Yonne Lautre

Gérard Robert : POURQUOI LE FN A 34% EN 2017 ? [2/3]

Brèves et chroniques
mardi 23 mai 2017 par Robert Gérard

C’EST ENTRE NOUS …
Suite de la chronique du 16 mai 2017.

POURQUOI LE FN A 34% EN 2017.
2/3

1970/1995, vingt-cinq années de crise de la métallurgie en Lorraine.

Alors que dans cette période, nous fermons nos centres sidérurgiques et métallurgiques, nous importons des aciers Japonais, puis Chinois qui laissent plus de marge aux actionnaires. Cela a un coût social ; des millions de chômeurs. L’Allemagne ne ferme que partiellement ses unités de productions sidérurgiques !
En 2012, la part de l’économie générée par le poste sidérurgie/ métallurgie en Allemagne, était de 22% contre 10% pour la France.

Dans la foulée, nous commençons à fermer nos mines de charbons… pas l’Allemagne ! Puis vient la crise du textile dans le nord, crise organisée pour répondre au dogme ultralibéral. Le plan global consiste tout simplement à augmenter les profits des actionnaires et démanteler cette industrie grande pourvoyeuse de main d’œuvre et réservoir pour l’organisation des luttes sociales. Les délocalisations se feront donc au profit des seuls actionnaires et de ce qui va devenir l’usine du monde, la Chine et moindrement au Bengladesh. C’est le grand début de la désindustrialisation générale en France voulue par la finance.
A cela s’ajoute l’effondrement de la représentation syndicale. Elle découle en partie de la démobilisation des millions de salariés(e) devenus chômeurs (e) inscrits à l’ANPE et aux ASSEDIC, mais aussi et surtout parce qu’il n’y a plus d’unité dans les luttes, face aux attaques du grand patronat réactionnaire et de la finance dogmatique. Déjà, la collaboration de la CFDT se fait jour. Son représentant en Lorraine, Chérèque, le père de François, qui sera nommé préfet, puis ministre collabore au plan gouvernemental qui transforme cette région au potentiel sidérurgique encore riche et en personnels hautement qualifiés en désert industriel vecteur de la grande misère sociale. La nouvelle voie ultralibérale, qui porte sur le démantèlement du pilier social nomme cet acte barbare « réforme ». En réalité, il s’agit, de contres réformes dogmatiques largement destinées au pillage des acquis sociaux des salariés(e), avec souvent, malheureusement pour ceux-ci, la complicité implicite du syndicat CFDT.
Montée en puissance de la financiarisation, hégémonie des actionnaires et des fonds de pensions. La commission européenne conduite par Delors depuis 1985, adopte l’ultralibéralisme et ordonne les privatisations et la fermeture à terme des services publics, cet acte fou éloigne les centres de la démocratie et prive les français (e) des services essentiels qui leurs sont dû.

Le Parti Communiste qui représentait peu ou prou les ouvriers (e) a été torpillé par le PS, il est déjà en voie de paupérisation.

1995 : 1er tour élection présidentielle = le FN atteint déjà 15%, Chirac 20,84%.
Chirac est élu au 2ème tour avec 52,64% des suffrages exprimés.

En 2002, Chirac, président sortant, surfe sur la fracture sociale. Jospin, alors 1er ministre de la cohabitation, est lui aussi candidat, il déclare qu’il ne fera pas une politique socialiste. Le vote de droite est très faible en faveur de Chirac, moins de 20% et il s’effondre totalement à gauche, avec un tout petit 16% pour son leader.
Résultat au 1er tour de 2002 :
JM Le Pen passe devant Jospin, récoltant 16,86% des suffrages exprimés.
Appel au front républicain. (1er Barrage au FN au niveau national).
2ème tour, Chirac élu avec 82% des suffrages exprimés. Aussitôt, il déclare que 82% des français(e) ont votés pour son programme de droite, il n’élargit pas son gouvernement à la gauche et oubli de facto la fracture sociale.

