Michel Villerey et la Libre Pensée de l’Yonne L’ami nous a quitté ce vendredi 7 décembre 2018, obsèques vendredi 14 décembre

, par  Libre Pensée 89, Rédaction de Yonne Lautre, Villerey Michel , popularité : 1%

Entretien réalisé par la Rédaction de Yonne Lautre le 22 juillet 2014

 Michel Villerey, cette année c’est le centenaire de l’assassinat de Jean Jaurès, qui entre autre, a beaucoup lutté pour la laïcité. N’est-ce pas aussi votre principal combat ?

Loin de moi l’idée qu’on puisse me comparer au grand Jaurès. C’est déjà beaucoup d’espérer avoir suivi ses traces et apporté une modeste pierre en défense de la Laïcité Institutionnelle concentrée dans la Loi de Séparation de églises et de l’Etat du 9 décembre 1905.
En effet, Jaurès a pris fait et cause dans la bataille pour la Séparation des Eglises et de l’Etat engagée dès la Grande Révolution, poursuivie tout au long du XIXè siècle par les autres grands laïques comme Hugo, Jules Ferry [1]. En 1871, la Commune de Paris proclama la Séparation.
Pour Jaurès, à l’époque, il y a comme un goût de revanche : il écrit, en 1902, à propos de la politique très anticléricale d’Emile Combes, qu’il soutient : « Il y a des crimes politiques et sociaux qui se paient, et le grand crime collectif commis par l’Eglise contre la vérité, contre le droit, contre la République, va recevoir enfin son juste salaire. ».
Certes, Jaurès, dans l’élaboration de la loi de 1905 n’a pas joué le premier rôle qui revint d’abord Emile Combes puis à Aristide Briand, rapporteur de la Commission parlementaire. Cependant la caution de Jaurès, son appui dans certains moments décisifs furent indispensables à la réussite de l’entreprise.

Votée le 9 décembre 1905, la Loi de Séparation marque une étape décisive dans l’histoire de la République. Pierre angulaire de la Démocratie, elle est une loi de Paix civile que « tous ceux qui veulent faire tourner la roue de l’Histoire à l’envers, en un mot : les réactionnaires » ne cessent de combattre.
Voilà pourquoi, tous les démocrates dont je fais partie, se doivent de poursuivre le combat pour la défense de la Laïcité institutionnelle et son strict respect, contre toutes les lois anti-laïques en particulier la Loi Debré de 1969, mère de toutes les lois anti-laïques, qui a institutionnalisé le financement public des écoles et établissements confessionnelles catholiques
Avec mes camarades de Libre Pensée et d’autres laïques, je mène ce combat laïque...parmi d’autres.

 Michel, il est clair que vous voulez exprimer qu’il s’agit d’un combat collectif et non pas de vous mettre en exergue. Cependant, en toute humilité, pourriez-vous nous racontez un peu de votre cheminement jusqu’à ce combat ?

Il y a maintenant quelques années, à la tribune d’un congrès national j’avais critiqué assez fermement la ligne générale de mon syndicat à propos de les adhésions de celui-ci à la CES (Confédération Européenne Syndicale ) et à la CSI (Confédération Syndicale Internationale). Dans sa réponse , le Secrétaire général m’avait rudement pris à partie allant jusqu’à me traiter d’ "Obélix", le mangeur de sangliers de la BD bien connue. C’est un peu ça mon cheminement politique, syndical, libre-penseur : j’ai du tomber dans la marmite quand j’étais petit !

Dès la mort de notre père à 41 ans, notre famille a été confrontée, sinon à la misère, tout au moins au mal vivre. Ma mère a du travailler pour respecter une sorte de serment implicite qui voulait que tous les enfants « aillent jusqu’au bac ». Cinq gosses à nourrir, à habiller... C’était, dans les années cinquante, très dur. Pour aider, les enfants trouvaient quelques petits boulots. Pour ma part, j’ai vendu des journaux à la criée, débardé des caisses de fruits et de légumes chez Pomona, j’ai fait la plonge dans les bars et les restaurants, je fus pompiste... et même, décorateur sur céramique à Accolay.

Bref, malgré la « culture » chrétienne que j’avais reçue et qui vous prie d’accepter l’inacceptable, j’ai très vite compris que le monde tel qu’il était devait être changé d’autant que, lorsqu’on a la culotte courte en drap dans un lycée où même en 6è les fils de bourgeois ont des pantalons, on a de manière brûlante la morgue des nantis. Il fallait donc changer le monde !!!

