Yonne Lautre

« A propos de l’électrification de la ligne SNCF Laroche-Migennes Auxerre. Propositions pour un débat » par François Meyroune

Maire de Migennes
dimanche 1er août 2010 par Yonne Lautre

Je soumets au débat public ces éléments pour une électrification au service de l’aménagement du territoire.
Bonne lecture et merci de vos avis.
François Meyroune

 A propos de l’électrification de la ligne SNCF Laroche-Migennes Auxerre.

Propositions pour un débat

Le débat sur l’électrification de la ligne SNCF entre Laroche-Migennes et Auxerre revient comme un serpent de mer.

On nous parle de vitesse améliorée, de moindre pollution, de désenclavement du chef-lieu du département. Nous apportons au débat quelques éléments.

Un investissement de la région Bourgogne : les trains bi-mode

La traction des trains s’effectue avec des moteurs diesel dans un sens et dans l’autre entre Laroche-Migennes et Auxerre. Les trains qui viennent de Paris ou de Dijon par ligne électrifiée changent de mode de traction à Laroche-Migennes pour emprunter le tronçon Laroche-Migennes-Auxerre et inversement.

Nous avons la chance d’avoir des trains bi-mode, c’est-à-dire qui fonctionnent soit à l’électricité, soit au diesel. Le changement de mode en gare de Laroche est quasi instantané.

Il s’effectue pendant que les passagers montent ou descendent du train.

La région Bourgogne a investi énormément d’argent dans ce système performant.

Evidemment, le passage du mode électrique au mode diesel produit du CO2 en gare de Laroche et sur les 19 km de voie.

Mais quel gain de temps par rapport à la période où il fallait changer de locomotive ou de train à Laroche-Migennes ?

Au-delà d’Auxerre en direction du Morvan, les trains roulent au diesel vers Avallon-Autun et vers Clamecy-Corbigny.

Si l’électrification entre Laroche-Migennes et Auxerre était réalisée, gagnerait-on du temps ? Aucun !

La voie n’est pas actuellement destinée à des vitesses élevées. On ne peut excéder les 120 km/h alors que sur la ligne entre Paris et Laroche-Migennes, on peut rouler à 160.

Une modernisation complète de la voie de ce tronçon est nécessaire.

Du point de vue des émissions de gaz à effet de serre, la gare d’Auxerre serait victime du changement de mode de traction en gare pour les trains qui se dirigeraient vers le Morvan ou qui en viendraient, qu’ils soient bi-mode ou Frets diesel. Bonjour la pollution !

Il faut un autre projet, efficace, respectueux de l’environnement et s’inscrivant dans une politique d’aménagement du territoire donnant la priorité au ferroviaire sur la route !

Si l’on en reste à l’hypothèse d’électrifier uniquement Laroche-Auxerre, la capitale icaunaise risquerait de devenir un buttoir, et les lignes du Morvan sacrifiées.

Dans un tel cas de figure, tout le Sud du département de l’Yonne et, au-delà, un secteur étendu de la Saône et Loire et de la Nièvre seraient plus enclavés encore qu’ils ne le sont actuellement.

L’irrigation de ces territoires par un réseau ferré plus dense et performant, favoriserait les échanges, serait bénéfique pour le fret, s’inscrirait dans le développement durable et écologique. C’est un investissement d’avenir qui procèderait d’un aménagement du territoire cohérent sur les quatre départements bourguignons.

La liaison ferroviaire entre Auxerre et Nevers, préfecture de la Nièvre, ne mérite-t-elle pas d’être intégralement électrifiée et ainsi remise en service d’un bout à l’autre pour les voyageurs et le fret ?

La même question se pose pour les liaisons Avallon-Autun-Etang (Saône et Loire) et Clamecy-Corbigny-Cercy-la-Tour.

N’électrifier que jusqu’à Auxerre n’est pas seulement ne faire les choses qu’à moitié, c’est un non-sens sur le double plan économique et humain. Un coût énorme pour aucun gain de temps.

Reste cependant le tronçon Cravant-Avallon-Autun-Etang. Cette ligne ne pourra être traitée que lorsque la partie Nevers-Dijon sera électrifiée.

 Alors, électrification ? Chiche mais jusqu’au bout.

Dans ce débat, l’emploi doit être pris en compte.

Quelles seront les incidences d’une électrification réalisée uniquement entre Laroche-Migennes et Auxerre sur l’emploi des cheminots. Quel sera l’avenir du dépôt de Laroche ? Va-t-il être délocalisé ? Ses effectifs sont déjà en chute libre du fait de la politique de casse de la SNCF, le fret est malmené. Nous tenons à ce que le dépôt reste à Migennes, véritable nœud ferroviaire.

En revanche dans l’hypothèse où l’on électrifie toutes les circulations que nous proposons, TER ou Fret, les liaisons seraient assurées par les conducteurs de dépôt de Laroche.

Doubler la voie entre Chemilly et Auxerre

Question plus technique mais ô combien importante : La ligne entre Laroche et Auxerre est en voie unique de Chemilly à Auxerre. Cela pose différents problèmes, en particulier celui de la vitesse et celui de la fluidité.

Va-t-on électrifier sans doubler la voie entre Chemilly et Auxerre ? Ce serait stupide. Le tracé existe. Cette double voie existait jusqu’en 1940. Les Allemands l’ont démontée.

Il faut maintenant la rétablir pour le plus grand bien de la circulation des voyageurs et des marchandises. Elle permettrait un gain de temps appréciable et la circulation en serait facilitée.

Il est évident que de telles propositions seront très coûteuses. Une étude globale, mais précise doit permettre d’établir une programmation dans le temps. Le conseil régional, la SNCF, RFF et l’Etat doivent s’y consacrer.

Nous soumettons cette réflexion et ces propositions au débat. A notre avis, c’est seulement une vue globale qui permettra d’avancer. Discutons-en !

François Meyroune
Maire de Migennes
30 juillet 2010


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