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Reclaim Finance : Alerte rouge : le backlash écologique ne se limite pas aux discours.

STOPPER L’EXPANSION DES ÉNERGIES FOSSILES

 Alerte rouge : le backlash écologique ne se limite pas aux discours. 18.06.25
Le backlash écologique ne se limite pas aux discours, il se lit aussi dans les chiffres — ou plutôt, dans les financements. Et son impact est bien réel, sur le dérèglement climatique comme sur les millions de personnes déjà touchées.
En 2024, les financements bancaires aux énergies fossiles repartent à la hausse, alors même que le seuil des +1,5 °C a été franchi pour la première fois sur douze mois glissants. Et contrairement à ce que l’on pourrait espérer, les banques européennes, y compris françaises, ne jouent pas les bons élèves.
Sur les 24 banques européennes couvertes par l’édition 2025 du rapport Banking on Climate Chaos, 13 ont accru leur soutien financier aux énergies fossiles cette année. Certaines ont même augmenté leurs financements au développement de la production pétrolière et gazière de plus de 50 %, signe clair d’un cap assumé. Parmi elles, Société Générale — mais surtout BPCE.
La banque du réseau des Banques Populaires et des Caisses d’Épargne est le seul grand établissement français à avoir augmenté ses financements à de nouveaux champs pétroliers et gaziers depuis 2021. Une année pourtant charnière, qui voyait l’Agence internationale de l’énergie projeter l’arrêt de tout nouveau développement fossile dans son scénario 1,5 °C, et BPCE rejoindre la Net-Zero Banking Alliance. Paroles, paroles…
Du côté de BNP Paribas et Crédit Agricole, les chiffres sont mieux orientés. Mais la baisse observée reste fragile. Elle ne pourra se poursuivre que si les exclusions de financement à travers les obligations s’appliquent aussi aux prêts — un levier tout aussi stratégique, et pourtant largement épargné. BNP Paribas l’illustre parfaitement avec un prêt accordé en 2024 à Equinor, entreprise qui poursuit l’expansion de sa production pétro-gazière.
Et au-delà de ce secteur crucial, l’analyse de l’ensemble de la chaîne de valeur montre qu’aucune banque ne peut aujourd’hui se prévaloir d’une stratégie pleinement cohérente avec ses propres engagements. Toutes doivent aller plus loin sur les secteurs en aval de la production pétro-gazière — en s’attaquant à l’explosion du GNL, véritable bombe climatique, mais aussi en adoptant des objectifs ambitieux de financement aux énergies soutenables.
Face à cette réalité, nous avons adressé notre rapport aux superviseurs et aux régulateurs, pour les alerter sur les risques que font peser ces financements sur la stabilité du système financier et sur l’économie dans son ensemble.
Lucie Pinson,
Directrice et fondatrice de Reclaim Finance
https://reclaimfinance.org/

 Climat, vivant, droits humains : la casse continue 4.06.25
Vous aussi, vous avez une petite gueule de bois ? En 2015, l’Accord de Paris était signé. Politiques, entreprises et financiers juraient qu’ils allaient se transformer. Le climat devenait la priorité, puis les limites planétaires s’invitaient dans les discours. L’heure était à la conversion vertueuse — ou du moins à son storytelling.
Mais on ne s’engageait pas par amour du vivant — ou pas que. C’était du pragmatisme : le chaos écologique coûte cher. Et ça perturbe les affaires.
Le hic, c’est que depuis des mois, l’écologie — et avec elle les droits humains — encaisse recul sur recul. Ce ne sont même plus des défaites : on ne voit plus de victoires à l’horizon. On est en défense, à tenter de préserver des acquis que gouvernements et multinationales semblent s’accorder à liquider méthodiquement.
Prenons la France, censée garantir l’Accord de Paris : en quelques semaines, Emmanuel Macron veut enterrer la directive européenne sur le devoir de vigilance ; le gouvernement se dit prêt à accepter la délocalisation d’ArcelorMittal — abandonnant salariés, climat et ambition de réindustrialisation ; il relance aussi un projet autoroutier anachronique et contesté ; et tente de faire passer en force un texte réhabilitant — entre autres joyeusetés — les tueurs d’abeilles.
Et tout cela, dans le silence ou avec la bénédiction des grandes entreprises et des acteurs financiers, qui, lors de leurs assemblées générales, ont préféré valider des “stratégies climat” creuses tout en versant des dividendes record à leurs actionnaires.
Alors non, une dose de paracétamol ne suffira pas. Il faut passer à l’action. La résistance se mobilise : salarié·es, ONG, citoyen·nes, acteurs du secteur financier — nous sommes nombreux·ses à refuser ce virage réactionnaire. Certain·es s’activent pour exiger des produits d’épargne sans expansion fossile. D’autres dénoncent, s’organisent, construisent une autre voie.
On les salue et on se joint à eux. Parce que défendre l’Accord de Paris, ce n’est pas seulement le commémorer : c’est le faire vivre, ici et maintenant.
On ne lâchera pas. Pas pour la planète, mais pour notre avenir.
Lucie Pinson,
Directrice et fondatrice de Reclaim Finance
https://reclaimfinance.org/site/category/blog/

 Reclaim Finance épingle les plans de transition des banques européennes 20.05.25
Les plans de transition des banques européennes sont loin d’être suffisants pour limiter le changement climatique et la perte de biodiversité. Reclaim Finance a analysé et noté les plans de 20 grandes banques européennes sur plusieurs critères, et leur a octroyé une note inférieure à la moyenne. Si les banques françaises s’en sortent un peu mieux, elles ont néanmoins encore du chemin à parcourir.
https://www.novethic.fr/finance-durable/finance-verte/reclaim-finance-epingle-plans-transition-banques-europeennes