C’est ainsi que, dès 1956, à 16 ans, j’ai adhéré au JC (Jeunesse Communiste) puis au PCF. 1956 ! Adhérer au PCF au moment que les chars soviétiques écrasaient la révolte des Conseils en Hongrie...

En septembre 1961, je suis devenu normalien 4è année. C’était mon bâton de maréchal ! J’ai donc été syndiqué au SNI (Syndicat National des Instituteurs-trices) et à la FEN (Fédération de l’Education Nationale). Je dis « j’ai été » car l’adhésion au SNI était quasi automatique de même qu’à la MGEN (Mutuelle Générale de l’Education Nationale) et à la MAIF (Mutuelle Assurance des Instituteurs-trices).

En 1961, c’était encore la guerre en Algérie. Mon sursis fut résilié et je suis allé de l’autre côté de la mer. L’armée n’était pas ma tasse de thé : j’ai été viré de EOR (Elève officier de réserve) suite à mon passé communiste... Et souvent puni... Une tête de lard somme toute. Mais j’en suis revenu en 1963.

C’est cette année là que ma carrière au PCF a pris fin. J’en fus exclu pour « tendances gauchistes et anarchistes ».

Avec ma future épouse, je me suis retrouvé à Paris où j’ai poursuivi, assidument, mon activité syndicale dans la tendance dite révolutionnaire du SNI : l’ Ecole Emancipée. Dans le cadre de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI –Lambertistes), j’ai suivi, un groupe d’études révolutionnaires (GER). C’est là que j’ai approfondi mes connaissances sur l’Histoire du Mouvement Ouvrier, compris ce qu’étaient le stalinisme, l’ampleur de ses trahisons et de ses crimes et donc la nécessité de le combattre. Pendant plusieurs mois, on étudiait les théories de Marx, Lénine, Trotski, l’économie politique, l’Histoire, ... Le tout doublé d’exercices pratiques : faire un exposé, rédiger un tract, écrire des articles, prendre la parole, prononcer un discours, participer à des diffusions de tracts et à la vente de journaux, à des collages. En région parisienne, ce genre d’exercices était souvent chaud.

Je fus « coopté » sur les marches de la Maison de la Mutualité lors des « Evénements » de 1968.

Je suis revenu à Auxerre avec ma famille en juillet 1968. J’ai découvert presque par hasard un autre camarade de l’organisation - qui a eu des noms différents à cause de multiples dissolutions - à laquelle j’appartenais. Nous étions deux dans l’Yonne et nous avions comme tâche de « construire un parti révolutionnaire de masse largement implanté dans la classe ouvrière. ».

Avec mes camarades, j’ai mené ce combat pendant, nuit et jour, le nez dans guidon, ne comptant, ni mon temps, ni mon argent (les cotisations, pour un instit, représentait 10% de son salaire) tout en poursuivant, bien sûr, mon travail d’instit et de directeur. Au bout de 40 ans, en 2005, j’ai été exclu, sans tambour, ni trompette, avec 29 camarades du parti .

Les raisons de cette exclusion quasi collective restent, encore pour moi, un mystère qu’il faudra qu’un jour nous éclaircissions.

 Pouvez-vous nous présenter le mouvement de la Libre Pensée en France ?

L’Histoire de la Libre Pensée plonge ses racines dans l’Antiquité ( Epicure), le Moyen Âge (Villon), la Réforme (1517-1540), la Renaissance (Rabelais) et, bien sûr, dans le Siècle des Lumières du XVIII ème et de la Révolution Française.
L’Histoire de la Libre Pensée est l’œuvre de toutes celles et de tous ceux qui refusèrent les vérités révélées et imposées par des autorités humaines ou spirituelles, qui osèrent, un jour, se dresser pour dire non à l’obscurantisme et l’oppression.

La Libre Pensée, en tant qu’organisation, est la plus ancienne des organisations traditionnelles se réclamant des idéaux de la Laïcité. Elle est née en 1848 par la rencontre de militants conscients du mouvement républicain et ouvrier naissant qui se fixaient comme but la laïcité de l’Ecole et de l’Etat et la lutte intransigeante contre l’oppression religieuse et cléricale.

Les plus illustres figures du XIXè et du début du XXè siècles furent Libres Penseurs : Raspail, Blanqui, V.Hugo, Littré, Paul Bert, Ferdinand Buisson, Aristide Briand, Emile Zola, Romain Rolland, Anatole France, Jean Jaurès, Bertrand Russel, Jean Rostand … Jean-Bienvenu Martin, maire d’Auxerre ...

