Yonne Lautre

« Démesure Energétique sur un Plateau du Sud Aveyron » par Carole Joly

Présidente de l’association Plateau survolté
mardi 7 décembre 2010 par Yonne Lautre

La France est actuellement en surcapacité énergétique, notre département de l’Aveyron est deuxième producteur à partir de l’hydraulique et répond à la demande énergétique au delà de Midi-Pyrénées ce qui veut dire que l’éolien qui s’installe en Aveyron, dans le Tarn ,dans l’Hérault, dans l’Aude , est un excédent d’énergie. Et c’est effectivement ainsi qu’il est traité, c’est-à-dire que les transformateur de 10 hectares prévus pour 2011 ainsi que tous les autres transformateurs de 2 hectares qui lui sont liés et qui vont bientôt émerger de terre un peu partout en Aveyron et dans toute la France, tout ceci n’a d’autre fonction que de permettre d’absorber à la fois la production actuelle ( essentiellement hydraulique ici, nucléaire ailleurs en France) et à la fois la production à venir des parcs éoliens toujours plus nombreux , pour ensuite l’évacuer vers les pays voisins car il y a excédent de production.

A ceux qui espèrent que ces parcs vont permettre de suppléer peu à peu aux centrales nucléaires, je vais leur répondre que ce n’est pas la bonne stratégie, disons qu’avant de produire plus, la priorité c’est de mettre un frein à la consommation et même de la réduire .

RTE investit tout de même un milliard pour adapter le réseau à ce supplément d’énergie (répercuté sur les distributeurs puis sur les consommateurs).Agrandir le réseau cela veut dire pouvoir accueillir sur celui-ci à la fois la production des E.R et à la fois celle issue du nucléaire. Alors comprenez bien qu’il ne sera plus question de baisser la demande, plus question de fermer quelques centrales, il s’agira d’amortir les investissements, ce sera l’excuse toute trouvée. Il faudra produire plus afin de vendre aux pays voisins,

Si on veut réellement réduire le CO2, si on veut réellement ne plus dépendre des ressources fossiles, si on veut répondre aux objectifs de 20 pour cent d’énergie renouvelable dans notre consommation, si on veut que les E.R se substituent au nucléaire :

  • il faut faire en sorte que diminue la demande ( priorité aux économies) ( avec des aides financières et de la pédagogie, exemple le solaire thermique qui se substitut au cumulus électrique, des solutions comme celle-ci il y en a beaucoup qui permettent des économies.)
  • Ensuite en parallèle de ces solutions, de cette politique pour récupérer des mégawatts égarés dans de mauvais usages de l’électricité, il faut répondre , aux besoins locaux par une solution locale, adaptée et en utilisant les ressources locales( ex : méthanisation à partir de petit lait, le gaz produit est brulé en cogénération, pour produire de la chaleur et de l’électricité, micro turbines, petit éolien , photovoltaïques sur les toits) , que les E.R s’implante localement pour une distribution au plus proche, sans voyager sur le réseau central, remplaçant peu à peu la consommation électrique par de l’énergie produite sur place afin qu’il y ait moins de transport de mégawatts sur le réseau centralisé.( petites et moyennes unités de production afin de tendre vers l’autonomie maximum)

Un groupe d’experts indépendants ( Global Chance) recommande cette architecture nouvelle décentralisée pour l’intégration des énergies renouvelables et pour une moindre vulnérabilité : des lignes moins sujettes aux accidents lors de tempêtes. Si panne il y a, cela reste localisé, réparations plus rapides et plus faciles. Le reste du réseau n’est pas affecté, comme cela s’est produit en 99 et en 2006, une panne en Allemagne s’est répercutée sur les réseaux des autres pays européens tel un gigantesque jeu de dominos.

La différence avec l’architecture classique du réseau qui est un système centralisé, c’est que ce seront des systèmes décentralisés intégrant des productions locales sur des réseaux locaux, petits et moyens réseaux communales départemental ou régionaux . Les parcs éoliens, c’est tout le contraire de la décentralisation, c’est comme le nucléaire, c’est de la concentration de production d’énergie sur un petit territoire, exigeant une expansion du réseau qui est alors saturé.

Il s’agira de répartir une grande diversité de moyens de production d’énergie à partir des E.R sur tout le territoire de manière à répondre à la demande locale. Ces productions circuleraient sur les boucles de lignes basse et moyennes tension du réseau (en partie déjà existantes).Ces réseaux en quelque sorte secondaires seraient néanmoins reliés au réseau actuel sur lequel seraient réinjectés les surplus de productions locales, il y aurait comme un essaimage permanent issu des multiples unités de productions disséminées. La demande sur le réseau central diminuerait au fur et à mesure que se mettrait en place l’efficacité énergétique, les maisons passives ; les villes en transition, etc. et les E .R. utilisant les ressources locales. Conclusion : la demande au réseau central diminuant, (et c’est sur ce réseau que circule l’énergie issue du nucléaire,) d’autant diminuerait la demande d’électricité provenant du nucléaire. Peu à peu s’éteindrait la demande et les lignes THT nécessaires aux transports lointains pourraient diminuer, surtout il ne serait plus nécessaire d’en construire de nouvelles, voila qui répondrait bien au problème de l’impact sanitaire posé par les diverses associations luttant contre les lignes THT te les nouvelles constructions de transformateurs de 10 hectares. On assisterait alors véritablement à une substitution de la production nucléaire par les E.R locales.

Proposition de l’Association Plateau Survolté ( Saint-Victor – 12400- St Affrique) Contribution au problème posé par les implantations des énergies renouvelables dans les paysages français et proposition de solution et d’alternative pour une sortie du nucléaire en y substituant les énergies renouvelables localement et en changeant la stratégie actuelle de transport d’électricité sur un réseau de transport d’électricité centralisé pour une nouvelle stratégie qui consiste en une circulation des productions à partir des E.R. sur des boucles (réseaux secondaires) de lignes basses et moyennes tension , déjà implantées pour la plupart.

Propositions faites à partir du livre : L’autonomie énergétique de Herman Scheer ( député allemand, prix Nobel alternatif, à l’origine des Énergies renouvelables en Allemagne), Et de l’exposé de Bernard Laponche ( Global Chance), rédigé conjointement avec Michel Labrousse ( Cabinet Explicit), et Gérard Magin(Energie-Cités), lors d’une intervention aux Assises Nationales de l’Energie.

http://www.global-chance.org/

http://www.sudaveyron.org/plateausurvolte/

Carole Joly, présidente de l’association plateau survolté
plateausurvolte sudaveyron.org


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 395 / 3792986

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site En savoir plus sur ce Monde qui se réchauffe, se dérègle (...)  Suivre la vie du site Énergies  Suivre la vie du site Electricité   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.4 + AHUNTSIC

Creative Commons License