2007 ! Après l’accentuation continue des mesures ultralibérales, les privatisations des bijoux de la république et le quinquennat nouveau, le FN marque le pas !
La politique Sarkozy est, elle aussi plus que libérale. Augmentation des fermetures des services publics (cela résulte de la seule volonté capitaliste qui règne dans cette Europe, adoubée par nos élites politiques) ? Conséquences : Fermeture de la poste dans les villages. La Poste devient une SA. Fermeture et délocalisation des perceptions cantonales. Délocalisation des gendarmeries dans de très nombreux cantons, (destruction de 10 000 postes de gendarmes), fermeture de commissariats dans de nombreux quartiers urbains, réduction drastique des policiers, moins 13 000. Désertification médicale principalement dû à un manque de volonté politique et aussi à un numérus clausus trop restreint, mais pas corrigé. Fermeture de nombreuses lignes SNCF régionales et départementales, le fret SNCF réduit à sa plus simple expression, transfert de celui-ci aux transports privées, ainsi qu’une délocalisation interne au bénéfice des filiales routières de la SNCF. L’hôpital public saccagé à cause de la financiarisation, est en manque chronique de personnel. Education nationale : réduction de près de 80 000 enseignants. Continuation des privatisations, cadeaux aux amis de la finance (Exp : les autoroutes, EDF, GDF etc…). Ces privatisations aboutissent à des coupes sévères dans les revenus de l’Etat, ce qui mécaniquement l’appauvrit. Le déni démocratique en ce qui concerne l’annulation du vote des français(e) de 2005 relatif au projet constitutionnel européen, rejeté par 55% des citoyens(e). Ce vote qui réduit la volonté majoritaire du peuple, est conforté par un PS néolibéral qui trahit une grande partie de son propre électorat est aujourd’hui un critère de défiance qui joue pour le FN.
Sarkozy a réussi à pomper des électeurs du FN, il a tenu tout au long de la campagne, un discours xénophobe, arabophone et africophobe en général, ainsi qu’un langage ultra sécuritaire approprié pour les sympathisants fascistes.

Le FN tombe à 10,44 %, mais les problèmes dont souffrent la grande majorité des français(e)demeurent !

Résultat 5 ans plus tard : 1er tour élection 2012 = FN 17,9% !

Le deuxième tour donne sa chance à Hollande, mais pas aux français(e) !
Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, que se passe-t-il après les trahisons successives de Hollande et de sa majorité des socialistes godillots ? Renoncement de Hollande de rediscuter le traité européen dit de la règle d’or, sur le déficit des Etats, il s’y était pourtant engagé lors de sa campagne. Il se couche devant l’ordolibéralisme de Merkel. Il devait remettre la finance à sa juste place dans une démocratie digne de ce nom, oublié aussi cet engagement. C’est pourtant certainement celui-ci qui a fait basculer les électeurs qui réservaient leur suffrage au Front de gauche qui de 15/16%, descend à un peu plus de 11%. Dès le lendemain de son élection, Hollande se place immédiatement et durablement sous l’aile du grand patronat et de la finance qui forment ces réactionnaires sociaux. 40 milliards d’euros donnés aux entreprises, sans contrepartie pour l’emploi ! Pendant ce maudit quinquennat, Hollande, n’a pas gouverné dans l’intérêt général des français(e), il a gouverné pour ses amis les plus riches.
L’année 2016, voit le partage de la rente des actionnaires reversé par le CAC 40, atteindre un niveau historique, 56 milliards d’euros… Le top européen !
Parmi les pires présidents de la 5ème république, Hollande est l’élu.
Ce plus mauvais président de la 5èmè république, a amené le FN au 1er tour de la présidentielle 2017 à 21,7% !
Nouvel appel au front républicain (2ème barrage au niveau national) qui ne sert en réalité qu’à préserver les propres ambitions et les mauvaises politiques de ceux qui y font appel. Résultat au second tour, Marine Le Pen a gagnée 3 millions de voix entre ces deux tours, l’installant à 34%. Merci qui et quel système ?

Je constate que le barrage, est de plus en plus élastique et que comme tous matériaux, celui qui forme ce barrage à un point de rupture…Un jour, forcément il va péter !!!

Récapitulons, 1er tour des présidentielles :

1981, le FN ne concourt pas, il est à 0,5%
1983/84 ouverture des médias sur ordres de Mitterrand.
1988 14,38%
2002 16,86%
2007 10,44% la politique xénophobe, aux relents de racisme de Sarkozy pompe une partie de l’électorat FN qui se retrouve dans ces idées-là. Ceci explique cela !
2012 17,9%
2017 21, 7%

Au 2ème tour 2017 ; Macron= 66%, FN = 34%.
Le front républicain permet à Macron de revendiquer 66% des suffrages…s’il le croit, il se trompe lourdement ! Le vote affirmé en sa faveur au second tour, est en réalité inférieur à 40 % !
A suivre…

Gérard ROBERT
16 mai 2017.


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