Dès son origine, la Libre Pensée fut un creuset dans lequel toutes les tendances de la Gauche Laïque et Républicaine se retrouvaient pour agir sur des objectifs communs et en particulier la séparation des Eglises et de l’Etat.

Au moment où le Premier Ministre Vals se précipite au pied du Vatican pour la double canonisation, il est utile de rappeler que toutes les grandes lois scolaires et laïques de notre pays ont été pensées, élaborées et votées par des Libres Penseurs.

Les lignes générales de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat furent exposées par Emile Combes lors de son discours prononcé le 4 décembre 1904 à Auxerre. Elle avait été préparée, entre autres, par le directeur de cabinet de Jules Ferry, Ferdinand Buisson qui deviendra le président de l’Association Nationale des Libres Penseurs. Le rapporteur de cette loi, votée le 9 décembre 1905, était Aristide Briand, aussi libre penseur.

Il est vrai qu’à cette époque, la Libre Pensée avait l’intergroupe parlementaire le plus puissant de l’Assemblée Nationale et publiait trois quotidiens. Il était courant que les militants aient trois cartes sur eux : la carte de la vieille CGT, celle du Parti socialiste de Jaurès et du Parti communiste après 1917 et celle de la Libre Pensée. Dans l’Yonne, on comptait plus de 800 libres penseurs organisés.

En 1904, la Libre Pensée organisa le premier congrès internationale à Rome.

En 1909, elle organisa une manifestation de protestation de 150000 laïques et républicains suite à l’exécution de Francisco Ferrer, le père de l’école laïque espagnole, assassiné avec la bénédiction de la monarchie cléricale.

Suite à la guerre 14/18, la Révolution d’Octobre, au Congrès de Tours, à la montée des fascismes et du nazisme, la Libre Pensée, comme beaucoup d’organisations du mouvement ouvrier, va connaître les contrecoups et les vicissitudes de bouleversements historiques. Scissions et réunifications se succédèrent.

Juin 1940, l’Idée Libre (revue de la Libre Pensée cesse de paraître et le gouvernement de Pétain interdit la Libre Pensée.

En 1945, la Libre Pensée en tant que Fédération nationale se reconstitue peu à peu mais difficilement. Les partis ouvriers ont, semble-t-il, oublié les combats de leurs aînés . Le PS s’enfonce dans le « réformisme », le PCF s’enferre dans « la politique de la main tendue ». La Libre Pensée devient un enjeu et une proie pour ces partis devenus concurrents et son indépendance est menacée.

Le coup d’état de 1958 mettant en place la Vè République « bonapartiste » obligea « les gauches » à s’unir pour résister. Contre Loi Debré (1959) permettant le financement des écoles privées confessionnelles à l’aide de fonds publics, ce fut le sursaut du « Serment de Vincennes » du 19 juin 1960 où 400000 manifestants représentants 10 813 697 pétitionnaires firent « ... le serment solennel de manifester en toutes circonstances et en tous lieux notre irréductible opposition à cette loi contraire à l’évolution historique de la Nation ; de lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation ; - et d’obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’École de la Nation, espoir de notre jeunesse. »

Hélas, en 1981, les « jureurs » d’hier arrivés au pouvoir n’abrogent pas la loi Debré qui, même, fut aggravée en 1989 par la loi Jospin et par les « Accords Lang-Cloupet » de 1991-92. Un nouveau sursaut des « laïques » a lieu le 16 janvier 1994 où un million de manifestants exigent le retrait du projet gouvernemental visant à élargir la loi Falloux. Le projet réactionnaire fut retiré mais on en resta là.

Pour la Communauté européenne que les Libres Penseurs nomment l’Europe vaticane, la Laïcité institutionnelle à la française, c’est-à-dire la loi de Séparation de 1905 doit disparaître. Les gouvernements successifs de « droite » comme de « gauche » aimeraient pouvoir abroger la Loi de Séparation de 1905. Mais une telle tentative est dangereuse car elle pourrait entraîner de graves désordres politiques car, pour notre peuple, la laïcité est un acquis aussi essentiel que la liberté. Les grandes manifestations pour sa défense en témoignent.

Cependant les menaces demeurent et prennent le nom de « toilettage », « d’amendements », de « modernisation », « d’ouverture » de la loi de Séparation. Aussi, la vigilance ne peut pas se relâcher : c’est ce combat que mène la Libre Pensée avec ses adhérent(e)s, ses sympathisant(e)s , à l’aide de ses journaux « La Raison », « l’Idée Libre », de ses tracts et autres initiatives.

