Yonne Lautre

« Historique des forums sociaux » par Gérard PERREAU

jeudi 4 décembre 2003 par Perreau Gérard

Gérard PERREAU
18 octobre 2003
Nanterre (Maison de la Musique)

Cet historique est une demande des camarades pour introduire cette rencontre, il est une lecture parmi d’autres possibles, ne prétend pas à l’exhaustivité mais pour susciter débats et réactions.

Peut on faire un historique du mouvement « altermondialiste », des Forum Sociaux : Oui et Non !

Oui évidemment, parce qu’il y a des dates marquantes
... et non parce que la force du mouvement et la diversité des acteurs qui le composent, leur histoire, leur appartiennent.

Mon objectif = donner quelques points de repères. Et tenter de mettre en relation avec ce qui s’est fait à Nanterre.

Généralement, quand on parle de ce ou des ces mouvements on cite comme point de départ le rendez vous de Seattle (décembre 99) pour s’opposer à l’ouverture d’une nouvelle phase de négociations de l’Organisation Mondiale du Commerce véritable ordonnatrice de la mondialisation libérale aux services des multinationales.

Des milliers de citoyens : syndicalistes paysans, ouvriers, employés, militants d’associations écologistes, féministes, de consommateurs, d’étudiants, des droits de l’homme, des services publics, de partis politiques convergeront vers cette ville pour faire entendre leurs opinions, leurs revendications face à un monde où l’activité humaine ne se conçoit en terme de profit.

Ce rendez vous a été préparé de manières diverses dans les pays comme au niveau mondial, des réseaux d’organisations transnationaux se sont crées ou confirmés pour l’occasion, d’autres le font de manière individuelle. Ce qui fait unité c’est le lieu de la protestation et le sentiment que les décideurs doivent entendre.

La force de la mobilisation conjugué à la l’échec de l’ouverture des négociations sera un révélateur médiatique que, face à la mondialisation libérale, tentait de se constituer une alternative de mondialisation solidaire.

Mais, pas un coup de tonnerre dans un ciel serein / avant / Campagne contre la dette du tiers monde/contre le Traité AMI/développement de mouvements sociaux/ Vilvoordes

 Seattle dégage de la puissance

Une idée germe en 2000 entre associations notamment françaises et brésilienne : organiser un Contre Forum face à celui de DAVOS qui regroupe tous les ans, dans la station alpine suisse, un Forum des puissants du monde (chefs d’Etat/ PDG/responsable des organisations internationales : FMI, Banque Mondial...)

Naissance en Janvier 2001 du 1er Forum Social Mondial de Porto Alegre au même date que Davos.

Pourquoi Porto Alegre / ville symbole du PT brésilienne et du Budget Participatif.

L’idée permettre à tous ceux qui contestent les conséquences de la mondialisation libérale pour une raison ou pour une autre, ou dans sa globalité de se retrouver, d’organiser leurs débats, de se connaître, d’échanger entre-eux pour favoriser l’émergence d’idées alternatives.

Tous ne sont pas d’accord sur tout / les débats sont vifs mais il y a une vrai volonté de faire mouvement ensemble.

Parfois on caractérise celui-ci par le terme « Mouvement des mouvements ».

Autour des FSM, parallèlement (à des initiatives diverses), s’organisent d’autres Forum des Villes (Forum des autorités locales), de Parlementaires, à thème (éducation, syndicalisme, mouvement sociaux...)

Ils donnent ensemble de la visibilité et de la force à l’idée qu’ « Un autre est possible ». Une charte du FSM est adopté pour permettre d’amplifier le mouvement.

Pour B. CASSEN, « Les Forums sociaux, à quelque niveau géographique que ce soit, ne sont pas des entités appelées à prendre position sur telle ou telle question. Ce sont des espaces ouverts de débat et d’élaboration de propositions par les acteurs sociaux : associations de tout type, ONG, syndicats. Selon la Charte de principes du FSM (qui vaut pour les autres Forums), les partis politiques ne sont pas directement parties prenantes de l’organisation ou du contenu des rencontres, mais ils peuvent leur apporter leur soutien. Cette règle est appliquée de manière variable selon les traditions nationales, mais elle est de rigueur en France et, plus largement, pour le FSE. »

Cela permet des contacts éventuellement des initiatives communes entre certains participants.

Ce mouvement va se développer, la mondialisation capitaliste interrogeant de plus en plus. Les rendez vous du FMI, de la Banque mondiale, de l’OMC ou de G8 donnent l’occasion de se retrouver, de manifester, d’organiser des contre sommets. Je passe sur les dates.

Mais, il inquiète les décideurs comme en témoigne la répression du gouvernement lors du sommet du G8 à Gênes en Juillet 2001 ou un manifestant sera tué. On tente de le discréditer en tentant de le désigner « anti mondialisation » donc archaïque.

C’est pour moi une grande victoire que le mouvement est imposé son nom « Altermondialisation » « Pour une autre mondialisation » c’est une victoire importante par rapport aux médias.

