¹homme (Paris, France, juin 2003),
  • Ciné Eco (Seia, Portugal, octobre 2003),
  • Festival du film de l¹environnement (Région Ile de France, Novembre 2003),
  • FIPA (Biarritz, France, janvier 2004)

Projections de « La loi de la jungle » cette semaine :

Dans le cadre de la manifestation :

« PARIS CAPITALE DU CINEMA ART ET ESSAI » Thématique « CINÉMA ET DROITS DE L¹HOMME »

Au Cinéma IMAGES D¹AILLE

URS 21 rue de la Clef, 75005 Paris - M° Place Monge
T. 01 47 63 74 00 - images-d-ailleurs wanadoo.fr

Vendredi17/10 19h30

Dimanche 19/10 20h00

Lundi 20/10 16H00

Les trois séances sont suivies d’un débat avec le réalisateur Philippe Lafaix.

D’autres occasions de voir « La loi de la jungle » en présence du réalisateur :

  • Au festival CinéECO, Seia, Portugal, le Jeudi 16 0ctobre.
  • A Lyon le mardi 4 novembre (lieu à déterminer) infos : phbotton23 hotmail.com
  • A Lyon le mercredi 5 novembre2003 à 18h00 Université LYON 3 - Manufacture des Tabacs (4
    cours Albert Thomas 69008 Lyon). Organisé par Survie 69
  • Au festival du film de l’environnement de la région ile de France (RIENA) du 28/11 au 1/12 2003,Ciméma MK2 Bibliothèque Paris. http://www.filmenvir.org/
  • A Lille, samedi 13 décembre à l’initiative de l’association kaleidoscope - cinéma univers - 16, rue Danton, Lille. info Kaleidoskop. tél : 03 20 54 39 50

AFP :
Guyane-audiovisuel
Un documentaire sur « La loi de la jungle » en Guyane

PARIS, 4 mars 2003 (AFP) - Le journaliste Philippe Lafaix a réalisé en 2002 un documentaire de 53 minutes, « La loi de la jungle », qui tend à démontrer que le département de la Guyane française est une « zone de non-droit » où l’Etat aurait de fait renoncé à faire respecter la légalité.

Ce documentaire, produit par F Productions et distribué par M5 Audiovisuel, montré à la presse la semaine dernière, sera projeté au Mipdoc, le marché international du documentaire qui aura lieu du 22 au 23 mars à Cannes.

« Ce qui se passe en Guyane est absolument tragique », a déclaré M. Lafaix en évoquant l’environnement, l’action policière et l’immigration clandestine dans la forêt équatoriale.

Le film explique notamment que la France participe à la déforestation en laissant le champ libre aux orpailleurs qui abattent des hectares de forêt sans être inquiétés, et empoisonnent les amérindiens en relâchant plusieurs tonnes de mercure chaque année.

Il critique aussi, avec l’interview de scientifiques, la déforestation par la construction du barrage EDF de Petit-Saut qui a noyé des milliers d’hectares de forêt dans les années 1990.

Le reportage affirme également que la France a renoncé à faire appliquer la justice, laissant notamment l’un des plus gros orpailleurs rivaliser avec les représentants de l’Etat et mettre en place une milice de tortionnaires, voire de tueurs, qui « règne par la terreur » dans la forêt, selon un avocat de Cayenne et un médecin du SAMU.

Un certain nombre des victimes de cette terreur, liée aux intérêts économiques et illégaux des orpailleurs, qui témoignent à visage découvert, sont des immigrés clandestins brésiliens. Ceux-ci n’existent pas légalement et les quelques gendarmes locaux n’ont pas les moyens de les repérer ni de les reconduire à la frontière.
Le film évoque la corruption des administrations comme cause du laisser aller. Il montre les explications embarrassées de certains représentants de la justice, de l’Office national des forêts, d’EDF, ou de la DRIRE.
OR-ang/cv/swi

Communiqué de presse

La loi de la jungle,
Chronique d¹une zone de non-droit

Un film de Philippe Lafaix - Documentaire 2003 (53¹)

La Guyane française : dernière possession européenne en Amérique latine, et plus grand département français, aussi vaste que le Portugal. Côté face : Kourou, point de départ de l¹aventure spatiale européenne, et orgueil de la France. Côté pile : une forêt tropicale dense et un labyrinthe de fleuves où nous fait pénétrer La loi de la jungle, chronique d¹une zone de non-droit.

