Yonne Lautre

Réforme des rythmes scolaires de l’école dans l’Yonne : Interview du Maire de Joigny : « Sortir les maternelles de ce dispositif et donner les moyens aux collectivités pour assurer des T.A.P. de qualité. »

lundi 18 novembre 2013 par Yonne Lautre

Rédaction de Yonne Lautre : Mr le Maire de Joigny, en quoi, êtes-vous favorable à la réforme des rythmes, d’un point de vue général ?
Bernard Moraine  : Tout d’abord merci à la rédaction de Yonne Lautre de me donner la parole, pour y entendre une autre façon d’aborder les nouveaux rythmes scolaires, sur une ville qui compte près de 1.000 élèves scolarisés dans les 4 écoles maternelles et les 4 écoles élémentaires publiques de Joigny.
Rares, très rares sont ceux qui étaient en désaccord avec l’expertise des spécialistes des rythmes chrono-biologiques de l’enfant faisant apparaître que la semaine de quatre jours était néfaste à l’apprentissage. La réforme proposée par Peillon est par nature perfectible, nous avons tout de suite perçu son inadaptation en maternelle, et que le principe des 45 minutes de T.A.P. (Temps d’Apprentissage Péri-scolaire) n’était pas le bon, nous avons opté pour 2 fois 1h30 par semaine.
Je pense aussi à propos des rythmes que le vrai courage politique en la matière, aurait été de raccourcir les vacances scolaires, mais là je sens que ça fulmine dernière les écrans, je dis ça car je pense à la pancarte brandie jeudi devant l’inspection d’académie où il était écrit « Touche pas à mon mercredi !!!. », alors si je touche à juillet et août ....
J’ajoute que pas un enseignant, pas un parent d’élève souhaitait la demi-journée d’école le samedi.

Yonne Lautre : Comment, pourquoi avoir pris la décision de l’appliquer à Joigny dès cette rentrée ?
Bernard Moraine  : Pour les enfants dans un premier temps et par honnêteté politique, car les nouvelles équipes municipales mises en place à la fin du mois de mars prochain, n’auraient pas eu le temps de monter un projet valable pour la rentrée de septembre 2014.

Yonne Lautre : Comment avez-vous procédé pour préparer cette mise en place pour la rentrée de septembre ?
Bernard Moraine  : Dialogue, concertation et énormément de travail pour les élus et les agents de la collectivité. Que de réunions tous les soirs, les samedis et les dimanches compris.
Nous avons réuni dès le 19 janvier 2013 les conseils d’écoles (enseignants, parents d’élèves , personnels, élus) et partant des premières tendances, nous avons bâti le projet, ensuite au printemps, nous avons de nouveau présenté notre projet dans chaque conseil d’école et amendé les points contestés. Ainsi, le projet est né en tenant toujours compte des remarques des uns et des autres.

Yonne Lautre : Avez-vous rencontré des résistances, des incompréhensions, des oppositions ?
Bernard Moraine  : Oui bien sur, j’ai eu le sentiment de revivre le moment où avec mon adjointe à l’environnement, nous avons proposé l’extinction de l’éclairage publique la nuit dans les quartiers résidentiels de la ville. Il a fallut vaincre beaucoup de préjugés et d’opposition sur de prétendues déferlantes de délinquants dans ces quartiers. Au final, 2 ans après, pas un seul cas de délit en rapport avec cette mesure. C’était une victoire sur le plan environnemental, mais surtout une victoire sur la peur et j’en suis fier.
Oui, à toutes les strates de la population il y a des résistances au changement.

Yonne Lautre : Quelles leçons à retenir si c’était à refaire ?
Bernard Moraine  : Encore mieux communiquer, avec les parents d’élèves et les enseignants. C’est le résultat des 5 réunions que nous avons fait dans toutes les écoles avant les vacances de la Toussaint. Je suis tellement heureux de voir des enfants accéder à des activités (théâtre, musique, arts plastiques, écologie, citoyenneté .....) heureux de les voir avec des personnes qualifiées et passionnées, heureux de les voir ailleurs que plantés devant TF1... Le pourcentage moyen de participation dans nos écoles élémentaires est de 84 %, autour de 70 % dans les maternelles.

Yonne Lautre : Pour revenir au général, une forte opposition icaunaise et nationale se fait entendre contre cette réforme, quel conseil pourriez-vous formuler ou quelles remarques faites-vous ?
Bernard Moraine  : Sortir les maternelles de ce dispositif et donner les moyens aux collectivités pour assurer des T.A.P. de qualité.
J’invite les citoyens des communes petites ou grandes à poser la question aux futurs candidats aux élections municipales en lien direct avec les nouveaux rythmes scolaires. Mesdames, messieurs, quelle place pour nos enfants dans la commune ? A Joigny, nous avons répondu par des faits, la première.

Réagissez à cet article, posez vous même votre question au Maire de Joigny ou à un autre élu : il vous suffit de répondre à cet article.
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