Dans ce mouvement une multitudes de citoyens provenant d’horizons diverses apprennent à se connaître, à échanger, à travailler ensemble sans pour autant se renier, chacun apporte sa pierre dans le respect de l’autre, sans jamais chercher à imposer son point vue, chacun essayant de donner de la force à son engagement propre.

Evidemment cela ne veut pas dire qu’il n’y à pas parfois, des tensions, des débats vifs, des conceptions différentes sur la place des partis politiques mais il y a un refus de chefs, personne ne peut se proclamer porte parole du mouvement.

Ainsi le Comité Internationale du FSM tranche toutes ces questions au consensus. Il n’est qu’un organe technique de mise en perspective mais n’est surtout pas une direction politique.

En janvier 2002, se tient le 2e FSM de Porto Alegre ;

Une délégation d’élus de Nanterre y a participé ainsi qu’au FAL qui y était adossé ; plusieurs citoyens avec leurs organisations... des premiers contacts sont pris pour travailler sur ce qui deviendra le réseau « villes de périphérie et démocratie participative » que nous pilote avec d’autres villes de banlieues du monde

Ce deuxième FSM gagnera la bataille des médias sur Davos. Y seront décidés des Forums Régionaux.

Ainsi s’organise le 1er FSE à Florence en novembre 2002 qui sera un énorme succès notamment la manifestation avec plus d’un million de personnes contre la guerre en Irak. Suite au succès des Rencontres Internationales de Nanterre, Jacqueline FRAYSSE est invité à en faire un compte rendu lors de la séance d’ouverture du FAL de Florence. Plusieurs nanterriens participent à ce premier FSE.
Du 23 au 28 janvier 2003, se tient le troisième FSM à Porto Allegre. Une délégation d’élus et de citoyens y participent activement. C’est pour eux l’occasion de faire connaissance et d’amplifier les liens avec les habitants d’Alvorada, ville de la banlieue de Porto Allegre. Les élus présents participent au Forum des Autorités Locales qui consacre la place des villes de banlieues en leur consacrant un atelier qui sera animé par Nanterre, Sétubal et Alvorada.

 De quoi s’agit-il avec ce Deuxième FSE ?

Dans la continuité du processus engagé à Porto Alegre, il s’agit lors du Forum social européen de 2003 d’affirmer non seulement la nécessité d’une autre Europe au service des citoyens et des peuples, mais aussi d’en démontrer la possibilité et d’esquisser les voies et les moyens de sa réalisation.

Le FSE, prévu du 12 au 15 novembre 2003, s’annonce déjà comme un événement qui rassemblera entre 30 000 et 50 000 personnes (dont 10 à 15 000 non Français) participant à des rencontres prévues sur les sites mentionnés plus haut. Pour Paris, le site retenu est celui de La Villette (Grande Halle, Cité des sciences et de l’industrie, Zénith).

 Le pilotage du FSE 2003 est prévu comme suit :

a) Un comité français d’initiative composé de près de 150 organisations signataires d’un Appel parmi lesquelles la confédération CGT, la FSU, le Groupe des Dix, et une grande variété d’acteurs sociaux représentant les secteurs les plus divers. Certaines organisations non-signataires de l’Appel (comme la CFDT, FO, l’UNSA) se contentent d’assister aux réunions du comité. Ce comité, qui se réunit chaque mois, élabore les projets de contenu et d’organisation qui sont soumis à l’instance européenne de pilotage : l’assemblée européenne de préparation du FSE 2003.

b) L’assemblée européenne de préparation du FSE 2003 est le pendant européen du comité français. Elle comprend les acteurs sociaux nationaux et les représentants des réseaux européens, par exemple la Confédération européenne des syndicats (CES). Quatre et peut-être cinq réunions de cette assemblée, ainsi que des réunions plus nombreuses de groupes de travail, ont eu lieu (à Saint-Denis et à Bruxelles) ou sont prévues dans différentes villes d’Europe (Genève, Berlin, etc.).

c) Le secrétariat français d’organisation, composé de représentants d’une vingtaine d’organisations membres du comité français, et qui a pour mission de mettre en œuvre les décisions de l’assemblée européenne, en liaison avec le comité français d’initiative. C’est l’exécutif opérationnel.

Le programme global a été préparé par 1 500 organisations européennes avec une architecture globale organisée autour de cinq axes :

  • contre la guerre, pour une Europe de la paix et de la justice, de la solidarité, ouverte au monde ;
  • contre le néolibéralisme, contre le patriarcat, pour une Europe des droits, sociale et démocratique ;
  • contre la logique du profit, pour une société de justice sociale, écologiquement soutenable et pour la souveraineté alimentaire ;
  • contre le processus de marchandisation, pour une Europe démocratique de l’information, de la culture et de l’éducation ;
  • contre le racisme, la xénophobie, pour l’égalité des droits, le dialogue des cultures, pour une Europe accueillante aux migrant(e)s, aux réfugié(e)s, aux demandeurs d’asile.

