Yonne Lautre

« Indice quotidien de qualité de l’air sur les grandes villes » par Serge Despiau-Pujo

Chercheur dans le domaine des particules
lundi 26 juillet 2004 par Yonne Lautre

Indice quotidien de qualité de l’air sur les grandes
villes

COMMUNIQUE DE PRESSE de ECOFORUM (relayé par le CNIID)

 Mise en cause de l’indice ATMO :

Indice quotidien de qualité de l’air sur les grandes villes
Demande d’actualisation de la directive européenne 1999/30/CE

La qualité de l’air est actuellement caractérisée dans les villes avec
l’INDICE ATMO qui est calculé à l’aide de 4 sous-indices :

le dioxyde
de Soufre- SO2- (industries, chauffage domestique),

le dioxyde
d’Azote- NO2- (trafic automobile), l’Ozone -O3- (photochimie)

et les
particules en suspension- PM10 (Particulate matter)- (trafic
automobile).

Cet indice ATMO donne un niveau de qualité de l’air
allant de 1 (très bon) à 10 (très mauvais) en prenant le niveau le
plus élevé d’un de ces 4 sous indices. (cf tableau ci-joint)

La directive européenne 1999/30/CE du Conseil du 22 avril 1999
"relative à la fixation de valeurs limites pour l’anhydride sulfureux,
le dioxyde d’azote et les oxydes d’azote, les particules et le plomb
dans l’air ambiant" précise dans son article 5 que les Etats membres
doivent prendre "les mesures nécessaires pour que les concentrations
de PM10 ne dépassent pas les valeurs limites".

ECOFORUM, après avoir consulté de nombreux experts et techniciens en
charge du contrôle de la qualité de l’air, demande une révision de la
directive européenne, notamment en ce qui concerne les mesures des
particules fines.

Nous remettons donc en cause tant au niveau national
qu’européen la justesse de l’indice ATMO sur le plan des particules
fines.

 Les principales raisons de cette mise en cause sont sommairement décrites ci-dessous :

o Les particules se divisent grossièrement en deux catégories.

Les
« grosses » de dimension (diamètre) supérieure à 1micron (µm), en
concentration (nombre par unité de volume) faibles d,une part et les
« fines » de dimension inférieure à 1 µm mais en concentration
beaucoup plus importante, d,autre part.

o La majorité des rapports et études confirment que les particules les
« plus dangereuses » pour la santé mesurent moins de 0.1 micron, soit
100 nanomètres.

o La directive européenne et la loi française obligent à mesurer la
masse des particules inférieures à 10 microns.

o Au moment de cette directive, les instruments de mesure étaient
capables de mesurer la concentration massique de particules d’un
diamètre inférieur à 10 ou à 2,5 microns mais pas plus petit.

Or,
l’évolution technologique permet désormais de détecter des particules
fines de dimension inférieure à 1 micron (µm). Ainsi, à défaut de
pouvoir, à l’heure actuelle, mesurer les particules de 0.1 micron il
est souhaitable de généraliser la mesure de PM1 et d’accentuer les
recherches pour calculer le nombre de particules.

o Le sous-indice PM10 repose sur la mesure de la concentration
massique de particules inférieures à 10 microns.

Cette valeur ne donne
aucune indication quant au nombre, et aux concentrations massiques
correspondantes, de particules « plus dangereuses » et ne donne aucune
précision quant aux proportions de particules « dangereuses » et moins
dangereuses. (proportion de la masse de particules entre 1 et 10
microns, et inférieures à 1 micron)

o Nous préconisons donc également une mesure du nombre de particules
ainsi qu’une identification des principaux types de particules, en
complément de la mesure de leur masse.

o Pour mieux comprendre pourquoi cette mesure n’est pas
représentative, il faut noter que pour des particules de masse
volumique équivalente, la masse d,une particule de 10 microns équivaut
à celle d’1 million de particules de 0.1 micron (approximativement).

o De plus, les particules « grosses », supérieures à 1 micron sont
principalement d’origine naturelle alors que les « fines » (plus
petites et plus dangereuses) sont elles d’origine (chimique),
principalement anthropique.

A titre d’exemple, nous pouvons citer la
pluie de sable en 1999 ayant entraîné un niveau d’indice ATMO de 10
(« très mauvais ») avec plus de 125 microgrammes de particules par m3.

Alors qu’il est presque certain qu’un indice ATMO « bon » (entre 20 et
29 microgrammes de particules par m3) peut ne pas tenir compte d’une
présence plus dangereuse de petites particules que dans le cas de la
pluie de sable.

Nous demandons donc que soit actualisée la directive européenne
relative au contrôle des particules fines (PM10) dans l’air ambiant.

C’est pourquoi nous demandons à l’ensemble des députés européens de se
mobiliser pour tenir compte de ces remarques de bons sens, partagée
par de nombreux experts et techniciens en charge du contrôle de la
qualité de l’air.

 Aujourd’hui, la pollution atmosphérique est responsable chaque année de la mort prématurée de 3 millions de personnes dans le monde

(Source
 : Sommet de la terre), de 60 000 personnes dans les grandes villes
européennes et de 6 000 à 9 000 citadins en France
[1].

A l’heure où l’Europe se penche sur les questions de santé
environnementale, en particulier liées à la pollution atmosphérique,
et où la France intègre dans sa Constitution la Charte de
l’Environnement, nous pensons que le contrôle de la qualité de l’air
doit être exemplaire, et ce dans l’intérêt de la santé publique.

Victor Hugo ESPINOSA, Ingénieur, Président d’ECOFORUM

http://www.ecoforum-paca.org/

Tél. : 06 83 14 15 71

Cette demande est soutenue par Greenpeace France
(Contact : Yannick VICAIRE, responsable de la campagne toxique VIGITOX.)

POUR LE TABLEAU FICHIER WORD, JOINDRE M. ESPINOSA

Par exemple, en 2003 à Marseille, l’indice ATMO (calculé en prenant le
niveau le plus élevé des 4 sous indices) a été fonction :

o dans 81% des cas à un niveau élevé d’Ozone

o dans 31% des cas à un niveau élevé de PM10

o dans 26% des cas à un niveau élevé de NO2,

o dans 0% des cas à un niveau élevé de SO2

(total supérieur à 100% car 2 sous-indices peuvent simultanément
atteindre un niveau élevé)

Le niveau maximal de l’indice ATMO (à Marseille en 2003) pour chaque
sous indice a été : 5 pour le SO2, 6 pour le NO2, 8 pour l’O3 et 6
pour le PM10.

Le 23 mai 2001, un rapport d’information sur la pollution de l’air a été
présenté à l’Assemblée Nationale par Mme Annette PEULVAST-BERGERAL

(plus de détails sur
http://www.assemblee-nationale.fr/rap-info/i3088.asp)

Déjà à cette date, ce rapport précisait que "les particules les plus
petites, plus légères, sont celles qui peuvent rester en suspension le
plus longtemps. Elles sont également susceptibles de pénétrer le plus
profondément dans l’appareil broncho-pulmonaire".

Quelques adresses et contacts utiles sur ce thème :

http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf ?
numjo=DEVP0320174A

http://europa.eu.int/eur-lex/fr/com/pdf/2003/com2003_0423fr01.pdf

http://www.doctissimo.fr/html/sante/
mag_2000/mag0818/sa_2171_pollutionparticules.htm

http://www.airmaraix.com/

http://www.airfobep.com/

http://www.airparif.asso.fr/

Serge DESPIAU-PUJO, Chercheur dans le domaine des particules :

E-mail : despiau univ-tln.fr


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