Yonne Lautre

« Relocalisation/Mondialisation/internationalisme : Stratégie centralisatrice versus décentralisatrice » par Thierry Brugvin

lundi 2 janvier 2012 par Brugvin Thierry
Mondialisme néolibéral Internationalisme Nationalisme Relocalisation fédéraliste et sociale
Altermondialisme centralisateur Démondialisation ou relocalisation stricte
Régulations (normes) Renforcement Renforcement Affaiblissement Renforcement
Solidarité (redistribution) Affaiblissement Renforcement Affaiblissement Renforcement
Autonomie économique et identité culturelle Affaiblissement Affaiblissement Renforcement Renforcement
Centralisation excessive des décisions, avec risque de dérive vers un gouvernement mondial peu démocratique Renforcement Renforcement Renforcement Affaiblissement
Démocratisation par un processus décisionnel fondé sur la subsidiarité (du bas vers le haut) Affaiblissement Affaiblissement Renforcement Renforcement

Il existe plusieurs formes d’altermondialisme, celui porté par l’association Attac, promeut le renforcement des organisations internationales, tel l’ONU et court le risque d’un centralisme excessif. L’internationalisme, tend à dissoudre les nations pour créer une humanité sous la direction d’un gouvernement mondialisé et non un gouvernement international, qui supposerait qu’il existe encore des nations.

Une politique de relocalisation permet de développer de diminuer l’empreinte carbone, et l’empreinte écologique et les pollutions diverses. La relocalisation, favorise aussi l’autonomie économique et politique, d’une localité, d’une région ou d’un pays. Un développement local économique, social et écologique, doit prendre en compte l’identité culturelle, l’autonomie et les besoins essentiels selon Preiswerk. Un développement (qualitatif) et une croissance (quantitative) sont nécessaires dans les pays et auprès des populations, pour lesquelles la satisfaction des besoins essentiels n’a pas été atteinte et dont l’empreinte écologique par habitant se situe sous le seuil maximal l’empreinte écologique par habitant (1,8ha/hab en 2005).

Cependant, l’autonomie économique, ne signifie pas pour autant égoïsme nationaliste. Une part des richesses, de la production et des services peut continuer à être échanger, entre pays, dans un but de solidarité (sans ingérence) et produire les biens essentiels qui ne peuvent être créer sur place. La redistribution des richesses au niveau local, régional, national et international va de paire avec la relocalisation et un certain protectionnisme. En revanche, ce dernier et la redistribution ne doivent pas être détournés et les prêts ne doivent pas devenir des dettes permettant d’assurer une domination politico-économique comme c’est le cas du FMI envers les pays les plus pauvres et maintenant certains nations européennes.

Sans l’autonomie économique, l’autonomie politique est quasiment impossible. Cette dernière permet à la population et à ses représentants élus de décider par eux mêmes de leurs orientations sociétales, sans être dépend du pouvoir d’autres acteurs économiques (les banques et leurs créances) ou publiques (les organisations internationales, tel l’OMC, le FMI, ou des Etats puissants comme ceux du G8). L’autonomie politique est fondée sur la subsidiarité, le fait de ne décider à un niveau supérieur que ce qui ne peut être décidé au niveau inférieur.

Les décroissants socialistes autogestionnaires cherchent donc à trouver un équilibre entre un internationalisme, ou un altermondialisme, écrasant les spécificités culturelles et les autonomies des localités et des nations et une relocalisation nationaliste égoïste, en développant une relocalisation fédéraliste et sociale.

En effet, outre la dimension économique, sociale et culturelle, la dimension démocratique est centrale. Afin d’éviter les risques d’une centralisation excessive des décisions et d’une dérive vers un gouvernement mondial peu démocratique, la relocalisation fédéraliste. Le véritable fédéralisme, n’est pas une fédération centralisée, mais un fédéralisme fondé sur la subsidiarité, tel qu’il a été pensé à l’origine notamment par Proudhon. C’est-à-dire que les décisions prises au niveau supérieur, ne peuvent être prises que si elles sont impossibles ou inadaptées à l’échelon inférieure, tel la création d’un réseau ferroviaire. De plus, un certain droit d’autonomie doit être possible, lorsqu’une décision collective n’est pas acceptée par un échelon inférieur, une commune, une région ou une nation. Le fédéralisme permet ainsi, de développer une démocratisation par un processus décisionnel fondé sur la subsidiarité (du bas vers le haut). La relocalisation fédéraliste permet donc de trouver une équilibre entre les dérives d’un centralisme coercitif et uniformisant d’un côté et de l’autre les excès d’une relocalisation ou démondialisation trop nationaliste et égoïste.


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