Nous avons débattu, lors de nos rencontres à Nanterre, de l’ordre « pour » et « contre » mais c’est celui ci qui a été retenu dans la préparation du FSE !

En plénières toujours, avec des « gros plans », on abordera des sujets nouveaux :

  • protection sociale, santé, retraite, famille, modèle social européen ;
  • la place des handicapés en Europe ;
  • identités culturelles, identités nationales en Europe ;
  • enjeux et défis de l’islam européen ;
  • l’urbain et le local, terrain d’expansion du néolibéralisme et de résistances ;
  • entre précarité et autonomie : quelle possibilité d’émancipation pour les jeunes dans une Europe solidaire ? ;
  • droits des enfants.
  • place du sport avec le mouvement des Assises Nationales du Sport

Dix plénières d’ « ouvertures sur le monde » (Palestine, Tchétchénie, Irak, Amérique latine, Afrique, Asie) et six plénières dites « stratégies » :

  • Guerres et logiques de guerre ;
  • Enjeux et défis de la construction d’une autre Europe ;
  • Travail, emploi, capitalisme dominé par la finance :

quelles réponses ? ;

  • Quelles contre-offensives à la montée des extrêmes droites et des populismes en Europe ? ;
  • Dynamique et ambitions du mouvement des forums sociaux ;
  • L’apport du féminisme au mouvement social.

Enfin, deux espaces de « dialogues et confrontation », qui permettront l’expression des mouvements sociaux et des partis politiques.

En tout, 55 plénières, 250 séminaires (sur 700 propositions venues de toute l’Europe) animés par des réseaux européens et plus de 200 ateliers portés par une seule organisation.
Une manifestation totalement inédite dans son ampleur, sa conception et dans les énergies mobilisées. Organisée sur quatre villes, elle offre une capacité d’accueil simultané de 35 000 personnes dans les salles de réunion : 11 salles de plénières, 38 salles de séminaires et 60 salles d’atelier. Accès handicapés, espaces restauration avec 20 000 repas de midi et une place particulière faite aux offres issues du commerce équitable, de l’agriculture bio et de la production des terroirs, abordables pour tous. Dans l’Usine à Saint-Denis, un village de l’économie sociale et solidaire et un marché à Bobigny.

Dans chaque ville, un village de stands associatifs nationaux, européens et internationaux.

Moyens : rappeler ici l’épisode du conseil régional (pas de sub du fait du vote commun droite / FN)

Adossé à cette manifestation, plusieurs forums thématiques : droits des femmes, forum syndical, forum des autorités locales auquel nous participons activement puisque je suis membre du collectif d’organisation constitué autour de la ville de Saint Denis et du conseil général du 93 par un représentant de chaque atelier. La place des villes de banlieue s’y trouve conforté avec un atelier et un compte rendu en plenière

Le FSE sera conclu par une grande Social Parade le Samedi 15 novembre dans les rues de Paris

Pour participer aux conférences, aux séminaires, aux atelier il faut s’inscrire (sauf pour la sociale parade) soit par l’intermédiaire d’une association, soit de manière individuelle. Les taris sont dégressifs :

Pour les personnes sans revenu ou à faible revenu : 3 euros.

Pour les personnes au revenu mensuel inférieur à 1000 Euros : 10 euros + 1 euro (=10% pour le fond de solidarité).

Pour les personnes au revenu mensuel compris entre 1000 et 2000 Euros : 30 euros + 3 euros (=10% pour le fond de solidarité).

Pour les personnes au revenu mensuel supérieur à 2000 Euros : 50 euros + 5 euros (=10% pour le fond de solidarité).

Pour plus de détail sur le programme et pour l’inscription je vous invite à prendre contact soit avec des associations de Nanterre participantes ou bien à vous rendre sur le site du FSE (www ;fse-esf.org)

Dans sa préparation se sont multipliés en France les Forum Sociaux Locaux ou les comités locaux de préparation du F.S.E. comme le notre permettant une dynamique commune dans une ville.

Un dernier mot à propos de la rencontre de cette fin d’après midi.

La constitution de notre groupe de travail est originale : depuis mars, à l’initiative des citoyens et des élus qui sont allés à Alvorada, nous nous réunissons tous les 15 jours pour préparer le FSE avec l’objectif de , de nombreuses associations, très diverses, ont rejoint ce travail, les partis politiques (PS, vert, LCR, PCF, MCR) notre initiative.

Notre objectif : faire participer le plus largement possible, tout particulièrement les jeunes et les habitants des quartiers populaires, au FSE.

Maintenant des groupes de travail sont mis en place. Nous insistons par exemple sur la préparation de la sociale parade mais sans aucun doute les camarades qui travaillent sur ce sujet ne manqueront de dire où ils en sont.

En m’excusant d’avoir été un peu long mais je crois que c’était nécessaire de vous donner tous ces éléments pour vous éclairer sur les enjeux. Nous espérons que le débat sera riche et permettra d’avancer pour remplir notre objectif.


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