Son combat continue et s’élargit même si les grands médias n’en disent rien. La Libre Pensée continue à avoir la peau dure !

Nous avons insisté sur la lutte permanente de la LP pour la défense de la Laïcité, mais, en même temps et avec la même énergie, la Libre Pensée, combat sur bien d’autres terrains.
Depuis plus de 20 ans, la Fédération de la Libre Pensée avec d’autres combat pour que la République réhabilite collectivement les 650 « fusillés pour l’exemple » exécutés lors de la première boucherie mondiale. Quatre de ces victimes des tribunaux militaires étaient des icaunais. On pourra peut-être en reparler.

 Quelle histoire de la Libre Pensée dans l’Yonne ?

La Libre Pensée n’est véritablement apparue en France en tant que mouvement associatif qu’en 1848, à la faveur de la révolution de 1848 et de la création de la Seconde République. Après une première phase de développement pendant le Second Empire, ce mouvement a subi une phase d’arrêt dans la période 1870-1879 avec l’écrasement de la Commune de Paris et la période d’ « Ordre moral ».
Mais avec la victoire politique des républicains en 1879, la Libre Pensée connait alors un développement important dans les années 1880, qui se traduit par la multiplication de sociétés de Libre pensée dans toute la France.

La Libre Pensée dans l’Yonne connait un développement identique à ce schéma général. Cependant, Jacqueline Lalouette [2] estime que : « L’Yonne fut un des départements les plus précocement dotés de sociétés de Libre Pensée : 5 sont représentées au congrès anticlérical de 1884 et 24 étaient fédérées à la Fédération française de la Libre Pensée en 1894 » et Claude Delasselle a découvert que : « La première de ces sociétés est celle de Joigny dont la demande d’autorisation date du 13 janvier 1880.
Ce développement précoce s’expliquerait par le fait que « l’Yonne est une des régions de France où l’indifférence religieuse semble parmi les plus précoces et importantes et où l’anticléricalisme s’est manifesté très fortement dans la période 1879-1914 »(1). De plus, ce département se situe le long des principales voies de communication, en particulier la vallée de l’Yonne avec l’influence probable des flotteurs de bois comme à Châtel-Censoir. Il a été constaté aussi que plusieurs villages ayant eu des sociétés de Libre Pensée sont des villages où les travailleurs forestiers étaient nombreux, ainsi à Boeurs-en-Othe ou à Bussières.
Comme dans l’ensemble du pays, la victoire politique des républicains en 1879 se traduit, dans l’Yonne, par un développement des sociétés de Libre Pensée et, en 1899, l’Yonne occupe le quatrième rang des départements français pour le nombre de sociétés de Libre Pensée affiliées à la fédération nationale.

Claude Delasselle souligne que : « Les premières sociétés fondées en 1880 et 1881 portent souvent le nom de « Société de la foi civile » et leurs statuts ne comportent pas de déclarations ouvertement anticléricales, mais celles qui sont fondées un peu plus tard, à partir de 1883, affichent plus nettement un anticléricalisme militant. La société de La Ferté-Loupière s’intitule « Union anticléricale », celle d’Auxerre se proclame « Ligue anticléricale de la Libre Pensée auxerroise », celle de Toucy porte en sous-titre « Union démocratique régionale permanente de propagande anticléricale , etc... ».

Les sociétés de Libre Pensée en ces temps d’oppression cléricale ont aussi pour but de protéger le droit des personnes qui en ont exprimé la volonté à être enterrées civilement. Elles organisent aussi des chahuts lors de processions religieuses et des banquets « gras » pendant la période du Carême. Claude Delasselle écrit que « le département de l’Yonne est l’un des plus en pointe en France pour le nombre d’arrêtés pris par des maires visant à interdire les processions religieuses (13 arrêtés pris par des maires de l’Yonne pour la seule année 1881), le port de la soutane en public ou les sonneries de cloches ».

Mais, les libres penseurs affirment des idéaux de fraternité, de solidarité sociale et combattent pour une instruction publique laïque et obligatoire. Ils sont favorables à une loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat , soutiennent résolument les républicains qui, au niveau gouvernemental, agissent dans ce sens et qui parviendront à faire voter une telle loi en décembre 1905 : Emile Combes, président du Conseil, invité par la municipalité auxerroise dirigée par Charles Surugues, annoncera la détermination du gouvernement à mettre fin au Concordat et à établir la séparation des Eglises et de l’Etat.

Cependant, Combes sera contraint de démissionner et c’est Bienvenu-Martin, député de l’Yonne, ministre de l’Instruction Publique qui présentera et fera voter la loi.