Avec la jungle, finit la loi ; avec elle, commencent tous les trafics : d¹or, d¹armes, ou de drogues. Avec la jungle s¹évanouit la frontière qui transforme les habitants de la forêt en parias que l¹Etat français s¹évertue à expulser. Des expulsés qui reviennent en pirogue en quelques minutes par ces frontières-passoires. Avec la jungle enfin s¹ouvre une zone de non-droit pour les aventuriers sans scrupules à la recherche d¹or, dont le film, document inédit, démasque les crimes, jusqu¹ici impunis et largement ignorés.

Au nom de l¹or, ils éventrent forêt et fleuves, qu¹ils souillent de mercure. La Loi de la jungle nous emmène sur des sites d¹orpaillage clandestins, cernés de miradors, où les braquages fréquents déclenchent de véritables chasses à l¹homme. « La vie d¹un homme, ça peut valoir 500 Francs, presque rien, une dispute, une bagarre, un contrat aussi, ça arrive... personne ne dit rien, par peur, parce qu¹on sait que c¹est un pistolero », témoigne un fonctionnaire. Lorsque des conflits éclatent entre clans, l¹Etat français se décharge du problème en confiant à des orpailleurs locaux le soin de rétablir l¹ordre dans la forêt impénétrable. Depuis dix ans, ces anciens « jungle commandos », organisés en milices, maintiennent l¹ordre à leur façon en toute impunité, sur ce qu¹ils estiment être leur territoire.

Un médecin du Samu de Cayenne explique avoir soigné « deux Brésiliens tabassés à mort, mis dans un puits avec des fourmis rouges » Wilame, Claudivan, Isaïs, Raimundo, chercheurs d¹or brésiliens exploités quelquefois pendant des années, racontent leur calvaire face à la caméra : « Là-bas ils tuent, ils volent, ils violent ». Le film nous précipite dans l¹horreur. des hommes battus, torturés au fer rouge, scalpés, pendus par les testicules, et laissés pour morts.

« Il y a cinquante passeports d¹amis à nous qui sont enfermés dans le coffre... on pensait qu¹ils les payaient et qu¹ils partaient, mais ces gens ne sont jamais arrivés chez eux, les familles n¹ont plus de nouvelles d¹eux », poursuit l¹un des rescapés. « Les ressortissants brésiliens en Guyane sont réduits, encore de nos jours, aux indignités du plus complet esclavage », écrit le 17 mai 2002 au président français Jacques Chirac, le sénateur brésilien de l¹Amapa, Gilvam Borges. « Nous sommes bien en France, dans un Etat de droit, et il y a une zone de non-droit qui a été tolérée par l¹autorité publique, qui a longtemps fermé les yeux », conclut l¹avocat René Kerhousse. Mais à qui profite ce système, et où va l¹or ? Et quel est l¹avenir de la Guyane française, ravagée par les orpailleurs ? Le film révèle l¹ampleur de la tragédie. Comme à Minamata, au Japon, dans les années 50, une contamination massive de toute la région par le mercure commence à décimer les dernières populations amérindiennes de Guyane, qui jusque là vivaient dans un havre de paix. Un document exceptionnel, un constat lucide, véritable pavé dans la mare.

Sur LA LOI DE LA JUNGLE, Chronique d¹une zone de non droit : la Guyane française 53¹ 2003

Entretien avec le réalisateur Philippe Lafaix

L¹OR SALE - La loi de la jungle

La Guyane est un département français pas tout à fait comme les autres. C’est ce que montre La loi de la jungle, chronique d¹une zone de non droit :la Guyane française, un documentaire réalisé par Philippe Lafaix. Il a amassé et recoupé les témoignages sur les meurtres et tortures pratiqués sur le sol français par les orpailleurs, ces chercheurs d’or qui exploitent les immigrés brésiliens, quand ils ne les réduisent pas à l’esclavage, et provoque une catastrophe sans précédent chez les derniers amérindiens français en rejetant des tonnes de mercure chaque année. Le plus scandaleux est l’impunité dont jouissent ces criminels.

Dans votre film, vous montrez un département français où l’on pratique le meurtre, la torture et l’esclavage en toute impunité. Comment est-ce possible ?