 AG 2025  : Voter contre la direction des entreprises pétrolières et gazières n’est plus une option 23.04.25
À l’heure où l’action climatique internationale est menacée, aussi bien par le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris que par le détricotage de la régulation européenne sur la durabilité, les températures continuent d’augmenter [1] et les entreprises pétrolières et gazières de développer de nouveaux projets contribuant à la crise climatique. Loin de renforcer leurs plans climatiques, certaines majors pétro-gazières en profitent pour revenir en arrière sur leurs faibles engagements. Il est urgent que les investisseurs ouvrent les yeux sur l’inefficacité de l’engagement actionnarial avec ces entreprises, et qu’ils changent d’approche. Voter contre plusieurs résolutions stratégiques de routine aux assemblées générales 2025 est nécessaire pour s’opposer aux plans d’expansion fossile des entreprises pétrolières et gazières.
https://reclaimfinance.org/site/2025/04/04/ag-2025-voter-contre-la-direction-des-entreprises-petrolieres-et-gazieres-nest-plus-une-option-2/

 2025 : Ne rien céder face aux offensives anti-climat 29.01.25
Alors que débute 2025, les droits humains, la démocratie et l’environnement subissent jour après jour une vague d’assauts croissants.
2025 débute et les masques tombent. Derrière les grands discours climatiques de trop de décideurs politiques pointe une réalité moins glorieuse — des promesses vides, dictées par des intérêts court-termistes.
Le grand patronat trouve ainsi dans les gouvernements français et allemands des alliés pour démanteler des textes européens sur la finance durable et le green deal européen, pourtant issus d’un consensus politique atteint après plusieurs années de travaux et discussions et adoptés avec le soutien d’investisseurs, de banques et d’acteurs financiers.
Aujourd’hui, dans le secteur financier comme dans le monde économique et politique, certains pourraient être tentés de renoncer à leurs engagements climatiques et soutenir cette offensive.
Un avertissement s’impose. Le choix pour l’Europe est simple : veut-elle se distinguer des États-Unis de Trump et Musk ou produire une piètre imitation de ces dérives autoritaires ? Prendre le leadership et imposer les normes de durabilité au niveau international ou renoncer à toute vision de long terme ?
Chez Reclaim Finance, nous sommes résolument convaincus que chaque centimètre cédé affaiblit nos principes : un peu aujourd’hui, beaucoup demain. Ce qui est présenté aujourd’hui comme une négociation est à terme une défaite sur tous les fronts. Le dérèglement climatique, avec ses impacts dévastateurs sur les sociétés et les économies, ne prendra pas de pause.
Alors résistons et montrons que résister, c’est agir. Je nous souhaite donc d’agir pour accélérer la transformation écologique, répondre aux crises sociales et économiques, poser les bases d’un avenir viable et préserver ce qui nous est essentiel.
Lucie Pinson,
Directrice de Reclaim Finance

 Le soutien des banques européennes à l’expansion fossile bloque la transition 15.11.24
Les banques européennes mettent en péril toute possibilité de transition énergétique en ne prenant pas les mesures nécessaires pour ne plus financer l’expansion fossile. C’est ce que révèle un nouveau rapport de Reclaim Finance (1) qui a identifié 982 transactions des 20 plus grandes banques européennes aux entreprises en première ligne de l’expansion pétro-gazière depuis 2021. Alors que les banques devront publier leurs plans de transition en 2025 (2), aucun de ces plans ne sera crédible tant qu’elles ne mettront pas fin à leur soutien aux entreprises développant de nouveaux projets pétroliers et gaziers, y compris de nouveaux terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL). Un message porté par 14 ONG, dont Reclaim Finance, dans une lettre ouverte publiée aujourd’hui, appelant les banques à renforcer leurs politiques (3). Reclaim Finance demande instamment aux régulateurs de faire de l’arrêt du financement de l’expansion pétro-gazière un critère strict des plans de transition et de s’assurer que les superviseurs ont les moyens de le faire respecter.
https://reclaimfinance.org/site/2024/11/07/le-soutien-des-banques-europeennes-a-lexpansion-fossile-bloque-la-transition/

 Gestion passive : le greenwashing des fonds « durables » 20.03.24
Des fonds passifs marketés comme « durables » mais qui investissent en réalité dans des entreprises du secteur fossile : c’est ce que révèle l’ONG Reclaim Finance dans un nouveau rapport (1). 430 fonds durables gérés passivement par 5 grands gestionnaires d’actifs en Europe, dont le français Amundi, ont été passés au crible. Résultat : 70% d’entre eux sont exposés à des entreprises développant de nouveaux projets de charbon, de pétrole ou de gaz. Un chiffre d’autant plus inquiétant que le nombre de fonds gérés de manière passive augmente année après année (2). Reclaim Finance dénonce des investissements qui aggravent le dérèglement climatique et appelle les régulateurs à interdire aux gestionnaires d’actifs d’appeler leurs fonds « durables » si ceux-ci soutiennent l’expansion des énergies fossiles.
https://reclaimfinance.org/site/2024/03/20/gestion-passive-le-greenwashing-des-fonds-durables/

Par Reclaim Finance

Publié le mercredi 18 juin 2025

Mis à jour le mercredi 18 juin 2025