Charles Surugues, Jean Baptiste Bienvenu-Martin étaient libres penseurs. Le plus célèbre fut, bien sûr, Paul Bert. On pourrait aussi citer : Louis Richard, Albert Gallot, Henri Loup, Lucien Cornet, maire de Sens, Gustave Hervé, professeur puis journaliste, Gaston Clémendot, instituteur et maire de Flogny.

Une mention particulière pour les deux derniers cités : ils furent les auteurs d’une « Histoire de France pour le cours élémentaire et moyen » qui fut « interdite dans les écoles publiques de tout ordre » par un arrêté signé du ministre de l’Instruction Publique Bienvenu-Martin !

Soumis aux vicissitudes de l’Histoire , aux divisions entre républicains, radicaux et socialistes aux concurrences entre la Franc-Maçonnerie, la Ligue des Droits de l’Homme et la politique de « la main tendue » développée par le Parti Communiste, le mouvement de la Libre Pensée à l’échelle du pays comme dans l’Yonne s’est essoufflé. Dans l’Yonne, il a été maintenu par quelques anarcho-syndicalistes dont Jean Chamvres qui en 1981 me demanda de prendre la relève : il restait sept « abonnés » à « La Raison », journal de la Libre Pensée nationale.

Peu à peu, la Fédération de l’Yonne s’est reconstruite, non sans difficultés, en multipliant réunions, conférences et initiatives diverses. Sa surface s’est élargie et elle a retrouvé une certain aura parmi les associations démocratiques et humanistes de l’Yonne. Depuis de nombreuses années, la Libre Pensée de l’Yonne organise un rassemblement , le 11 novembre, (en 2014, ce sera le 18 ème) devant le monument aux morts à caractère pacifiste de Gy L’Evêque pour dénoncer la guerre, toutes les guerres, un banquet républicain, en janvier, (nous en sommes au 19ème) commémorant la décollation de Louis Capet dit Louis XVI, la fête des Libertés, fin mai, (9ème le 25 mai dernier) en hommage à la Commune de Paris.
La LP 89, chaque année, lors du rassemblement pacifiste de Gy l’Evêque cette exigence de justice est rappelée : la LP 89 a reçu le soutien d’élus (maires, conseillers municipaux ou généraux), un vœu, présenté par A. Raymont, a été adopté par la Municipalité d’Auxerre et de nombreuses signatures ont été recueillies sur un appel en direction du Président de la République.
Ce dernier a, jusqu’à nouvel ordre, renié l’engagement qu’il avait pris lors de la campagne pour les présidentielles. A la faveur de la commémoration du centième anniversaire de la Première Guerre mondiale, - qui, légitimement devrait durer 4 ans ! - la Libre Pensée, dans l’Yonne comme dans toutes les fédérations, continuera ce combat de justice, cette exigence de réhabilitation. Nous ne renoncerons pas !
D’autre part et toutes les fois que nous en avons connaissance, nous dénonçons, par lettre ouverte, la remise en cause de la loi de séparation de 1905 par les élus républicains (député, maire, conseillers généraux ou municipaux). Enfin, nous publions 4 fois par an un bulletin intitulé « Ni dieu, ni maitre ».

 Comment contacter ou rejoindre la Libre Pensée de l’Yonne ?

Pour adhérer à la Libre Pensée de l’Yonne, il suffit d’écrire à : Président de la Libre Pensée 89 - 5 rue Camille Desmoulins – 89000 – Auxerre ou d’envoyer un courriel à l’adresse : 1803mv wanadoo.fr

[1A ce sujet, lire l’ouvrage de Michel Cordillot et de Alain Bataille : « Former les hommes et les citoyens-Les réformateurs sociaux et l’éducation, 1830-1880 ». Les Editions de Paris-Max Chaleil.

[2Les informations et les données ainsi que les citations utilisées dans cet article proviennent :
des recherches et des travaux effectués par Jacqueline Lalouette – « La Libre Pensée en France 1848-1940 »
de « Qu’est-ce que La Libre Pensée ? », ouvrage collectif édité en 2009 par la Fédération nationale de la Libre Pensée.
Et, en ce qui concerne plus particulièrement le département de l’Yonne, du travail réalisé par Claude Delasselle, (agrégé d’histoire, professeur honoraire d’histoire-géographie à Auxerre) et publié dans Les Cahiers d’Adiamos 89 sous le titre : « Les sociétés de Libre Pensée dans l’Yonne – 1880-1914 »

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