Yonne Lautre

Délocalisations et dumping social ici et ailleurs (archives 2005)

vendredi 2 juillet 2004 par Yonne Lautre

Sans cesse le MEDEF, les économistes et les responsables politiques qui le soutiennent, nous présentent les délocalisations des emplois comme une fatalité et le plus souvent comme la conséquence que nos droits sociaux seraient exhorbitants.

Nous devons riposter à cette idéologie ultra-libérale qui repose sur des mensonges !

Dumping social européen

Naguère, on négociait en France les 35 heures contre plus de flexibilité et une bonne dose de modération salariale. Aujourd’hui, la tendance est au retour à la semaine de travail de 40 heures dans des conditions rêvées pour le patronat français.

Le premier groupe industriel allemand, Siemens, a sans doute donné le ton au sein de l’Union Européenne en imposant un accord qui fait déjà tâche d’huile en Allemagne.

La firme a exigé et conclu le passage à 40 heures de travail par semaine contre 35, sans compensation salariale, pour deux de ses sites de fabrication de téléphones employant 4500 personnes.

En échange, Siemens a renoncé à un projet de délocalisation de 2000 emplois en Hongrie, où les coûts salariaux sont bien moindre.
D’autres patrons tenteront désormais leur chance.

L’accord Siemens gagnera sans doute la France et d’autres pays européens dont le modèle social est un carcan pour les libéraux.

Un pas a donc été franchi en Europe.

Jusqu’à présent, les délocalisations sont utilisées sans coup férir pour déplacer un nombre croissant d’activités vers des pays à très bas coûts salariaux.

En France, après Danone-Lu, Metaleurop, Alstom, Thalès et bien d’autres, STMicroelectronics, bénéficiaire, n’a pas hésité récemment à délocaliser la production de son usine de rennes en Asie, laissant 600 personnes qualifiées au chômage.

L’accord obtenu par les patrons de Siemens annonce une autre méthode, celle de la baisse radicale des coûts salariaux en Europe.

En effet, pourquoi ne pas produire moins cher et donc rentabiliser au maximum les usines européennes ?

Siemens a montré que rien n’empêche d’appliquer en Allemagne ce que les autres firmes ont trouvé en Asie ou ailleurs, pas même une Union européenne à vingt-cinq avec une Constitution.

Bien au contraire.

Thierry Brun, Politis jeudi 1.07.04


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