Selon Le Monde Diplomatique, en déléguant le pouvoir à Jean Béna, un orpailleur local, un préfet, Dominique Vian, à commis une grave erreur. De plus la situation locale est embrumée de nombreuses affaires de corruption comme celle de la multinationale « Franc 0r » par exemple. Et puis, étrangement, les rares informations de la presse guyanaise remontent très mal au niveau national. Cela a-t-il un rapport avec le fait que le quotidien FRANCE GUYANE, appartient au groupe Hersant et que le président de la chaîne d’État, RFO, soit le frère du président du conseil général ?

Quel constat faites-vous de la situation en Guyane ?

La question fondamentale est de savoir quel est le sens de ce petit bout d’Amérique latine européen. En dehors du fait que la fusée Ariane décolle là-bas, l¹industrialisation de la Guyane est nulle et les frontières sont de véritables passoires. On contrôle autour de Kourou, pas dans la forêt, où c’est une nouvelle loi qui commence, la loi de la jungle. Deuxième constat : les tortures et les actes de barbarie. C’est ce qui nous a le plus bouleversés. Nous avons interviewé Whilame, qui s’est enfui de Métal, une île surinamaise, contrôlée par Jean Béna, situé juste en face de la plus grande commune de France : Maripasoula. Il y a été mis en esclavage pendant quatre ans ! Les actes de torture et de barbarie y sont systématiques. En 1998, un autre Brésilien, Raimoudo, a été passé à tabac à Maripasoula, puis mis en garde a vu par la gendarmerie. Et là, dans la gendarmerie, Jean Béna lui met, un pistolet sur la tempe. C’est fou.

Whilame est un témoin-clé. Il raconte comment on enlève les Brésiliens en France, on les emmène à Métal, on « les attaches à des poteaux toute la journée », on « les scalpe », on les « pend par les testicules », que « ça pue au fond de la ferme » parce qu’on y enterre beaucoup de corps. Il explique que c’est systématique, que de nombreux amis à lui ont disparu, que ces tueurs sont armés et « organisés en commandos » sous l’autorité de Jean Béna qui est Français, habite Kourou, et obtient des autorités françaises des concessions d’exploitation de l’or. Et il n’a jamais été inquiété. Même quand, en mai dernier, il casse la figure à un journaliste devant le palais de justice, sous les yeux de la police.

Quand on sait que tout l’or puisé par les orpailleurs n’est pas déclaré, peut-on imaginer qu’il y ait de la corruption ?

Whilame raconte que « Jean Béna dit que c¹est lui qui commande parce qu¹il paye » et un autre témoin que, « si Jean Béna est arrêté, il a dit qu¹il dénoncerait tout le monde ».

On peut mettre cela en relation avec une autre interview où un orpailleur dit que pour être tranquille sur sa concession, il faut donner des « pots de vins à toute l¹administration (...) dont l’Office national des forêts et les services du ministère de l’Industrie », qui nient ou refusent de répondre. En Guyane, une blague circule : « l’or de Maripasoula, descend sur le fleuve et traverse l’Atlantique pour aller en FranceŠ »

Dernier constat de votre film : la pollution par le mercure utilisé pour amalgamer l’or.

En Guyane, la forêt est devenu un gruyère, des fleuves sont éventrés sur des kilomètres et des boues étouffent les poissons et détruisent l¹écosystème. Pire, douze tonnes de mercure par an sont répandues selon le CNRS. Les derniers Amérindiens français et d¹autres populations sont hautement contaminés. On a filmé des enfants malades. Quand ils vont à l’hôpital de Cayenne, on n¹explique pas la cause de leurs symptômes, mais quand nous montrons nos images à des scientifiques, ils affirment que ce sont des cas typiques de la maladie de Minamata, qui attaque les neurones et provoque de graves traumatismes et la mort. Des enfants sont nés avec des membres en moins, sans anus, d’autres meurent paralysés à 14 ans, etc. C¹est un scandale affreux et il n’y a jamais eu de la part de l¹état Français d’étude épidémiologique. Un jour, il faudra trouver les responsables cette terrible catastrophe sanitaire et écologique.

Comment votre film est-il diffusé ?

Pour l’instant, il a été sélectionné dans plusieurs festivals, le public et la presse, choqués, réagissent très positivement. Nous avons envoyé en mars le film aux chaînes nationales. France 2 à déjà dit non. Pour les autres, pas de réponse. Est-ce que ce film dérange ?

Propos recueillis par Dante Sanjurjo (politis)

Pour organiser des projections :

Phirebca club-internet.fr


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